fixer ses tarifs entrepreneur

57. FAQ – Partie 3/4

Épisode diffusé le 2 avril 2020 par TheBBoost

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Fixer ses tarifs entrepreneur, c’est souvent là que tout se coince. Pas parce que le calcul est compliqué – mais parce que personne ne te dit vraiment comment faire, et que les conseils qu’on trouve en ligne oscillent entre le vague absolu et le tableur Excel à 47 colonnes. Aline, coach business chez Zoby Boost et créatrice du podcast Je peux pas j’ai Business, a répondu cash à cette question dans sa troisième foire aux questions. Et sa réponse, franchement, elle m’a surpris.

Elle fixe ses prix à l’instinct. Mais pas n’importe quel instinct – un instinct construit, calibré, avec des années de prestation de service derrière. Ce qui est très différent du ‘je mets le prix qui me semble bien’ du débutant qui sous-facture systématiquement parce qu’il a peur de faire fuir le client.

Dans cet épisode FAQ – le troisième d’une série de quatre – Aline aborde une vingtaine de questions envoyées par sa communauté. Tarifs, marges, organisation, Instagram, YouTube, délégation, parcours scolaire… Le format est décousu, parfois très personnel (ses chaussons s’appellent désormais Julie et Jim, c’est officiel), mais il y a dans le lot plusieurs réponses qui valent vraiment le détour pour quiconque gère un business en solo.

Voici ce que j’en retiens – et ce que j’aurais aimé qu’on me dise plus tôt.

Fixer ses tarifs entrepreneur : l’instinct, oui, mais lequel ?

Le vrai sujet quand on parle de fixer ses tarifs entrepreneur, c’est pas le chiffre. C’est la méthode pour arriver au chiffre. Et là, Aline pose quelque chose d’un peu clivant.

Je fixe surtout mes tarifs avec mes tripes, avec mon instinct. Aujourd’hui, je ne me casse plus vraiment les pieds à calculer le nombre d’heures, le coût par rapport à mes logiciels, machin machin, je le fais vraiment à l’instinct. Jusqu’ici ça a toujours très bien marché.

Voilà. Dit comme ça, ça peut sembler léger. Mais elle précise immédiatement ce que ça veut dire concrètement pour ceux qui n’ont pas encore cet instinct-là.

La mécanique de base, c’est de partir du chiffre d’affaires dont tu as besoin – pas de ton salaire net, pas de tes charges séparément, mais du CA global. Son exemple : tu veux 1 200 euros net dans ta poche. En entreprise individuelle, avec les charges, ça fait environ 2 000 euros de CA minimum. Mais si tu as des logiciels, un local, des frais récurrents, tu arrives peut-être à 3 000 euros de CA nécessaire. Et là la question devient simple : combien dois-je vendre, à quel prix, pour atteindre ces 3 000 euros ?

C’est pas révolutionnaire comme approche – mais c’est étonnamment peu de gens qui font ce calcul correctement. La plupart fixent un tarif horaire et basta. Sans jamais vérifier que ce tarif, multiplié par les heures réellement facturables dans un mois (pas les heures totales travaillées, les heures facturées), correspond à ce dont ils ont besoin.

Sur la marge, elle est directe. Elle varie entre 10% et 40% selon ses offres. Le minimum qu’elle recommande : 15 à 20%. Pas par obligation légale – il n’en existe aucune – mais parce que c’est sur la marge que tu réinvestis. Formation, croissance, buffer de sécurité. Sans marge, tu vis au jour le jour, et le premier imprévu te fait défaut de paiement.

(Et c’est souvent là que ça coince : on calcule ses prix pour survivre, pas pour investir. Résultat, deux ans plus tard, on tourne encore avec les mêmes outils de débutant.)

L’organisation semaine qui revient partout – et que peu de gens appliquent vraiment

Plusieurs questions de la FAQ portaient sur l’organisation au quotidien. Comment Aline gère ses factures, son agenda, la création de son contenu. Et là, j’ai noté un truc intéressant : elle ne fait pas ce que la plupart des coachs recommandent.

Elle fait tout le contenu de la semaine suivante le lundi. Un seul jour. Podcast, article de blog, visuels Instagram, tout. Sa méthode :

  • Elle part de bullet points – pas d’un script complet. Juste des points clés.
  • Elle enregistre le podcast à partir de cette liste.
  • Elle monte, programme, crée les visuels.
  • Et seulement ensuite, elle reprend les mêmes bullet points pour rédiger l’article.

Ce qui est malin là-dedans, c’est que le contenu est créé une seule fois dans sa tête et décliné plusieurs fois. Pas trois créations différentes en partant de zéro – une seule réflexion, trois formats. Et pour gérer tout ça, elle utilise Calendly pour les RDV (synchronisé automatiquement avec son calendrier Mac), Evernote pour les todo lists et l’organisation au quotidien, et Tiime pour la comptabilité – un logiciel en ligne sur lequel son expert-comptable se connecte aussi.

Pour les factures : une fois par mois, elle monte tout en bloc. Sauf urgence client. Ce n’est pas le système le plus réactif, mais c’est celui qui prend le moins d’énergie mentale. Et pour quelqu’un qui travaille seul, l’énergie mentale, c’est la vraie ressource rare.

Si tu veux aller plus loin sur la question de l’organisation de son business pour en faire un business qui rapporte vraiment, c’est une question de structure autant que de stratégie.

Quand déléguer – avant d’avoir l’argent pour le faire

C’est probablement la réponse la plus honnête de tout l’épisode. Et la plus inconfortable.

Le bon moment, c’est quand tu sens que le travailler dans son business prend tout l’espace et que tu n’as plus le temps de travailler sur ton business. Généralement ce moment là se présente avant que tu aies les fonds financiers pour embaucher quelqu’un.

C’est exactement le problème. Et elle l’assume : elle-même est en train de vivre ce dilemme au moment de l’enregistrement. Elle recrute son ‘bras droit’ pour Zoby Boost – une vingtaine d’heures par mois dans un premier temps – alors qu’elle n’a pas encore les marges confortables pour le faire sans sacrifices.

Sa thèse : si tu attends d’avoir l’argent pour déléguer, tu ne délègueras jamais. Parce que l’argent supplémentaire sera la conséquence de la délégation, pas sa condition préalable. En déléguant les tâches répétitives qui n’ont pas besoin d’être faites par toi, tu libères du temps pour bosser sur le développement – et c’est ce développement qui génère plus de chiffre d’affaires.

Elle précise aussi qu’elle préfère travailler avec des freelances plutôt qu’embaucher en salariat. Question de vision, pas de calcul économique pur. Elle veut des gens qui ont le goût de l’entrepreneuriat, pas des salariés dans la structure classique. C’est un choix qui a ses limites – la fidélisation d’un freelance est plus fragile – mais qui correspond à sa façon de voir l’entreprise.

La question de déléguer dans son business entre temps et argent est un arbitrage que personne ne résout facilement, mais que tout le monde finit par devoir trancher.

Instagram et LinkedIn : le copier-coller qui sabote tout

Question numéro 52 de la FAQ, et là Aline répond sans nuance.

Instagram et LinkedIn, ils sont hyper différents de par le type de personnes qui fréquentent, de par les codes de la plateforme, de par leur algorithme, de par la manière de s’exprimer. Du coup, je déconseille fortement de faire des copier-coller.

Elle assume aussi quelque chose que les community managers dans la salle n’aiment pas entendre : elle copie-colle ses posts d’Instagram vers Facebook, parce que les deux plateformes fonctionnent sur des codes proches et qu’elle n’a pas envie de dépenser de l’énergie sur Facebook. Choix rationnel. Mais Instagram vers LinkedIn, non. Les attentes des utilisateurs sont trop éloignées.

Sur Instagram spécifiquement – pour un feed à la fois beau et cohérent – elle donne deux règles pratiques. Maximum 5 à 6 couleurs sur le feed, avec 2 à 3 couleurs principales. Et des templates récurrents : des mises en page reconnaissables qui reviennent régulièrement, où seul le contenu change. Ce qui permet aux gens de t’identifier immédiatement dans leur feed sans lire ton nom.

C’est le principe de la reconnaissance visuelle avant même l’attention consciente. Et clairement, c’est ce qui distingue les comptes qui s’imposent de ceux qui noient dans la masse. Pour aller plus loin sur les conseils entrepreneur débutant qu’Aline partage dans ses FAQ précédentes, la partie 1 de cette série vaut le détour.

Montrer sa tête en vidéo – le déclic qui n’est pas celui qu’on croit

Plusieurs personnes lui avaient demandé comment elle avait surmonté la peur du regard en vidéo. Sa réponse va à l’encontre de ce qu’on entend généralement sur le sujet.

Le discours habituel : ‘accepte d’être imparfaite, les gens t’aimeront comme tu es’. Beau. Creux. Aline ne dit pas ça.

Pour moi ça s’est fait en deux temps. Au début je me montrais pas en vidéo, je me montrais pas en story. J’ai d’abord commencé le podcast, c’était beaucoup plus facile parce qu’on ne voyait pas ma tête. Et le déclic pour moi c’était surtout de me dire de manière très stratégique : j’ai envie de faire des conférences, des ateliers, des workshops. Et pour ça, il faut que les gens voient de quoi j’ai l’air.

Ce qui m’a scotché là-dedans, c’est que le déclic n’était pas émotionnel. Il était stratégique. Elle ne s’est pas dit ‘j’accepte mon image’. Elle s’est dit ‘pour atteindre cet objectif précis, la vidéo est un outil nécessaire’. Et du coup, la peur du jugement est devenue secondaire – pas disparue, secondaire.

C’est une nuance importante pour ceux qui bloquent sur cette question. Trouver une raison stratégique forte de faire de la vidéo – pas une raison émotionnelle – change la nature de l’obstacle. On passe de ‘est-ce que j’ose’ à ‘est-ce que je veux vraiment atteindre cet objectif’. Et si la réponse est oui, l’outil suit.

Elle précise aussi que les premières vidéos sont toujours raides. Que ça vient avec le temps. Et que sa communauté n’a jamais commenté son apparence – ce qui l’a aidée à décrocher du jugement imaginaire. Facile à dire, elle le sait. Mais la bascule, elle, vient d’une raison concrète, pas d’un travail de développement personnel pur. Pour ceux qui cherchent à développer leur vision d’entrepreneur, cette idée de clarté stratégique avant l’action rejoint exactement ce que Thomas Burbidge décrivait dans un autre épisode de TheBBoost.

Vivre de l’entrepreneuriat en 3 mois – vrai ou vendu ?

Trois à quatre mois pour toucher un SMIC depuis son activité. C’est ce qu’Aline avance pour quelqu’un qui se lance à temps plein, avec 100% de son énergie et de son attention. Elle le dit elle-même : c’est son expérience et ce qu’elle observe chez ses coachés. Pas une vérité universelle.

Ce qui est honnête dans sa formulation : elle n’annonce pas ‘devenir riche en 90 jours’. Elle dit SMIC. En se donnant entièrement. Sans forcément avoir toutes les compétences au départ – mais en étant capable de se former vite dans tous les domaines nécessaires.

Bref – c’est possible. Mais c’est pas donné. Et les contre-exemples existent, elle le reconnait.

La question de savoir comment arrêter de procrastiner n’est pas anodine dans ce contexte : entre fixer ses tarifs entrepreneur, organiser son contenu, déléguer et se montrer en vidéo, la surcharge décisionnelle est réelle, et elle tue plus de projets que le manque de compétences.

Et pour les sources d’inspiration ? Elle consomme peu – volontairement. Cinq personnes maximum dans sa vie à un instant T : Marie Forléo, Amy Porterfield, Franck Nicolas, Brooke Castillo, et Corinne Crabtree pour la nutrition. L’idée n’est pas d’en écouter 50 pour avoir 50 avis. C’est d’en choisir 4 ou 5 et de vraiment s’imprégner de leur façon de construire un business. Ce qui, au fond, ressemble pas mal à ce qu’elle fait avec ses tarifs – pas éparpiller, concentrer.

Questions fréquentes

Comment fixer ses tarifs entrepreneur quand on démarre ? +
Aline de TheBBoost recommande de partir du chiffre d'affaires dont vous avez besoin - pas de votre salaire net seul. Calculez le CA nécessaire pour couvrir toutes vos charges et dégager le net voulu, puis demandez-vous combien de prestations vous devez vendre à quel prix pour y arriver. Avec l'expérience, vous pourrez fixer vos prix à l'instinct - mais cet instinct se construit sur cette base arithmétique.
Quelle marge minimum appliquer sur ses produits ou services ? +
Aline cite 15 à 20% comme minimum raisonnable, sans que ce soit une règle légale. Elle-même pratique des marges entre 10% et 40% selon ses offres. L'essentiel : inclure une marge pour pouvoir réinvestir dans son business et ne pas vivre au jour le jour.
Quand est-ce le bon moment pour déléguer ou embaucher dans son business ? +
Selon Aline, le bon moment c'est quand les tâches du quotidien prennent tellement de place que vous n'avez plus de temps pour développer votre business - généralement avant d'avoir les fonds pour le faire. Elle conseille d'accepter ce risque calculé : la croissance générée par la délégation financera la personne recrutée.
Fixer ses tarifs entrepreneur à l'instinct, c'est vraiment possible ? +
Oui, mais c'est un instinct construit. Aline le fait après des années de prestation de service et une conscience claire de son taux horaire minimum. Pour un débutant, le calcul par le chiffre d'affaires cible reste indispensable avant de faire confiance à son ressenti.
Peut-on copier-coller le même post sur Instagram et LinkedIn ? +
Non, clairement pas selon Aline. Les deux plateformes ont des algorithmes, des codes et des audiences trop différents. Elle tolère le copier-coller entre Instagram et Facebook, mais Instagram vers LinkedIn, c'est une erreur de positionnement.
Quels outils utiliser pour gérer son agenda et sa comptabilité en freelance ? +
Aline utilise trois outils principaux : Calendly pour gérer les rendez-vous (synchronisé avec son calendrier Mac), Evernote pour les todo lists et l'organisation quotidienne, et Tiime pour la facturation et la comptabilité. Tiime propose une version gratuite pour les auto-entrepreneurs appelée Tiime AE.

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