déléguer dans son business

FAQ : Faut-il profiter de son temps ou gagner un max d’argent ?

Épisode diffusé le 8 novembre 2018 par Marketing Mania

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Déléguer dans son business – et rater complètement l’opération – c’est probablement l’une des choses les plus courantes chez les entrepreneurs qui passent les 5 000 € mensuels. Pas parce qu’ils sont incompétents. Parce que personne ne leur a dit que déléguer des tâches à des exécutants, ce n’est pas déléguer : c’est se créer un deuxième poste de manager sans la paie qui va avec. C’est précisément ce que Stan Leloup – créateur de Marketing Mania, l’un des podcasts marketing les plus écoutés en France – a mis des mois à comprendre lui-même. Et il le dit sans détour dans cet épisode FAQ, face aux questions de sa communauté.

L’épisode tourne autour de trois grandes tensions : la délégation qui tourne mal, les business ultra-saisonniers, et le networking quand on n’a plus rien à vendre. Des questions de Maxime, de Médi, et d’autres auditeurs anonymes. Des réponses sans template, parfois inconfortables.

Déléguer dans son business : le piège des tâches infinies

Maxime pose la question directement dans un fichier audio. Son business grossit. Le chiffre d’affaires monte. Et pourtant, plus il délègue, plus il a de travail. Il arrive à un point où il se demande s’il vaut mieux profiter de son temps ou continuer à faire grossir la machine.

Stan Leloup ne tourne pas autour du pot.

« Je pense que tu délègues pas encore très bien. Tu as pas du encore développer toutes les meilleures stratégies pour pouvoir gérer tes employés. Et je peux te dire que moi je suis dans la même situation. »

Ce qui est rare dans ce genre de réponse : l’aveu que le problème n’est pas propre à Maxime. Stan Leloup reconnaît qu’il a lui-même galéré sur ce point en 2018 – et ça change tout le registre de la conversation.

Le vrai problème, selon lui ? Déléguer des tâches à des gens qui suivent des procédures, ce n’est pas déléguer. C’est externaliser de l’exécution. Dès qu’il y a un bug, un imprévu, une question non prévue dans le process – ça remonte. Systématiquement. Et tu passes ta journée à débloquer des situations que tu pensais avoir réglées.

La solution qu’il décrit est plus radicale : recruter des personnes à qui tu confies une zone de responsabilité entière. Pas une liste de tâches. Une zone. Et quand ils viennent avec une question, la réponse par défaut est « c’est toi qui décides ».

« Ce que ça me donne c’est que ça me permet de faire monter en grade quelqu’un, ça me donne un sens d’accomplissement, c’est de pouvoir voir cette personne qui part de zéro et au fil des mois va pouvoir gagner une confiance en soi sur les décisions qu’il va prendre. »

Dit comme ça, ça a l’air simple. En pratique, ça suppose d’accepter une courbe de douleur à court terme : les 3 premiers mois, la personne recrutée te prend plus de temps qu’elle n’en économise. C’est normal. C’est le coût de l’investissement. Si tu n’as pas la patience de traverser cette phase, tu resteras toujours dans le cycle tâches-délégation-nouvelles tâches.

Pour aller plus loin sur les mécanismes concrets de délégation et de procédures, l’épisode avec Olivier Roland sur les procédures d’entreprise reste une référence utile – Stan Leloup le cite d’ailleurs dans l’épisode.

Quand l’argent ne suffit plus comme motivation

5 000 € par mois. C’est le chiffre que Stan Leloup pose comme seuil hypothétique dans la discussion avec Maxime. Pas 10 000, pas 50 000. 5 000. Le niveau à partir duquel, selon lui, la question « pourquoi est-ce que je continue à travailler ? » change de nature.

En dessous, tu travailles pour survivre. Au-dessus, tu travailles pour autre chose – ou tu devrais le savoir.

« Moi je dépense pas mon argent, je gagne des multiples chaque mois de ce que je dépense en une année. Et pourquoi est-ce que je bosse ? Bah à un moment donné je peux pas m’être motivé juste par l’idée que je vais gagner plus d’argent parce que bah c’est juste un chiffre quoi, ça veut rien dire. »

Ce qui m’agace un peu dans ce genre de discours, c’est quand il devient une posture. Mais là, il est factuel : Stan a 26 ans au moment de l’épisode (2018), il gagne bien, et il continue à bosser 60 heures par semaine. Pas pour une Lamborghini. Parce que créer des vidéos est, selon ses propres mots, « un des trucs le plus kiffant » qu’il puisse faire.

La pyramide de Maslow revient dans l’argumentation – ce n’est pas le cadre analytique le plus original, clairement. Mais le point est valide : une fois que les besoins de base sont couverts, le moteur change. Les entrepreneurs qui restent accrochés à l’accumulation financière comme seul indicateur de succès finissent souvent par construire des machines à cash qu’ils détestent piloter.

La question « temps ou argent ? » que pose Maxime est, selon Stan, une fausse question. Pas parce qu’elle est mal formulée – mais parce qu’elle suppose que le temps qu’on passe à créer est du temps perdu. Or pour lui, déléguer dans son business les tâches d’exécution pour garder le travail créatif, ce n’est pas sacrifier son temps. C’est exactement l’inverse.

Cette tension entre satisfaction personnelle et croissance financière, Thomas Burbidge l’explore aussi sous l’angle de la vision d’entrepreneur – un angle complémentaire si le sujet te parle.

Business saisonnier : la deadline naturelle comme avantage caché

800 €. C’est le chiffre d’affaires de la première session d’un auditeur qui a lancé un business sur la préparation aux entretiens de motivation en école de commerce post-bac. Tout son CA se fait sur 1 à 2 mois par an. Le reste du temps : zéro. Et lui, il stresse.

La réponse de Stan est contre-intuitive. Il commence par pointer l’avantage qu’il voit dans ce modèle.

Les deadlines naturelles – les concours, les dates d’entretien – font ce que les marketeurs passent des semaines à simuler artificiellement avec des lancements à durée limitée. La psychologie humaine est comme ça : sans échéance, les gens n’achètent pas. Stan Leloup le dit en incluant lui-même dans le lot.

« Je suis partie de ces gens où je vois une formation. Jour 1, je sais, je vais l’acheter. Ah tiens, c’est parfaitement pour moi, c’est exactement ce que je cherche. Je fais confiance à cette personne. J’ai tiré beaucoup de valeur. J’ai déjà acheté des formations chez ce mec. Je suis sûr que je vais acheter cette formation et je vais quand même attendre le dernier jour pour rentrer ma carte bleue. »

Voilà. C’est pas une théorie, c’est un comportement documenté par des dizaines d’études en psychologie comportementale. Et pour un business sur les entretiens d’écoles de commerce, cette deadline existe sans effort.

Le vrai problème n’est pas la saisonnalité elle-même. C’est que si tu n’acquiers des prospects que pendant le mois qui précède les épreuves, tu as une seule occasion par an de tester, d’optimiser, de rater et de corriger. Dix ans pour avoir dix points de données. C’est trop lent.

La solution : capturer le trafic bien en amont. Les candidats qui s’inscrivent en école de commerce font leurs recherches des mois avant les entretiens. Du contenu, des articles, une liste email construite toute l’année – et au moment du lancement, tu as déjà une relation avec tes prospects depuis 6 mois au lieu de 10 jours.

Stan cite son épisode avec Romain Treffel qui a construit exactement ce type de business sur la philo. L’épisode gagner sa vie avec la philo donne une vision concrète de comment ce modèle tient sur la durée, y compris sur les questions de trésorerie inter-saisons.

Et pour les marchés de niche avec une demande concentrée, la question du positionnement et de la stratégie d’entrée se pose différemment – l’épisode avec Amin Lams creuse ce sujet sous un angle utile.

Le networking quand tu n’as rien à vendre

Médi pose une question simple : est-ce que Stan fait du networking ? La réponse tient en un mot – oui – mais ce qui suit est plus intéressant que la réponse elle-même.

Stan Leloup est dans une phase de son business où tout fonctionne. Il n’a pas besoin de nouveaux clients, pas besoin de nouveaux partenaires, pas de projets en attente de collaborateurs. Dans cette configuration, le networking traditionnel – soirées, meetups, poignées de main – n’a presque aucune valeur immédiate pour lui.

Et pourtant il continue. Pourquoi ?

Deux raisons qu’il cite. La première : ce qu’il appelle la « surface de chance ». Plus tu es visible, plus tu rencontres de gens, plus les opportunités imprévisibles se multiplient – pas maintenant, dans 2 ans, dans 5 ans. Le contenu joue ce rôle aussi : des milliers de gens le connaissent sans qu’il les connaisse. Ce sont autant de connexions latentes.

La deuxième raison est plus concrète. Dans ses réseaux – notamment en Asie – il observe une tendance lourde : les entrepreneurs qui ont lancé leurs business en ligne entre 2010 et 2015 commencent à accumuler du cash ou à revendre leurs boîtes. Et se repositionnent en investisseurs. Ce type d’information – déléguer dans son business la veille stratégique à un réseau humain plutôt qu’à des articles de presse – ne s’achète pas. Ça se construit.

Le podcast Marketing Mania lui sert d’outil de networking à haute valeur. 1h30 au téléphone avec un YouTubeur connu, focus complet, questions directes. Impossible à obtenir autrement. (Et en plus c’est du contenu.)

Ce n’est pas un conseil universel – tout le monde ne peut pas lancer un podcast pour networker. Mais la logique derrière est transférable : trouve le format dans lequel tu apportes de la valeur à la personne que tu veux rencontrer. Sans réciprocité, il n’y a pas de réseau. Juste une liste de contacts qui ne répondent plus.

Sur les leviers de croissance qui combinent réseau, contenu et acquisition, cet épisode sur les leviers de croissance donne une lecture structurée que je trouve utile pour remettre les priorités dans l’ordre.

Ce qu’on ne peut pas déléguer – et c’est là que ça coince vraiment

Vers la fin de la question de Maxime, Stan Leloup arrive à une limite qu’il assume complètement : le travail créatif, lui, résiste à la délégation.

Préparer les épisodes, trouver les invités, monter le son, gérer les notes de show – tout ça a été délégué chez Marketing Mania. Mais la recherche pour une vidéo, la structure d’une formation, le ton d’une prise de parole – pas encore. Et probablement pas de si tôt.

Déléguer dans son business les tâches opérationnelles est faisable avec de bons process. Déléguer l’innovation – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise quand je couvrais des startups pour la première fois – c’est une autre histoire. Pas parce que c’est impossible en théorie. Parce que ça demande de trouver quelqu’un qui comprend la marque de l’intérieur, pas seulement quelqu’un qui exécute bien.

Stan dit quelque chose d’honnête là-dessus :

« Il y a une partie qui est compliquée à vraiment capturer qui fait partie de la marque marketing Mania et que pour le moment je suis le seul à pouvoir apporter. »

C’est exactement le problème. Et c’est probablement le cas pour beaucoup de créateurs qui ont construit un business autour de leur personnalité ou de leur point de vue. La scalabilité a une limite naturelle qui n’est pas le temps – c’est l’identité de la marque.

Mais bon – déléguer dans son business 80 % des tâches en gardant les 20 % qui comptent vraiment, c’est déjà un modèle qui tient. La question c’est de savoir si tu as la discipline de rester dans ces 20 % au lieu de tomber dans la micro-gestion des 80 % restants.

Questions fréquentes

Comment déléguer dans son business sans créer encore plus de travail ? +
Le problème vient souvent du type de délégation pratiquée. Confier des tâches à des exécutants qui suivent des procédures génère en permanence des remontées vers le dirigeant dès qu'un imprévu arrive. La solution est de déléguer des zones de responsabilité entières à des personnes capables de décider seules - quitte à accepter une période d'investissement de 2 à 3 mois avant qu'elles deviennent autonomes.
Vaut-il mieux profiter de son temps ou gagner plus d'argent avec son business ? +
Stan Leloup défend l'idée que c'est une fausse opposition. Une fois que les besoins de base sont couverts - il cite 5 000 € par mois comme seuil hypothétique - la vraie question est : qu'est-ce qui te motive à travailler ? Si la réponse est la créativité et l'impact, déléguer dans son business les tâches d'exécution pour garder le travail créatif est la meilleure configuration.
Comment vendre avec un business saisonnier dont tout le CA se fait en 1 ou 2 mois ? +
La clé est de capturer les prospects bien en amont de la deadline naturelle, pas seulement dans les 10 jours qui précèdent l'événement. Construire une liste email toute l'année, publier du contenu régulièrement, tester les publicités sur une période longue - ça multiplie les occasions d'optimiser et donne une relation déjà établie au moment du lancement. La deadline reste un avantage psychologique fort.
Est-ce qu'un entrepreneur qui réussit a encore besoin de faire du networking ? +
Oui, mais pour des raisons différentes selon la phase du business. Quand tout fonctionne et qu'on n'a pas besoin de nouveaux clients ou partenaires, le networking sert à augmenter ce que Stan Leloup appelle la surface de chance : plus de connexions aujourd'hui signifie plus d'opportunités imprévisibles dans 2 ou 5 ans. Et aussi à capter des informations non publiques sur les tendances du secteur.
Peut-on déléguer la créativité dans un business de contenu ? +
Difficilement, selon Stan Leloup. Les tâches opérationnelles liées au contenu - montage, recherche d'invités, publication - peuvent être déléguées. Mais la création elle-même, le ton, la structure, ce qui fait l'identité d'une marque - c'est beaucoup plus dur à transmettre. Stan reconnaît qu'il n'a pas encore trouvé comment le faire chez Marketing Mania.
Combien de temps faut-il pour qu'un nouvel employé devienne autonome après recrutement ? +
Stan Leloup cite 3 mois comme durée type. Pendant cette période, le recrutement coûte du temps plutôt qu'il n'en économise. C'est un investissement de court terme. Au-delà, si la délégation a bien été faite avec une vraie responsabilisation, la personne devient un actif positif qui libère du temps pour se concentrer sur la croissance et la création.

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