La stratégie linkedin anciens vs nouveaux n’est pas un débat de génération. C’est un débat sur ce qu’on veut vraiment faire de ce réseau – et Christel de Foucaud, 57 ans, ex-recruteuse reconvertie en conférencière avec 233 000 abonnés organiques, le dit mieux que n’importe quel consultant en personal branding. Dans un épisode de Marketing Square, elle s’est assise face à Caroline Mignaux pour mettre les pieds dans le plat.
Ce qui m’a frappé en écoutant cet échange, c’est qu’on n’est pas vraiment sur un sujet LinkedIn. On est sur un sujet de fond : est-ce qu’un réseau professionnel peut rester humain quand il grossit ? Et qui paie le prix quand ça déraille ?
Le mythe du nouvel arrivant qui a tout compris
Christel de Foucaud a une image qui colle bien. LinkedIn, c’est un village. Et quand tu débarques dans un village, tu ne renverses pas les tables dès le premier jour – même si t’as fait 50K vues sur Instagram la semaine d’avant.
« Je parle de la personne qui débarque, qui arrive avec les codes d’un autre réseau et qui arrive un peu dans une forme de toute puissance, je vais vous montrer ce que je sais faire. Et pour peu que ça marche bien au début, la personne à ce moment-là a le melon. »
C’est exactement le problème. Et ça n’a rien à voir avec l’âge.
Elle le précise d’emblée : quand elle parle de « nouveaux », elle ne parle pas de jeunes. Elle parle de ceux qui arrivent avec les réflexes d’une autre plateforme – TikTok, Instagram, Twitter – et qui tentent de les transposer tel quel sur LinkedIn. Parfois ça marche deux mois. Rarement plus. Le réseau finit toujours par digérer ces tentatives de colonisation rapide.
La différence entre quelqu’un qui dure et quelqu’un qui explose puis disparaît ? Pour Christel, c’est une seule chose : l’alignement. Ce qu’elle dit en public et ce qu’elle fait en privé, dans les messages directs, dans les commentaires chez les autres. Pas de double personnage. Du coup, la stratégie linkedin anciens vs nouveaux se résume souvent à : patience contre impatience. Pas vieille école contre nouvelle école.
Les pods, les flammes et les briques – comment la stratégie linkedin anciens vs nouveaux se joue dans les commentaires
Caroline Mignaux raconte avec une honnêteté assez rare ce moment gênant où elle avait demandé à ses abonnés de commenter avec un emoji brique pour « construire son château Richmaker ». Le post avait cartonné. Et s’était immédiatement attiré les foudres d’un mouvement autour du hashtag piège à like.
« J’avais trop honte de ce poste. En gros je disais : si vous en êtes, mettez un émoji brique et rajoutez une brique à mon château. Et ce genre de poste va très bien marcher parce que quand vous expliquez aux gens quoi commenter, ils vont avoir envie de vous encourager. »
Elle assume. Ce qui est rafraîchissant.
Christel, de son côté, reconnaît avoir utilisé le hashtag de façon parfois maladroite. Mais sa position de fond reste cohérente : les stratégies qui demandent aux gens de commenter une flamme ou un tracteur pour recevoir un PDF cassent quelque chose dans la dynamique naturelle du réseau. Pas parce que le contenu est forcément mauvais – parfois le PDF est excellent. Mais parce que ça remplace une vraie interaction par un comportement conditionné.
Et là, en tant qu’observateur de ces dynamiques depuis des années, je rejoins cette lecture. Ce que Christel appelle « protéger le réseau » correspond à quelque chose de réel : quand les commentaires d’un post sont remplis de 300 flammes identiques, la valeur informationnelle de cette section tombe à zéro. Or la vraie richesse d’un post LinkedIn – et Caroline le dit elle-même dans cet épisode – c’est dans les échanges sous le post.
Pour aller plus loin sur les mécaniques d’acquisition, l’épisode sur la prospection LinkedIn avec Ruben Taïeb traite précisément de ce qui fonctionne vraiment côté conversion – sans gonfler artificiellement ses métriques.
La dopamine du classement – le poison que personne ne veut nommer
233 000 abonnés. Obtenus sans pods, sans likes achetés, sans groupes d’entraide. Une publication par semaine maximum, beaucoup de commentaires chez les autres, et des réponses systématiques en messages privés – souvent en vocal. Cinq ans. C’est la trajectoire de Christel depuis 2016.
Mais le plus intéressant dans sa prise de position, c’est ce qu’elle dit sur la dépendance.
« Ça me rend malade. J’ai pas éternué, j’ai toussé Christel. Donc oui – et c’est pour ça que j’incite vraiment à publier moins mais à le faire bien. »
Cette réplique de Caroline – glissée en aparté – dit plus de choses sur l’économie psychologique des réseaux sociaux que beaucoup d’études académiques. La dopamine du like, du partage, du classement Apple Podcast : elle touche tout le monde, même ceux qui ont l’air de maîtriser le truc.
Christel le reconnaît aussi. Elle aussi a vécu cette phase où le nombre d’abonnés devenait une drogue. Elle est passée au-delà – ou du moins, c’est ce qu’elle dit – en ancrant sa métrique principale sur les abonnés au-delà de 30 000, ceux qui choisissent de suivre sans que tu aies eu besoin de les pousser vers quoi que ce soit. Ce sont ces abonnés-là qui valident vraiment le contenu, selon elle. Pas les vues sur un post qui a bénéficié d’un pod au bon moment.
Sur la question du Social Selling Index LinkedIn, un autre épisode de Marketing Square creuse précisément comment ce score est affecté par ces comportements – et pourquoi il vaut parfois mieux avoir un SSI moyen construit sur des vraies interactions qu’un score gonflé par des raccourcis.
Gérer les haters : la méthode contre-intuitive de Christel de Foucaud
Neuf personnes bloquées. Sur 233 000 abonnés. Vraiment.
C’est le chiffre qui résume la philosophie de Christel face aux commentaires négatifs. Et sa méthode, une fois qu’on la comprend, est assez redoutable – même si elle demande une forme de patience que la plupart n’ont pas.
Premier réflexe : aller sur le profil de la personne. Vérifier si elle publie, si son profil est rempli, quel est son niveau d’engagement réel. Parce qu’un commentaire agressif peut venir de deux endroits très différents : un troll vide de profil, ou quelqu’un d’agacé qui en a marre du 250e post de sondage de la semaine. Dans le second cas, la colère est légitime.
« Quand je suis chez moi, j’essaie toujours d’avoir le dernier mot, mais je ne bloque jamais aucun troll ni aucun hater. Et si la personne ne fait aucune publication, alors là, c’est le rêve pour moi. Je dis : puisque vous êtes un expert, je vous promets que quand vous ferez votre premier post, je viendrai commenter chez vous avec l’enthousiasme qui est le vôtre. Et ça s’arrête tout de suite. »
Dit comme ça, ça a l’air simple. En pratique, ça demande un calme que très peu de créateurs de contenu ont.
Ce qu’elle pointe du doigt, et ce que je trouve juste, c’est que bloquer ou effacer un commentaire négatif envoie un signal clair : tu ne prends que les avis qui vont dans ton sens. C’est une posture fragile sur le long terme. Le débat, même inconfortable, c’est aussi ce qui donne de la vie à un réseau. Et la stratégie linkedin anciens vs nouveaux se joue parfois là : les anciens ont appris à gérer ces tensions, les nouveaux ont encore tendance à fuir ou à sur-réagir.
Il y a aussi un aspect mécanique qu’on oublie. Christel le formule très clairement : dès qu’un post dépasse 100 000 vues, les insultes en message privé arrivent quasi automatiquement. C’est prévisible. Donc gérable – enfin, à condition de ne pas en faire une catastrophe personnelle à chaque fois.
Publier moins, interagir plus – ce que la stratégie linkedin anciens vs nouveaux révèle sur la durée
Trois posts par jour. Des posts à deux lignes. Des sondages tous les quatre matins. Des caroussels copiés depuis des comptes anglophones avec deux mots changés. C’est une réalité que Christel observe depuis des années – et elle en fait un diagnostic net : ça marche à court terme, ça s’essouffle.
Mais pourquoi ? Pas parce que l’algorithme punit les publications fréquentes – il ne le fait pas vraiment. Plutôt parce que la fréquence élevée rend la réciprocité impossible. Et sans réciprocité, les abonnés finissent par se comporter comme des spectateurs, pas comme une communauté.
Christel cite une règle qu’elle s’applique : si tu as du temps pour publier trois posts par jour, tu as du temps pour répondre à tous les commentaires d’un seul post. Ce n’est pas une règle algorithmique. C’est une règle humaine – enfin, ce qu’elle aurait voulu qu’on lui dise quand elle a commencé en 2016 avec 485 abonnés.
Elle revient aussi sur un point que les nouveaux arrivants ignorent souvent : les vues des posts étaient publiques sur LinkedIn jusqu’en 2017 ou 2018. Leur disparition n’est pas anodine. Et aujourd’hui, elle dit voir régulièrement des comptes mentir sur leurs chiffres – ce qu’elle détecte immédiatement en regardant les taux d’engagement réels. Les vanity metrics (vues, likes affichés) ne racontent pas la même histoire que les abonnés au-delà du seuil des 30 000.
Sur ce point, l’approche complémentaire pour gagner des vues sur LinkedIn sans dépendre de l’engagement mécanique mérite un regard – elle montre que la visibilité peut se construire autrement que par la fréquence brute.
Et sur la question de savoir comment LinkedIn s’intègre dans une stratégie globale d’acquisition client, l’épisode sur la méthode pour convertir sur LinkedIn apporte une perspective business directe – ce que ni les pods ni les lead magnets flamme ne garantissent.
Ce que le post du 15 août dit de l’algorithme – et de tout le reste
Meilleur post LinkedIn de Christel de Foucaud. Peut-être le plus gros post LinkedIn France à ce moment-là. Publié un 15 août à 15h00.
Pire jour de l’année. Pire heure de la journée selon toutes les « règles » que les experts LinkedIn vendent dans leurs formations à 997 euros.
Ce détail est important. Pas parce qu’il invalide toute analyse algorithmique – Caroline Mignaux défend d’ailleurs le fait de comprendre l’algo comme on lirait la consigne d’un examen, pour ne pas publier un vendredi soir à 20h par défaut. Mais parce qu’il illustre un principe que Christel répète depuis des années : la différence se fait sur le fond, pas sur l’heure de publication.
Ce qui m’agace dans le discours de certains experts LinkedIn actuels, c’est cette injonction à suivre des règles de format – 1300 caractères, puis 3000, puis deux lignes, puis carrousel – comme si le format était la variable principale. Christel retourne l’argument : justement parce que tout le monde suit les mêmes règles au même moment, personne ne se distingue. Tout le monde est passé aux posts deux lignes ? C’est exactement le moment de ne pas le faire.
Pour ceux qui démarrent sur le réseau et cherchent à se positionner, l’épisode sur trouver des clients sur LinkedIn aborde cette question du positionnement de contenu de manière très concrète – et rejoint pas mal de ce que dit Christel sur la nécessité de rester soi-même plutôt que de suivre les tendances de format.
La stratégie linkedin anciens vs nouveaux, finalement, se résume peut-être à ça : les anciens ont survécu à plusieurs cycles de formats, plusieurs algorithmes, plusieurs vagues de nouveaux arrivants. Ils ont vu les pods arriver, les pods exploser, les lead magnets flamme saturer, les sondages exaspérer. Ils ont une mémoire du réseau que les nouveaux n’ont pas encore. Pas parce qu’ils sont plus intelligents – mais parce qu’ils ont eu le temps de voir ce qui dure et ce qui s’essouffle.
Est-ce que ça suffit pour avoir raison sur tout ? Sûrement pas. Mais ça vaut la peine de les écouter avant de décider de tout balayer.











