méditation guidée

54. Pause méditation : saisissez l’instant ! Par Frankie Sfez

Épisode diffusé le 12 novembre 2021 par Caroline Mignaux

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La méditation guidée en 10 minutes – c’est le pari un peu fou que Caroline Mignaux et Frankie Sfez ont tenté dans cet épisode de Marketing Square. Pas une interview. Pas un débriefing de croissance. Une vraie séance, là, dans tes oreilles, pendant que tu lis peut-être ces lignes depuis un bureau où tu as trop de tabs ouverts. Frankie Sfez, fondateur de Meditation Secret et accompagnateur d’entrepreneurs depuis plusieurs années, pose les règles en trois minutes, puis il guide. Et honnêtement, le résultat déstabilise.

Ce que cet épisode touche, c’est un angle que les podcasts business évitent soigneusement : le moment d’avant. Avant la prise de parole en public, avant la réunion qui fait peur, avant l’appel client qu’on repousse depuis le matin. On parle beaucoup de comment arrêter de procrastiner – mais rarement de comment on se remet dans un état utilisable quand le stress a déjà pris le dessus.

Frankie Sfez a une réponse simple. Trop simple, diraient certains. Et pourtant.

Trois règles avant de commencer une méditation guidée

Avant de lancer la séance, Frankie pose ce qu’il appelle ses trois recommandations. Elles semblent évidentes. Elles ne le sont pas.

La première : trouver un endroit calme. Logique. Mais il nuance immédiatement – et c’est là que c’est honnête :

«Si vous êtes dans les transports, si vous êtes en voiture, ça veut pas dire que vous ne pouvez pas le faire. Mais en tout cas, pour avoir le plus de bienfaits, plus l’endroit que vous allez choisir va être calme et paisible et plus vous allez pouvoir bénéficier profiter des bienfaits de la session.»

Pas de dogme. Juste une honnêteté sur les conditions idéales versus les conditions réelles. C’est rare dans un domaine où on te demande souvent un tapis, une bougie et 45 minutes de tranquillité.

La deuxième règle : une position confortable. N’importe laquelle. Assis sur une chaise, en tailleur, allongé dans ton lit – Frankie s’en fiche. Il le dit clairement et ça casse avec une bonne partie des courants de méditation qui t’imposent des postures que seuls les yogis confirmés tiennent sans souffrir. La position confortable, c’est la condition pour rester dans la séance. Le reste est secondaire.

La troisième, c’est la plus intéressante. Donner une intention à la session. Pas obligatoire – il dit «not mandatory» – mais puissant. Ce matin-là, lui-même avait passé une nuit difficile avec sa petite dernière. Son intention : récupérer du sommeil perdu. Simple, concret, personnel. Pas «atteindre l’éveil». Juste : ce moment est pour moi, et voilà pourquoi.

Et si tu ne trouves pas d’intention ? «Vous dites juste que c’est prouvé scientifiquement que ça fait du bien.» Il y a quelque chose de désarmant là-dedans – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise quand j’essayais de méditer en culpabilisant de ne pas avoir le bon état d’esprit avant de commencer.

La respiration, pas une technique – une observation

Dix secondes après le lancement de la séance, Frankie dit quelque chose que j’ai dû réécouter deux fois. Il ne demande pas de contrôler la respiration. Il demande d’y être attentif.

«On respire plusieurs milliers de fois par jour sans jamais y penser et pourtant sans notre respiration, nous ne pourrions pas être en vie sur cette terre. Je vous invite donc pendant un instant à observer cet air qui entre et qui sort de votre corps.»

La différence entre contrôler et observer – c’est exactement là que la plupart des débutants plantent avec la méditation guidée. Ils essaient de respirer différemment, mieux, plus profondément. Ils rajoutent une tâche. Frankie retire une tâche.

Il commence par l’inspiration seule. Juste l’air qui entre par les narines, traverse la gorge, gonfle légèrement le ventre. Une chose. Puis l’expiration seule. Puis les deux ensemble, en cycle naturel. C’est progressif. Et les pensées qui arrivent – il ne dit pas de les chasser. Il dit de les laisser venir, puis repartir. Et si elles persistent : revenir à la respiration. C’est tout.

Ce qu’on ne dit jamais aux gens qui «essaient la méditation» et abandonnent après trois séances : avoir des pensées, c’est normal. Ce n’est pas un échec. C’est la pratique elle-même.

Le body scan : scanner le corps pour libérer la tête

Milieu de séance. Frankie passe à ce qu’il appelle le body scan – ou scan corporel – très utilisé en yoga en fin de pratique, et technique redoutable pour s’endormir selon lui. Le principe : énumérer les parties du corps une à une, observer les sensations, et tenter de les détendre.

Il commence au crâne. Front, sourcils, narines, lèvres, mâchoires, langue, menton. Pause. Puis cou, nuque, épaules, bras, mains, doigts. Dos, poitrine, thorax, ventre. Fessiers, cuisses, genoux, tibias, mollets. Et jusqu’aux orteils.

Dit comme ça, ça a l’air d’un inventaire anatomique. Mais dans la séance, entre la voix de Frankie et le fait d’avoir déjà travaillé la respiration pendant plusieurs minutes, l’effet est différent. Le corps suit.

«Pour terminer ce body scan, je vous invite à prendre conscience de toutes les parties de votre corps qui sont détendues et de ressentir votre corps qui est lourd et qui s’enfonce dans le support sur lequel vous êtes installé.»

Lourd et qui s’enfonce. Ce n’est pas une métaphore poétique – c’est une sensation physique réelle que beaucoup de personnes décrivent après un scan corporel bien conduit (et c’est souvent là que ça coince quand on fait ça seul, sans voix pour guider).

Pour les entrepreneurs qui font des prises de décision sous pression constante, cette technique a un avantage concret : elle court-circuite le flux de pensées parasites sans demander de les supprimer. Tu ne chasses rien. Tu passes simplement à autre chose – ton corps.

méditation guidée et gratitude : le retournement final

La fin de séance aurait pu être prévisible. Frankie fait quelque chose d’inattendu.

La méditation gratitude, la plupart la connaissent dans sa version classique : être reconnaissant envers des personnes, des opportunités, ce qu’on a. Frankie renverse la perspective :

«La plupart du temps nous sommes reconnaissants envers des personnes ou envers des choses. Nous sommes rarement reconnaissants envers nous-mêmes. Donc je vous invite à prendre un instant pour être reconnaissant envers vous-même d’avoir accepté d’écouter cette session de méditation qui est un moment pour vous et rien que pour vous.»

Voilà. Ce n’est pas de la psychologie positive en kit. C’est un glissement de perspective qui touche un point précis chez les entrepreneurs et freelances : on donne du temps à tout le monde sauf à soi, et quand on finit par en prendre, on se sent coupable de le prendre. Frankie inverse ça en trente secondes.

Il finit sur une invitation à ouvrir les yeux lentement, observer comment on se sent physiquement et mentalement, et – si l’envie vient – bailler, s’étirer «comme un petit chaton qui vient de se réveiller d’une sieste». Caroline, à la sortie de la séance, lâche un «je suis complètement dans le pâté». C’est le meilleur compte rendu possible.

Pourquoi ça marche – et où ça coince quand même

10 minutes. C’est le format. Et c’est à la fois la force et la limite de cet épisode.

La méditation guidée en format court est conçue pour s’intégrer – avant une réunion, après un call difficile, entre deux rendez-vous. Le problème, c’est que les bénéfices profonds d’une pratique régulière ne se construisent pas en 10 minutes de temps en temps. Frankie ne prétend pas le contraire – il parle d’une «petite bulle de bien-être, courte mais précieuse». Honnête.

Ce qui m’agace un peu dans le discours autour du bien-être entrepreneurial en général – pas spécifiquement ici – c’est qu’on présente souvent la méditation comme un hack. Un raccourci vers la clarté mentale. La réalité, c’est que c’est une pratique. Comme écrire, comme coder, comme vendre. La première séance guidée ne réinitialise pas tout. La centième commence à changer quelque chose.

Mais pour entrer dans la pratique – pour sortir du stade «j’essaie de méditer mais je pense à mes mails» – un épisode comme celui-ci a une vraie utilité. Parce que Frankie ne demande pas de tout changer. Il demande trois respirations. Puis une chose de plus. C’est une porte d’entrée, pas une transformation.

Pour les créateurs de contenu et entrepreneurs qui cherchent d’autres façons de structurer leur énergie et leur focus, la question du style, de la confiance en soi et de la présence physique revient souvent – le lien entre apparence et état mental est plus documenté qu’on ne le croit. Et la méditation travaille exactement le même terrain, par un autre angle.

Ce que Frankie Sfez dit que les apps de méditation ne disent pas

Headspace, Calm, Petit Bambou – on a tous téléchargé une de ces apps un jour. Souvent désinstallée trois semaines plus tard (c’est très rare que ça tienne, statistiquement).

Ce qui différencie l’approche de Frankie, c’est l’absence de performance. Il n’y a pas de «niveau» à atteindre. Pas de streak à maintenir. Pas de badge pour avoir médité 7 jours de suite. Il y a juste une voix qui dit : si tu as une pensée, c’est OK. Si tu peux pas trouver d’intention, médite quand même. Si ta nuit a été nulle, c’est pour ça que tu médites ce matin.

La méditation guidée façon Frankie Sfez, c’est une pratique dé-gamifiée. Et dans un contexte où on a transformé le sommeil, l’alimentation et le sport en tableaux de bord à optimiser, c’est presque radical.

Pour les entrepreneurs qui jonglent entre plusieurs projets simultanément et qui cherchent des méthodes pour construire un business solide sans se cramer, intégrer une pratique de respiration consciente dans la routine matinale change concrètement la qualité des premières heures de travail. Pas parce que c’est magique. Parce que ça coupe le bruit entre le réveil et le premier vrai sujet de la journée.

Mais bon – est-ce qu’on peut vraiment apprendre à méditer via un podcast de 15 minutes ? La question reste ouverte. Ce qui est sûr, c’est que cet épisode donne envie d’essayer. Et c’est déjà beaucoup.

Et si la gestion du stress entrepreneurial t’intéresse au-delà de la méditation – la question de la gestion du risque sous pression vue par un base jumper professionnel est une autre façon d’aborder le même terrain, avec un angle radicalement différent.

Questions fréquentes

Comment faire une méditation guidée quand on est débutant ? +
Frankie Sfez recommande trois choses : trouver un endroit calme (ou le plus calme possible), prendre une position confortable quelle qu'elle soit, et donner une intention simple à la séance. Si tu n'as pas d'intention, médite quand même - les bénéfices sont documentés indépendamment de l'état d'esprit de départ. L'essentiel est de commencer, pas de commencer parfaitement.
Quelle est la durée idéale pour une méditation guidée efficace ? +
L'épisode de Marketing Square propose un format de 10 minutes, conçu pour s'intégrer dans une journée chargée. C'est suffisant pour un effet de décompression immédiat - respiration consciente, body scan, gratitude. Les effets durables sur la gestion du stress se construisent avec une pratique régulière, pas avec la durée d'une session unique.
C'est quoi un body scan en méditation guidée ? +
Le body scan ou scan corporel consiste à porter son attention sur chaque partie du corps une à une, du crâne jusqu'aux orteils, en observant les sensations présentes et en tentant de détendre chaque zone. Très utilisé en yoga en fin de session, c'est aussi une technique efficace contre l'insomnie.
La méditation guidée peut-elle vraiment aider les entrepreneurs stressés ? +
Frankie Sfez accompagne des entrepreneurs et des équipes en entreprise avec cette approche. L'angle n'est pas la performance mais la décompression - couper le flux de pensées parasites avant une prise de parole, une réunion difficile ou un appel client important. Les études sur la respiration consciente confirment un effet mesurable sur le cortisol en quelques minutes.
Doit-on s'asseoir en tailleur pour faire une méditation guidée ? +
Non. Frankie Sfez est explicite là-dessus : la position importe peu. Assis sur une chaise, sur un canapé, allongé dans son lit - ce qui compte, c'est le confort. Une position inconfortable crée une friction qui nuit à la concentration.
Qu'est-ce que la méditation gratitude pratiquée dans cet épisode ? +
Contrairement à la version classique où l'on remercie des personnes ou des situations, Frankie propose ici d'être reconnaissant envers soi-même - pour avoir pris ce moment, pour s'être autorisé cette pause. C'est un retournement simple mais efficace pour les profils qui ont du mal à prendre du temps pour eux sans culpabiliser.

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