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59. Comment améliorer son référencement naturel

Épisode diffusé le 6 avril 2020 par TheBBoost

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Le référencement naturel fait peur. Pas un peu – vraiment peur. Aline, coach business chez TheBBoost, l’a dit sans détour dans l’épisode 59 de son podcast « Je peux pas, j’ai Business » : la plupart des entrepreneurs coupent le son dès qu’on prononce le mot SEO. Trop technique, trop obscur, trop long. Et pourtant, dans cet épisode d’une heure, elle démonte ce mythe pièce par pièce – avec une méthode qui tient en une phrase : un truc à la fois.

Ce qui m’a frappé en écoutant ça, c’est l’honnêteté de la démarche. Pas de promesse de position numéro un en trois semaines. Pas de liste de 47 outils indispensables. Elle dit clairement qu’elle a fait n’importe quoi pendant ses premiers mois, que ça ne l’a pas empêchée de signer des clients, et qu’aujourd’hui elle continue d’apprendre. C’est rare, dans un domaine où tout le monde se pose en expert définitif.

L’épisode structure le sujet autour de quatre grandes familles : les textes, la technique, les liens, et le comportement des visiteurs. Quatre piliers. Des centaines de critères au total – mais on va pas se mentir, on ne connaît pas tous les critères Google. Comme elle dit :

« C’est comme un petit peu la recette de Coca-Cola quoi. On sait plus ou moins ce qu’il y a dedans, mais on ne connaît pas la recette précise. »

Juste. Et c’est exactement pour ça que le référencement naturel reste un terrain de jeu permanent – pas une case qu’on coche une fois.

Les textes : là où tout commence, vraiment

Première famille, et de loin la plus accessible : les textes. Tout ce qui est écrit sur votre site compte. Pas de la même façon, pas avec le même poids – mais chaque mot est lu, analysé, indexé.

La recommandation d’Aline sur ce point est concrète : construire une liste de 50 mots clés. Des mots seuls ou des expressions de deux-trois mots – ce qu’on appelle des longues traînes en jargon SEO – qui couvrent votre thématique globale. Si vous êtes web designer, vos 50 mots tournent autour de design, identité visuelle, site internet, UX, typographie. Pas autour du jardinage. Google a besoin de cohérence pour comprendre de quoi vous parlez.

Et c’est là que beaucoup ratent. Pas par manque de contenu – par manque de cohérence entre les contenus. Une page d’accueil qui parle de coaching entrepreneurial et des articles de blog sur la naturopathie : Google ne sait pas quoi faire de vous. Il hésite. Et un Google qui hésite, c’est un Google qui vous enterre à la page trois.

Sur les titres, Aline est catégorique :

« C’est pas le moment les gens. Si je vous le dis sérieusement, c’est pas le moment de devenir créatif et c’est pas le moment de devenir perché avec vos titres. Une page service s’appelle service, une page tarif s’appelle tarif, une page blog s’appelle blog. »

Voilà. Dit comme ça, ça a l’air simple. Mais le nombre de sites où la page blog s’appelle « Mes réflexions du moment » ou « L’atelier des idées »… (c’est souvent là que ça coince, entre l’envie de créer une identité de marque et les contraintes de lisibilité algorithmique).

Quelques règles concrètes sur les titres : moins de 70 caractères, sinon Google coupe. Un mot clé dedans si possible. Et une méta description par page – pas seulement pour les articles de blog, pour toutes les pages. Moins de 175 caractères. Le plugin Yoast sur WordPress permet de renseigner ça directement, sans toucher à une ligne de code.

Sur le volume de texte, le seuil de 300 mots par page est souvent cité. Aline va plus loin : pour les articles, elle conseille 800 mots minimum. Pas pour faire du remplissage – pour avoir de quoi développer le champ sémantique, intégrer des variantes de mots clés, montrer à Google qu’il y a vraiment de la matière.

Le référencement naturel souffre aussi d’un problème moins connu : le duplicate content. Copier-coller du texte d’une page à l’autre de son propre site – même quelques lignes – peut plomber votre positionnement. Aline donne un exemple que j’ai trouvé particulièrement malin :

« Si vous avez pris l’habitude à la fin de chaque article de blog de mettre un petit encart que vous tapez à chaque fois […] Coucou, moi c’est Noémie, je suis web designer […] Ça compte comme du duplicate content même si c’est juste quelques lignes parce que vous avez fait un copier-coller sur toutes vos pages. »

C’est exactement le problème. On pense bien faire – se présenter, créer de la cohérence – et on se tire une balle dans le pied côté SEO. La solution ? Utiliser les fonctionnalités de widget ou de template de votre CMS, qui n’induisent pas de duplication de contenu textuel indexé.

Dernière chose sur les textes : la hiérarchie des balises H. Un seul H1 par page (le titre principal). Des H2 pour les grandes sections – au moins deux si vous en utilisez. Des H3 pour les sous-parties, à l’intérieur des H2. Penser dissertation de philo, dit Aline. C’est une image qui fonctionne. L’outil SEO Quake (extension Chrome gratuite) permet d’analyser cette hiérarchie sur n’importe quelle page en quelques clics. Pour aller plus loin sur la construction d’une stratégie SEO de fond, l’épisode avec Guillaume Giraudet Bacchiolelli creuse ces fondations avec beaucoup de précision.

La technique, sans le code – ce que personne n’explique clairement

Deuxième pilier du référencement naturel : la technique. Et là, Aline fait quelque chose d’utile – elle pose d’emblée la limite de ce qu’elle va aborder. Pas de code. Pas de modifications de base de données. Des actions que n’importe qui peut faire depuis son back-office.

Premier point technique : les images. Une image non optimisée peut peser plusieurs mégaoctets. Multipliez ça par dix images sur une page et vous avez un site qui charge en huit secondes. Google mesure ce temps de chargement – et le pénalise. Des outils comme compressjpeg.com ou compresspng.com permettent de diviser le poids d’une image par trois ou quatre en quelques secondes, sans perte de qualité visible.

La vitesse de chargement, c’est aussi un argument qui va au-delà de l’algorithme. Il y a encore des zones en France avec une connexion ADSL faible – et si votre site met dix secondes à s’afficher, ces visiteurs partent avant même de voir votre contenu. Le référencement naturel et l’expérience utilisateur sont, sur ce point, parfaitement alignés.

Deuxième point technique souvent négligé : l’affichage mobile. Google indexe en priorité la version mobile de votre site depuis 2018. Si votre site n’est pas responsive – s’il se déforme, si les boutons sont trop petits, si le texte déborde – vous perdez des points. C’est pas une option, c’est une contrainte de base.

Les URLs, aussi. Une URL propre ressemble à : monsite.fr/coaching-entrepreneurs. Une URL sale ressemble à : monsite.fr/?p=4782&cat=12. La première est lisible par un humain et par Google. La seconde ne dit rien à personne. Sur WordPress, ça se règle en deux clics dans les réglages des permaliens.

Et puis la navigation. L’arborescence de votre site doit permettre d’accéder à n’importe quelle page en trois clics maximum depuis la page d’accueil. C’est une règle UX classique – mais c’est aussi un signal SEO. Google suit les liens pour crawler votre site : plus vos pages sont profondes et isolées, moins elles seront bien indexées.

référencement naturel et liens : le maillage qu’on sous-estime toujours

Troisième pilier : les liens. Et là on entre dans quelque chose que les débutants sous-estiment systématiquement – parce que ça ne se voit pas directement sur le site.

Le maillage interne, d’abord. Ce sont tous les liens qui relient vos pages entre elles. Quand vous écrivez un article sur la productivité et que vous glissez un lien vers votre page de services, vous créez un chemin. Google suit ces chemins. Plus une page reçoit de liens internes, plus elle semble importante aux yeux de l’algorithme. C’est une forme de vote interne.

Règle concrète : quand vous publiez un nouvel article, cherchez dans vos contenus existants les endroits où vous pourriez glisser un lien vers ce nouvel article. Et inversement : dans votre nouvel article, pointez vers d’autres pages pertinentes de votre site. Pour comprendre comment construire un cocon sémantique cohérent, c’est un concept qui prolonge exactement ce que dit Aline sur la cohérence thématique.

Les liens externes entrants – ce qu’on appelle les backlinks – c’est une autre histoire. Un site qui pointe vers le vôtre, c’est un signal de confiance aux yeux de Google. Mais pas n’importe quel site. Un lien depuis un annuaire de qualité douteuse vaut moins que zéro. Un lien depuis un media sectoriel reconnu, c’est de l’or. Sur ce sujet, le netlinking expliqué par Léo Poitevin va très loin dans la mécanique de construction de ces liens.

Les erreurs 404, enfin. Ce sont les pages qui n’existent plus – parce que vous avez renommé un article, supprimé une page, changé une URL. Quand Google tombe sur une 404, il note. Et quand un visiteur tombe dessus, il part. Le plugin Broken Link Checker sur WordPress détecte ces erreurs automatiquement. C’est gratuit, ça tourne en arrière-plan, et ça vous évite des fuites silencieuses de référencement naturel.

Ce que Google voit quand vos visiteurs se comportent mal

Quatrième pilier – et probablement le plus contre-intuitif pour quelqu’un qui débute : le comportement des visiteurs.

Google ne se contente pas d’analyser votre code et vos textes. Il regarde aussi ce que font les gens quand ils arrivent sur votre site. Combien de temps restent-ils ? Visitent-ils plusieurs pages ou repartent-ils immédiatement ? Reviennent-ils ?

Le taux de rebond, c’est le pourcentage de visiteurs qui arrivent sur une page et repartent sans cliquer sur quoi que ce soit d’autre. Un taux de rebond élevé envoie un signal négatif : votre contenu ne correspond pas à ce que les gens cherchaient, ou votre site est trop lent à charger, ou votre page d’accueil ne donne pas envie d’aller plus loin.

Pour travailler le référencement naturel sur ce pilier, Google Analytics est l’outil de référence. Il permet de voir quelles pages retiennent le plus longtemps les visiteurs, d’où vient votre trafic, et quels contenus déclenchent des parcours de navigation. Ce n’est pas quelque chose qu’on règle en un jour – c’est un travail d’observation continue. Pour voir comment générer plus de trafic qualifié en travaillant les comportements de visite, il y a des méthodes concrètes qui complètent bien ce que dit Aline.

Ce qui m’agace dans la façon dont on parle souvent de ce pilier, c’est qu’on le présente comme une conséquence passive – comme si le comportement des visiteurs était une donnée qu’on subit. Non. On peut l’influencer activement : en travaillant les appels à l’action, en ajoutant des liens internes intelligents, en soignant l’introduction de chaque page pour donner envie de lire la suite.

La Search Console, l’outil que vous n’ouvrez probablement pas assez

Un outil traverse tout l’épisode en filigrane sans être toujours nommé explicitement : la Google Search Console. C’est gratuit, c’est directement relié à votre présence dans les résultats Google, et la plupart des gens qui ont un site ne l’ont jamais ouverte. (Ce qui est rare dans le secteur : l’outil le plus utile est aussi le plus ignoré.)

La Search Console vous dit quelles requêtes amènent des visiteurs sur votre site, sur quelles pages vous apparaissez dans les résultats, quel est votre taux de clic, et quelles erreurs techniques elle détecte. C’est aussi là que vous pouvez soumettre votre sitemap – le plan de votre site – pour que Google indexe vos nouvelles pages plus vite.

Pour les petites structures qui font leur référencement naturel sans budget, c’est l’outil de base avant tous les autres. Pour aller plus loin sur ce point, faire du SEO sans budget est un sujet qu’on a traité en détail avec des exemples très concrets.

Le truc que tout le monde oublie : le temps

Voilà un chiffre qu’Aline répète plusieurs fois dans l’épisode – et c’est probablement le plus important : plusieurs semaines dans le meilleur cas, plusieurs mois en général, avant de voir les premiers résultats d’une action de référencement naturel.

Pas plusieurs jours. Pas une semaine si vous faites bien les choses. Plusieurs mois.

C’est une contrainte réelle – et c’est aussi la raison pour laquelle la plupart des gens abandonnent avant de voir quoi que ce soit. Ils publient cinq articles bien optimisés, ils attendent trois semaines, ils ne voient rien bouger, ils concluent que le SEO ne fonctionne pas pour eux.

Aline a une façon de cadrer ça que j’aurais aimé entendre plus tôt – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise quand j’ai commencé à m’intéresser au sujet – c’est que le référencement naturel est une stratégie stable précisément parce qu’elle est lente. Un trafic SEO bien construit ne s’effondre pas du jour au lendemain parce qu’un algorithme de réseau social a changé. Il s’érode lentement, se reconstruit lentement, et tient dans la durée d’une façon qu’aucun post Instagram ne peut égaler.

Mais bon. Ça demande de la patience. Et la patience, dans un contexte où tout le monde cherche des résultats rapides, c’est peut-être la compétence la plus difficile à acquérir en marketing digital. Pour voir ce que ça donne quand on pousse la logique jusqu’au bout, 125 000 visites organiques par mois c’est le genre de résultat qui se construit sur des années – pas des semaines.

Ce que l’épisode ne dit pas explicitement – et c’est une limite réelle – c’est que ces quatre piliers ne s’appliquent pas de la même façon selon votre secteur, votre concurrence, et l’ancienneté de votre domaine. Un site de six mois dans un marché très concurrentiel ne jouera pas selon les mêmes règles qu’un site de cinq ans dans une niche peu disputée. Le référencement naturel est une discipline contextuelle avant d’être une liste de techniques.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour voir les résultats du référencement naturel ? +
Plusieurs semaines dans le meilleur des cas, plusieurs mois en général. C'est la contrainte principale du SEO - et aussi sa force : un trafic bien construit tient dans la durée, contrairement au trafic des réseaux sociaux qui peut s'effondrer du jour au lendemain suite à un changement d'algorithme.
Par où commencer avec le référencement naturel quand on est débutant ? +
Aline recommande de commencer par établir une liste de 50 mots clés en rapport avec votre thématique. Ensuite, vérifier que chaque page de votre site a un titre de moins de 70 caractères et une méta description de moins de 175 caractères. Un truc à la fois, pas tout en même temps.
Qu'est-ce que le duplicate content et pourquoi c'est un problème pour le référencement naturel ? +
Le duplicate content, c'est quand le même texte apparaît à deux endroits différents - sur deux sites distincts, ou sur deux pages de votre propre site. Google pénalise les deux. Un exemple classique : copier-coller son encart de présentation à la fin de chaque article de blog. Même quelques lignes répétées peuvent déclencher une pénalité.
Faut-il toucher au code pour améliorer son référencement naturel ? +
Non. La grande majorité des optimisations de base sont accessibles sans toucher au code : titres, méta descriptions, hiérarchie des balises H via l'éditeur de contenu, compression d'images via des outils en ligne, URLs via les réglages de permaliens sur WordPress. Des plugins comme Yoast SEO et des extensions comme SEO Quake permettent de tout contrôler depuis l'interface.
C'est quoi une balise H1 et combien peut-on en avoir par page ? +
La balise H1 est le titre principal d'une page. Il ne doit y en avoir qu'une seule par page. Les H2 sont les titres des grandes sections, les H3 les sous-sections. Sur WordPress, le H1 est automatiquement attribué au titre de l'article ou de la page - inutile de le modifier manuellement.
Quel outil gratuit utiliser pour analyser le référencement naturel de son site ? +
Plusieurs outils gratuits sont cités : SEO Quake (extension Chrome) pour analyser la hiérarchie des titres et les méta données page par page, Google Search Console pour suivre votre positionnement et détecter les erreurs techniques, Google Analytics pour comprendre le comportement de vos visiteurs, et Broken Link Checker sur WordPress pour repérer les liens cassés.

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