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GEO : la stratégie pour que ChatGPT recommande votre marque en 2026

Épisode diffusé le 3 mai 2026 par Danilo Mura Duchesnes

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Le geo seo n’est pas une mode. C’est un glissement tectonique qui se joue en ce moment, pendant que la plupart des marques continuent de piloter aux positions Google comme si rien n’avait changé. Léo Poidevin, fondateur de l’agence Astrac et cofondateur de la marketplace de backlinks Linkavisa – six ans de SEO haute tension dans des niches ultra-compétitives avant de lancer sa boîte il y a dix-huit mois -, a une façon de décrire la situation qui m’a arrêté net : il imagine un monde où le GEO mange le SEO. Pas le compète. Le mange.

Ce qui suit n’est pas un résumé de podcast. C’est ce que j’ai retenu d’une heure et demie de conversation dense, avec les chiffres qui font mal, les hacks qui fonctionnent encore, et quelques angles morts que personne ne veut vraiment admettre.

Ce que personne ne dit sur le geo seo : les LLM n’ont pas besoin d’internet

Le malentendu de base, c’est de croire que ChatGPT cherche tout sur Google. Il ne cherche pas. Il sait déjà.

« On a tendance à l’oublier, mais les LLM ne vont pas toujours chercher sur internet. Quand tu leur demandes combien de temps pour cuire un œuf, bah, en fait, ils vont pas le chercher sur internet. Donc si tu es Marmiton et que tu as envie d’influencer le LLM là-dessus, c’est juste pas possible. »

Dit comme ça, c’est presque déprimant.

Ça veut dire que toute une catégorie de contenu – l’informationnel pur, les bienfaits du magnésium, comment cuire des pâtes, les symptômes de la carence en vitamine D – est structurellement hors de portée du geo seo. Le modèle a intégré cette information. Il ne va pas vérifier. Il répond, point.

Là où ça devient intéressant – et là où l’argent se trouve – c’est sur les requêtes où le LLM doute. Géolocalisation, dates, entités nommées, recommandations de prestataires. Dès qu’il y a une ville, un pays, une industrie spécifique dans la requête, le modèle hésite. Et quand il hésite, il cherche. C’est exactement ce moment qu’il faut cibler.

La mécanique est simple : « meilleur café adaptogène en France », « agence Google Ads Bruxelles », « grossiste équipement musculation France ». Ces requêtes impliquent des entités réelles, des acteurs locaux, des recommandations qui peuvent être fausses. ChatGPT n’a pas envie de se planter – il délègue à Google. Et c’est là que le geo seo reprend la main.

Moins de clics, plus de business : le paradoxe qui change tout

Trente pour cent. C’est la perte moyenne de clics organiques sur la partie informationnelle observée aux États-Unis depuis le déploiement des AI Overviews. En France, le déploiement n’est pas encore là – les médias français se battent activement contre Google là-dessus – mais les données américaines donnent une idée de ce qui arrive.

Et pourtant. Léo Poidevin a vu des cas où le business augmente de 10 % pendant que le trafic chute de 20 %.

« C’est fou parce que les gens, ils sont là, bon, – 20 % de clics sur le SEO, mais par contre le business, il a + 10. Tu te dis OK, on a moins de volume, mais le volume est plus qualifié. »

C’est exactement le problème avec nos tableaux de bord.

On optimise pour le trafic depuis des années. On a tout construit autour du clic, de la session, du temps passé sur le site. Et là, une métrique qu’on ne trackait pas – être cité par un LLM – envoie des gens directement convertir, sans qu’on l’ait vu venir. Léo observe entre 5 et 10 fois plus de conversion sur le trafic arrivant directement depuis ChatGPT par rapport au trafic SEO classique. Pas 5 à 10 %. 5 à 10 fois.

La raison ? ChatGPT qualifie à la place de la marque. Il dit « voilà le meilleur produit pour ton besoin », l’utilisateur arrive convaincu. Le SEO classique envoyait des curieux. Le GEO envoie des acheteurs.

Ce qui m’agace, c’est qu’on a les données sous les yeux dans Google Analytics – la source « chatgpt.com » ou « perplexity.ai » dans les référents – et la plupart des marques n’y font pas encore attention. Le signal est là. Petit, mais là.

La stratégie geo seo concrète : ce qui marche vraiment

Quand Léo vend du GEO, il vend à 90 % des listicles. Des top 10. Des classements publiés sur des médias externes. C’est brutal comme synthèse, mais c’est honnête.

La logique est la suivante : ChatGPT fait une recherche Google quand il hésite. Il prend dans le top 20. Il fusionne plusieurs sources. Pour être dans ces sources, il faut ranker sur les sous-requêtes que le modèle génère – des requêtes de très longue traîne que personne ne ferait sauf un LLM. « Meilleure liste agences SEO spécialisées netlinking France 2026. » Ce genre de truc.

« Pour 100 euros, tu vas t’acheter une réputation dans un pays alors que tu as aucune légitimité à la base. On a acheté un article en roumain, deux en polonais, un en grec. Au final, on est régulièrement cité comme étant une agence de référence en Roumanie, alors que bon, j’ai jamais rien fait en Roumanie. »

Je ris, mais c’est du Far West légal qui fonctionne.

Le hack est simple : trouver des médias anciens, peu sexy, qui ne se vendent pas cher – Léo cite des exemples à 70 euros l’article en Pologne contre 800-900 euros pour RMC News en France – mais qui ont une autorité historique que Google respecte encore. Publier dessus un top 10 bien construit, 2000-3000 mots, avec la marque en position favorable. Résultat : ranking SEO + citation LLM sur le même contenu.

En dehors de cette stratégie média externe, il y a quelques éléments on-site à ne pas négliger. Les FAQ courtes – question en moins de 50 mots, réponse en moins de 50 mots – aident les LLM à extraire l’information facilement (ce qui est une raison valable de les utiliser, contrairement aux FAQ créées en 2018 pour occuper de la place dans les SERP). Et Trustpilot : ChatGPT l’utilise massivement comme source d’autorité. Une mauvaise note, et le modèle le signale à chaque recommandation.

Wikipédia aussi. Mais là, il faut un niveau d’autorité que la plupart des marques D2C n’atteindront pas de sitôt. Les modérateurs Wikipédia ne plaisantent pas.

E-commerce : quand activer le SEO – et lequel

Moins de 50 produits ou plus de 50 produits. C’est la ligne de démarcation que Léo utilise pour décider si le SEO doit être prioritaire ou secondaire au lancement.

Avec un catalogue réduit – monoproduit, quelques références -, la pub méta reste le levier principal. Google aime la navigation, les cycles d’achat longs, les utilisateurs qui passent d’une catégorie à l’autre. Un monoproduit ne crée pas ces signaux. L’argument SEO tient moins bien. En revanche, dès qu’on monte à plusieurs dizaines de références, construire une stratégie SEO solide dès le départ devient critique – parce que refaire une architecture mal structurée sur 500 références, c’est un chantier qui coûte cher en temps et en positions perdues.

Pour un e-commerce multi-références qui n’a jamais vraiment travaillé son SEO, le diagnostic commence toujours par le technique. Est-ce que Google arrive à crawler le site correctement ? Sur des marques qui dépensent 10 000-15 000 euros par mois en ads depuis des années, il n’est pas rare de trouver un problème technique basique qui empêche Google de voir 40 % du catalogue. Lever ça ne coûte rien. Ça rapporte beaucoup.

Ensuite viennent les backlinks – avec un regard sur le delta entre notoriété de marque et autorité SEO. Les marques très actives en pub ont souvent une forte notoriété et zéro backlink. C’est un arbitrage facile à faire : quelques backlinks thématisés sur une marque déjà connue, ça déclenche des effets disproportionnés. Pour aller plus loin sur ce sujet, l’épisode consacré au netlinking avec Léo Poitevin donne la mécanique complète.

Et puis les fiches produits. C’est souvent là que se cache l’uplift le plus rapide. Sur un client en équipement de musculation, 80 % du travail a consisté à enrichir les fiches produits – tableaux, données techniques, descriptions réelles. Résultat : une hausse de trafic qualifiée de « énorme » dans la transcription, ce qui en langage de consultant SEO signifie probablement quelque chose de bien réel.

Le moment où les chiffres ont changé la conversation

Il y a un cas client que Léo mentionne en passant, et qui mérite qu’on s’y arrête. Un comptable français basé à Dubaï. Clientèle d’expatriés, profil tech et entrepreneuriat. Sur ce site, le split de trafic est aujourd’hui de 60 % Google pour 40 % IA. Les volumes sont petits – 100 à 200 clics par mois en tout – mais c’est la proportion qui est vertigineuse.

Pour ce type de profil – clientèle jeune, tech-savvy, habituée à chercher dans ChatGPT plutôt que dans Google – le geo seo n’est pas une projection future. C’est la réalité présente. Et c’est probablement un indicateur avancé de ce qui arrivera sur d’autres niches dans 18 à 24 mois.

ChatGPT représente aujourd’hui environ 80 % du volume de trafic IA, Gemini une partie du reste, Perplexity autour de 5 %. Mais dans des niches tech, Claude peut prendre une part significative – et les comportements diffèrent entre modèles. Ce qui fonctionne pour remonter dans ChatGPT ne garantit rien dans Perplexity. Les outils de monitoring GEO – Léo cite Mention Lab (outil belge, ce qui lui vaut une mention enthousiaste), PEC.ai, Profound.ai – commencent à cartographier ces différences, mais on est encore en phase de débroussaillage.

Ce que ces outils permettent concrètement : voir les sous-requêtes que le LLM génère pour répondre à une question, identifier les sources qu’il cite le plus souvent, et comprendre pourquoi il ne cite pas un site qui ranke pourtant bien sur Google. Cette dernière question – pourquoi je suis top 10 Google et jamais cité par ChatGPT – a une réponse. Léo raconte l’anecdote de Kevin Le Sioutre, bon SEO français, qui a demandé directement à ChatGPT pourquoi il ne le citait pas. Le modèle a répondu : il y a ça, ça et ça qui me paraissent peu fiables. Modifications faites, il est maintenant cité.

« Théoriquement, si tu lui demandes, tu peux quand même corriger le tir. Le mieux, c’est déjà qu’elle ranke. Si tu es top 10 et jamais cité, là tu commences à creuser. »

C’est un hack qui va se refermer rapidement, mais pour l’instant il fonctionne.

Le fond du problème : Google n’aime plus le SEO

Il y a une chose que Léo dit et qu’il reconnaît lui-même être inconfortable à admettre – lui qui vend du backlink et du contenu. Depuis la mise à jour de septembre 2023, Google a changé de priorité. Il veut des marques, pas des sites SEO.

Un site qui n’a pas de vie en dehors de Google – pas de pub, pas de mentions presse, pas de notoriété propre – devient suspect aux yeux de l’algorithme. Google privilégie désormais les annonceurs, les marques établies, l’ancienneté. Les backlinks et le contenu restent utiles, mais ils passent après. C’est la thèse que Léo a entendue à une grande conférence SEO internationale, et elle colle avec ce qu’il observe chez ses clients.

Ça rejoint ce que j’ai lu chez Neil Patel depuis des années – construire la marque d’abord, le SEO suit. Ce n’est plus un conseil générique. C’est désormais une condition d’indexation correcte.

Pour les marques D2C qui dépendent de Meta Ads et qui voient leurs coûts d’acquisition grimper chaque année – Léo parle de cette dépendance comme d’une « taxe plateforme » -, le combo geo seo et construction de marque représente l’alternative la plus sérieuse. Pas le remplacement des ads. L’alternative au tout-ads.

Si tu veux comprendre comment le référencement à l’ère de l’IA change concrètement les stratégies d’acquisition, c’est probablement l’angle le plus sous-estimé du moment. Et pour ceux qui cherchent à rester visible quand les moteurs répondent à votre place, la question n’est plus théorique – elle est opérationnelle maintenant.

La vraie question – celle que Léo n’a pas tranchée non plus – c’est à quelle vitesse tout ça va s’accélérer. Parce que le Far West GEO de 2025, avec ses hacks qui se font patcher en quelques semaines, ressemble étrangement au SEO de 2004. Et on sait comment ça s’est terminé pour ceux qui avaient pris de l’avance.

Questions fréquentes

C'est quoi le GEO SEO exactement ? +
Le geo seo - Generative Engine Optimization combiné au référencement classique - désigne l'ensemble des pratiques qui permettent à une marque d'être citée par les LLM comme ChatGPT en plus d'être positionnée sur Google. Contrairement au SEO traditionnel, le GEO cible les requêtes où le modèle d'IA doute et va chercher des sources sur le web plutôt que de répondre depuis sa base de connaissances interne.
Est-ce que le geo seo remplace le SEO Google ? +
Non, pas encore - et probablement jamais complètement. Les deux logiques sont complémentaires : ranker dans le top 10 Google reste la condition préalable pour être cité par ChatGPT, qui cherche ses sources dans les résultats Google. En revanche, sur l'informationnel pur, les LLM répondent sans chercher, ce qui réduit mécaniquement la valeur des articles de blog classiques.
Comment faire en sorte que ChatGPT cite ma marque ? +
La stratégie qui fonctionne le mieux selon Léo Poidevin : publier des listicles de type top 10 sur des médias externes ayant une autorité établie, avec votre marque en bonne position. Ces articles doivent ranker dans le top 10 Google sur des requêtes comparatives ou de recommandation - ce sont précisément celles que les LLM vont chercher. Avoir une fiche Trustpilot correcte et des informations produits détaillées sur votre site aident aussi.
Quand faut-il lancer le geo seo pour un e-commerce ? +
Pour un e-commerce avec moins de 50 références, la publicité reste prioritaire. Le geo seo - et le SEO en général - devient critique dès qu'on dépasse 50 à 100 références, parce que la structure d'architecture influe directement sur la capacité des moteurs à indexer et recommander les produits. Attendre d'avoir un gros catalogue mal structuré pour s'en préoccuper, c'est créer un chantier coûteux.
Les backlinks aident-ils au GEO en plus du SEO ? +
Indirectement oui. Les backlinks améliorent le positionnement Google, et c'est ce positionnement que les LLM consultent pour sélectionner leurs sources. Un site sans autorité backlink qui ne ranke pas dans le top 20 Google a très peu de chances d'être cité par ChatGPT, peu importe la qualité du contenu.
Quels outils pour monitorer sa visibilité dans les LLM ? +
Plusieurs outils existent en 2026 : Mention Lab (outil belge), PEC.ai, Profound.ai. Ils permettent tous de suivre sur quelles requêtes une marque est citée par les LLM, quelles sous-requêtes le modèle génère pour répondre, et quelles sources sont utilisées. Le marché est encore en phase de consolidation - beaucoup de solutions font à peu près la même chose pour l'instant.

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