Google My Business concentre 40 % des recherches locales mondiales – et pourtant, la plupart des entreprises s’y inscrivent, remplissent leur adresse, et referment l’onglet. Fin de l’histoire. Guillaume Giraudet, fondateur de 209 Agency et consultant SEO basé à Bordeaux, l’a vérifié sur des dizaines de fiches : c’est précisément ce manque d’optimisation qui coûte des leads, des appels, des visites. Pas des petits leads. Des vraies prises de contact sur des mots-clés métier, pas juste sur le nom de marque.
Dans un épisode de Marketing Square, il partage cinq points d’action concrets. Du titre au widget Maps, en passant par les photos et les avis clients. Rien de théorique. Du terrain.
Ce qui m’a frappé en écoutant cet épisode, c’est à quel point l’outil est sous-exploité – non pas par ignorance, mais par flemme de comprendre ce qu’il y a derrière la surface.
Pourquoi Google My Business n’est pas réservé aux boutiques physiques
On a souvent cette image du Google My Business comme un truc pour les restaurants et les coiffeurs. Faux, ou presque. Guillaume Giraudet le dit clairement dès le début de l’échange : à partir du moment où tu sers des clients dans une localité – même si tu travailles pour toute la France depuis Lyon – tu as ta place sur cette plateforme.
Il faut effectivement que tu aies une adresse en fait derrière. Typiquement les boîtes postales par exemple ne pourraient pas avoir accès en fait à tout ça. Mais dans la logique effectivement il faut que tu aies un point. Alors après, tu es pas obligé d’avoir typiquement un service de livraison, tu peux être une agence marketing et dire que tu travailles en France.
Ce qui veut dire que la plupart des agences, freelances et prestataires de service qui ignorent google my business ratent quelque chose de concret.
Le chiffre qu’il cite donne la mesure. Chez 209 Agency, 40 % des recherches entrantes sur leur fiche proviennent du secteur – pas de la marque. Quelqu’un tape «agence SEO Bordeaux» et tombe sur eux, sans les connaître. C’est du lead froid converti sans publicité, sans budget, sans funnel compliqué. Juste une fiche bien construite.
Et là où ça devient intéressant : les statistiques intégrées à l’outil permettent de voir exactement combien de personnes ont demandé un itinéraire, appelé, ou cliqué vers le site. La plupart des propriétaires de fiche ne regardent jamais ces données. C’est un peu comme avoir Google Analytics et consulter uniquement le nombre de sessions.
Le titre : la règle SEO que tout le monde ignore sur Google My Business
Premier point de Guillaume. Simple sur le papier, raté en pratique dans presque toutes les fiches qu’il audite.
La logique est la même qu’en SEO classique : les mots en début de titre ont plus de poids algorithmique. Donc si tu es coiffeur à Bordeaux, tu commences par «Coiffeur», pas par «Bordeaux». Si tu es épicier, tu commences par «Épicerie». La localisation vient ensuite. La marque, toujours à la fin.
Ce qui va m’intéresser c’est qu’on me trouve sur épicerie à Bordeaux par exemple. Donc voilà, le titre, mot clé essentiel en début, la localisation ensuite et on termine par sa marque, ça c’est important.
Logique. Et pourtant, j’ai regardé une dizaine de fiches google my business autour de moi ce matin – la majorité commencent par le nom de marque. Parfois suivi de la ville. Jamais du métier.
Ce qu’il faut retenir – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise il y a dix ans – c’est que Google My Business fonctionne exactement comme une balise title HTML. Les règles sont les mêmes. La pondération est la même. Et les erreurs commises sont les mêmes, répétées à l’infini.
Pour approfondir cette logique de structuration sémantique, l’épisode sur le cocon sémantique et le référencement gratuit pose des bases complémentaires utiles.
Photos et vidéos : les specs techniques que Google attend vraiment
Deuxième point. Et c’est là que ça devient technique – pas compliqué, mais précis.
Guillaume détaille les specs minimum et recommandées pour les visuels. Format JPEG ou PNG. Poids entre 10 Ko et 5 Mo (c’est large). Résolution minimum : 250 x 250 pixels. Résolution recommandée par Google : 720 x 720 pixels. Pour les vidéos : 720p minimum, 30 secondes maximum, 75 Mo max.
Ces chiffres ne sont pas anodins. Respecter les recommandations de Google sur sa propre plateforme, c’est envoyer un signal de conformité. Ça aide à passer devant les concurrents qui ont uploadé des photos floues prises avec un iPhone 6 en 2017.
Plus vous allez suivre cette recommandation là, plus ça va vous permettre de gagner des points et donc de passer en fait devant vos concurrents. Et sur le fond, l’image, il faut qu’elle soit attractive. Il faut vraiment qu’on ait une luminosité sur l’image, il faut qu’on ait des couleurs, il faut qu’on ait quelque chose.
Luminosité, couleurs vives, photos qui accrochent. Pas des photos de stock. Pas des visuels fades copiés-collés du site.
Un détail intéressant qu’ils évoquent en off : on ne peut pas choisir quelle photo apparaît en premier dans les résultats Google My Business. C’est l’algorithme qui décide, en fonction de laquelle est la plus consultée. Google est évasif là-dessus, mais c’est cohérent avec sa logique globale – il pousse ce que les utilisateurs regardent, pas ce que vous voulez montrer. La seule stratégie : uploader plusieurs photos de qualité et laisser les utilisateurs trancher.
Les avis clients : un levier sémantique sous-estimé
Troisième point. Et celui-là, franchement, la plupart des entreprises passent complètement à côté.
On sait tous que les avis comptent pour la décision d’achat. Mais Guillaume Giraudet ajoute une dimension que j’entends rarement : les avis enrichissent la fiche google my business sur le plan sémantique. Ce que vos clients écrivent dans leurs commentaires, c’est du contenu indexable. Du poids pour vos mots-clés.
Exemple concret qu’il donne : «Les produits sont excellents» – inutile ou presque. «Les produits de cette épicerie sont excellents, j’ai goûté les jambons, c’est de la qualité» – là on a des termes métier, des mots-clés naturels, de la sémantique qui vient enrichir la fiche sans que vous ayez eu à écrire une ligne.
On va avoir des termes liés à la sémantique encore une fois, ça va enrichir la fiche à ce niveau-là. Et un point très important aussi de répondre à chacun des avis. La réponse bien sûr aux avis négatifs, ça c’est important de montrer qu’on est là, mais surtout aussi de répondre aux bons avis.
Répondre aux avis positifs. C’est là que ça coince pour beaucoup.
La logique derrière : une fiche qui réagit, qui interagit, qui montre une présence active – Google la perçoit comme vivante. Et une fiche vivante a plus de chances d’être bien positionnée. C’est aussi simple que ça. Pas de magie, juste de la cohérence avec ce que Google valorise partout ailleurs : l’engagement.
Et la réponse aux avis devient un mini-outil de fidélisation. Proposer une remise sur la prochaine visite dans la réponse, glisser une info utile, personnaliser. Caroline Mignaux le soulève dans l’échange : c’est du retargeting gratuit, direct, sans pixel ni cookie.
Pour ceux qui veulent aller plus loin sur les dynamiques d’acquisition locale et organique, Guillaume Giraudet a creusé ces sujets dans un épisode dédié à la construction d’une stratégie SEO de fond.
Remplir sa fiche Google My Business jusqu’au bout – vraiment
Quatrième point. Celui qui demande le plus de temps, mais qui différencie vraiment les fiches optimisées des fiches abandonnées.
Guillaume liste ce que la plupart ignorent ou bâclent : les catégories, les horaires, le lien de prise de rendez-vous, les posts, les produits mis en avant. Chaque champ rempli, c’est un signal supplémentaire envoyé à Google.
Sur les catégories, il a un conseil pratique (et c’est souvent là que ça coince) : si vous ne savez pas quelle catégorie principale choisir, regardez vos concurrents. Tapez leur nom, leur fiche ressort avec la catégorie indiquée. Prenez la même. Ensuite, deux ou trois catégories secondaires maximum – pas cinquante. Elles ne s’affichent pas publiquement, mais elles renforcent la pertinence de la fiche sur des requêtes de niche.
Sur les posts : dès qu’un article de blog est publié, il peut être relayé directement dans la fiche google my business. Ça montre que la boîte bouge, que le contenu évolue. Et pour une épicerie ou un commerce, les produits phares peuvent être mis en avant avec un lien direct vers la page produit. Pas les 40 références. Les 5 ou 6 qui font la différence en ce moment.
Le but c’est vraiment de s’en servir comme un corner en magasin. On va s’en servir pour montrer ses produits phares puisqu’on peut envoyer avec un lien directement vers la page produit.
Dit comme ça, ça a l’air simple.
Et sur la prise de rendez-vous : Guillaume voit encore trop de fiches qui pointent vers la homepage. Le lien doit aller directement vers le formulaire de contact ou la page de réservation. Chaque clic perdu entre la fiche et la conversion, c’est un lead qui s’évapore.
Tout ça est gratuit. Pas de budget pub, pas d’abonnement premium. C’est ce que Caroline Mignaux rappelle dans l’échange : google my business est un canal 100 % organique. Le ROI est par définition infini si on part d’un budget zéro. Pour ceux qui veulent explorer d’autres tactiques dans cette logique, l’épisode sur le SEO sans budget est une lecture complémentaire logique.
L’ancienneté de la fiche et le widget Maps : les bonus que personne ne mentionne
Cinquième point. Guillaume l’appelle lui-même un bonus – divisé en trois sous-parties.
Première chose : l’ancienneté de la fiche compte. Beaucoup. Il cite l’exemple de 209 Agency, dont la fiche google my business existe depuis 2015 et se maintient en tête sur ses mots-clés principaux. Pas parce qu’ils l’ont bidouillée tous les mois. Parce qu’elle dure.
Ça veut dire quoi concrètement ? Si vous lancez une boîte, créez la fiche maintenant. Pas dans six mois quand tout sera prêt. Maintenant. L’algorithme valorise l’antériorité. Un an de fiche active vaut plus qu’un an d’optimisations tardives sur une fiche récente.
Deuxième chose : intégrer le widget Google Maps sur votre site. Sur la page contact, ou sur n’importe quelle page que vous voulez voir indexée. Quand Google détecte un de ses services sur une page externe – via son API – il en est notifié. Et ça l’incite à crawler la page plus régulièrement.
Troisième chose, plus technique : pour des pages qui ont du mal à s’indexer, intégrer une Maps peut débloquer la situation. Google visite la page, détecte son propre outil, et l’inscrit dans son index plus facilement. Ce n’est pas une garantie absolue – Guillaume le précise – mais les tests internes de l’agence confirment l’effet.
Bref, Google aime qu’on utilise ses produits. Ce n’est pas exactement une surprise. Mais l’exploiter activement sur google my business, c’est une autre histoire.
Pour aller plus loin sur les mécanismes de référencement avancé, Guillaume Giraudet revient sur ces logiques dans un épisode complet sur la stratégie SEO avancée et la Search Console. Et si vous êtes curieux de voir comment d’autres professionnels génèrent du trafic organique à grande échelle, l’épisode sur les 125 000 visites organiques par mois avec Mathieu Lessard donne une perspective différente mais complémentaire.
Un point de nuance que je veux assumer : google my business reste un outil local. Si votre activité est 100 % digitale, sans adresse physique ni zone géographique définie, les gains seront limités. L’outil n’est pas universel. Mais pour tout prestataire ancré dans une ville ou une région – agence, artisan, commerce, cabinet – ignorer cette fiche en 2024, c’est laisser des leads sur la table sans raison valable.
La vraie question, c’est combien de recherches sur votre secteur passent en ce moment à côté de votre fiche parce que vous n’avez pas rempli le champ «catégorie secondaire».











