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40. Comment écrire des articles qui créent du traffic ? Par Myriam Roche

Épisode diffusé le 20 octobre 2021 par Caroline Mignaux

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La rédaction web, tout le monde en parle comme si c’était une science exacte. Trouver un sujet, écrire un titre avec un chiffre dedans, placer ses mots-clés, publier. Et pourtant – 70 000 visiteurs par mois sur un blog B2B ultra-niche sur l’influence marketing, ça ne s’explique pas par une recette en cinq bullets points. Myriam Roche, fondatrice de Les Gens d’Internet, est passée d’un simple blog à un magazine de référence pour les pros du social media en deux ans et demi. Ce qu’elle a fait, c’est pas compliqué. Mais c’est pas ce que font les autres.

Ce qui m’a frappé dans sa méthode – et j’ai lu pas mal de guides SEO ces dernières années – c’est qu’elle commence par l’inverse de ce qu’on enseigne partout. Pas de recherche sur Google avant d’écrire. Pas de benchmark concurrents. Elle part d’elle, de ses conversations, de ses questions du quotidien. Et ensuite seulement, elle regarde ce que les outils ont à dire.

Clairement, il y a un truc là-dedans. La rédaction web telle qu’elle la pratique, c’est une posture autant qu’une technique. Et c’est ça qu’on va décortiquer ici.

Trouver des idées d’articles : la rédaction web commence dans la vraie vie

La source d’idées numéro un pour Myriam, c’est pas un outil. C’est pas Semrush ou Ubersuggest. C’est une conversation en soirée avec quelqu’un qui bosse dans la comm et qui se demande comment travailler avec des créateurs de contenu. Ce que la plupart des créateurs de blog ratent complètement, c’est ça : ils cherchent leurs sujets sur Google au lieu de les trouver dans leur vie.

« Dans toute votre vie quotidienne, que ce soit du matin au coucher, il y a énormément de moyens pour vous de trouver des idées de sujets plutôt que d’essayer de regarder ce que fait le blog d’un concurrent. Vraiment partez de ce que vous avez dans votre quotidien pour vous recentrer sur des sujets qui vous ressemblent. »

Dit comme ça, ça a l’air évident. Ça l’est pas du tout en pratique.

Myriam identifie trois sources concrètes. Les réseaux sociaux d’abord – pas pour copier, mais pour capter les questions que posent les gens dans les commentaires, les threads Twitter, les posts LinkedIn qui font réagir. Ensuite, les discussions du quotidien. Et enfin, les newsletters et contenus d’autres entrepreneurs, qu’elle lit non pas pour s’en inspirer mais pour identifier ce qui manque, ce qui n’est jamais traité sous le bon angle.

L’astuce qu’elle donne et qu’on sous-estime : partir d’une question plutôt que d’un sujet. « Comment gérer sa veille sur les réseaux sociaux ? » devient immédiatement plusieurs articles possibles. Un sur les outils. Un sur la méthode. Un sur les erreurs à éviter. Chaque angle est un article différent, et vous avez du contenu pour des semaines.

Ce que j’aurais voulu qu’on me dise quand je débutais – enfin, ce que j’aurais voulu vraiment retenir – c’est que la différenciation en rédaction web ne vient pas d’un angle SEO. Elle vient d’un angle de vie. Votre expérience de terrain est ce que Google ne peut pas indexer chez vos concurrents.

Connaître son lecteur avant d’écrire la première ligne

Soixante-dix mille visiteurs par mois sur un site qui traite d’influence marketing B2B. Chiffre impressionnant. Mais ce qui est encore plus intéressant, c’est comment Myriam a construit la connaissance de son audience – et c’est là que beaucoup de créateurs de contenu coincent.

Au début de Les Gens d’Internet, elle avait reçu une dizaine de mails de lecteurs spontanés. Pas des inscrits à une newsletter. Des gens qui avaient pris le temps d’écrire. Elle les a rappelés un par un pour boire un café et comprendre : pourquoi vous venez lire le site ? Qu’est-ce que vous voulez voir évoluer ? Qu’est-ce que je pourrais vous apporter de plus ?

« C’est en allant chercher ces premiers lecteurs qui m’ont fait des retours que je me suis dit OK, ils ont un profil très marketing, très communication, ils travaillent en agence. Donc mon client cible, c’est cette personne-là, citadine dans une grande ville, overbookée, qui n’a pas forcément le temps de lire des news. »

Voilà. Une dizaine de cafés virtuels, et une ligne éditoriale entière qui se dessine.

Caroline Mignaux – qui anime Marketing Square et a cette astuce que je trouve redoutable – glisse dans la conversation une méthode complémentaire : l’email automatique de bienvenue qui pose une question ouverte. Pas « Merci de t’être abonné, voici ton cadeau ». Mais « Tu sais quelque chose sur moi, j’aimerais à mon tour en savoir plus sur toi. Qu’est-ce qui t’amène ici ? » Tout le monde ne répond pas. Mais ceux qui répondent déclenchent une mine d’information qualitative que zéro outil analytics ne vous donnera jamais.

Pour ceux qui veulent aller plus loin sur la stratégie de contenu avec un budget limité, le principe est le même : commencer par comprendre à qui vous parlez avant d’écrire quoi que ce soit.

Les 5 étapes de la rédaction web selon Myriam Roche

Passons au concret. Myriam structure sa méthode en cinq étapes – et c’est une des rares fois où j’ai entendu quelqu’un les présenter dans le bon ordre, c’est-à-dire pas celui qu’on lit partout.

Étape 1 : trouver ET angler le sujet. Pas juste trouver un thème vaste. Identifier un point précis, une sous-question, un cas d’usage. « L’influence marketing » c’est pas un sujet. « Comment briefer un micro-influenceur quand on a zéro budget » c’en est un.

Étape 2 : écrire d’abord, chercher ensuite. Myriam ouvre un brouillon et vide sa tête. Tout ce qu’elle sait, tout ce qu’elle pense, sans ouvrir un seul onglet Google. Ce réflexe – rare en rédaction web – lui garantit que l’article a une voix propre avant d’être nourri d’exemples extérieurs.

Les étapes 3, 4 et 5 arrivent après l’écriture : l’habillage (titre, image, SEO), la déclinaison sur les réseaux sociaux, puis la distribution. Dans cet ordre-là. Pas l’inverse.

« Une fois que l’article est écrit, vous n’êtes loin d’avoir terminé parce qu’il y a tout l’aspect qui va englober l’article. À commencer par le titre. »

C’est exactement le problème. La plupart des gens pensent que l’article est fini quand le dernier paragraphe est écrit.

Sur le titre, Myriam insiste : il doit donner l’impression que si on ne clique pas, on rate quelque chose. Pas un titre descriptif. Un titre qui crée une légère tension. Et sur l’image – détail que j’aurais tendance à négliger – elle recommande un visage souriant et des couleurs vives. Pas pour faire joli. Parce que sur le feed Instagram ou LinkedIn, l’œil s’accroche sur le visage avant de lire le texte. C’est du neuromarketing basique, mais appliqué à la rédaction web.

rédaction web et SEO : les mots-clés sans se noyer

Myriam est honnête là-dessus, et c’est rafraîchissant : elle n’est pas une spécialiste SEO. Elle apprend encore. Ce qu’elle partage, c’est du basique appliqué avec rigueur – et franchement, la plupart des créateurs de contenu qui démarrent n’ont pas besoin de plus que ça.

Le principe central de sa rédaction web en matière de mots-clés : travailler sur un groupe de mots-clés, jamais un mot seul. « Instagram » c’est un mot-clé. « Instagram influenceuse France » c’en est un autre – beaucoup plus ciblé, beaucoup moins concurrentiel, beaucoup plus susceptible de faire remonter votre article si vous n’êtes pas Wikipedia.

Elle utilise Ubersuggest, Google Trends, Answer The Public (qu’elle appelle dans l’épisode « Ask Inside des Public » – on adorera cette version phonétique). Ces outils gratuits lui donnent les questions récurrentes autour de son sujet, ce qu’elle va transformer en intertitres.

Sur le placement : le mot-clé principal dans le titre et le chapeau – les premières lignes. Les variations et sous-mots-clés dans les intertitres et le corps de texte. Et une règle que beaucoup oublient : renommer les images avec les mots-clés avant de les uploader. Google Image est une porte d’entrée. Pas la principale, mais une vraie.

Elle mentionne aussi les tags – cinq maximum, uniquement des mots-clés déjà présents dans l’article. Rien de plus. Et elle tourne sur Ghost (dont elle fait une promo involontaire tout au long de l’épisode) là où Myriam reste fidèle à WordPress. Le débat Ghost vs WordPress est une question de préférence personnelle, mais pour quelqu’un qui débute en rédaction web, WordPress reste le choix le plus logique : communauté massive, plugins gratuits pour le SEO, flexibilité totale.

Si vous voulez aller vraiment loin sur la partie technique, il y a des épisodes entiers consacrés à construire une stratégie SEO de zéro ou à faire du SEO sans budget. La rédaction web et le SEO technique, c’est deux métiers qui se touchent mais qui ne se confondent pas.

Distribuer son article : le travail qui commence après la publication

Voilà ce que personne ne dit vraiment sur la rédaction web : l’article publié, c’est le début du travail de distribution, pas la fin.

Myriam est directe là-dessus. L’erreur classique, c’est de poster son article sur LinkedIn en écrivant « Nouvel article ! Mes 5 conseils pour X – lien en commentaire ». Personne ne clique. Parce que personne ne se sent concerné. La bonne approche sur LinkedIn, c’est de raconter pourquoi vous avez écrit cet article. Quel problème vous avez vous-même rencontré. Quelle situation vous a poussé à creuser ce sujet. Le storytelling d’abord, l’article ensuite.

« L’idée c’est de prendre une porte d’entrée un peu plus personnelle, de vraiment faire tout un storytelling autour de cet article pour que les personnes qui voient votre post se disent : ah bah tiens, moi je suis dans la même situation. Et ça va me donner des outils pour peut-être mieux performer. »

Sur Instagram, c’est différent. Le format, c’est le visuel. Une citation client, un chiffre, un extrait percutant transformé en carrousel. L’article reste la source, mais le format change complètement.

Et il y a une technique qu’elle glisse et que j’aime beaucoup : intégrer des citations de lecteurs ou de clients dans l’article, les notifier une fois publié. Ils partagent. Pas parce qu’ils sont sympas – parce qu’ils sont cités et que c’est naturel de partager quand on est mis en avant. Résultat : distribution organique, reach élargi, sans un euro de pub.

Pour aller encore plus loin sur la question du trafic organique et comment le développer, il y a des approches complémentaires qui s’appliquent directement à ce que décrit Myriam ici.

Augmenter le temps passé sur la page : les petits hacks qui changent les métriques

Le watch time – ou time on page dans le jargon analytique – c’est devenu un signal de qualité que Google regarde de près. Et là, la rédaction web croise la stratégie éditoriale de manière intéressante.

Myriam intègre dans ses articles des embeds de posts LinkedIn, des carrousels Instagram, des threads Twitter, des vidéos YouTube. Pas pour décorer. Parce que chaque élément interactif retient le lecteur trente secondes, une minute de plus sur la page. Et ces trente secondes cumulées, ça compte dans les métriques de rétention.

Caroline ajoute un élément sur Ghost : l’algorithme de suggestions automatiques en bas d’article. Sur WordPress, c’est à vous de faire ce travail – insérer des liens internes vers des articles connexes, créer ce qu’on appelle parfois un cocon sémantique. La logique est la même : garder le lecteur sur votre site après l’article. Le cocon sémantique est une des approches SEO les plus puissantes pour ça – et une des moins utilisées par les petits blogs.

Il y a aussi la question du maillage interne que Myriam évoque en passant : ne pas hésiter à rediriger les lecteurs vers des sous-articles qui développent un point spécifique. Une bonne rédaction web, c’est pas un article isolé – c’est un article qui s’inscrit dans une architecture de contenu. Chaque page renvoie vers d’autres, chaque visite génère potentiellement plusieurs pages vues.

Et les articles invités – Caroline en parle avec enthousiasme, Myriam avec un peu plus de prudence (et honnêtement, elle a raison d’être prudente : ça prend du temps, ça demande de valider le fond, et la qualité éditoriale est difficile à maintenir). C’est une technique de distribution puissante, mais qui suppose d’avoir déjà une ligne éditoriale claire et une capacité à accompagner les contributeurs. Pour ceux qui veulent aller plus loin sur la génération de trafic via les backlinks et le netlinking, c’est un univers à part entière – avec ses propres règles, ses propres outils, et ses propres dérives. La mécanique du trafic organique à grande échelle montre bien que la rédaction web seule ne suffit pas – il faut une stratégie d’acquisition qui va au-delà du contenu.

Bref. Ce que Myriam Roche a construit avec Les Gens d’Internet, c’est une preuve que la rédaction web n’a pas besoin d’être sophistiquée pour être efficace. Elle a besoin d’être cohérente, ancrée dans une vraie connaissance de son audience, et distribuée intelligemment. Mais est-ce que ça marche aussi bien quand on n’est pas soi-même son propre sujet, quand on écrit pour une marque qui n’a pas de voix propre ?

Questions fréquentes

Comment trouver des idées d'articles de blog quand on débute en rédaction web ? +
La meilleure source d'idées, c'est votre vie quotidienne : les questions que vous entendez en conversation, les commentaires sur les réseaux sociaux, les doutes de vos clients. Myriam Roche conseille de partir d'une question concrète plutôt que d'un sujet vague. Une seule question peut générer plusieurs angles d'articles différents.
Où placer ses mots-clés dans un article de blog pour le SEO ? +
Le mot-clé principal doit apparaître dans le titre et dans les premières lignes de l'article. Les variations et sous-mots-clés vont dans les intertitres et le corps du texte. Les images doivent être renommées avec les mots-clés avant l'upload - Google Image est une vraie porte d'entrée. Ne répétez pas le même mot-clé à chaque ligne : déclinez-le en synonymes et expressions proches.
Comment augmenter le temps passé sur un article de blog ? +
Intégrez des contenus interactifs : carrousels Instagram, posts LinkedIn, threads Twitter, vidéos YouTube. Chaque élément retient le lecteur quelques secondes supplémentaires. Ajoutez des liens internes vers vos autres articles. Et si vous utilisez Ghost, l'algorithme de suggestions automatiques fait une partie du travail.
La rédaction web nécessite-t-elle de faire des recherches Google avant d'écrire ? +
Myriam Roche fait l'inverse : elle écrit d'abord depuis son expertise, puis cherche des exemples extérieurs. Cette approche garantit que l'article a une voix propre et des informations qu'on ne trouve pas partout. Les recherches Google arrivent en complément, pas comme point de départ.
Comment distribuer un article de blog sur les réseaux sociaux ? +
L'article est la base, mais chaque réseau demande un format différent. Sur LinkedIn, racontez pourquoi vous avez écrit l'article - le storytelling personnel fait cliquer. Sur Instagram, transformez une citation ou un chiffre clé en visuel. Ne partagez jamais juste le titre et le lien : donnez envie de cliquer en révélant un angle, pas tout le contenu.
WordPress ou Ghost pour faire de la rédaction web et du SEO ? +
WordPress reste le choix le plus sûr pour débuter : communauté massive, plugins SEO gratuits, flexibilité totale. Ghost a des avantages éditoriaux réels - notamment les suggestions d'articles automatiques en bas de page - mais demande une prise en main différente. Les deux plateformes permettent de faire du bon SEO si la rédaction web est solide.

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