Quand on cherche des conseils entrepreneur débutant, on tombe généralement sur deux types de contenus : les articles lisses qui répètent que ‘il faut persévérer’, et les témoignages trop bien emballés pour être vrais. Aline, coach business chez TheBBoost, fait partie de la troisième catégorie – celle qui existe rarement. Lors d’une session FAQ enregistrée pendant le confinement de mars 2020, elle a répondu à 78 questions en plusieurs épisodes. Pas avec des formules. Avec des chiffres précis, des aveux d’ignorance, et des opinions tranchées qui font du bien à entendre.
Ce qui ressort de cette heure de parole, c’est une vision du business en ligne qui détonne. 80 à 90 % de son chiffre d’affaires vient du coaching individuel et de groupe – pas des formations. Elle a fait 5 000 euros dès son premier mois à temps plein. Elle ne sait pas ce qu’est un communiqué de presse. Et elle l’assume complètement.
Voilà ce que j’ai retenu de ces échanges – et ce que les guides classiques ne te diront jamais.
Trois essentiels quand on n’a que 2 heures par jour
Quelqu’un lui pose la question directement : si tu n’avais que deux heures par jour pour ton activité secondaire, par quoi tu commencerais ? La réponse est nette, sans enrobage.
« L’essentiel numéro 1, étude du client idéal. Pour moi ça c’est incompressible, il faut absolument pas passer là-dessus. Donc client idéal, ensuite construction d’une offre adaptée à ton client idéal et ensuite communication, communication, communication, communication. »
Quatre fois le mot ‘communication’. C’est pas un hasard.
Ce que j’aime dans cette réponse, c’est l’ordre. Le client idéal en premier – pas le logo, pas le nom de domaine, pas la charte graphique. Et la précision que l’étude du client idéal, une fois faite sérieusement, n’a pas besoin d’être recommencée chaque semaine. C’est un investissement ponctuel. Le reste, la communication, c’est le travail quotidien. (Et c’est souvent là que ça coince, parce que tout le monde fait l’inverse.)
Pour les conseils entrepreneur débutant qui circulent habituellement, cette hiérarchie est rarement aussi claire. On te dit de faire un business plan, de valider ton idée, de construire ton MVP. Aline dit : connais ton client, construis l’offre pour lui, parle-en. Bref.
Si tu veux aller plus loin sur les fondations d’un business rentable, l’épisode sur les 5 piliers d’un business qui rapporte va dans le même sens – et creuse chaque étape.
Le mythe du gros lancement – et ce qu’Aline a vraiment fait
Question 5 de la FAQ : est-ce que tu utilises la stratégie des gros lancements ? La réponse est non. Pas par choix stratégique au départ – par ignorance.
« Non, jusqu’ici je n’ai jamais utilisé de gros lancement, tout simplement parce que je ne savais pas faire, je ne savais pas ce que c’était. Je me suis contenté dès que je crée une formation, d’envoyer des mails, d’en parler sur les réseaux sociaux… »
Honnête. Et instructif.
Sa première formation Pinterest, elle l’a vendue trois mois après avoir créé son business. À l’époque : 1 500 abonnés Instagram, zéro ailleurs. Pas de mailing list monumentale. Pas de webinaire d’une heure avec compte à rebours. Des mails, des posts, quelques collègues avec une audience qui en ont parlé en affilié. Et ça s’est vendu.
Ce qui m’agace dans les formations sur le lancement de formation, c’est cette idée que sans séquence d’emails en 7 étapes et sans page de vente de 4 000 mots, tu ne peux rien vendre. Aline casse ce mythe sans le chercher. Elle dit aussi quelque chose de très sensé sur la publicité payante :
« Moi très personnellement, je suis contre le fait de faire de la publicité pour un produit que tu n’as pas déjà vendu de manière naturelle à ton audience, tout simplement parce que tu ne sais pas si c’est un produit qui plaît, tu ne sais pas si c’est un produit qui est adapté… »
Dit comme ça, c’est logique. Et pourtant combien de débutants brûlent leur budget pub sur un produit qui n’a jamais été testé.
La limite réelle, qu’elle reconnaît elle-même : elle n’a jamais fait de pub sur une formation, donc elle ne sait pas si ça marche. C’est une vraie limite dans son argumentaire – elle donne un avis tranché sur quelque chose qu’elle n’a pas expérimenté. Ça ne veut pas dire qu’elle a tort. Mais ça veut dire que les conseils entrepreneur débutant sur ce sujet restent à nuancer selon ton contexte.
Où vont vraiment les revenus d’une coach business
80 à 90 %. C’est la part du chiffre d’affaires d’Aline qui vient du coaching – individuel et de groupe. Les formations représentent le reste. Cette répartition surprend souvent, parce que dans l’imaginaire collectif du business en ligne, les formations sont le Graal. L’argent pendant le sommeil. Le système scalable.
Aline ne dit pas que les formations ne valent rien. Elle dit qu’elles ne sont pas le centre. Et que quand elle n’en parle pas activement, les ventes ralentissent. Le coaching, lui, tourne en continu.
Ce modèle a une conséquence directe sur les conseils entrepreneur débutant qu’elle donne : construire une audience d’abord, vendre ensuite. Pas l’inverse. Et si tu n’as pas encore d’audience, l’alternative c’est la pub – mais avec tous les risques que ça implique sur un produit non testé.
Elle a fait 5 000 euros de chiffre d’affaires lors de son premier mois à temps plein sur TheBBoost. Mais derrière ce chiffre, il y a une année entière de travail à temps partiel – les soirs, les week-ends, sans monétisation massive. Le business en ligne se construit rarement en 30 jours.
Pour celles et ceux qui réfléchissent à un modèle similaire, l’épisode vivre de ses coachings pose exactement les mêmes questions – et les réponses sont parfois surprenantes.
conseils entrepreneur débutant : la liste email, parent pauvre de la stratégie
Question 18 de la FAQ. Comment agrandir une liste email qualifiée ? La réponse d’Aline tient en trois points, et elle est la première à dire que c’est simple mais chronophage.
Un formulaire sur le site. Un cadeau gratuit à télécharger. Et des newsletters régulières qui prouvent que t’as des choses à dire.
« Juste mettre ‘Rejoignez ma newsletter’, ça fait fuir les gens. Personne ne veut d’une newsletter supplémentaire dans sa boîte aux lettres, ça fait chier tout le monde. Donc à vous de proposer un cadeau gratuit en téléchargement. »
Voilà. Brutalement vrai.
Le truc c’est que beaucoup de débutants passent des mois sur leur site, leur logo, leur identité visuelle – et mettent la liste email en mode pilote automatique avec un formulaire générique qui dit ‘inscrivez-vous’. Résultat : zéro abonnés, ou presque. La liste email reste l’actif le plus sous-estimé du business en ligne, surtout comparée à Instagram où l’algorithme peut te couper l’herbe sous le pied du jour au lendemain.
(Ce que j’aurais voulu qu’on me dise plus tôt – enfin, ce que j’aurais voulu lire dans mes premières années – c’est que 500 abonnés email engagés valent davantage que 10 000 followers qui scrollent.)
Pour aller plus loin sur la monétisation de ce canal, monétiser sa newsletter est un épisode complémentaire qui mérite le détour.
Gérer les critiques en ligne sans en faire un fromage
13e question de la FAQ. Est-ce que les retours négatifs t’ont déjà poussée à arrêter ? La réponse d’Aline est peut-être la plus utile de tout l’épisode pour les débutants qui se lancent sur les réseaux.
Elle dit d’abord que non, jamais, elle n’a songé à arrêter. Mais elle dit aussi que ça la met hors d’elle, sur le moment.
« Sur le moment ça me fait chier. Je vais pas vous mentir, ça me fait super chier, je le prends mal, je m’énerve dans ma tête, je commence à inventer 50 milliards de réponses dans ma tête… Sauf que évidemment je ne le fais pas parce que il faut pas le faire. »
Cette honnêteté-là, c’est rare.
Sa méthode : attendre 24 heures minimum avant de répondre. Elle sait qu’elle part au quart de tour. Donc elle laisse reposer. Et elle répond calmement, même si la discussion tourne souvent en dialogue de sourds – parce que quelqu’un qui vient commenter négativement ne cherche pas vraiment à être convaincu.
Elle note aussi un détail intéressant : les premiers commentaires négatifs sont arrivés exactement quand elle a passé la barre des 10 000 abonnés Instagram. Avant ça, quasiment rien. Comme si une forme de visibilité déclenchait automatiquement une forme d’opposition. (Ce qui est rare de voir formulé aussi clairement, habituellement les créateurs de contenu l’esquivent.)
Et si la question de la vision à long terme en tant qu’entrepreneur te parle, l’épisode sur la vision d’entrepreneur avec Thomas Burbidge aborde exactement ce qui te fait tenir quand ça devient difficile.
Choisir ses outils : plateformes web et écoles de coaching
Deux questions techniques que beaucoup de débutants se posent sans oser l’admettre publiquement.
D’abord les plateformes pour créer son site. Aline recommande WordPress.org pour ceux qui aiment la technique, Squarespace pour ceux qui veulent quelque chose d’intuitif sans tout contrôler, et Wix ou Format pour ceux qui fuient les interfaces complexes. Sur Wix, elle précise un point souvent ignoré :
« On a beaucoup beaucoup pendant très longtemps critiqué Wix, moi la première parce qu’il y avait des gros problèmes de référencement naturel car leur code était super mal foutu, c’est un problème qu’ils ont résolu depuis. Donc aujourd’hui Wix est redevenu une option fiable. »
Ce genre de mise à jour, on ne la lit pas souvent. Les articles SEO continuent de dézinguer Wix sur la base d’arguments qui datent de 2016.
Sur les écoles de coaching : elle suit Coaching de Gestion, une école québécoise en ligne via Zoom – une formule hybride avec des classes régulières et de l’entraînement entre pairs. En France, elle cite le CIC Paris (Centre International du Coaching), avec une reconnaissance RNCP équivalente à un master, et l’Institut Paul Pirronet en PNL. Elle a voulu faire le CIC – mais elle ne remplissait pas les critères d’admission. Elle le dit sans fard.
Pour les conseils entrepreneur débutant qui cherchent à se former en parallèle d’un emploi salarié, ce modèle d’école en ligne avec des sessions régulières sur Zoom mérite attention. C’est exactement ce qu’elle a fait pendant sa première année, les soirs et les week-ends, avant de passer à temps plein.
Clairement, la qualité numéro 1 qu’elle identifie pour entrepreneur – au-delà des outils et des méthodes – c’est de ne pas avoir peur de l’échec. Ou du moins, de travailler sur cette peur. Elle est catégorique :
« L’entrepreneuriat par définition, c’est la voie royale pavée d’échecs. Si tu arrives avec une grosse peur bleue de l’échec, tu risques d’avoir beaucoup de mal à avancer. » Mais elle ajoute que c’est quelque chose qui se travaille – pas une condition innée.
Et la productivité en période de perturbation ? Sa réponse au confinement vaut pour n’importe quelle période d’instabilité : ancre-toi dans tes routines. Continue à te lever à la même heure. À t’habiller. À faire les mêmes gestes. Parce que ton cerveau, si tout change d’un coup, passe en mode survie – pas en mode création. Pour aller plus loin sur la procrastination et les blocages qui font dérailler l’agenda, arrêter de procrastiner est un épisode du même podcast qui complète bien ce point.
Reste une question que je me pose après avoir décortiqué cette FAQ : est-ce que les conseils entrepreneur débutant donnés en période de confinement, dans un contexte d’anxiété collective, restent valables en temps normal ? Je pense que oui – la plupart sont structurels. Mais certains, notamment sur la communication et l’organisation avec un conjoint, sentent quand même leur époque.











