syndrome de l'objet brillant

29. Faire face au syndrome de l’objet brillant

Épisode diffusé le 20 septembre 2019 par TheBBoost

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Le syndrome de l’objet brillant, c’est probablement la raison numéro un pour laquelle des entrepreneurs sérieux, motivés, compétents, font du surplace pendant des mois sans comprendre pourquoi. Aline, business coach chez TheB Boost, a consacré un épisode entier à ce sujet – après avoir reçu deux fois plus de désinscriptions que d’habitude sur sa newsletter quand elle en avait parlé. Deux fois. Sur un seul email. Ce chiffre dit quelque chose.

Alors soit le sujet dérange. Soit il touche exactement là où ça fait mal. Et clairement, les deux hypothèses ne s’excluent pas.

Ce que le syndrome de l’objet brillant fait vraiment à ton business

L’image classique c’est le chat qui court après un laser. Mais en vrai, pour un entrepreneur, c’est plus insidieux que ça. Le syndrome de l’objet brillant – ou shiny object syndrome, SOS pour les anglophones, ce qui n’est pas anodin comme acronyme – c’est cette tendance à lâcher ce sur quoi tu travailles dès qu’une nouvelle opportunité, une nouvelle formation, un nouvel outil passe sous ton nez.

Aline donne une liste qui fait un peu mal à lire :

«Il rejoint les autres un réseau de networking, il lance une nouvelle offre alors que les anciennes ne sont pas encore terminées ou même pas encore complètement bookées, ou il refait encore son site internet, ou il refait encore son identité visuelle, ou il change encore son client idéal, ou il achète encore des nouvelles formations, mais les formations qu’il ne finit même pas ou qu’il ne met pas en action.»

Si tu t’es reconnu dans au moins deux items de cette liste, bienvenue dans le club. Le club est grand.

Le résultat ? L’image du hamster dans sa roue. Tu cours, tu t’épuises, tu as l’impression d’avancer – et au bout du compte, tu n’as pas bougé d’un millimètre. Sans compter l’aspect financier, parce que le syndrome de l’objet brillant ça coûte cher. Très cher. Aline parle de 5 000 à 6 000 euros dépensés en matériel photo pour un studio qu’elle n’a finalement pas utilisé. Ou d’un micro Yeti à 120 euros acheté avant de réaliser qu’elle enregistre en marchant, en sautant, en bougeant – et qu’un câble de trois mètres, c’est pas l’idéal pour ça.

Le syndrome de l’objet brillant ne fait pas de toi un mauvais entrepreneur. Ça fait de toi quelqu’un de créatif avec trop d’idées et pas assez de filtre. La nuance est importante.

Trois raisons pour lesquelles le syndrome de l’objet brillant te colle aux baskets

Comprendre le mécanisme, c’est déjà la moitié du travail. Aline découpe les causes en trois blocs, et franchement, le troisième bloc est celui que personne n’a envie d’entendre.

Les effets de mode, d’abord. L’entrepreneuriat fonctionne comme la mode. Il y a des tendances, des cycles, des retours improbables – Aline parle des sacs bananes des années 90 qui sont revenus en 2019, et c’est une métaphore parfaite. Dans ton business, la question à se poser c’est : est-ce que ce truc que j’ai envie d’acheter, c’est une petite robe noire – un intemporel qui te servira dans 5 ans – ou c’est une banane ? Les deux peuvent se justifier. Mais il faut le savoir avant d’acheter. Pas après.

Le confort et la sécurité, ensuite. Et c’est là que ça devient vraiment intéressant. Quand tu es en plein syndrome de l’objet brillant, tu n’es pas en train de procrastiner – enfin, si, mais tu ne le sais pas. Aline appelle ça la «procrastination active». Tu fais des trucs. Plein de trucs. Refaire ton logo, rejoindre un nouveau groupe Facebook, regarder des tutoriels YouTube. Tout ça a l’air d’être du travail. Ça n’en est pas. C’est du contournement. Et le contournement se déclenche précisément au moment où ton vrai objectif commence à devenir challengeant.

«C’est surtout dans ces moments-là que le syndrome de l’objet brillant se manifeste. Et c’est quand ça commence à devenir un peu compliqué qu’on se dit ‘oh bah tiens, cette formation a l’air cool, oh bah tiens, si je changeais de stratégie…’»

Ce que j’aurais voulu qu’on me dise plus tôt – enfin, ce que j’aurais voulu entendre et vraiment croire – c’est que l’inconfort dans un projet n’est pas un signal pour changer de projet. C’est un signal que tu avances.

La peur de l’échec, enfin. Le troisième point, c’est le plus dur à avaler. Le syndrome de l’objet brillant, c’est aussi et surtout une réponse à la peur. La peur que le business ne marche pas. La peur du regard des autres. La peur des difficultés financières. Quand quelqu’un arrive avec une formation en disant «j’ai la solution miracle pour ton business», ça parle directement à cette peur-là. Et tu sais que c’est du marketing, et tu sais que c’est exagéré – et tu achètes quand même. Parce que la peur est plus forte que la lucidité, au moment précis où elle s’exprime.

Ce n’est pas une faiblesse. C’est de la neurologie. Mais bon, ça aide de le nommer.

Le syndrome de l’objet brillant et la mécanique de vente qui l’alimente

Il y a un truc qu’Aline dit et qui m’a frappé, parce que c’est une des rares fois où quelqu’un dans l’espace business-coaching retourne l’analyse sur lui-même plutôt que sur les vendeurs de rêve.

Le syndrome de l’objet brillant est nourri par des techniques de vente précises. Quand tu sais définir ton client idéal et identifier ce qui le garde éveillé la nuit, tu sais aussi exactement où appuyer pour vendre. Et les vendeurs de formations, de logiciels, de coachings – ils connaissent ce mécanisme sur le bout des doigts.

«Forcément, quand quelqu’un arrive avec un produit en nous disant ‘Je résous ton problème avec cette solution miracle’, que ce soit un coaching, une formation, un logiciel, forcément, on a qu’une envie, c’est de l’acheter et de se l’approprier en disant ‘Ah ouais, j’ai trop besoin de ça.’ Parce que ça parle à notre peur la plus profonde.»

Dit comme ça, c’est inconfortable. Parce que ça veut dire que tu n’es pas juste distrait – tu es ciblé. Et que ceux qui vendent des solutions à ton éparpillement ont peut-être tout intérêt à ce que tu restes éparpillé.

Ce n’est pas une théorie du complot. C’est juste du marketing qui marche. Comprendre ça, c’est déjà se donner un avantage. Pour éviter les pièges classiques du web marketing, l’épisode 22 de TheB Boost sur les arnaques et pièges du webmarketing va dans le même sens – et les deux épisodes se complètent bien.

Cinq façons concrètes de sortir du syndrome de l’objet brillant

Aline propose cinq pistes. Je les reprends ici, mais avec mon regard dessus – parce que certaines sont plus actionnables que d’autres selon où tu en es.

Revenir à tes objectifs et tes valeurs. Avant d’acheter quoi que ce soit, une seule question : est-ce que ça s’aligne avec là où tu veux aller ? Pas l’inverse. Le truc doit s’aligner sur tes objectifs, pas tes objectifs s’adapter au truc. La différence semble évidente. Elle ne l’est pas au moment où tu as la carte bleue en main et une promo de 48h devant les yeux.

Se mettre en action – vraiment. Le syndrome de l’objet brillant prospère dans le vide. Quand tu sais exactement ce que tu veux et que tu agis dessus, les distractions ont moins de prise. La formule d’Aline est simple : 1. décider ce qu’on veut, 2. se mettre en action. Simple à énoncer. Pas simple à faire. Mais c’est souvent parce qu’on a sauté l’étape 1 qu’on se retrouve à courir après tout ce qui brille.

  • Se poser : «Quel est mon objectif concret à 3 mois ?»

Et si tu ne peux pas répondre à cette question en une phrase sans hésiter, c’est là que le syndrome de l’objet brillant trouvera son terrain favori. Tant que la réponse reste floue, tout semble urgent et pertinent.

Revenir au client idéal. Ce point-là, Aline y revient souvent dans ses épisodes – notamment dans son épisode dédié à la méthode pour définir son client idéal. L’idée ici c’est d’utiliser le client idéal comme filtre de décision. Ton client idéal écoute des podcasts ? Non ? Alors le Yeti à 120 euros, c’est une banane. Il aime les formations en ligne ? Non ? Alors la plateforme LMS à 80 euros par mois, c’est du syndrome de l’objet brillant pur jus.

La content détox. Ça, c’est le point qui fait le plus résistance. Parce qu’on a l’impression que consommer du contenu c’est travailler. Lire 12 newsletters par semaine, écouter 6 podcasts, regarder des vidéos YouTube de formateurs – tout ça c’est se former, non ? Non. C’est du syndrome de l’objet brillant en mode intellectuel. Aline cite un concept d’Antoine BM : se construire un «écosystème du succès» en choisissant 3 à 4 personnes qui incarnent là où tu veux aller, et ne consommer que leur contenu. Pas 50. Pas 20. Trois ou quatre. Et s’y tenir.

(C’est radical, et franchement, la plupart ne le font pas – parce que réduire ses sources d’information ça ressemble à se fermer des portes. C’est exactement l’inverse.)

Attendre d’avoir le problème avant d’acheter la solution. C’est le point qui m’a le plus marqué dans tout l’épisode. Aline dit quelque chose de contre-intuitif : n’achète pas par anticipation. Parce qu’au moment où tu auras réellement besoin de ce truc, ton business aura évolué – et ce truc ne sera peut-être plus ce qu’il te faut. Elle l’a vécu avec son micro. Elle pensait avoir besoin d’un Yeti. Ce qu’il lui fallait, c’était un dictaphone. Mais elle n’a su ça qu’après avoir enregistré plusieurs épisodes et découvert sa façon de travailler.

Le principe inverse du syndrome de l’objet brillant, en gros : attendre de ressentir la douleur avant d’acheter le remède. Pas acheter le remède au cas où tu aurais la douleur un jour.

La procrastination active, ou comment être occupé sans avancer

Ce concept mérite qu’on s’y arrête un moment. Parce que c’est probablement la forme la plus dangereuse du syndrome de l’objet brillant – celle qui est la plus difficile à détecter.

La procrastination classique, tu la vois. Tu regardes Netflix au lieu de travailler. C’est clair. La procrastination active, c’est quand tu travailles – ou plutôt quand tu fais des choses qui ressemblent à du travail – pour éviter de faire le vrai travail. Refaire ton identité visuelle pour la troisième fois. Aller à un nouveau networking. Acheter une formation sur un sujet connexe à ton activité.

Tout ça a l’air légitime. Et c’est là que ça plante.

«Vous avez quand même l’impression d’avancer et d’être efficace, alors qu’en vérité pas du tout. En fait c’est juste… vous vous tournez autour du pot en disant ‘tiens, il y a d’autres fleurs par ci, par là’, au lieu de vous concentrer sur le vrai problème.»

Le vrai problème étant, en général, que tu as peur de faire la chose qui ferait vraiment avancer ton business. Aller chercher des clients. Publier ce contenu qui te met mal à l’aise. Augmenter tes prix. Ces choses-là ne brillent pas. Elles font peur. Et du coup, quelque chose qui brille attire forcément plus l’attention.

Il y a un lien intéressant à faire avec le mythe de la réussite en business – l’idée que la réussite passe par des raccourcis, des hacks, des méthodes secrètes. Le syndrome de l’objet brillant s’appuie exactement sur cette croyance. Et les deux sont alimentés par la même peur de fond.

La question que je me pose, et que je te pose : la dernière fois que tu as acheté une formation que tu n’as pas terminée, ou un logiciel que tu n’as pas vraiment utilisé, tu étais dans quelle phase de ton projet principal ? Est-ce que ça devenait un peu challengeant à ce moment-là ? Parce que si oui, tu connais maintenant le nom de ce qui s’est passé.

Ce que ça dit de toi – et pourquoi c’est pas une mauvaise nouvelle

Aline insiste là-dessus, et je pense qu’elle a raison : le syndrome de l’objet brillant n’est pas un défaut de caractère. Ce n’est pas de la faiblesse. Ce n’est pas un manque de discipline ou de focus. C’est la signature d’un cerveau créatif qui génère trop d’idées et qui a besoin d’un système pour les filtrer.

Et c’est aussi, plus profondément, la signature d’un être humain qui a peur. Ce qui nous rend tous pareils, entrepreneurs ou pas.

La différence entre quelqu’un qui reste pris dans le syndrome de l’objet brillant et quelqu’un qui en sort, c’est la conscience. Savoir que tu es dans ce pattern au moment où tu l’es – pas deux semaines après. Et se poser la vraie question : est-ce que j’achète ça parce que j’en ai besoin maintenant, pour résoudre un problème que j’ai déjà, aligné avec mes objectifs réels ? Ou est-ce que j’achète ça parce que j’ai peur, et que ça brille ?

Les entrepreneurs multipotentiels – ceux qui ont naturellement dix projets en tête en permanence – sont particulièrement exposés. Pourquoi les entrepreneures multipotentielles plafonnent est un épisode qui creuse exactement ce terrain-là, avec un angle complémentaire sur la structure.

Et pour ceux qui se demandent si leur éparpillement vient aussi d’une liberté mal structurée – d’un business qui repose encore trop sur leur présence personnelle – la question de la liberté entrepreneuriale et de ses angles morts mérite aussi d’être posée.

Le syndrome de l’objet brillant n’est pas une fatalité. Mais il ne disparaît pas non plus juste parce que tu sais maintenant qu’il existe. Il faut le débusquer, session après session, achat après achat, notification après notification. C’est un travail de fond – pas un hack.

Et ça, c’est précisément le genre de chose que personne ne te vendra avec une promo de 48h.

Questions fréquentes

C'est quoi le syndrome de l'objet brillant en entrepreneuriat ? +
Le syndrome de l'objet brillant, c'est la tendance à être constamment attiré par les nouveautés - nouvelles formations, nouveaux outils, nouvelles stratégies - au détriment de son objectif principal. En business, ça se traduit concrètement par des projets inachevés, des achats inutilisés et l'impression permanente de faire du surplace malgré une activité intense.
Comment savoir si je suis victime du syndrome de l'objet brillant ? +
Si tu commences beaucoup de choses sans les terminer, si tu as plusieurs formations achetées que tu n'as pas finies, si tu refais régulièrement ton identité visuelle ou ton positionnement sans avoir testé la version précédente - tu es probablement dedans. Le signe le plus révélateur : les nouvelles idées arrivent surtout quand ton projet en cours devient un peu difficile.
Pourquoi le syndrome de l'objet brillant est difficile à combattre ? +
Parce qu'il se déguise en travail. Acheter une formation, rejoindre un réseau, refaire son site - ça ressemble à de l'action. C'est ce qu'Aline de TheB Boost appelle la procrastination active : tu t'occupes, tu as l'impression d'avancer, mais tu évites la vraie action qui ferait progresser ton business. Et les techniques de vente alimentent ce mécanisme en ciblant précisément la peur de l'échec des entrepreneurs.
Qu'est-ce que la content détox et comment la faire ? +
La content détox, c'est le fait de réduire drastiquement les sources d'information que tu consommes. Concrètement : désabonne-toi des newsletters qui ne sont pas directement alignées avec tes objectifs actuels, arrête d'écouter des dizaines de podcasts différents, coupe les notifications. Choisis 3 à 4 personnes qui incarnent là où tu veux aller - tes mentors - et concentre-toi uniquement sur leur contenu.
Comment distinguer un bon achat d'un syndrome de l'objet brillant ? +
Trois questions à se poser avant d'acheter. Est-ce que j'ai ce problème maintenant - pas potentiellement dans 6 mois ? Est-ce que ça s'aligne avec mes objectifs actuels et mon client idéal ? Est-ce que j'achète ça depuis un état d'esprit calme et décidé, ou depuis la peur de rater quelque chose ? Si tu ne peux pas répondre clairement aux deux premières questions, c'est probablement du syndrome de l'objet brillant.
Le syndrome de l'objet brillant touche-t-il tous les entrepreneurs ? +
Oui, selon Aline de TheB Boost. Tous les entrepreneurs y passent à un moment ou un autre, certains plus que d'autres selon leur profil - les profils créatifs et multipotentiels sont particulièrement exposés. Le prendre conscience est déjà la première étape pour en sortir. Ce n'est pas un défaut de caractère, c'est un mécanisme humain qui s'exprime différemment selon les individus.

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