construire son réseau

Comment construire votre réseau – avec Enzo Honoré

Épisode diffusé le 16 janvier 2018 par Marketing Mania

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construire son réseau en partant de rien – sans contacts, sans réputation, depuis un lit miteux dans un hôtel de Bangkok avec un rat sous le plancher – c’est exactement ce qu’a fait Enzo Honoré en 2016. Et ce que l’épisode de Marketing Mania enregistré avec Stan Leloup raconte, c’est pas une success story propre et linéaire. C’est une série de coups audacieux, de lectures bien choisies et d’une conviction rare : que les gens autour de toi valent infiniment plus que n’importe quelle compétence technique.

Enzo Honoré, à l’époque de cet épisode, c’est un mec de la trentaine avec un parcours commercial atypique – école d’ingénieur abandonnée, école de commerce, soirées latinos organisées, réparation d’ordinateurs pour les mamies du kiné – qui vient de quitter son emploi pour tenter l’aventure du business en ligne. En quelques mois, il se retrouve en Asie du Sud-Est, écoute Marketing Mania en boucle dans des trains de nuit, et décide de contacter directement Stan Leloup en appliquant les principes du livre Influence et manipulation. Ce que cette conversation révèle sur la manière de construire son réseau va bien au-delà du conseil classique «sois sympa avec les gens».

Le truc c’est que la plupart des gens attendent d’avoir quelque chose à offrir avant de tendre la main. Enzo, lui, a fait l’inverse.

Un train de nuit, Cialdini et une audace froide

14h50 de train. Une LED USB branchée sur un power bank. Le livre Influence et manipulation ouvert sur les genoux. C’est dans ce contexte précis qu’Enzo lit le passage sur la réciprocité et la règle du refus-puis-retrait – demander plus que ce qu’on veut obtenir, encaisser le non, revenir avec une demande plus petite que le refus devient difficile.

Il applique ça à Stan Leloup. D’abord, il demande de l’affiliation. Réponse : non. Rebond immédiat :

«Euh je suis vachement désolé, je suis très déçu, aurais-tu au moins l’obligeance de faire une interview ? Et là j’appuie en remettant cet argument d’Influence et manipulation de chez Cialdini où j’explique du coup mon process où quand tu as dit non une fois tu peux pas dire non une deuxième fois.»

Dit comme ça, ça a l’air Machiavélique. Et ça l’est un peu. Mais ce qui est intéressant, c’est que la technique n’est pas seule en jeu – Enzo avait aussi écouté des dizaines d’heures de contenu de Stan, il connaissait sa façon de penser, il parlait son langage. La manipulation froide sans contexte, ça se voit. Là, c’était calibré.

Et l’interview a eu lieu. Avec le pire cadrage de l’histoire des vidéos YouTube francophones, de son propre aveu – «je suis en contre-plongée carrément» – mais elle a eu lieu.

Ce que beaucoup ratent quand ils veulent construire son réseau, c’est exactement ça : ils préparent leurs arguments, mais pas leur connaissance de l’autre. Enzo avait fait ses devoirs pendant des mois sans même savoir qu’il les faisait.

construire son réseau : la logique du ROI décalé

Stan pose la question directement dans l’épisode. Et c’est une bonne question : tu prends un van, un train de nuit, un avion pour Saigon, tout ça pour aller boire une bière avec un mec avec lequel tu n’as pas encore fait un euro de business. Le calcul, il est où ?

«À l’époque tu représentais ce que je voulais devenir. C’est à dire de réussir à lancer un business en ligne, de vivre à l’étranger, tu étais jeune, on avait tu as un an de plus que moi ou 2 ans de plus que moi, tu avais réussi là où moi j’étais encore qu’un bébé.»

Voilà. Pas de calcul de ROI trimestriel. Une conviction : l’environnement humain a une valeur qui n’a pas de prix, et trainer avec quelqu’un qui est là où tu veux aller accélère quelque chose que tu ne peux pas mesurer avant de l’avoir vécu.

Et les chiffres, ils sont venus. Pas directement de Stan – les deux n’ont pas fait de business ensemble à la date de l’enregistrement. Mais cette interview a rendu Enzo visible auprès de Yannick Chastin, entrepreneur e-commerce, qui était membre du programme de Stan et qui a regardé la vidéo. Yannick a contacté Enzo. Résultat direct : environ 5 000 dollars d’affiliation. Et surtout, via ce réseau, un associé avec lequel Enzo a lancé un business qui a généré plus de 50 000 euros en 2017. En partant d’un message dans un formulaire de contact envoyé depuis un train en Thaïlande.

C’est ça la logique du réseau. Tu ne sais jamais exactement d’où vient le retour. Mais il vient – et il vient souvent d’un endroit que tu n’avais pas prévu.

Ce que personne ne dit sur le networking : c’est d’abord une question d’identité

Enzo a ce qu’on appelle «la chatch». La tchatche, le bagout, cette aisance naturelle à entrer en contact avec n’importe qui. Son père l’avait. Il l’a vu bosser sur les marchés, tisser des liens, créer des opportunités par le simple fait d’être là, présent, souriant, curieux.

Mais attention – et c’est là que l’épisode devient vraiment intéressant – Enzo déconstruit lui-même cette idée de don naturel :

«Plus les gens te disent que tu as la chatch, plus tu commences à croire que tu as la chatch, plus tu fais pour que la chatch devienne. Donc effectivement tu as un peu aussi ce cercle vertueux ou pas qui s’est créé.»

Le don naturel est peut-être moins naturel qu’il n’y parait. C’est une identité qui s’est construite par répétition, par feedback positif, par exposition constante à des situations sociales. L’enfant hyperactif et bavard de la classe qui dérange tout le monde, avec le temps, devient le mec dont tout le monde dit «il a le contact facile».

La question qui reste ouverte – et Stan la pose franchement – c’est : est-ce que ça s’apprend vraiment pour quelqu’un qui ne part pas avec cette base-là ? Stan lui-même reconnaît que le networking lui coûte de l’énergie, qu’il doit se forcer, que sans le web il n’aurait probablement pas pu survivre comme entrepreneur. Enzo répond oui, mais avec une précision importante : il faut d’abord désintellectualiser la chose. Arrêter d’«optimiser son follow-up» et commencer à inviter quelqu’un à boire une bière.

C’est une limite réelle, celle-là. Le conseil «sois juste humain» ne suffit pas pour quelqu’un d’introverti. Et Enzo ne donne pas de protocole. C’est le seul endroit où l’épisode reste un peu sur sa faim.

Vendre sans trahir : le commerce comme service rendu

Dès 15 ans, Enzo réparait des ordinateurs dans son quartier. 40 euros la réinstallation de Windows XP. Rien de révolutionnaire. Mais il a ensuite élargi cette logique à autre chose : donner des formations aux personnes âgées pour qu’elles envoient des photos à leurs petits-enfants par mail.

Et là, quelque chose de plus intéressant se passe. Enzo ne cadre pas ça comme «j’ai monétisé une compétence». Il cadre ça comme «j’ai compris que la valeur perçue n’a rien à voir avec la difficulté technique». Pour la grand-mère, recevoir une photo de son petit-fils par email, c’est de la magie. Pour Enzo, c’est 10 minutes de patience et d’explication.

C’est cette vision-là – prospecter et vendre en répondant à un vrai besoin – qui lui a permis de construire son réseau commercial très tôt. Pas en vendant «n’importe quoi à n’importe qui» comme l’expression un peu dégradante qu’on lui collait, mais en trouvant l’intersection entre ce qu’il savait faire et ce qui manquait à quelqu’un.

Plus tard, en école de commerce, il sous-traitait des sites web à ses camarades développeurs : il apportait les clients, eux livraient le code, tout le monde gagnait. 300 euros pour lui, 250 pour le dev. Lui qui était «incapable de vendre ses trucs». C’est une mécanique d’intermédiaire que pas grand monde ne pense à utiliser aussi tôt dans sa vie.

Le follow-up : le chaînon manquant que même les bons networkers ratent

Stan Leloup – qui est pourtant quelqu’un de clairement intelligent sur tout ce qui touche à la construction d’une audience et d’un positionnement – avoue dans cet épisode qu’il est mauvais au follow-up. Il rencontre des gens. Il a des conversations intéressantes. Et ensuite – rien. Le contact disparaît, l’opportunité aussi.

C’est franchement le problème le plus commun que j’entends chez les gens qui veulent construire son réseau. Pas le fait de rencontrer – ça, avec un peu d’effort, ça se gère. Mais le fait de maintenir, de relancer, de créer une régularité sans paraître calculateur ou intéressé.

La réponse d’Enzo est – intentionnellement ou pas – très simple :

«Les 3/4 des follow-up que je fais et c’est le follow-up qu’on a fait toi et moi, c’est une bière quoi, tu vois. Il faut avoir peut-être cette vision un petit peu moins analytique, un peu plus humaine, un peu plus fun.»

C’est exactement le problème avec la plupart des conseils networking : ils transforment une activité fondamentalement humaine en process CRM. Tu peux construire des compétences sur le long terme mais si chaque interaction ressemble à une étape d’un funnel, les gens le sentent et ils décrochent.

Enzo, lui, a envoyé un message sur WhatsApp à Stan pour lui dire «j’arrive lundi». Et Stan, parce qu’il avait annoncé publiquement qu’il offrait une bière à quiconque passait dans le coin, ne pouvait pas dire non – cohérence publique, encore Cialdini. Ce n’était pas un suivi de pipeline. C’était un geste humain avec un levier subtil dedans.

Bref, construire son réseau à haut niveau, c’est peut-être ça : être sincèrement curieux des gens, avoir lu les bons livres, et ne pas avoir peur de prendre un avion pour une bière.

L’entourage comme accélérateur – et ce que ça coûte vraiment

Il y a une citation que cite Enzo dans l’épisode – approximativement, il l’assume – «it’s not how much you know or what you know, it’s who you know». Formule rebattue. Mais ce que l’épisode lui donne comme chair, c’est différent.

Enzo ne dit pas que le réseau remplace la compétence. Il dit que l’entourage a un effet sur ce qu’on devient. Apprentissage par mimétisme. Tu passes du temps avec quelqu’un qui a réussi là où tu veux aller, et quelque chose se transfère – pas forcément des conseils, plutôt une façon de voir les problèmes, un niveau d’exigence, une vitesse de décision.

C’est pour ça que la formation «projets en 90 jours» qu’Enzo cite – celle de Stan, qu’il a suivie, revendue, et qu’il enseignait à l’époque – n’est pas juste un contenu. C’est un artefact d’une relation. Construire un revenu récurrent n’arrive pas dans le vide – ça arrive dans un contexte humain, avec des gens qui t’ont montré que c’était faisable.

Et ce que ça coûte vraiment ? Du temps, de l’argent de transport, et quelque chose de plus difficile à quantifier : l’humilité de se dire «ce mec est là où je veux aller, j’ai quelque chose à apprendre de lui» avant même d’avoir quelque chose à lui offrir en retour. Pour construire son réseau sur la durée, c’est probablement le seul investissement qui ne se déprécie jamais.

Questions fréquentes

Comment construire son réseau quand on part de zéro ? +
La clé, selon Enzo Honoré, c'est d'aller vers des gens qui sont là où vous voulez aller - avant même d'avoir quelque chose à offrir en échange. Enzo a contacté Stan Leloup depuis un train en Thaïlande, sans audience, sans business établi. Ce qui a fonctionné : une connaissance réelle du travail de l'autre, une demande calibrée, et l'audace de faire le déplacement pour une simple bière.
Construire son réseau en ligne, c'est différent du networking traditionnel ? +
Oui et non. Les outils changent - formulaires de contact, WhatsApp, interviews YouTube - mais la mécanique de base reste identique : montrer qu'on s'intéresse vraiment à l'autre, créer une première valeur, maintenir le lien dans le temps. Ce que le web change, c'est l'accessibilité des personnes que vous voulez approcher. Un créateur de contenu populaire est joignable d'un message. Un PDG de grand groupe, beaucoup moins.
Faut-il avoir la tchatche naturelle pour construire son réseau efficacement ? +
Enzo Honoré pense que non - ou du moins, que cette aisance est moins innée qu'elle n'y parait. Elle se construit par répétition, par feedback positif, par exposition régulière à des situations sociales. Stan Leloup lui-même reconnait que le networking lui coûte de l'énergie et qu'il doit se forcer. La clé, selon Enzo, est de désintellectualiser : arrêter de chercher la stratégie parfaite et commencer par inviter quelqu'un à boire un café.
Comment faire un bon follow-up réseau sans paraître calculateur ? +
C'est exactement la faiblesse que Stan Leloup reconnait dans l'épisode. La réponse d'Enzo est simple : une bière, un message direct, quelque chose d'humain. Pas un mail de relance formaté. Le suivi de réseau qui fonctionne ressemble à ce qu'un ami ferait - pas à une étape de CRM.
Quel livre lire pour améliorer son networking et construire son réseau ? +
Enzo Honoré cite Influence et manipulation de Robert Cialdini comme déclencheur direct de sa première approche de Stan Leloup. Il y a trouvé le principe du refus-puis-retrait qu'il a appliqué concrètement pour obtenir une interview. C'est un classique de la persuasion qui éclaire les mécanismes sociaux à l'oeuvre dans toute relation professionnelle.
Le réseau peut-il vraiment remplacer les compétences techniques en business ? +
Non - et Enzo ne le dit pas. Ce qu'il défend, c'est que l'entourage accélère l'apprentissage par mimétisme et ouvre des portes que les compétences seules n'ouvrent pas. Lui-même sous-traitait le développement web à des camarades plus doués que lui - il apportait les clients, eux livraient le code. Les deux dimensions sont complémentaires.

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