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Podcasting : La marche à suivre pour lancer un podcast profitable avec Marco Bernard

Épisode diffusé le 14 octobre 2020 par J7 Media

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Lancer un podcast, c’est facile. Vraiment. Un micro USB à 40 euros, Anchor, et vous êtes en ligne en deux heures. Le problème, c’est la suite – et personne ne vous en parle franchement. Marco Bernard, lui, a mis 80 épisodes avant de comprendre que son podcast était en train de lui construire un business sans qu’il s’en rende compte. Et encore : c’est un inconnu qui l’a appelé sur son portable un dimanche soir pour lui proposer 25 000 dollars de contrat, alors qu’il n’y avait strictement rien à vendre sur son site. Rien. Pas une page produit, pas un formulaire de contact. Juste des épisodes.

Ce qui s’est passé ensuite, c’est ce que Marco appelle la vente par infusion – une idée qui mérite qu’on s’y attarde, parce qu’elle retourne complètement la façon dont on pense le contenu audio. Pas de pitch agressif en fin d’épisode. Pas de tunnel de conversion sophistiqué. Juste une mécanique progressive, quasi invisible, qui transforme un auditeur curieux en client convaincu avant même qu’on lui ait fait une offre.

Marco Bernard anime aujourd’hui trois podcasts, dont L’Accélérateur – près de 300 épisodes sur le marketing, la vente et l’entrepreneuriat – et L’Académie du podcast, passé le cap des 100 épisodes. Il enseigne également le podcasting via son académie, une structure qu’il dit générer dans les six chiffres annuellement après seulement dix mois d’existence. En francophonie, il est probablement le seul à avoir structuré une offre aussi complète autour de l’enseignement du podcast business. Ce qui rend ses conseils particulièrement intéressants, c’est qu’ils viennent du terrain – pas d’un framework théorique importé d’un livre américain.

Alors, comment ça marche vraiment, lancer un podcast qui génère des résultats concrets ?

Le moment où tout a basculé : 25 000 dollars sans page de vente

Printemps 2018. Marco Bernard organise le SVAB, un sommet virtuel de quatre jours sur le web. L’objectif initial : faire du list building, agrandir son réseau, pas nécessairement vendre. Il dépense moins de 1 000 dollars en publicité Facebook – et récupère plus de 1 200 participants, presque exclusivement grâce aux 21 conférenciers invités et aux auditeurs de son podcast.

Deuxième jour du sommet. Son téléphone sonne à l’heure du souper.

«Marco, je suis sur ton sommet présentement, je trouve ça absolument hallucinant là ce que tu nous livres comme contenu. Mais moi si je t’appelle, c’est parce que la plateforme que tu utilises pour faire ton sommet, ça me prend ça pour donner des cours de danse en ligne sur internet.»

Ce que j’aime dans cette anecdote, c’est l’honnêteté de Marco sur sa première réaction : il doutait du sérieux du gars. Et pourtant. Le lundi suivant, contrat signé. 25 000 dollars. Issu directement du podcast – parce que l’inconnu avait entendu Marco parler de la plateforme dans un épisode et avait fait le lien lui-même.

C’est là que Marco a compris quelque chose que la plupart des podcasteurs ratent : la proximité que crée le format audio est d’une puissance commerciale hors norme. Les auditeurs ne vous voient pas comme un vendeur. Ils vous voient comme quelqu’un en qui ils ont confiance – et ça change absolument tout dans la dynamique de conversion. D’ailleurs, si vous voulez comprendre comment booster son business grâce au podcast, Marco Bernard revient sur ces mécaniques dans d’autres formats.

Lancer un podcast : les deux premières étapes que 90% des gens sautent

Définir son avatar. Ça a l’air bateau. C’est la première chose que Marco cite, et c’est probablement la chose la moins bien faite de tout l’écosystème du contenu francophone.

Ce qu’il propose concrètement : une grille de 18 questions, disponible dans ses formations Podcasting 101 et Podcaster Pro, qui fait passer de «j’ai vaguement une idée de ma cible» à quelque chose de précis et actionnable. Pas un persona marketing PowerPoint avec une photo de stock. Un vrai profil qui va conditionner chaque décision éditoriale – le ton, les invités, les sujets, la fréquence.

La deuxième étape, c’est celle que j’aurais voulu qu’on me explique bien plus tôt : trouver l’angle unique. Pas juste le sujet. L’angle. Marco décrit un exercice simple.

  • Prendre une feuille, la couper en deux colonnes : passions à gauche, expertises à droite.

Cinq minutes sur chaque colonne, deux fois. Puis relier les deux. L’idée c’est que quelqu’un qui adore le sport ET qui fait du marketing peut créer un podcast marketing avec des métaphores sportives systématiques – ou carrément enregistrer en courant. Ce n’est pas anecdotique : c’est ce qui va lui donner un fond de sujets quasi illimité et une personnalité reconnaissable. Un podcast sur «les médias sociaux» sans angle, c’est un podcast parmi des centaines. La différence entre les deux, c’est souvent ce croisement passion-expertise. Ce principe rejoint ce qu’Alexis Minchella explore dans son analyse sur suivre sa passion ou développer ses compétences – deux approches qui ne s’excluent pas, finalement.

Animer un podcast, c’est vendre – accepter ça change tout

Marco pose ça comme une décision. Pas une observation. Une décision à prendre consciemment.

«La clé d’un bon podcast qui génère des résultats, c’est qu’il faut prendre la décision qu’on accepte que d’abord et avant tout animer un podcast, c’est vendre. Et quand on a compris ça, ben là on commence à voir notre animation de podcast en terme de résultats. On veut que la personne prenne une décision, on veut que la personne s’engage envers nous et fasse un pas supplémentaire.»

Dit comme ça, ça paraît évident. Ça ne l’est pas du tout.

La plupart des podcasteurs – et j’en connais plusieurs – vivent dans cette zone confortable où ils créent du contenu «pour aider», «pour partager», «pour la communauté». Ce n’est pas faux. Mais c’est incomplet. Et Marco va plus loin : tant que vous ne vendez pas, vous ne servez pas vraiment votre audience. Parce que 99 auditeurs sur 100 consomment et ne font rien. La centième personne qui passe à l’action, c’est celle à qui vous avez tendu la main assez clairement pour qu’elle saisisse. Vendre, c’est rendre service. C’est un renversement mental qui prend du temps à vraiment intégrer.

Et oui – Marco reconnaît qu’au Québec notamment, il y a un rapport compliqué à l’argent et à la vente. Une forme de pudeur culturelle qui fait qu’on va créer trente épisodes sans jamais oser dire «voilà ce que je propose». C’est un frein réel. Mais c’est aussi une limite assumée de ce modèle : si vous n’êtes pas à l’aise avec la vente en général, la vente par infusion ne sera pas une baguette magique. Elle rend la chose plus naturelle, elle ne la remplace pas. Pour aller plus loin sur les erreurs qui bloquent les conversions, les erreurs invisibles qui bloquent les ventes est un complément utile.

La vente par infusion : lancer un podcast qui convertit sans pitcher

C’est le concept central de Podcaster Pro, la formation phare de l’Académie du podcast. Neuf stratégies, réparties en trois masterclasses, pour infuser votre vente tout au long d’un épisode – pas en fin de séquence.

La métaphore que Marco utilise est efficace. Un bocal d’eau transparente. Vous dropez une goutte de colorant jaune. L’eau reste quasi transparente – mais elle a légèrement changé. Épisode suivant : une autre goutte. Et ainsi de suite.

«C’est beaucoup plus facile après ça de demander de faire une offre et de demander la conversion quand on a droppé des gouttes un peu partout dans notre contenu que de faire en sorte que l’eau est transparente, on a absolument rien infusé, puis à la fin on droppe la bouteille de colorant tout d’un coup. La personne passe de transparent à jaune foncé, ça fonctionne pas.»

Ce qui est fort dans cette image, c’est qu’elle explique aussi pourquoi les pitchs de fin d’épisode choquent autant. Ce n’est pas que le pitch soit mauvais en soi. C’est que l’auditeur n’a pas été préparé. La transition de «contenu gratuit» à «achetez» est brutale quand il n’y a rien eu entre les deux. Et là, logiquement, la personne se sent manipulée – même si l’offre est parfaitement légitime.

À l’inverse, quand la vente a été infusée progressivement, l’auditeur souhaite que vous lui fassiez une offre. Il est prêt. Il attend même. Marco cite l’exemple d’un conférencier qui n’avait pas le droit de vendre en fin de conférence – et une dame est venue le voir avec sa carte de crédit en disant «je sais pas ce que tu proposes mais je veux travailler avec toi». Aucune offre formulée. Zéro. Juste une infusion bien menée sur 45 minutes. (C’est l’effet le plus spectaculaire de la méthode – et probablement le plus difficile à reproduire systématiquement, soyons honnêtes.)

Ce principe d’engagement progressif rejoint aussi ce que décrivent les meilleurs travaux sur le persona et la stratégie digitale : connaître précisément son auditeur, c’est savoir exactement quelle goutte dropper au bon moment.

Ce que l’Académie du podcast propose concrètement

Quatre produits. Marco est clair là-dessus.

Podcasting 101, d’abord – la formation d’entrée de gamme, technique, pour partir de zéro et lancer son premier épisode. Structure, matériel, flux de travail. Puis Podcaster Pro, la formation principale : promotion du podcast, monétisation, techniques d’interview, vente par infusion en neuf stratégies. C’est là que se concentre la majorité de la valeur pédagogique.

Côté communauté : le Mastermind Momentum, pour les podcasteurs débutants à intermédiaires qui cherchent à interagir avec d’autres créateurs. Et le Mastermind Premium, groupes restreints de 6 à 10 personnes, sessions bi-hebdomadaires, coaching direct sur votre podcast spécifiquement. C’est le niveau le plus intensive – et forcément le plus cher.

En gratuit : le podcast L’Académie du podcast (113 épisodes au moment de l’interview), des articles de blog, et la newsletter Go Balado sur LinkedIn – qui arrive aussi en email, ce qui est franchement pratique pour ceux qui ne sont pas des assidus de la plateforme.

Ce modèle à plusieurs niveaux – gratuit, formation d’appel, formation principale, mastermind – ressemble structurellement à ce qu’Olivier Lambert décrit dans son approche du revenu récurrent en ligne. La logique est la même : créer de la valeur gratuitement pour qualifier les futurs clients payants.

Ce qui mérite d’être souligné – et Marco le dit lui-même sans fausse modestie – c’est qu’en francophonie, en 2020, il n’existe pas d’équivalent à cette offre. Pas de formation avec suivi post-lancement, pas de communauté structurée autour du podcast business francophone. Ça va changer, forcément. Mais pour l’instant, le terrain est libre. Et quand on connaît la valeur d’être original dans son positionnement, occuper un espace vide avant que la concurrence arrive, c’est probablement la meilleure décision business qu’on puisse prendre.

La vraie question, au fond, c’est pas «est-ce que le podcast est un bon canal ?». C’est «est-ce que vous êtes prêt à le traiter comme un outil de vente – pas juste comme une vitrine ?». Et ça, seul vous pouvez y répondre.

Questions fréquentes

Comment lancer un podcast quand on part de zéro ? +
La première étape, c'est de définir précisément à qui vous parlez - pas vaguement, mais avec un profil détaillé. Marco Bernard propose une grille de 18 questions pour aller de l'idée floue au persona actionnable. Ensuite vient le choix de l'angle : croiser vos passions et vos expertises dans un exercice de 20 minutes pour trouver un positionnement unique. Ce n'est qu'après ces deux étapes que la partie technique a du sens.
Est-ce qu'un podcast peut vraiment générer des revenus ? +
Oui, mais pas de la façon dont la plupart des gens l'imaginent. Marco Bernard a signé un contrat de 25 000 dollars grâce à son podcast alors qu'il n'avait rien à vendre sur son site. La monétisation passe par la proximité et la confiance créées avec l'audience - qui finit par chercher naturellement à travailler avec vous. L'Académie du podcast, née de cette logique, génère selon lui dans les six chiffres annuellement après dix mois.
C'est quoi la vente par infusion dans un podcast ? +
C'est une méthode qui consiste à intégrer progressivement des éléments de vente tout au long d'un épisode, plutôt que de faire un pitch en fin de séquence. L'idée : chaque épisode est une goutte de colorant dans un bocal d'eau transparente. Au fil des épisodes, l'auditeur adopte votre vision, et quand vous faites une offre, il l'attend - parfois même il la demande avant que vous l'ayez formulée. Podcaster Pro enseigne neuf stratégies concrètes pour appliquer cette méthode.
Combien faut-il d'épisodes avant de monétiser son podcast ? +
Marco Bernard a eu son premier contrat significatif à l'épisode 80. Mais il précise que les premiers signaux - des auditeurs qui écrivent pour demander si vous proposez quelque chose - peuvent apparaître bien avant. Le chiffre exact dépend de la qualité de l'infusion et de la précision du ciblage.
Lancer un podcast, c'est vraiment utile pour trouver des clients B2B ? +
C'est précisément ce que démontre l'expérience de Marco Bernard. Le podcast crée une proximité que peu de canaux marketing peuvent reproduire : l'auditeur vous entend penser, vous entend vous tromper, vous entend corriger. Cette intimité se traduit par une confiance commerciale hors norme, surtout en B2B où la décision d'achat est longue et rationnelle.
Quelle est la différence entre Podcasting 101 et Podcaster Pro de l'Académie du podcast ? +
Podcasting 101 s'adresse aux débutants complets : technique, structure, lancement du premier épisode. Podcaster Pro va beaucoup plus loin : promotion, monétisation, techniques d'interview, et surtout les neuf stratégies de vente par infusion réparties en trois masterclasses. C'est la formation principale de l'Académie, celle qui s'adresse aux podcasteurs qui veulent des résultats business concrets.

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