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Comment gérer une agence de marketing à New York

Épisode diffusé le 19 août 2020 par J7 Media

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Une agence de marketing new york, ça ne ressemble pas à ce que tu imagines. Pas de grands open spaces vitrés avec vue sur Central Park, pas de budget illimité, pas d’équipes de 200 personnes qui se tapent dans le dos en réunion. Elliot Walden, head of growth chez Electric Orange Creative à Brooklyn, a mis presque une décennie à comprendre les rouages de ce marché – en passant par Resolution Media (filiale Omnicom), Avas Media sur le compte Louis Vuitton Moët Hennessy pour l’Amérique du Nord, puis Saks Fifth Avenue côté client. Ce qu’il décrit, c’est quelque chose de plus brut, de plus nerveux. Un marché où les lumières restent allumées jusqu’à une heure du matin dans les bureaux du Financial District – et où personne ne trouve ça étrange.

La question que tout le monde se pose en réalité, c’est : est-ce que la ville change vraiment la façon de faire du business ? Ou est-ce qu’on vend du rêve avec l’étiquette ‘New York’ ?

Ce que personne ne te dit sur la culture de travail dans une agence de marketing new york

Commençons par l’évidence qu’on n’ose pas dire. New York filtre. Pas sur le diplôme, pas sur le réseau au sens classique. Sur l’endurance.

Elliot Walden a commencé sa carrière dans une agence de dix personnes – le genre de boîte qui promet le web, le SEO, le paid et le café bio, et qui réalise au bout de six mois qu’elle ne peut pas tout faire. C’est là qu’il a trouvé son truc : le paid media, et plus précisément le paid social. Et c’est là que beaucoup de gens se plantent – ils essaient de tout embrasser au lieu de creuser.

«I started at a small, small agency, a good example of a 10-person team who thought they could do everything – web developments, SEO, paid media – and what we quickly realized is that we can’t do everything.»

Dit comme ça, ça a l’air simple. Mais combien d’agences continuent exactement avec ce modèle ?

La culture de l’agence de marketing new york, c’est ça en résumé : une pression constante qui t’oblige à choisir. Tu deviens excellent dans un domaine ou tu disparais dans la masse. Elliot le formule sans détour dans le podcast – si tu n’es pas prêt à bosser l’heure en plus, le week-end en plus, la nuit parfois, tu ne ‘survivras’ pas dans cet environnement. Ce n’est pas de la mauvaise foi. C’est juste la description factuelle d’un marché où l’offre de talents est massive et où la demande est tout aussi agressive.

Trois à quatre sollicitations de recruteurs par semaine, même aujourd’hui pour quelqu’un à son niveau. (Ce qui est rare en dehors de ce marché, clairement.)

Resolution Media, LVMH, Saks : comment on construit une vraie expertise paid media

Dix ans. C’est le temps qu’il a fallu à Elliot pour passer du statut de junior dans une micro-agence à partner dans une structure spécialisée.

La trajectoire est instructive. Resolution Media d’abord – c’est la division paid media d’Omnicom, un des trois ou quatre empires publicitaires mondiaux. Là, il supervise des comptes comme Mercedes-Benz USA, Longchamp, Elizabeth Arden. Paid social et paid search, acquisition, lead gen, e-commerce. La machine de guerre côté agency.

Puis Avas Media, et leur division Socialize dédiée au paid social. Le compte Louis Vuitton Moët Hennessy – 30 marques dans le portfolio, équipe réduite, rythme de dingue. C’est là qu’il devient associate director et que le scope passe de North America à global. Après LVMH, TD Bank, Oppenheimer Funds, Diamond View.

«There’s 30 plus brands underneath that portfolio. So we had a small team. I think any agency knows that there’s often more work than employees. So we were very short staffed, but I think that comes with the territory.»

C’est exactement le problème. Et la plupart des gens le normalisent sans se demander pourquoi.

Ce qui est intéressant dans le parcours d’Elliot, c’est le passage côté client avec PeVove puis Saks Fifth Avenue. Hudson’s Bay Company – la plus vieille corporation d’Amérique du Nord, d’ailleurs basée au Canada – avec des centaines de millions de dollars à investir pour faire pivoter un business historiquement brick-and-mortar vers l’e-commerce. Ce genre d’expérience, tu ne l’as pas en restant uniquement côté agence. Et c’est exactement ce qu’Electric Orange lui a acheté quand ils l’ont approché. Pas juste ses compétences en paid. Sa compréhension des deux côtés de la table. Si tu cherches à mieux comprendre le business d’une agence inbound marketing pour comparer les modèles, les enjeux sont assez proches en termes de positionnement.

agence de marketing new york et business development : le vrai playbook

Le biz dev dans une agence de marketing new york, ça n’a rien à voir avec ce qu’on t’explique dans les formations.

Elliot est direct là-dessus. Une grande partie du business development chez Electric Orange vient… du bar du quartier. De Greenpoint, Brooklyn, pour être précis. Des conversations après le boulot, des verres partagés avec des entrepreneurs du coin, des introductions qui se font de façon organique parce que tu es là, présent, ancré dans ton écosystème local.

«Just in my personal neighborhood of Greenpoint in Brooklyn, New York, I speak to people on a daily basis that are in the industry. And from that, that’s come referrals and from that even their businesses too.»

Voilà. Ce n’est pas une stratégie. C’est une présence.

Mais il y a quelque chose de plus structuré derrière. Le vrai levier de croissance d’Electric Orange, c’est le réseau des venture capital groups. New York héberge environ 9 000 startups – oui, 9 000, et beaucoup de gens pensent encore que tout se passe à San Francisco. Avec cette concentration de startups viennent des fonds de VC qui investissent massivement et qui ont besoin de partenaires fiables pour aider leurs portfolio companies à croître vite.

Le modèle qu’Elliot décrit ressemble à un plug-and-play : un VC valide Electric Orange avec une première startup, les résultats sont là, et quand ce même VC investit dans une nouvelle boîte, il amène l’agence avec lui. Presque un contrat-cadre implicite. Pendant le COVID, une semaine avant l’interview, ils ont été invités à pitcher pour une startup fraîchement financée par un VC avec lequel ils avaient déjà travaillé. Sans outreach, sans cold email. Juste la réputation qui circule dans le bon réseau. C’est aussi ce que décrivent certains entrepreneurs quand on parle de la peur de se vendre – le meilleur biz dev, c’est souvent celui qu’on ne perçoit pas comme du biz dev.

Un point qu’il mentionne et que je trouve sous-estimé : Electric Orange ne fait pas de profit sharing avec ses clients startup. Volontairement. Pour ne pas éroder leurs marges à un moment où chaque euro compte. C’est une décision commerciale qui ressemble à une décision humaine – et c’est précisément ce genre de choix qui construit une réputation durable dans un écosystème aussi dense que celui de New York.

Pourquoi le label ‘New York’ change encore quelque chose en 2020

La question mérite d’être posée franchement : est-ce qu’une agence de marketing new york a encore un avantage concurrentiel juste parce qu’elle est à New York ?

Elliot nuance. Il ne dit pas que tous les clients veulent une agence new-yorkaise. Mais il confirme que c’est une conversation qui revient régulièrement. La perception, c’est que vous êtes au centre de l’action, que vous travaillez avec les grandes industries, que vous avez un pouls sur ce qui se passe réellement dans le business et le marketing mondial. Pour certains clients – notamment les marques qui veulent de la crédibilité ou des startups qui lèvent des fonds et cherchent à projeter une image – l’adresse compte.

Ce n’est pas rationnel à 100 %. Mais le marketing ne l’est jamais vraiment. Et Electric Orange joue consciemment sur cette carte tout en gardant l’identité d’une ‘scrappy Brooklyn agency’ – les mots d’Elliot, pas les miens. La tension entre le prestige de la ville et l’agilité de la petite structure, c’est leur positionnement. Pas Omnicom, pas Havas. Quelque chose entre les deux, avec des clients qui veulent de la qualité sans la bureaucratie des grands réseaux.

Ce qui m’agace un peu dans cette partie de l’entretien, c’est qu’on reste sur du perçu sans exemples concrets. Elliot reconnaît lui-même qu’il a du mal à citer des cas précis où le fait d’être à New York a déclenché un contrat. C’est honnête. Mais ça limite la portée de l’argument.

Recruter et former pendant COVID : la chance froide d’un marché saturé de talents

Deux recrutements en un mois, en plein COVID. Dont deux anciens stagiaires promus en CDI après presque un an avec l’agence.

Elliot est lucide – et un peu inconfortable en le disant – sur le fait que la crise a joué en leur faveur sur le plan RH. Les grandes agences comme Resolution Media ou Havas ont opéré des vagues de licenciements et de furloughs massifs. Des profils seniors, habitués aux gros comptes, se sont retrouvés sur le marché. Pour une structure comme Electric Orange qui cherche à muscler son équipe paid media, c’est une fenêtre.

«There’s a huge amount of highly talented people out there who would love to join a company like ours and who frankly may need a job. So for us, it’s really working in our favor.»

C’est dit avec un peu de gêne. Mais c’est vrai.

La question ouverte qu’il pose ensuite est intéressante : est-ce que ces talents qui viennent des grands réseaux vont retourner dans les grands réseaux quand le marché reprendra ? Ou est-ce que certains vont préférer des structures plus petites, avec une progression plus rapide et des perspectives financières différentes ? (Et c’est souvent là que ça coince – les grandes agences paient bien au départ, mais la trajectoire est lente et la politique interne épuisante.) La même question se pose pour le mythe de la réussite en business – est-ce que la taille de la structure est vraiment corrélée au succès individuel ?

Sur la formation à distance, il reconnaît la difficulté sans en faire un drame. La perte d’efficacité est réelle. Mais l’avantage du pool de talents compense largement, selon lui. Il prévoit de faire passer l’équipe de sa taille actuelle à plus 5 à 10 personnes dans les douze à vingt-quatre mois. Avec l’ambition de garder l’identité agile – pas de course à la taille pour la taille.

Et c’est peut-être ça, au fond, la vraie leçon du modèle Electric Orange. Une agence de marketing new york n’est pas condamnée à devenir un mastodonte pour rester crédible. Elle peut rester petite, spécialisée, connectée à son écosystème local – et construire une croissance solide sur la réputation plutôt que sur le volume. Ce modèle a ses limites, bien sûr : il dépend énormément des relations interpersonnelles et d’un réseau VC qui peut se tarir si les investissements ralentissent. Mais pour l’instant, ça fonctionne. Pour aller plus loin sur la question de la dépendance au réseau dans la croissance d’un business, cet angle sur comment ton business dépend encore de toi soulève les mêmes tensions dans un autre contexte. Et si tu te demandes comment structurer une offre qui tient la route sans reposer uniquement sur les recommandations, il y a des réponses utiles du côté de comment structurer son offre pour vendre plus.

Questions fréquentes

Comment fonctionne le business development dans une agence de marketing new york ? +
Dans une agence de marketing new york comme Electric Orange Creative, le biz dev repose sur deux piliers : le networking social informel (bars, quartier, entrepreneurs locaux) et les relations avec les fonds de venture capital. Ces VC fonctionnent comme des prescripteurs - ils introduisent l'agence auprès de leurs nouvelles participations si les résultats ont été bons sur les précédentes. C'est un modèle qui prend du temps à construire mais qui génère un flux entrant régulier sans outreach agressif.
Quelle est la différence entre travailler côté agence et côté client en marketing digital ? +
Côté agence, tu gères plusieurs clients en parallèle et tu développes une expertise technique rapide. Côté client, tu es immergé dans un seul business, tu comprends les enjeux internes, les contraintes budgétaires, la politique des décideurs. Elliot Walden a fait les deux - agences (Resolution Media, Avas) et marques (PeVove, Saks Fifth Avenue) - et il estime que c'est cette double lecture qui lui a donné un avantage réel quand il est devenu partner chez Electric Orange.
Pourquoi les startups préfèrent-elles parfois une agence de marketing new york ? +
La perception est que les agences new-yorkaises travaillent avec les grands comptes, suivent l'actualité business en temps réel et ont un réseau dans les secteurs clés. Pour une startup qui cherche à gagner en crédibilité ou à attirer des investisseurs, l'adresse new-yorkaise a encore une valeur symbolique - même si ça reste difficile à quantifier précisément selon Elliot Walden lui-même.
Comment Electric Orange Creative a-t-il développé son offre paid media ? +
Electric Orange a démarré comme une agence SEO reconnue à New York. En travaillant avec des startups et des PME, la demande pour du paid media est apparue naturellement. Ils ont recruté Elliot Walden - d'abord en consulting - pour apporter l'expertise et le leadership nécessaires à ce département, en s'appuyant sur son expérience avec de grands comptes comme LVMH ou Saks Fifth Avenue.
Est-ce qu'il vaut mieux rejoindre une grande agence ou une petite agence en début de carrière ? +
Les deux ont leur logique. Une grande agence comme Resolution Media ou Omnicom t'expose à des budgets massifs et des processus rigoureux. Une petite agence te demande de tout faire - et c'est là que tu trouves ta vraie spécialité plus vite. Elliot Walden a commencé dans une micro-agence de 10 personnes et c'est précisément là qu'il a identifié le paid media comme son domaine de prédilection.
Comment recruter des talents marketing pendant une crise économique ? +
Pendant le COVID, les grandes agences ont licencié massivement, libérant des profils seniors sur le marché. Des structures en croissance comme Electric Orange Creative ont profité de cette fenêtre pour recruter des talents qui n'auraient pas été disponibles en période normale. La stratégie : convertir les meilleurs stagiaires en CDI et cibler les profils expérimentés qui cherchent une progression plus rapide que dans les grands réseaux.

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