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49. Monétiser sa Newsletter : Quand ? Comment ? Combien ? Par Caroline Jurado

Épisode diffusé le 2 novembre 2021 par Caroline Mignaux

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Monétiser sa newsletter à 5 000 euros par mois. Sans affiliation. Sans des dizaines de milliers d’abonnés. Et en étant arrivée là par pur accident, en fuyant LinkedIn parce qu’elle ne voulait pas se prendre la honte devant ses copains entrepreneurs. C’est le parcours de Caroline Jurado – fondatrice d’une école de vente B2B, désormais aussi responsable éditoriale d’une newsletter crypto – qui raconte dans le podcast Marketing Square comment tout ça s’est enchaîné. Et franchement, c’est le genre d’histoire qui te donne envie de tout relancer.

Ce qui m’a frappé en écoutant cet épisode, c’est pas le chiffre. Les 5 000 euros, c’est un résultat. Ce qui est intéressant, c’est le chemin. Parce que Caroline Jurado n’a pas appliqué un playbook. Elle a suivi des signaux, souvent malgré elle, et la newsletter est venue combler un besoin qu’elle n’avait pas anticipé. C’est rare d’entendre quelqu’un expliquer ça avec autant de franchise.

La question que tout créateur de contenu finit par se poser – enfin, quand l’algorithme est généreux deux semaines de suite – c’est : est-ce que je peux en vivre ? Et surtout : comment ?

TikTok comme terrain d’expérimentation, pas comme objectif

Tout commence avec une décision un peu contre-intuitive. Caroline Jurado voulait tester l’acquisition en B2C. Elle avait une école de vente B2B qui tournait, mais ce terrain-là, elle ne maîtrisait pas. LinkedIn ? Trop proche de ses pairs. Trop exposée.

Alors elle choisit TikTok. Précisément parce que personne dans son entourage n’y est.

«Tout le monde est sur LinkedIn, donc j’irai pas sur LinkedIn. En revanche, personne que je connais au monde n’est sur TikTok. Donc je vais tester l’acquisition sur TikTok.»

Voilà. Pas de stratégie de contenu en 12 étapes. Juste l’envie d’expérimenter sans témoin gênant.

Elle choisit un sujet qu’elle aime : les cryptos. Elle poste des vidéos courtes, imparfaites selon elle, pas assez dynamiques. Et ça marche quand même. Beaucoup de vues. Des DM sur Instagram. Des questions en masse. Au point de ne plus dormir la nuit – littéralement, elle le dit – parce qu’elle se sent oppressée par cette communauté qui la considère comme experte en finance alors qu’elle ne l’est pas.

C’est un pote qui lui souffle la solution : «Réfléchis à un moyen de scaler ça.» Autrement dit, arrête de répondre à chaque DM et automatise. C’est là que l’idée de la newsletter émerge. Pas comme un projet éditorial. Comme une soupape.

Cinq emails pour répondre aux grandes questions. Un outil qui plante au moment de s’en servir. Un pivot vers Substack. Et 300 inscrits sur la première vidéo de promo. Mille abonnés en trois semaines.

Ce n’est pas une newsletter. C’est une séquence d’automation qui s’est transformée en newsletter parce que les chiffres ont dit que c’était dommage d’arrêter. Et ça, c’est une leçon que beaucoup de créateurs ratent – ils cherchent le projet parfait au lieu de lire les signaux.

L’acquisition : 90 % TikTok, et c’est assumé

Monétiser sa newsletter suppose d’abord avoir une audience à monétiser. La question de l’acquisition est donc centrale. Et là, Caroline Jurado a une réponse assez tranchée.

90 % de son trafic vient de TikTok. Directement. Chaque vidéo génère entre 10 et 100 nouveaux abonnés. Elle poste une vidéo par jour (ce qui est déjà une vraie discipline), et son call-to-action ne demande jamais aux gens de s’abonner à son compte TikTok ou de liker. Il renvoie systématiquement vers la newsletter.

«La plupart des gens sur TikTok vont mettre des call to action pour s’abonner à leur propre compte TikTok. Moi j’en ai rien à foutre de tout ça. Je demande toujours de s’abonner à ma newsletter.»

Ce qui est malin, c’est que TikTok est traité comme un canal d’entrée, pas comme une destination. La plateforme capte l’attention, la newsletter la convertit en lien durable. C’est exactement ce que préconisent les gens qui pensent long terme en matière de distribution de contenu – ne pas rester dépendant d’un algorithme qu’on ne contrôle pas. D’ailleurs, si tu veux creuser les stratégies pour développer son business en ligne au-delà des réseaux sociaux, c’est un sujet qui revient souvent.

Elle commence aussi à prendre la parole sur LinkedIn et à intervenir dans des podcasts – dont Marketing Square. Mais clairement, TikTok reste le moteur principal. Et elle le dit sans complexe : son contenu TikTok n’est pas de qualité. Il est fait maison. C’est précisément pour ça que ça marche.

Sur TikTok, le contenu trop poli ressemble à de la pub. Le contenu authentique – même un peu mou, comme elle dit elle-même – crée une «première phase d’évangélisation». Les gens voient une femme qui parle des cryptos simplement, qui ne ressemble pas à un mec cagoulé sur Reddit. Et ça suffit pour déclencher la curiosité.

Reste la vraie question : est-ce que TikTok fonctionne pour tout le monde ? Caroline Jurado pense que oui, pour tout ce qui est B2C. Mais avec une nuance : il faut itérer vite, ne jamais oublier pourquoi on le fait, et avoir au moins une phrase d’accroche qui stoppe le scroll. Les cuts doivent être serrés. Une phrase, un cut. Dynamique.

Monétiser sa newsletter : attendre trop longtemps, une erreur courante

8 000 abonnés. C’est le seuil auquel Caroline Jurado a commencé à penser à monétiser sa newsletter. Et elle admet elle-même qu’elle a attendu trop longtemps.

Le problème classique : le syndrome de l’imposteur. «J’avais pas la moindre idée de ce que je valais.» Elle avait même mis sur sa to-do de septembre de contacter les acteurs du marché. Ce qui ne s’est pas passé comme prévu.

Une semaine avant la rentrée, le responsable marketing d’un broker canadien l’a contactée directement – via TikTok. Il avait vu ses vidéos. Il cherchait quelqu’un pour porter sa solution auprès du marché européen de manière accessible. Et il cherchait une voix diverse.

«Il m’a dit : écoute Caro, j’adore ce que tu fais. Nous, on est en train d’ouvrir les marchés européens, on cherche des gens comme toi pour porter notre solution, pour la présenter de manière simple à un maximum de monde.»

Ce détail me plaît. Elle n’a pas prospecté. Le sponsor est venu à elle. Ce qui confirme quelque chose que j’entends souvent dans ce milieu : à partir d’un certain volume et d’une certaine niche, c’est souvent le marché qui vient te chercher, pas l’inverse. (Ce qui est évidemment plus facile à dire quand ça s’est passé comme ça, j’en conviens.)

Côté négociation, elle a joué la carte du test : plutôt que de signer un contrat d’un an direct, elle a opté pour 3 mois. Avec une logique simple : sa croissance est rapide, verrouiller un tarif trop tôt serait une erreur. C’est du bon sens commercial – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise plus tôt quand j’étais de l’autre côté de ce genre de table – mais beaucoup de créateurs sautent sur la première offre parce qu’ils ont peur que ça ne se reproduise pas.

Le cahier des charges : un bandeau dans la newsletter. 1 000 euros pour l’exclusivité. Taux de clic autour de 5 % par édition. Et c’est là que les zones grises apparaissent.

Ce que personne ne dit sur les partenariats de newsletter

Le vrai enseignement de ce passage, c’est ce qui n’est pas dans le contrat.

Le broker voulait qu’elle utilise leurs visuels dans toute la newsletter. Qu’elle parle d’eux régulièrement sur TikTok aussi. Des demandes qui n’avaient pas été clarifiées avant la signature. Caroline Jurado a posé des limites – et elle a bien fait. Sa newsletter reste la sienne. Le partenaire est partenaire, pas éditeur.

«On sait quand même un partenariat financier, vous m’avez pas recruté. Moi je suis très heureuse de mettre en valeur ce que vous faites dans ma newsletter mais je veux que ça soit vraiment clair pour tout le monde que ma newsletter elle est indépendante.»

C’est exactement le problème. Les partenariats de contenu sont souvent négociés sur le prix et la durée, mais rarement sur le périmètre éditorial. Et c’est là que ça coince, toujours. Pour éviter ce genre de flou, il vaut mieux penser son offre en amont – construire une offre irresistible qui délimite clairement ce qui est inclus et ce qui ne l’est pas.

Sur l’affiliation, elle a fait un choix net : non. Pas de rémunération à la conversion. Elle expose, elle informe, elle met en lumière. Ce que le lecteur fait ensuite, c’est son affaire. Et elle assume d’autant plus ce positionnement que sa communauté est composée de débutants en crypto – donc de personnes qui ont besoin de confiance totale avant de passer à l’action.

Il y a aussi un point culturel soulevé dans l’épisode qui mérite qu’on s’y arrête. En France, l’affiliation est vécue comme de la trahison. Aux États-Unis, c’est un moyen de soutenir un créateur qu’on aime. Caroline Jurado l’a vécu des deux côtés, ayant passé du temps aux États-Unis. Et ce soupçon permanent de la communauté française – «est-ce que tu dis ça parce que tu l’aimes ou parce que t’es affilié ?» – ça pèse sur les décisions éditoriales d’un créateur. Elle a choisi la transparence totale : le bandeau est clairement labellisé comme pub. Pas d’ambiguïté.

La limite de ce modèle ? Il repose sur un seul partenaire. Si le renouvellement ne se passe pas bien, les 5 000 euros disparaissent. Ce n’est pas mentionné directement dans l’épisode, mais c’est la réalité de ce type de structure. Diversifier les sources de revenus d’une newsletter – plusieurs sponsors, contenu premium, formation – c’est la prochaine étape logique. D’ailleurs, les 5 piliers d’un business qui rapporte incluent justement cette idée de ne pas dépendre d’une seule source.

La niche, l’arme secrète qui fait monter les prix

11 000 abonnés. Pas 100 000. Pas 500 000. Et pourtant, 5 000 euros par mois.

Le chiffre choque, jusqu’à ce qu’on comprenne la logique. Une communauté crypto de débutants francophones, guidée par une voix féminine accessible dans un univers perçu comme hostile et masculin – c’est une niche qui coûte cher à constituer pour une marque. Très cher.

Caroline Jurado l’a compris après coup, pas avant.

«Ma communauté elle vaut très cher parce que c’est difficile de rassembler plein de gens qui aiment les cryptos et qui vont croire et avoir confiance en quelqu’un.»

C’est la vraie leçon de cet épisode, si tu veux mon avis. La taille de l’audience est un critère. Mais la densité d’intérêt et la difficulté à rassembler cette audience sont des critères bien plus déterminants pour la valeur d’un partenariat. Une newsletter de 3 000 abonnés ultra-qualifiés dans un secteur B2B spécifique peut valoir plus qu’une newsletter généraliste de 50 000 personnes. Les marques savent ça – et les créateurs, beaucoup moins. Sur ce sujet, la réflexion autour d’un marché de niche et quelle stratégie adopter est directement liée.

Ce qui est intéressant aussi, c’est le moment choisi pour monétiser. Caroline Jurado dit qu’elle a attendu trop longtemps. Mais en même temps, elle reconnaît qu’au moment où le broker l’a contactée, elle avait 8 000 abonnés engagés – pas juste 8 000 noms sur une liste. Il y a une différence. Et cette différence, c’est celle que les marques perçoivent immédiatement quand elles regardent les taux d’ouverture et de clic.

5 % de taux de clic sur un bandeau. Dans une newsletter. C’est honnêtement très correct – voire fort, selon la thématique. C’est le genre de donnée qui se vend bien en prospection.

Après la newsletter : livre, média, et «suivre le flow»

Au moment de l’enregistrement de cet épisode, Caroline Jurado a 11 000 abonnés et doit rendre son manuscrit dans trois semaines. Un livre sur les cryptos – l’occasion de rattraper les lecteurs qui ont rejoint la newsletter en cours de route et qui sentent qu’il leur manque des fondations.

La suite, elle ne la planifie pas vraiment. Elle parle d’en faire un vrai média. Peut-être une communauté. Des formations. Des conférences. Un truc plus grand. Mais sans road map précise – juste en suivant les signaux, comme depuis le début.

Ce qui m’a l’air sain, franchement. Beaucoup d’entrepreneurs créateurs se brûlent en essayant de scaler trop vite, en transformant quelque chose d’organique en machine à produire. Le «suivre le flow» de Caroline Jurado, c’est pas de la naïveté – c’est une façon de rester connecté à ce qui fonctionne plutôt que d’exécuter un plan écrit trois mois avant. La même logique s’applique d’ailleurs quand on pense à investir dans son business pour débloquer un nouveau palier – il faut savoir quand forcer et quand observer.

Et pour ceux qui s’interrogent sur le moment juste pour commencer à monétiser sa newsletter – pas de réponse absolue dans cet épisode. Ce qui ressort, c’est la niche plus que le volume. Et la confiance de la communauté plus que n’importe quel autre indicateur. Mais bon, «suivre le flow» est plus facile quand le flow te rapporte 5 000 euros par mois.

Questions fréquentes

Combien d'abonnés faut-il pour monétiser sa newsletter ? +
Il n'y a pas de seuil universel. Caroline Jurado a attendu 8 000 abonnés avant de commencer, mais elle reconnaît elle-même que c'était trop long. Ce qui compte davantage que le volume, c'est la niche et la qualité de l'engagement. Une communauté de 3 000 abonnés très ciblée sur un sujet rare peut valoir plus qu'une liste généraliste de 30 000 personnes pour un sponsor.
Comment monétiser sa newsletter sans affiliation ? +
Le modèle de sponsoring direct - un bandeau publicitaire clairement labellisé, rémunéré forfaitairement et non à la commission - est une alternative solide à l'affiliation. Caroline Jurado a choisi ce modèle pour préserver la confiance de sa communauté crypto, particulièrement sensible à ce sujet. Elle est rémunérée pour l'exposition, pas pour la conversion.
TikTok peut-il vraiment servir à faire grossir une newsletter ? +
Oui, et c'est même le canal principal de Caroline Jurado - 90 % de ses abonnés viennent de là. La clé : rediriger systématiquement son call-to-action vers la newsletter, pas vers son compte TikTok. Chaque vidéo lui rapporte entre 10 et 100 nouveaux abonnés.
Quel prix demander pour un partenariat de newsletter sponsoring ? +
Caroline Jurado a obtenu 1 000 euros par mois pour l'exclusivité d'un bandeau dans sa newsletter, avec un taux de clic d'environ 5 %. Elle avait 8 000 abonnés à ce moment-là. Le prix dépend fortement de la niche et de l'engagement réel - pas seulement du nombre d'abonnés. Elle conseille de ne pas signer de contrat long terme trop tôt si l'audience est en forte croissance.
Faut-il préciser dans sa newsletter que c'est de la publicité ? +
Oui, et Caroline Jurado l'impose dans son cahier des charges. Le bandeau sponsor est clairement identifié comme pub. Pas d'ambiguïté. Elle estime que c'est fondamental pour maintenir la confiance d'une communauté de débutants qui ont besoin de savoir exactement ce qu'ils lisent.
Comment négocier son premier partenariat pour monétiser sa newsletter ? +
Trois points ressortent du témoignage de Caroline Jurado : choisir une durée courte pour le premier contrat (3 mois plutôt qu'un an) afin de garder de la flexibilité tarifaire, définir précisément le périmètre éditorial en amont (quels formats, quelle fréquence, quelles limites), et vérifier l'alignement entre le produit du sponsor et sa thèse éditoriale. Elle a choisi un broker dont les produits correspondaient à ce qu'elle recommanderait de toute façon.

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