Les stratégies pour développer son business en ligne, tout le monde en cherche. En début d’année surtout, mais pas que – c’est une obsession permanente pour quiconque essaie de faire tourner une activité sur internet. Aline, coach business chez TheBBoost et animatrice du podcast Je peux pas, j’ai business, a planché là-dessus pendant plusieurs semaines avant de sortir cet épisode 44. Et ce qu’elle dit – avec une franchise assez désarmante – mérite qu’on s’y arrête vraiment.
Premier aveu : il n’existe pas de recette miracle. Deuxième aveu : elle a identifié cinq stratégies, mais elle n’en présente que trois parce que l’article de blog dépassait déjà 2 000 mots avec trois. Ce genre d’honnêteté, c’est rare dans l’univers du coaching business où tout le monde prétend détenir THE secret que personne ne connaît encore.
Ce qui m’a frappé dans cet épisode, c’est la structure du raisonnement. Trois stratégies, chacune analysée avec ses avantages, ses inconvénients réels, et surtout à qui elle s’adresse vraiment. Pas de promesse de résultats en 30 jours. Pas de screenshot de revenus floutés. Juste des mécaniques concrètes – et la question reste entière : laquelle colle à votre situation précise ?
Ce que personne ne dit sur la création de contenu
La stratégie de création de contenu, tout le monde la connaît. Articles de blog, podcasts, vidéos YouTube – publier régulièrement pour construire une audience qui finit par acheter. En théorie, c’est limpide. En pratique, c’est là que ça coince pour la majorité des entrepreneurs.
Aline pose le cadre clairement :
« Elle consiste à créer très régulièrement – moi je conseille toujours de partir sur un rythme minimum d’une fois par semaine. Si c’est une fois tous les 15 jours, c’est bien aussi mais si vraiment vous voulez avoir des résultats assez rapidement, une fois par semaine, pour moi c’est le minimum. »
Dit comme ça, ça a l’air simple. Ce n’est pas simple du tout.
L’avantage principal : zéro investissement financier. Tu te filmes avec ton téléphone, tu enregistres avec un dictaphone basique, tu ouvres l’onglet blog de ton site. Personne ne peut te dire que t’as pas les moyens de commencer. Et c’est aussi la stratégie la plus adaptée aux débutants – ceux qui n’ont pas encore de communauté, pas encore de réputation, pas encore de clients réguliers. C’est même le meilleur moment pour s’y mettre, avant que l’agenda soit plein.
Mais l’inconvénient, Aline ne le minimise pas. C’est chronophage. Vraiment. Et surtout – c’est là que ça casse la plupart des projets – ça exige une régularité sur des années, pas sur trois mois.
« Ce n’est pas quelque chose qu’on fait quand on peut, quand on veut, quand on a le temps puis qu’on laisse tomber quelques semaines puis on y revient après. Ce n’est pas un régime. »
Cette comparaison avec le régime – j’y reviens souvent quand j’explique le content marketing à des clients. La plupart abandonnent exactement au moment où les algorithmes commencent à les indexer sérieusement. Ils stoppent à six semaines, précisément quand les résultats auraient commencé à pointer.
Un détail important qu’elle souligne et qu’on oublie systématiquement : créer, c’est la moitié du travail. L’autre moitié, c’est la promotion. Publier un article sans en parler sur les réseaux sociaux, c’est construire une boutique dans une ruelle sans enseigne. La qualité ne suffit plus – il y a trop de qualité sur internet, bien plus qu’on ne pourra jamais en consommer. C’est brutal à entendre, mais c’est exact.
Pour ceux qui cherchent à tirer des leçons entrepreneuriales concrètes avant de lancer leur stratégie de contenu, l’épisode précédent de TheBBoost donne un contexte utile sur ce qui marche vraiment sur la durée.
La stratégie d’influence : quand l’entrepreneur joue à l’influenceur
Voilà une idée qui dérange pas mal d’entrepreneurs sérieux. S’inspirer des codes des influenceurs pour vendre des prestations de service ou des formations – ça semble bancal au premier abord. Aline démonte ce réflexe assez efficacement.
La mécanique : construire une communauté engagée sur un ou deux réseaux sociaux, miser sur la taille et la qualité de cette audience, et en faire la première source de revenus dès qu’un nouveau produit ou service est lancé. Ce n’est pas devenir célèbre. C’est devenir la référence dans un espace précis.
« Miser sur une stratégie d’influence demande d’exposer en partie votre vie privée, votre quotidien, de montrer votre tête. […] On est tous un peu des commères sur les réseaux sociaux. Quand on est sur Instagram, on adore voir le nouveau contenu de telle entrepreneuse trop cool, mais le jour où cette entrepreneuse elle partage le fait qu’elle a rompu avec son mec ou la tête de son nouveau bébé… mais on est à fond. »
Voilà. C’est exactement le problème – et la solution en même temps.
Cette honnêteté sur la divulgation de vie privée, c’est ce que la plupart des coachs business esquivent soigneusement (ce qui est commode pour vendre des formations sur l’influence sans expliquer le vrai coût). Construire une audience qui achète régulièrement, ça implique une forme d’exposition personnelle. Pas forcément tout montrer – tu fixes les limites – mais montrer quelque chose de réel.
L’autre inconvénient, moins souvent évoqué : les résultats ne sont pas garantis. La stratégie de contenu pur joue sur des mécaniques assez prévisibles – référencement, valeur ajoutée, régularité. L’influence, elle, dépend en partie de quelque chose d’indéfinissable : est-ce que les gens vont te kiffer ou pas. Et ça, tu ne peux pas le contrôler entièrement.
Aline mentionne une tactique qu’elle appelle « pied dans le plat » – prendre position sur des sujets sensibles, avoir un avis tranché. C’est risqué. Ça peut générer un bad buzz. Mais c’est souvent ce qui fait décoller une audience stagnante plus vite que n’importe quelle autre technique. Les contenus lisses et consensuels ne créent pas de fans, ils créent des abonnés passifs.
Pour ceux qui réfléchissent à construire une offre irrésistible avant de la pousser via une stratégie d’influence, l’ordre des opérations compte : l’audience d’abord, l’offre ensuite – ou en parallèle, jamais après.
Investir en publicité : les stratégies pour développer son business en ligne qui font peur
300 euros par mois. C’est le budget dont parle Aline – 10 euros par jour sur Facebook Ads – pour commencer à voir des résultats en publicité payante. Elle s’appuie sur un échange avec Joseph Doignon, expert Facebook Ads invité à l’épisode 32 de son podcast, qui avait posé ce chiffre comme point d’entrée réaliste.
Ce n’est pas rien pour un freelance qui démarre. Mais ce n’est pas non plus le budget d’une PME avec une direction marketing dédiée. C’est quelque chose d’intermédiaire – un investissement qui demande une réflexion sérieuse sur le retour attendu.
La stratégie d’investissement – c’est le nom qu’Aline donne à cette approche – repose sur la publicité payante pour toucher une nouvelle audience, trouver des clients, vendre des produits ou services. Facebook, Instagram et YouTube dominent aujourd’hui ces usages pour les entrepreneurs indépendants. Mais elle note quelque chose d’intéressant sur le contexte de 2020 :
« Google Ads est en train de ressurgir un petit peu en ce moment parce que la publicité Facebook est un peu en train de s’essouffler, il y a beaucoup de monde, ça devient un peu compliqué, ça demande des plus gros budgets. »
Ce que je retiens de ça – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise plus tôt dans ma carrière – c’est que les plateformes publicitaires fonctionnent par cycles. Une plateforme sous-exploitée offre des coûts d’acquisition bas. Quand tout le monde s’y engouffre, les CPM grimpent et les marges s’écrasent. Pinterest Ads et TikTok Ads étaient dans cette fenêtre d’opportunité au moment de cet épisode. Aujourd’hui c’est autre chose. La logique reste la même.
Et TikTok – Aline en parle avec une prescience assez frappante pour 2020. Elle compare la plateforme à ce qu’était Instagram à ses débuts, quand seuls des adolescents y postaient des photos de leur déjeuner. Cinq ans plus tard, Instagram est devenu l’un des outils marketing les plus utilisés par les entrepreneurs francophones. Difficile de lui donner tort sur la trajectoire.
La vraie force de la stratégie d’investissement, c’est qu’elle peut s’utiliser seule ou en complément d’une stratégie de contenu. Tu publies des articles qui rankent sur Google, et tu amplifes leur portée avec quelques euros de promotion ciblée. Ces stratégies pour développer son business en ligne ne s’excluent pas – elles se superposent.
Un regard complémentaire sur les hacks d’acquisition marketing de Sébastien Tissier donne d’ailleurs un angle intéressant sur comment combiner contenu organique et acquisition payante sans exploser son budget.
Laquelle choisir – et pourquoi la question est mal posée
Franchement, la plupart des entrepreneurs qui cherchent des stratégies pour développer son business en ligne passent à côté de l’essentiel : ces trois stratégies ne sont pas en compétition. Elles répondent à des situations différentes, des profils différents, des niveaux de ressources différents.
Pas d’argent, pas encore de réputation, temps disponible et envie de partager : la création de contenu est le point de départ logique. C’est ce qu’Aline a fait elle-même avec son blog – construire une audience qui lui fait confiance avant même d’avoir une offre claire.
Envie de notoriété rapide, à l’aise devant une caméra, prêt à exposer une partie de ta vie : la stratégie d’influence peut accélérer la construction d’une communauté engagée. Mais attention au modèle économique derrière – une grosse audience sans offre cohérente, c’est une machine à produire du contenu sans revenu.
Budget disponible, offre déjà validée, besoin de scaler rapidement : la publicité payante fait sens. Pas avant. Dépenser sur Facebook Ads pour promouvoir une offre que personne n’a encore achetée organiquement, c’est bruler du cash pour confirmer ce que le marché t’avait déjà dit gratuitement.
Ce qu’on retrouve dans l’épisode 41 de TheBBoost sur la planification annuelle et les objectifs va exactement dans ce sens : choisir une stratégie marketing sans avoir défini ses objectifs business, c’est avancer sans cap.
Il y a aussi une quatrième option qu’Aline ne nomme pas explicitement mais qui transparaît dans son propre parcours : combiner les trois progressivement. Commencer par le contenu pour construire la confiance, intégrer des éléments d’influence pour humaniser la marque, puis investir en publicité quand les mécaniques sont validées. C’est plus lent. C’est aussi nettement plus solide.
Le vrai coût invisible des stratégies gratuites
Un point que j’ai trouvé courageux dans cet épisode – et rare dans l’univers du coaching – c’est qu’Aline assume la limite de ses propres recommandations. Les stratégies « gratuites » ne coûtent pas d’argent. Elles coûtent du temps, de l’énergie, et une régularité que beaucoup surestiment.
Enregistrer un podcast chaque semaine, ça ne prend pas une heure. Il y a la préparation, l’enregistrement, le montage, la publication, la promotion. Multiplie par 52. Tu obtiens un second emploi à temps partiel. Ce n’est pas une mauvaise chose si c’est ta stratégie principale – mais il faut entrer dedans les yeux ouverts.
Les stratégies pour développer son business en ligne ont toutes un coût réel, qu’il soit financier ou temporel. La question n’est pas « laquelle est gratuite » mais « laquelle correspond à mes ressources réelles aujourd’hui ».
Et c’est peut-être là la contribution la plus utile de cet épisode : poser le cadre honnêtement plutôt que de vendre du rêve. Dans un écosystème saturé de promesses de revenus passifs en 90 jours, la sobriété du discours d’Aline tranche – pas forcément ce qu’on a envie d’entendre, mais probablement ce dont on a besoin.
Pour aller plus loin sur la construction d’audience et les fondations d’un business digital, l’épisode sur les 90 premiers jours d’un business avec Thomas Routier donne un plan d’action concret pour ne pas partir dans tous les sens au démarrage.
Mais bon – la meilleure stratégie reste celle qu’on tient dans la durée. Et ça, aucun podcast ne peut le décider à ta place.











