stratégie multicanale réseaux sociaux

31. TikTok x LinkedIn : le mix parfait pour trouver des clients. Par Hugues Trijasse

Épisode diffusé le 11 octobre 2021 par Caroline Mignaux

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Une stratégie multicanale réseaux sociaux, la plupart des gens pensent savoir ce que c’est. Trois comptes ouverts, un planning vaguement tenu, et voilà – on est «multicanal». Hugues Trijasse, créateur de contenu et fondateur d’une agence LinkedIn, a passé plusieurs années à comprendre pourquoi cette vision rate complètement la cible. Pas parce qu’il manquait de présence – il est sur LinkedIn, TikTok, Instagram, et newsletter. Mais parce que la présence seule ne fait rien. C’est la mécanique entre les canaux qui déclenche quelque chose.

Ce qui m’a intrigué en écoutant l’épisode du podcast Marketing Square de Caroline Mignaux, c’est que Hugues ne parle jamais de «stratégie de contenu» comme une case à cocher. Il parle d’un système. Un tunnel – mais pas le genre de tunnel figé qu’on dessine en powerpoint et qu’on ne regarde plus jamais. Quelque chose de vivant, qui se nourrit de lui-même.

Et le chiffre qu’il lâche en passant donne le vertige : TikTok a atteint 1 milliard d’utilisateurs en 3 ans. Pour comparaison, il y avait déjà 12 millions de Français actifs sur la plateforme au moment de l’enregistrement. Ces gens sont dans votre niche. Certains sont vos futurs clients. D’autres seront vos futurs employés. La question n’est pas de savoir si vous devez y être – c’est comment vous y êtes qui change tout.

LinkedIn qui se «Facebookise» : vrai problème ou fausse panique ?

Le sujet revient dans presque chaque conversation sur le marketing digital en ce moment. LinkedIn serait en train de dériver, de perdre son sérieux, de copier les codes de plateformes plus légères. Hugues Trijasse l’entend tout le temps aussi.

«C’est le retour que j’ai de pas mal de personnes qui trouvent que LinkedIn prend un tournant comme à la Facebook. Donc là c’est les grandes questions du moment. Mais en fait faut moins suivre les tendances, faut pas essayer de trop lutter contre le marché, c’est plutôt le marché qui décide et qui vient insuffler des tendances, faut plutôt s’en servir.»

C’est exactement le problème avec la plupart des débats sur les algorithmes : on passe plus de temps à se plaindre qu’à s’adapter.

Ce que dit Hugues, c’est que cette évolution de LinkedIn n’est pas une menace – c’est une opportunité déguisée en plainte. Si les formats vidéo courts commencent à performer sur LinkedIn parce que l’algorithme les pousse, alors quelqu’un qui produit déjà ce format ailleurs a une longueur d’avance énorme. Pas besoin de tout recréer. Il suffit de comprendre comment ce qui existe déjà peut être réinjecté intelligemment.

Mais bon, «intelligemment» c’est le mot qui cache toute la difficulté. Parce que copier-coller la même vidéo TikTok sur LinkedIn en espérant le même résultat, c’est le genre de raccourci qui ne raccourcit rien du tout.

La stratégie multicanale réseaux sociaux vue comme un tunnel – et pas n’importe lequel

Haut du funnel. Milieu. Bas. On connaît la structure. Ce qui est moins évident, c’est comment Hugues a cartographié chaque plateforme dans ce schéma avec une précision presque chirurgicale.

TikTok et Instagram : portée maximale, qualification minimale. Des millions de vues potentielles, mais des gens qui ne savent pas encore qui vous êtes ni ce que vous faites vraiment. C’est votre vitrine dans une rue passante. Les gens regardent. Certains entrent.

LinkedIn et la newsletter : portée réduite, qualification haute. Les gens qui vous suivent là ont fait un choix actif. Ils veulent du détail, de la profondeur, une relation un peu plus substantielle. C’est là que la conversion se passe – enfin, que les conversations qui précèdent la conversion se passent (ce qui n’est pas tout à fait la même chose, et c’est souvent là que ça coince).

«Je viens capter une audience très large avec TikTok et Instagram et j’essaie de la qualifier en l’envoyant sur la newsletter et sur LinkedIn. Parce que c’est quand je rentre dans le détail que les gens vont pouvoir apprendre à me connaître, voir ce que je fais au quotidien, que je vais pouvoir derrière les convertir.»

Dit comme ça, ça a l’air simple. Ça ne l’est pas. Mais la clarté du schéma aide vraiment à ne pas se perdre dans l’exécution.

La stratégie de contenu Big Rock Theory suit d’ailleurs une logique similaire : un contenu «ancre» décliné sur plusieurs formats et canaux. Ce que Hugues fait, c’est la même philosophie appliquée à la distribution plutôt qu’à la création.

Recycler sans copier : l’art du même sujet en deux angles

Voilà la partie qui m’a le plus surpris dans cet épisode. On parle tellement de «repurposing» comme si c’était juste une question de copier-coller – prendre une vidéo, la repost ailleurs, affaire réglée.

Hugues fait quelque chose de différent. Il pense à deux formats au moment même où il filme.

«On peut filmer un format en TikTok, donc un format assez rapide, 30 secondes, une minute, mais on peut au même moment quand on filme se dire bah tiens, je vais en profiter pour faire une vidéo sur LinkedIn et rajouter une minute ou deux pour rentrer un peu plus dans le détail et faire un format LinkedIn. Donc on peut vraiment essayer d’agencer son contenu en une seule prise mais avec deux angles différents.»

Voilà. Pas du recyclage. De la conception duale dès le départ.

La différence est énorme en pratique. Un contenu «recyclé» ça se sent – le format ne correspond pas à la plateforme, le rythme est mauvais, le propos n’est pas adapté à l’audience. Un contenu conçu pour deux usages dès l’origine, c’est une autre histoire. Il y a un segment court pour TikTok – dynamique, percutant, qui tient en moins d’une minute. Et une version longue pour LinkedIn – la même idée de base, mais avec le contexte, les nuances, les chiffres qui manquaient.

Pour ceux qui galèrent à choisir les formats LinkedIn qui engagent vraiment, cette approche change radicalement le rapport à la création. Vous ne créez plus deux contenus séparés. Vous créez une idée, et vous lui donnez deux expressions.

Une limite quand même, qu’il faut dire clairement : ça demande une vraie discipline de tournage. Passer d’un registre dynamique et court à un registre posé et détaillé dans la même session, c’est pas donné à tout le monde. Certains créateurs ont du mal avec ce switch mental. Et si la version LinkedIn sent encore le TikTok – trop courte, trop punchy, sans substance – ça fait plus de mal que de bien.

Le planning éditorial : 15 minutes le matin et un cahier sur le bureau

Trois plateformes actives, une agence à gérer, des clients à accompagner. La question qui vient naturellement : comment Hugues gère tout ça sans que le contenu devienne une corvée qui paralyse tout le reste ?

Sa réponse est déconcertante de simplicité. Et en même temps, c’est l’une de ces choses simples qui demandent une vraie discipline pour tenir dans le temps.

Chaque matin, 15 à 20 minutes sur tous ses réseaux. Un cahier papier sur le bureau. Il prend des notes – idées repérées chez des créateurs américains, questions récurrentes dans la communauté française, sujets qui ont bien marché, angles qu’il aurait envie de traiter avec son propre avis. Ensuite, ces notes alimentent un planning éditorial avec des créneaux assignés par plateforme.

Ce qui est intéressant, c’est qu’il reconnaît lui-même la limite du système : il fonctionnait à la semaine et cherchait à passer au mois. Parce que la vision hebdomadaire finit par vous mettre «à l’arrache» – et cette pression chronique est exactement ce qui fait baisser la qualité.

Pour comprendre pourquoi le calendrier éditorial change tout, l’épisode sur le slow content et publier moins mais mieux apporte un éclairage complémentaire intéressant – parfois, la stratégie multicanale réseaux sociaux gagne à ralentir sur certains canaux pour concentrer l’énergie ailleurs.

Hugues poste TikTok et Instagram en simultané – même vidéo, même format court, ça a du sens. LinkedIn, c’est un créneau séparé, souvent du texte pur (du copywriting, comme il dit), planifié à part. Et il diversifie les moments de publication pour éviter la redondance auprès des gens qui le suivent partout.

Personal branding et agence : quand votre visibilité vend à votre place

C’est peut-être le point le plus sous-estimé de toute la conversation. Et celui qui a le plus de implications concrètes pour quelqu’un qui a une entreprise derrière sa marque personnelle.

Hugues a une agence LinkedIn – Link. Ses clients travaillent souvent avec lui «parce qu’ils aiment son personal branding», ses valeurs, son énergie. Pas forcément parce qu’ils ont cherché «agence LinkedIn» sur Google et qu’ils sont tombés sur sa fiche. Ils le connaissent déjà. La vente est à moitié faite avant même que la conversation commence.

«En gros ils travaillent plus avec Hug qu’avec l’agence. Mais ça permet de capter aussi des clients qui seraient pas forcément venus de base sur l’agence mais qui viennent en fait parce qu’ils aiment ta personne.»

C’est une dynamique que beaucoup de fondateurs d’agences cherchent à reproduire et peu y arrivent vraiment.

Et il y a une mécanique de vente indirecte encore plus intéressante qu’il décrit : les collaborations sponsorisées avec des marques, acquises grâce à sa présence créateur, deviennent des portes d’entrée pour vendre les services de son agence. La marque approche Hugues pour une collab influenceur. Et Hugues leur parle de ses services LinkedIn dans la foulée. Ce n’est pas un argumentaire commercial classique – c’est une conversation naturelle entre quelqu’un qui produit du contenu et une marque qui en a besoin. Les cycles de vente raccourcissent, les paniers moyens augmentent, et les clients arrivent avec un niveau de confiance qui n’existe pas dans l’acquisition classique.

Pour ceux qui veulent mesurer où ils en sont sur ce sujet, il y a d’ailleurs un outil assez utile pour calculer votre score de personal branding et voir ce qui manque dans votre positionnement actuel.

Ce qu’il faut retenir – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise quand je couvrais les premières agences social media – c’est que la marque personnelle n’est pas un «plus» facultatif pour un fondateur d’agence. C’est souvent le canal d’acquisition le plus efficace qu’il ait. Et construire une stratégie multicanale réseaux sociaux autour de cette marque personnelle, c’est dupliquer ce canal sans en multiplier les coûts.

Les créateurs qui font la stratégie multicanale réseaux sociaux pour de vrai

Trois noms sortent de la conversation comme exemples concrets, pas comme références abstraites.

Caroline Jurado : présente sur LinkedIn, sur TikTok, et avec une newsletter crypto qui dépasse les 10 000 lecteurs hebdomadaires. C’est massif pour une niche aussi technique. Elle a compris que les lecteurs les plus engagés ne viennent pas du réseau social avec la plus grande portée – ils viennent du canal où elle va le plus loin dans le détail.

Clément Vannier : bientôt 1 million d’abonnés TikTok dans la niche business/marketing française. Une agence qui accompagne les marques sur TikTok. Son personal branding est la preuve vivante de ce que son agence peut faire pour ses clients. La crédibilité et l’acquisition sont le même objet.

Lucas Dampeyrou de Slick : même logique, même construction. Présence créateur qui génère la confiance, agence spécialisée qui convertit cette confiance en mission.

Ce pattern est pas anodin. Les trois ont une agence ou une activité B2B dans leur niche de contenu. Les trois utilisent leur présence publique comme premier filtre de qualification client. Et les trois ont une stratégie multicanale réseaux sociaux qui sert d’abord la relation, pas juste la portée.

Pour aller plus loin sur la construction de cette présence LinkedIn spécifiquement, l’épisode sur le personal branding LinkedIn de Juliette Hervé détaille comment construire ce positionnement sur la durée – avec les bonnes pratiques sur les clés pour des posts LinkedIn qui engagent en appui.

Et pour ceux qui se demandent comment la newsletter s’intègre dans tout ça – parce que Hugues en parle comme d’un canal à part entière, pas d’un simple «bonus» – la question de savoir comment lancer sa newsletter pour le plaisir et la faire convertir mérite qu’on s’y arrête séparément.

La stratégie multicanale réseaux sociaux que Hugues Trijasse décrit n’est pas une question de présence. C’est une question d’architecture. Chaque canal a une fonction précise dans un système qui se tient. TikTok et Instagram pour la portée. LinkedIn et la newsletter pour la profondeur et la conversion. Le contenu conçu pour deux formats dès le départ. Le planning éditorial pour ne pas se retrouver à tout faire dans l’urgence.

Et au centre de tout ça – une marque personnelle assez forte pour que les clients viennent à vous plutôt que l’inverse. La stratégie multicanale réseaux sociaux, dans cette version-là, c’est pas un outil de croissance. C’est un actif.

Questions fréquentes

Comment combiner TikTok et LinkedIn dans une stratégie multicanale réseaux sociaux ? +
L'approche la plus efficace consiste à utiliser TikTok et Instagram pour capter une audience large grâce à la portée organique, puis à rediriger cette audience vers LinkedIn ou une newsletter pour approfondir la relation. TikTok génère de la visibilité mais peu de qualification. LinkedIn et la newsletter permettent la conversion réelle, parce que les gens qui vous y suivent ont fait un choix actif. Ce n'est pas deux stratégies parallèles - c'est un tunnel avec des fonctions différentes à chaque étape.
Faut-il poster le même contenu sur tous les réseaux sociaux ? +
Non - et c'est souvent là que les gens ratent leur stratégie multicanale réseaux sociaux. Le même sujet peut être traité sur plusieurs plateformes, mais le format et la profondeur doivent changer. Sur TikTok, une vidéo de 30 secondes à 1 minute, dynamique et percutante. Sur LinkedIn, une version plus longue et substantielle du même propos, avec contexte et nuances. L'astuce d'Hugues Trijasse : penser les deux formats au moment du tournage, pas après.
TikTok est-il vraiment utile pour trouver des clients B2B ? +
Directement, rarement. Indirectement, beaucoup plus souvent qu'on ne le croit. TikTok sert à construire une notoriété large et à créer un premier contact avec des personnes qui ne vous connaissent pas. Ces personnes, si elles sont bien redirigées vers LinkedIn ou une newsletter, peuvent ensuite devenir des prospects qualifiés. Des marques qui cherchent des créateurs pour des collabs repèrent aussi des profils TikTok et ouvrent des conversations qui se transforment ensuite en missions d'agence.
Comment organiser un calendrier éditorial quand on est présent sur 3 plateformes ? +
Hugues Trijasse commence chaque matin par 15 à 20 minutes de veille sur tous ses réseaux, cahier en main, pour noter les idées et sujets repérés. Ces notes alimentent un planning éditorial avec des créneaux dédiés par plateforme. TikTok et Instagram souvent en simultané avec le même format court. LinkedIn dans un créneau séparé, souvent du texte long. Et une règle simple : ne pas poster le même contenu au même moment sur deux plateformes pour éviter la redondance.
Le personal branding aide-t-il vraiment à vendre des services d'agence ? +
C'est probablement l'argument le plus sous-estimé de tout l'épisode. Hugues Trijasse explique que des clients travaillent avec son agence non pas parce qu'ils ont cherché «agence LinkedIn» mais parce qu'ils apprécient son personal branding - ses valeurs, son énergie, ce qu'il communique. Résultat : des cycles de vente raccourcis, des paniers moyens plus élevés, et des clients qui arrivent déjà convaincus. Le personal branding n'est pas un bonus - c'est souvent le canal d'acquisition le plus rentable.
Faut-il une grosse audience pour que la stratégie multicanale réseaux sociaux fonctionne ? +
Non. Hugues Trijasse et Caroline Mignaux insistent tous les deux sur ce point : une audience de niche engagée vaut bien plus qu'une grande audience passive. Ce qui compte, c'est la qualité de la relation avec votre communauté, pas le nombre brut d'abonnés. Des milliers d'abonnés non qualifiés ne convertissent pas. Quelques centaines de personnes vraiment intéressées par votre sujet, oui.

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