personal branding linkedin

#19 – Développer son personal branding sur Linkedin

Épisode diffusé le 3 novembre 2020 par Noémie Kempf

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Le personal branding linkedin, c’est un de ces sujets dont tout le monde parle et que presque personne ne fait vraiment. Pas sérieusement, en tout cas. Juliette Hervé, Content Marketing Manager chez Spendesk, a décidé en janvier 2020 d’en faire un vrai défi – deux posts par semaine, un calendrier éditorial, une discipline de freelance – alors qu’elle avait un CDI à temps plein. Et en moins de sept mois, elle se retrouvait invitée dans des podcasts, recevait des messages de gens qui lui demandaient où était passé son post du mardi. Ce qui m’intéresse dans son parcours, c’est pas la success story. C’est ce qu’elle raconte sur l’envers du décor.

Quand une stratégie inbound s’applique à une personne

Le point de départ, il est presque trop logique pour être vrai. Juliette fait de l’inbound marketing à longueur de journée chez Spendesk – elle crée des articles, des livres blancs, des webinars pour attirer des prospects qualifiés vers un outil de gestion des dépenses. Elle voit les résultats : la boîte est passée de 30 % d’inbound à 60 % en deux ans. Et un jour, quelqu’un lui pose la question évidente.

Pourquoi ne pas appliquer la même logique à toi-même ?

C’est Alfie, un commercial de chez Spendesk connu pour son gros personal branding linkedin, qui l’a poussée à se lancer. Pas avec un grand discours. Juste avec ce truc qu’il lui a dit, et qu’elle répète dans le podcast :

Tu vas faire le post que tu penses parfait. Et puis bah va y avoir trois likes. Et puis des fois tu vas faire le truc que tu as fait à l’arrache et puis tu vas avoir des centaines de likes.

C’est exactement le problème. Et c’est aussi exactement la promesse – une fois qu’on accepte que l’algorithme est irrationnel, on est libéré d’une certaine forme d’angoisse de la perfection.

Ce qu’elle a construit au départ, c’est un persona clair : vulgariser le marketing pour des gens qui n’y connaissent rien. Pas les CMO, pas les growth hackers. Les restaurateurs de Noirmoutier, elle dit (son île natale), qui pourraient tripler leur visibilité avec juste un compte Instagram. Eviter les acronymes – MQL, SQL, CPC, SEA – et parler comme à un humain. Ca semble basique. C’est pourtant ce que la moitié des créateurs de contenu sur LinkedIn ratent complètement. Et pour aller plus loin sur la question de l’optimisation de son profil LinkedIn avant même de commencer à publier, ça vaut le coup d’y réfléchir en amont.

La régularité : le mythe et la réalité

Deux posts par semaine, le mardi et le jeudi. Juliette s’y est tenue pendant plusieurs mois. Et puis elle a réduit à un. Non par flemme – par lucidité.

Le problème avec la cadence élevée quand on a un boulot à côté, c’est pas la préparation des posts. Ca, elle le faisait le weekend. Le vrai gouffre de temps, c’est l’engagement après publication. Répondre aux commentaires. Répondre aux DM. Commenter les posts des autres. C’est ça qui prend – et c’est ça qui fait vraiment tourner l’algorithme.

C’est pas que créer un contenu, le poster et il vit tout seul en fait.

Dit comme ça, ça a l’air simple. Mais j’ai l’impression que la plupart des gens qui se lancent dans le personal branding linkedin voient la publication comme la ligne d’arrivée. C’est la ligne de départ.

Ce que j’aurais voulu qu’on me dise – enfin, ce que j’aurais aimé lire quelque part – c’est que la régularité au début sert surtout à se créer un cadre psychologique. Elle te sécurise. Tu sais ce que tu vas faire, tu sais quand. Mais une fois que l’audience existe, la régularité devient secondaire. Ce qui compte, c’est d’avoir des choses intéressantes à dire. Et de ne pas meubler. Juliette le formule avec une honnêteté assez rare :

Faut pas non plus parler pour parler. J’ai pas envie de meubler et de faire des posts qui servent à rien.

C’est le slow content version LinkedIn. Moins de posts, plus de densité. Et franchement, dans un feed où tout le monde publie tous les jours pour maintenir sa visibilité, un post rare et bien construit se remarque. Sur la question de la fréquence de publication sur les réseaux, les avis divergent – mais le terrain finit toujours par trancher.

L’engagement, ce truc que tout le monde sous-estime dans le personal branding linkedin

Noémie Kempf, l’animatrice du podcast, soulève un truc que j’avais remarqué moi aussi sur les posts de Juliette : elle a autant de commentaires que de likes. (Ce qui est rare. Vraiment rare. Sur LinkedIn, un post standard tourne à un ratio de 1 commentaire pour 10-15 likes, souvent moins.)

La réponse de Juliette est désarmante de simplicité : elle commente les posts des autres. Régulièrement. Avant d’attendre qu’on commente les siens. Ce n’est pas une tactique – c’est une logique de réciprocité qui joue aussi sur l’algorithme, parce que LinkedIn pondère un commentaire bien plus lourd qu’un like dans la diffusion d’un post.

Résultat concret : en répondant à chaque commentaire, elle génère des sous-conversations. Ces sous-conversations génèrent de nouveaux commentaires. L’algorithme interprète ça comme un signal fort d’intérêt, et distribue plus largement. Un cercle vertueux – mais qui demande du temps assis devant son écran à 22h un jeudi soir.

Pour aller encore plus loin sur les mécaniques d’engagement, la méthode de Thibault Louis pour engager sur LinkedIn détaille des approches complémentaires qui méritent vraiment d’être croisées avec ce que dit Juliette.

Les pods : ce que personne ne dit vraiment sur le personal branding linkedin

Les pods. Voilà un sujet que la plupart des articles sur le personal branding linkedin soit ignorent complètement, soit condamnent d’un revers de main moralisateur. Juliette est plus nuancée.

Un pod, pour ceux qui ne connaissent pas : c’est un groupe de personnes qui s’engagent mutuellement à liker et commenter les posts des autres. Il y a des outils automatisés – Lempod en tête – qui le font sans intervention humaine. Le post reçoit 600 likes en 3 minutes. LinkedIn a compris le truc. L’outil pénalise maintenant ce type de comportement.

Mais les micro-pods, eux, restent différents. Un groupe WhatsApp de 30-50 personnes qui partagent le lien de leur dernier post et attendent des retours réels – pas automatisés. Juliette fait la distinction clairement :

C’est beaucoup plus naturel. Ca reste un peu l’idée de tu vas un peu booster ta publication, mais c’est pas du fake. Des gros pods où tu as des milliers de personnes et que ta publication a 1500 likes – c’est du fake. C’est dommage.

C’est exactement le problème. Et la nuance est importante – pas parce qu’il faut être vertueux, mais parce que le fake finit toujours par se voir. Une audience qui interagit par politesse ne convertit pas. Elle ne recommande pas. Elle ne te contacte pas six mois plus tard pour te proposer un contrat. Le personal branding linkedin, si on veut que ça serve à quelque chose de concret, ça demande une audience vraie.

Le syndrome de l’imposteur – ou comment 25 ans face à des seniors de 40 ans

Juliette avait 25 ans quand elle a commencé. Et elle raconte le vertige avec une honnêteté qui m’a scotché.

La logique qu’elle s’est imposée au départ : elle a 25 ans, des gens maîtrisent le marketing depuis 20 ans de plus qu’elle – pourquoi ouvrirait-elle la bouche ? Quelle est sa légitimité ? C’est le syndrome de l’imposteur dans sa forme la plus classique, et c’est exactement ce qui empêche la moitié des gens compétents de construire un personal branding linkedin digne de ce nom.

La réponse qu’elle s’est donnée : si personne ne prend la parole sur un sujet d’une certaine façon, pourquoi pas elle ? Ce n’est pas une réponse théorique – c’est ce qu’elle a vérifié en live. Les gens ont commencé à apprendre des trucs. A lui poser des questions. A lui dire merci.

Ce que ça m’a rappelé, c’est que la légitimité sur LinkedIn ne vient pas du titre ni des années d’expérience. Elle vient du fait d’être utile – ce matin, maintenant, pour quelqu’un qui cherche à comprendre quelque chose. Un junior qui explique clairement un concept que les seniors présupposent connu peut toucher une audience bien plus large qu’un directeur marketing qui parle à ses pairs. (Ce qui est une des raisons pour lesquelles l’employee advocacy sur LinkedIn est souvent plus puissant que les pages entreprises – mais c’est un autre débat.)

Juliette ajoute un élément plus personnel : elle se décrit comme une ancienne timide. Et elle dit que la reconnaissance publique – des centaines de likes sur un post, des gens qui apprennent des trucs grâce à elle – c’est quelque chose de réellement gratifiant, pas une montée à la tête. La flamme ne l’a pas changée. Mais elle l’a clairement construite.

Ce que ce défi révèle sur LinkedIn comme réseau

Un truc que Juliette dit et que je trouve important : LinkedIn n’est pas Instagram. Ca semble évident. Ca ne l’est pas.

Sur Instagram, l’influence joue sur l’aspiration – la belle vie, les jolies photos, le lifestyle parfait. Sur LinkedIn, le contrat implicite est différent : tu es là pour apporter quelque chose à quelqu’un d’autre. Du savoir, une expérience, un point de vue professionnel. Le personal branding linkedin qui marche, c’est celui qui se met au service d’une audience – pas celui qui dit « moi moi moi, suivez-moi, likez-moi ».

Ce qui me met aussi mal à l’aise dans certaines tendances actuelles, c’est l’utilisation de LinkedIn comme défouloir émotionnel. Juliette le dit directement : un post « aujourd’hui mon père est décédé » n’a pas sa place sur LinkedIn. Les gens likent par empathie, les chiffres d’engagement explosent, mais ça n’a rien à voir avec la valeur professionnelle du contenu. Et ça ne sert personne vraiment.

Ce qui fonctionne sur le long terme, c’est la cohérence entre ce qu’on dit et ce qu’on est. La tonalité. Le positionnement. Pour ceux qui se demandent si une page entreprise LinkedIn vaut le coup quand on est indépendant, la réponse est souvent non – le profil personnel reste bien plus puissant pour ce type de démarche, justement parce qu’il y a un humain derrière.

Et puis il y a le bilan concret. Sept mois de travail. Une invitation dans un podcast. Des gens qui lui envoient des messages pour lui demander où est passé son post du mardi. Des rencontres professionnelles qu’elle n’aurait pas faites autrement. Et une base solide pour, le jour où elle voudra passer freelance, ne pas partir de zéro.

Ce n’est pas une formule magique. C’est du travail régulier, de la réciprocité, et le courage de se lancer sans attendre d’être légitime. Mais bon – c’est souvent comme ça que ça marche.

Questions fréquentes

Comment démarrer son personal branding LinkedIn quand on commence de zéro ? +
La première étape, c'est de choisir un positionnement clair - un sujet que vous maîtrisez et que vous pouvez expliquer simplement à quelqu'un qui n'y connaît rien. Juliette Hervé a choisi de vulgariser le marketing pour des non-initiés. Ensuite, fixez un rythme tenable : un post par semaine au départ suffit. L'erreur classique, c'est de viser deux posts par semaine sans avoir prévu le temps nécessaire pour répondre aux commentaires - qui est souvent plus chronophage que la création du post lui-même.
À quelle fréquence faut-il publier pour un personal branding LinkedIn efficace ? +
Il n'y a pas de réponse universelle. Juliette Hervé a commencé avec deux posts par semaine, puis est descendue à un. Ce qui compte au début, c'est la régularité pour créer une habitude chez son audience. Une fois l'audience construite, mieux vaut publier moins souvent mais avec plus de substance - le slow content, comme elle l'appelle.
Comment augmenter l'engagement sur ses posts LinkedIn ? +
La réponse de Juliette Hervé est contre-intuitive : commentez les posts des autres avant d'attendre qu'on commente les vôtres. LinkedIn pondère un commentaire bien plus fortement qu'un like dans son algorithme de distribution. Répondre à chaque commentaire génère des sous-conversations qui amplifient la portée du post. L'engagement sur LinkedIn n'est pas unilatéral - c'est un échange.
Les pods LinkedIn, c'est quoi et est-ce que ça vaut le coup ? +
Un pod, c'est un groupe de personnes qui s'engagent à liker et commenter mutuellement leurs publications. Les gros pods automatisés (via des outils comme Lempod) sont pénalisés par LinkedIn - 600 likes en 3 minutes, ça ne trompe plus l'algorithme. En revanche, les micro-pods de 30 à 50 personnes avec des interactions réelles et volontaires restent une pratique acceptable pour booster la visibilité au démarrage.
Comment gérer le syndrome de l'imposteur quand on se lance dans le personal branding LinkedIn ? +
Juliette Hervé avait 25 ans face à des professionnels marketing avec 20 ans d'expérience. Sa réponse : si personne d'autre ne prend la parole d'une certaine façon sur un sujet, pourquoi pas vous ? La légitimité sur LinkedIn ne vient pas du titre - elle vient de l'utilité. Publier et voir les gens apprendre des choses grâce à vous est la meilleure façon de tuer l'imposteur en vous.
Combien de temps faut-il pour voir des résultats avec un personal branding LinkedIn ? +
Juliette Hervé a vu des résultats concrets en moins de sept mois : invitations dans des podcasts, demandes de contrats en freelance, et une communauté active qui réclamait ses posts quand elle n'en publiait pas. Le délai varie selon la régularité, la qualité du contenu et l'engagement mis dans les interactions - mais sept mois avec deux posts par semaine est un ordre de grandeur réaliste pour construire une vraie présence.

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