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23. « Lancer sa Newsletter… pour le plaisir : le cas Culotté ». Par Nina Ramen

Épisode diffusé le 29 septembre 2021 par Caroline Mignaux

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Lancer sa newsletter depuis un tabou personnel – et récolter 900 abonnées en une semaine. C’est exactement ce qu’a fait Nina Ramen, copywriteuse chez Jal et créatrice de contenu, quand elle a mis en ligne Culottée sur Substack. Pas de budget pub. Pas de funnel sophistiqué. Un post LinkedIn, une histoire vraie, et une question que beaucoup de femmes se posaient sans jamais se la dire à voix haute.

Ce qui m’a frappé en écoutant cet épisode de Marketing Square – animé par Caroline Mignaux – c’est la brutalité du contraste. D’un côté, tout ce qu’on nous enseigne sur le lancement : la stratégie, le persona, le plan éditorial sur 6 mois. De l’autre, Nina qui dit « je pensais avoir 50 personnes ». Et qui en a eu 900 d’un coup.

Alors clairement, cet épisode n’est pas une masterclass en growth hacking. C’est quelque chose de plus rare : un témoignage honnête sur pourquoi lancer sa newsletter sans attendre d’être prêt peut être la meilleure décision que tu prennes cette année.

Ce qui a tout déclenché : un constat personnel, pas un brief marketing

Nina Ramen ne cherchait pas à « se positionner sur un marché ». Elle partait d’un chiffre qui l’avait marquée : un tiers des femmes ont déjà avorté une fois dans leur vie. Et pourtant, le sujet reste enfoui sous des couches de silence.

Le jour où elle en a parlé autour d’elle, quelque chose s’est ouvert.

« J’en ai parlé autour de moi et j’étais impressionnée de voir le nombre de personnes qui l’avaient fait aussi et qui n’en avaient jamais parlé. Et une fois que j’ai dit ça, c’est un peu comme si j’avais ouvert les vannes. »

Voilà. Le sujet existait. L’audience aussi. Ce qui manquait, c’était juste quelqu’un pour dire le truc en premier.

C’est de là que naît Culottée – la newsletter qui aide les femmes à oser davantage. Pas d’un audit concurrentiel, pas d’une étude de marché. D’une expérience vécue qui en cachait des centaines d’autres. Et Nina le relie à quelque chose de structurel : dans le monde de l’entreprise, 70 % du temps de parole est monopolisé par des hommes. Les femmes n’ont pas appris à parler. On leur a appris à se cacher – y compris pour des choses aussi banales que passer un tampon dans sa manche pendant la récré pour que personne ne le voie.

Ce n’est pas un angle de niche. C’est la moitié de la population.

900 abonnées en 7 jours : lancer sa newsletter sans stratégie peut suffire

Le lancement est simple à raconter. Un post LinkedIn. Une histoire personnelle. Un lien vers Substack. Résultat : 900 inscrits en une semaine sur un sujet que certains auraient qualifié de « risqué ».

Ce qui est intéressant (et qu’on oublie souvent quand on conseille de lancer sa newsletter), c’est que Nina n’avait pas de base d’audience préexistante massive. Elle avait une audience LinkedIn – mais professionnelle, pas féminine-engagée. Elle avait une crédibilité de copywriteuse, pas de militante. Et pourtant.

« Mon sujet c’était pas tant de toucher beaucoup de gens. Mon sujet c’était juste de parler… enfin en fait je le faisais plus parce que ça me tenait et ça me tient toujours à cœur et en fait à la limite ça intéresse que 1000 personnes. Même si c’était 100 personnes. Au début je pensais avoir 50 personnes en fait. »

Dit comme ça, ça a l’air presque naïf. Mais c’est exactement l’inverse – c’est ce désengagement du résultat qui libère la prise de parole.

Ce que j’aurais voulu qu’on me dise – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on dise clairement à tous ceux qui hésitent – c’est que lancer sa newsletter avec l’objectif d’aider 50 personnes est infiniment plus durable que lancer avec l’objectif d’en avoir 10 000. L’un te fait écrire avec des tripes. L’autre te fait compter des taux d’ouverture à 2h du matin.

Caroline Mignaux le dit clairement dans l’épisode : être lu par 20 personnes, c’est déjà beaucoup. Et si une seule personne sur ces 20 change quelque chose dans sa journée grâce à ce que tu as écrit, le bilan est largement positif. Pour aller plus loin sur la mécanique de diffusion d’une newsletter une fois lancée, Nina détaille ses techniques de pro pour diffuser sa newsletter dans un autre épisode – celui d’avant, et il vaut le détour.

Pourquoi Substack et pas un outil classique

Substack n’est pas juste un outil d’emailing. C’est le détail que beaucoup ratent quand ils cherchent la bonne plateforme pour lancer sa newsletter.

Nina l’explique avec une franchise que j’aime bien : elle était fatiguée d’écrire des newsletters qui prenaient 7 heures et finissaient archivées dans une boîte mail sans que personne ne les retrouve jamais. Le problème n’est pas le contenu – c’est la durée de vie.

« Ce stack, c’est un mélange entre un blog et un outil d’emailing. Donc les gens pourront toujours revenir voir les articles et j’ai pas envie de… j’en ai un peu marre d’écrire des newsletters qui me prennent 7 heures à écrire et qu’en fait après bah elles sont un peu oubliées dans les emails des gens. »

C’est exactement le problème. Un email, ça se noie. Un article Substack, ça reste indexable, partageable, consultable des mois plus tard.

Et puis il y a l’argument économique – zéro coût à l’entrée, zéro bagage marketing requis. Pour quelqu’un qui veut tester une idée sans s’engager dans une infrastructure, c’est difficile de faire plus agile. Si tu veux aussi comprendre comment penser sa stratégie de contenu avant même de choisir l’outil, l’approche de la méthode Content Factory donne un cadre utile pour éviter de produire dans tous les sens.

Mais bon – Substack n’est pas non plus la solution universelle. Si ton objectif est de segmenter finement, d’automatiser des séquences ou de connecter ta newsletter à un CRM, tu vas vite te heurter aux limites de la plateforme. Nina le sait et l’assume : pour elle, l’objectif n’est pas la monétisation directe. C’est la liberté éditoriale et la pérennité du contenu.

Lancer sa newsletter sur un sujet « saturé » : le monopole personnel

Quand Culottée a été lancée, une lectrice a réagi exactement comme beaucoup l’auraient fait :

« Newsletter féministe, quand j’ai vu ça la première fois, je me suis dit il y en a déjà plein qui sont hyper qualitatifs. Et elle dit : mais par contre, ben quand je l’ai lu, je me suis dit « trop bien ». En fait, oui, il y a d’autres gens qui le font, mais personne ne le fait comme Nina. »

C’est exactement le problème avec le réflexe « le marché est saturé ». Il n’est jamais saturé en toi.

Caroline Mignaux formalise ça avec une formule que je trouve assez juste : ton monopole personnel, c’est le croisement de tes passions, ta personnalité et tes compétences. Ces trois variables ne se recoupent avec personne d’autre. Du coup, même si le sujet féminisme-newsletter existe déjà, la version Nina Ramen n’existait nulle part avant qu’elle la crée.

Ce truc fonctionne pour absolument tout. Il y a probablement – c’est l’exemple de Caroline – des chaînes YouTube sur la reproduction des bigorneaux au Mont-Saint-Michel. Et elles ont des abonnés. Alors si tu hésites encore à lancer ta newsletter parce que « quelqu’un le fait déjà », bonne nouvelle : ce quelqu’un n’est pas toi.

D’ailleurs, pour les créateurs qui se demandent comment trouver leur angle dans un univers où l’information déborde de partout, ce sujet est traité directement dans un épisode sur comment inspirer dans un monde saturé d’infos – c’est un angle complémentaire à ce que raconte Nina.

La question de la monétisation – et pourquoi Nina refuse de se presser

Caroline Mignaux pose la question franchement : est-ce que Culottée va devenir payante ? Est-ce que c’est un projet à temps plein ?

La réponse de Nina est instructive, surtout si tu es du genre à tout vouloir monétiser dès la première semaine.

Non. Pas payant. Pas pour le moment. Et volontairement.

Son raisonnement tient en une phrase : si l’objectif est d’aider un maximum de femmes, alors garder la newsletter gratuite est la seule logique cohérente. Ajouter un paywall, c’est créer une barrière entre le message et celles qui en ont besoin. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y aura jamais de produit – formation, produit physique, autre chose – mais ça se construira avec la communauté, pas avant elle.

Et puis il y a ce que je trouve le plus honnête dans toute cette conversation :

« Je veux que ça reste instinctif. En fait, c’est ça, c’est que je veux que ça reste du plaisir pour moi. Donc à partir du moment où si je commence à me stresser avec des coûts, de frais, de structure et que je me dis « OK, il faut que je fasse 10K par mois parce que sinon je vais perdre de l’argent »… ça va me peser. »

Franchement, la plupart passent à côté de ça. On veut monétiser avant d’avoir construit. On se retrouve avec une newsletter qui ressemble à un funnel de vente déguisé, et les lecteurs le sentent après deux éditions. Nina choisit de rester dans le plaisir – et c’est précisément ce plaisir qui rend le contenu lisible.

Le mercredi matin à 8h, c’est son moment. Pas une obligation comptable. Un rendez-vous avec elle-même et celles qui la lisent.

Pour ceux qui veulent comprendre comment poser les fondations d’une newsletter durable avant de penser monétisation, les conseils pour aiguiser sa plume et lancer sa newsletter donnent une perspective complémentaire sur le travail éditorial en amont.

Ce qu’on retient vraiment – et ce que la plupart ne font toujours pas

Trois données concrètes sorties de cet épisode :

  • 900 abonnées en une semaine, sur un sujet tabou, via un seul post LinkedIn – sans budget publicitaire

7 heures : c’est le temps que prenait à Nina une newsletter classique avant Substack. Et ces 7 heures finissaient dans des boîtes mail archivées.

Un tiers des femmes ont avorté au moins une fois. Statistique banale en apparence – sauf qu’elle illustre exactement pourquoi les sujets « trop personnels » pour une newsletter sont souvent les plus puissants.

Ce que j’aurais voulu qu’on me dise quand j’hésitais à lancer mes propres projets éditoriaux, c’est que l’audience idéale n’est pas celle qui ressemble à un persona marketing. C’est celle qui vit quelque chose que tu as vécu et qui n’a jamais entendu quelqu’un le formuler clairement.

Nina Ramen a fait ça. Pas avec un budget. Pas avec une équipe. Avec un constat du quotidien et l’audace de le dire à voix haute.

Et si lancer sa newsletter peut se résumer à quelque chose, c’est peut-être ça : pas un outil, pas une fréquence, pas un taux d’ouverture à optimiser. Juste une conviction que ce que tu as à dire mérite d’être dit – même si tu penses que personne ne l’attend.

La vraie limite de ce modèle ? Il suppose que tu aies quelque chose à dire qui tient vraiment à cœur. Si tu cherches juste un canal de distribution pour un produit, Culottée n’est pas le bon modèle à suivre. Mais si tu portes une idée depuis des mois en te demandant si c’est « le bon moment », cet épisode devrait clore le débat assez vite.

Pour aller plus loin sur la façon dont une présence éditoriale se connecte au personal branding – parce que les deux sont liés bien plus qu’on ne le dit – l’épisode sur développer son personal branding sur LinkedIn apporte des clés concrètes sur ce continuum entre contenu et image professionnelle.

Questions fréquentes

Comment lancer sa newsletter gratuitement en 2024 ? +
Substack est la plateforme la plus simple pour démarrer sans budget. Elle combine un outil d'emailing et un blog, ce qui donne une durée de vie bien plus longue à tes articles qu'un simple email. Tu crées un compte, tu écris, tu envoies. C'est tout. Pas besoin de bagage marketing.
Lancer sa newsletter sur un sujet déjà traité, ça a du sens ? +
Oui. Le sujet n'est jamais vraiment saturé, parce que personne ne le traite exactement comme toi. Ton angle, ta personnalité et ton expérience forment un monopole personnel que personne ne peut copier. Nina Ramen a lancé Culottée sur le féminisme - un sujet hyper concurrentiel - et elle a réuni 900 abonnées en une semaine.
Faut-il monétiser sa newsletter dès le départ ? +
Pas forcément. Nina Ramen a fait le choix inverse : garder Culottée entièrement gratuite pour toucher un maximum de femmes sans barrière. La monétisation peut venir plus tard, via un produit co-construit avec la communauté. L'important est que le projet reste un plaisir, pas une contrainte financière.
Combien de temps faut-il pour lancer sa newsletter sur Substack ? +
Quelques heures. Substack ne nécessite aucune configuration technique avancée. Nina Ramen a lancé Culottée avec un post LinkedIn et un lien vers sa page Substack. Le premier numéro peut être en ligne le jour même de ta décision.
Quelle audience faut-il avoir avant de lancer sa newsletter ? +
Beaucoup moins que tu ne le penses. Nina Ramen visait 50 abonnées à son lancement. Caroline Mignaux rappelle qu'être lu par 20 personnes est déjà significatif si le contenu résonne vraiment. L'audience se construit après le lancement, pas avant.
Substack ou Mailchimp pour lancer sa newsletter ? +
Ça dépend de ton objectif. Substack est idéal si tu veux une plateforme simple, gratuite, avec une fonction blog intégrée pour que tes contenus restent accessibles dans le temps. Mailchimp est plus adapté si tu as besoin de segmentation avancée, de séquences automatisées ou d'intégration CRM. Pour un premier lancement sans enjeu de monétisation immédiate, Substack gagne.

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