lancement de formation en ligne

20. Créer une formation en Ligne partie 3 – Le lancement

Épisode diffusé le 26 juin 2019 par TheBBoost

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Le lancement de formation en ligne, c’est là que se jouent – selon Aline de TheBBoost – 50 % de tes ventes. Pas dans la qualité du contenu. Pas dans le prix. Dans la préparation de ce moment précis où tu dis au monde : ça y est, c’est disponible. Et pourtant, la majorité des créateurs ratent exactement ça. Ils finissent d’enregistrer leur formation un mardi soir, balancent un post Instagram le mercredi matin, et attendent. Les ventes arrivent – un peu. Mais pas autant qu’elles auraient pu.

Aline l’a vécu. Sa première formation, zéro stratégie de lancement. Un post. Des ventes quand même. Mais probablement 10 à 20 % de ce qu’elle aurait pu faire avec une vraie préparation. C’est elle qui le dit, et elle a lancé trois formations depuis. Pas une expérience de dingue, comme elle le précise elle-même – mais suffisamment pour comprendre ce qui change la donne.

Ce qui m’intéresse dans son approche, c’est qu’elle ne vend pas une mécanique de growth hacking ni un tunnel à 150 euros par mois. Elle vend du bon sens, structuré. Trois étapes, une philosophie claire : ne pas se transformer en marchand de tapis pour vendre un produit auquel on croit. Et clairement, dans un secteur où les lancements ressemblent souvent à un bombardement d’emails quotidiens pendant deux semaines, ça détonne.

Mais est-ce que «rester simple et éthique» suffit vraiment à vendre ? Ou c’est juste une façon de se sentir bien quand les chiffres ne décollent pas ?

50 % de tes ventes se jouent avant que tu ouvres les portes

Voilà un chiffre qui mérite qu’on s’y arrête. La moitié de tes ventes potentielles dépendent de ce qui se passe avant le jour J. Pas du prix. Pas de la page de vente. De la préparation.

Aline est catégorique là-dessus :

«Je pense qu’au mot sans exagérer, on peut dire que 50 % de vos ventes vont être déterminées par votre lancement. Sur ma première formation, j’ai fait zéro lancement dans le sens où j’ai juste mis un petit post Instagram en disant ça y est, je vends ma formation.»

Dit comme ça, ça fait mal. Parce qu’on a tous envie de croire que si le produit est bon, il se vendra tout seul.

La réalité, c’est que le lancement de formation en ligne se prépare en même temps que la formation elle-même. Pas après. Pas la semaine précédente. En parallèle, sur la même durée. Ce que ça implique concrètement : quand tu es en train de filmer tes modules, tu dois déjà penser à comment tu vas chauffer ton audience. C’est un double chantier. Et la plupart des gens n’en font qu’un.

(Ce qui est d’autant plus dommage que la partie «préparation audience» ne demande pas d’argent – juste de l’anticipation.)

La structure qu’Aline a développée tient en trois blocs : réchauffer l’audience un mois avant, activer des partenariats deux à trois semaines avant, puis orchestrer le grand lancement. Simple sur le papier. Rarement exécuté correctement dans la pratique.

Réchauffer son audience : le lancement de formation en ligne commence 45 jours avant

Quarante-cinq jours. C’est le délai qu’Aline recommande pour commencer à préparer le terrain. Pas pour vendre – pour tisser.

L’idée de base, c’est qu’un esprit confus n’achète pas. Si tu balances une offre à des gens qui ne l’ont jamais vu venir, ils ne comprennent pas d’où ça sort, ils n’ont pas eu le temps de se projeter, et tu leur demandes de décider en 72 heures. Résultat : ils procrastinent et t’oublient en trois jours.

«C’est comme une relation de couple en fait, c’est comme quand on drague, tu vois. Tu prépares, tu tises, tu dragouilles comme ça. Tu n’arrives pas tout de suite avec la bague de mariage et tu la passes de force au doigt du mec ou de la meuf.»

La comparaison est absurde – et elle est exactement juste.

Concrètement, ça se traduit par deux gestes simples. D’abord, faire des allusions régulières dans son contenu existant – podcast, vidéo, post – sans vendre. Juste mentionner qu’une formation arrive sur ce sujet. Point. Pas de page de vente, pas de teaser agressif. Juste une graine plantée, répétée plusieurs fois. En web marketing, on parle de la règle des 7 contacts : les gens ont besoin d’entendre une information sept fois avant qu’elle s’ancre vraiment.

Ensuite – et c’est là que la plupart ne vont pas assez loin – orienter tout son contenu du mois précédent autour de la thématique de la formation. Aline l’a fait pour sa méthode d’organisation : pendant un mois, 90 % de ses contenus traitaient d’organisation sous des angles différents. Pas de blogging, pas de marketing, pas d’entrepreneuriat au sens large. Organisation, organisation, organisation.

Pourquoi ? Parce que l’association mentale se crée par répétition. Quand les gens pensent à Aline, ils pensent organisation. Et quand arrive la formation, ce n’est plus une surprise – c’est une évidence. Pour aller encore plus loin sur la création d’une formation en ligne depuis le brainstorming, les bases de cette étape sont posées bien avant.

Ce que ça demande en pratique : une vraie discipline éditoriale pendant un mois. Difficile si tu gères seul ton contenu et que tu jonglais déjà avec tout le reste.

Les partenariats : ni obligatoires, ni anecdotiques

Trois semaines avant le lancement, Aline active une deuxième mécanique : les partenariats. Elle insiste sur le fait que ce n’est pas obligatoire – elle a lancé deux formations sans partenaires et ça a fonctionné. Mais elle estime que c’est un facteur multiplicateur. Potentiellement x5 sur le nombre de ventes.

Le principe est simple : trouver des créateurs dont l’audience correspond à ta cible, leur donner accès à ta formation en avant-première, et leur proposer un système d’affiliation si ils la recommandent. 25 à 30 % de commission par vente générée.

Trois critères pour choisir ses partenaires :

  • Leur audience doit correspondre à ta cible – pas leur thématique, leur audience. Une formatrice en organisation peut très bien s’associer avec quelqu’un qui parle de productivité ou de freelance, pas nécessairement d’organisation.

Pas de conflit d’intérêt : inutile de proposer à quelqu’un qui vend déjà une formation concurrente. Et le partenariat doit être gagnant des deux côtés – la commission, c’est le minimum syndical pour que ça ait du sens.

Ce qui est rare dans l’approche d’Aline, c’est la carte blanche donnée aux partenaires sur la façon de communiquer. Pas de brief imposé, pas de nombre de posts minimum, pas de scripts à réciter. Ils ont leur lien affilié, ils font ce qu’ils veulent avec. Si ça vend, ils touchent leur commission. Si ça ne vend pas, personne ne perd rien – sauf les ventes potentielles.

«Je ne veux pas imposer un système parce que tout simplement ça ne convient pas à tout le monde. Tout le monde n’envoie pas 50 emails à son audience ou tout le monde n’est pas forcément à l’aise de faire des stories Instagram.»

C’est une position qui peut sembler laisser trop de place au hasard. Et c’est peut-être le cas. Mais elle correspond à une cohérence : si tu vas demander à quelqu’un de recommander ton produit, tu ne peux pas en même temps lui dicter comment il parle à son audience. C’est son audience, pas la tienne.

Pour comprendre comment les partenariats s’inscrivent dans une stratégie plus large, le sujet est aussi traité sous l’angle du co-marketing entre créateurs de contenu – avec une perspective plus orientée croissance.

La condition non négociable : le partenaire doit tester la formation avant de la recommander. Aline l’envoie gratuitement à ceux qu’elle a démarchés. Pas par générosité naïve – par conscience professionnelle. Recommander un produit qu’on n’a pas testé, c’est exactement le genre de chose qui détruit la confiance d’une audience en quelques semaines.

Le grand lancement : créer l’urgence sans devenir insupportable

Ça y est, la formation est prête, l’audience est chauffée, les partenaires sont briefés. Reste le moment le plus redouté par beaucoup de créateurs : vendre.

Deux mécaniques pour créer l’urgence, selon Aline. Soit un tarif réduit pendant les premiers jours (pas plus d’une semaine – au-delà, ça n’est plus une urgence). Soit fermer les portes : la formation n’est disponible que pendant 5 jours, puis elle disparaît pour 6 mois ou plus. Dans les deux cas, le message est le même : si tu veux ça, c’est maintenant.

Est-ce que c’est une manipulation ? Techniquement, oui – créer la peur de manquer quelque chose, c’est du FOMO codifié. Mais Aline assume ce point sans détour : dans un marché saturé de formations en ligne, si tu ne crées pas cette urgence, les gens procrastinent et t’oublient. Ce n’est pas une stratégie supplémentaire, c’est quasiment une obligation.

Et pour la communication pendant ces 5 à 7 jours de lancement, Aline est claire : tous les jours, sur des plateformes différentes. Pas un email par jour forcément – elle en envoie 3 au total sur toute la période. Mais entre les stories Instagram, les posts Facebook, le live éventuel, quelque chose se passe chaque jour.

«Dites-vous une chose, c’est que personne, et ça je le répète souvent, mais personne personne personne à part vous ne consomme l’ensemble de vos contenus gratuits. Vous êtes la seule personne sur cette planète qui lit chacun de vos articles, qui écoute chacun de votre podcast.»

C’est l’argument qui lève l’inhibition la plus courante : la peur de saouler son audience. La réalité algorithmique fait que la plupart de tes abonnés n’ont même pas vu ton premier post sur le lancement. Ils ne t’oublient pas – ils ne t’ont simplement pas vu.

Ce qu’il faut retenir – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise plus tôt dans ma carrière de journaliste qui couvre ces sujets – c’est que la peur de «trop vendre» est inversement proportionnelle à la taille de l’audience. Plus ton audience est petite, plus tu as peur de les agacer. Et c’est exactement à ce moment-là que tu dois communiquer le plus.

Pour voir ce que ça donne quand quelqu’un pousse la logique formation très loin, l’interview de Benoit Michaud sur la vente de formation en ligne est instructive – c’est un niveau au-dessus en termes de volume et de copywriting.

Ce que cette méthode ne dit pas vraiment

Voilà la limite que j’assume : la méthode d’Aline est pensée pour un premier lancement, avec une audience existante et un produit déjà validé. Elle ne répond pas à la question de comment construire cette audience depuis zéro, ni comment valider que quelqu’un paiera pour ce que tu veux créer avant de le créer.

Ce sont les deux étapes qui précèdent tout ça – et qui font l’objet des deux épisodes précédents de la série. La création concrète de la formation (formats, hébergement, structure) est couverte dans la partie 2.

Il y a aussi un angle que le podcast ne creuse pas : que faire quand le lancement se passe mal malgré une préparation sérieuse ? Quand la formation a été chauffée, les partenariats activés, l’urgence créée – et que les ventes ne sont pas au rendez-vous ? La réponse honnête, c’est que ça arrive, et que la méthode ne garantit rien. Elle augmente les probabilités, c’est tout.

Aline le dit en filigrane quand elle parle de ses erreurs passées. Elle ne prétend pas avoir la formule magique – elle partage ce qui a fonctionné pour elle sur trois lancements. C’est honnête. Mais ça signifie aussi qu’il faut adapter, tester, itérer. Pour éviter de se retrouver déçu après avoir suivi à la lettre un process qui ne correspondait pas à son contexte, l’article sur les déceptions post-formation ou coaching donne des clés pour comprendre pourquoi ça coince.

Et puis il y a la question de l’alignement. Aline insiste beaucoup sur le fait de ne pas faire ce qui n’est pas «soi». Ne pas envoyer 8 mails si ça te met mal à l’aise. Ne pas imposer un script à ses partenaires. Rester éthique. C’est une posture que je respecte – et que je trouve souvent plus durable que les approches agressives à court terme. Mais elle peut aussi devenir une excuse confortable pour ne pas aller chercher de l’inconfort utile. La frontière est mince.

Bref. Si tu lances ta première formation et que tu cherches une structure simple à exécuter sans te transformer en machine à vendre, cette méthode en trois temps est probablement la meilleure entrée en matière qui existe. Après, pour scaler, travailler sa légitimité perçue devient vite un levier central – surtout quand ton audience grandit et que tu ne peux plus compter uniquement sur la proximité.

Questions fréquentes

Combien de temps avant faut-il préparer un lancement de formation en ligne ? +
Aline de TheBBoost recommande de commencer à chauffer son audience 45 jours avant la date de lancement. Les partenariats doivent être activés 3 semaines avant. En clair : le lancement de formation en ligne se prépare en parallèle de la création de la formation elle-même, pas après.
Est-ce qu'un programme d'affiliation est obligatoire pour lancer une formation ? +
Non. Aline précise qu'elle a lancé deux formations sans partenaires et que ça a fonctionné. Mais elle estime que les partenariats sont un facteur multiplicateur potentiellement x5 sur les ventes. Si tu démarches un partenaire, prévois une commission de 25 à 30 % par vente.
Comment créer l'urgence lors d'un lancement de formation en ligne sans être agressif ? +
Deux options : proposer un tarif réduit pendant 5 à 7 jours maximum, ou fermer les portes après une courte période. L'idée n'est pas de manipuler mais de contrer la procrastination naturelle. Sans fenêtre temporelle courte, la plupart des acheteurs potentiels oublient simplement.
Combien de fois faut-il communiquer pendant un lancement de formation ? +
Tous les jours, sur des plateformes différentes. Aline envoie 3 emails au total sur 5 à 6 jours, mais communique chaque jour sur Instagram, Facebook, en live ou en stories. La raison : les algorithmes font qu'une grande partie de ton audience ne voit jamais un post donné. Personne ne consomme l'ensemble de tes contenus.
Faut-il donner sa formation gratuitement à ses partenaires affiliés ? +
Quand c'est toi qui démarchés le partenaire, oui. Aline donne systématiquement accès gratuit à sa formation pour que le partenaire puisse la tester et en parler honnêtement à son audience. En revanche, si c'est un créateur qui te contacte spontanément pour rejoindre ton programme d'affiliation, il doit acheter le produit.
Quel est le vrai risque d'un lancement de formation en ligne raté ? +
Perdre jusqu'à 50 % de ses ventes potentielles selon Aline - qui l'a vécu sur son premier lancement. Un produit de qualité ne se vend pas seul. Sans préparation de l'audience, sans partenariats et sans urgence créée, les ventes arrivent mais représentent une fraction de ce qui était possible.

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