Tu t’es retrouvée coaching business déçu après avoir mis 10 000, 20 000, parfois 40 000 euros dans un programme qui promettait le déclic – et tu es ressortie avec quatre nouvelles stratégies, deux tunnels à tester, et une confusion à peu près totale sur ce que tu dois faire ensuite. Ce n’est pas une situation rare. C’est même, d’après Aurélie Gauthey, entrepreneuse et mentor spécialisée dans l’accompagnement des femmes à hauts revenus, la réalité de la moitié des entrepreneures qu’elle reçoit en audit stratégique.
Aurélie anime le podcast Née pour Impacter et accompagne depuis plusieurs années des femmes qui génèrent entre 5 000 et 100 000 euros par mois. Elle n’est pas une théoricienne du sujet. Elle a elle-même investi plus de 30 000 euros dans un seul mastermind. Et elle a une position claire : non, ce n’est pas forcément toi le problème.
Mais attention – et c’est là que ça devient intéressant – ce n’est pas non plus forcément la faute du coach ou du programme. Le vrai sujet, il est ailleurs. Et il est beaucoup moins confortable à regarder.
Quand le niveau du groupe te fait reculer plutôt qu’avancer
Certaines entrepreneures arrivent à 9 000 euros par mois, elles ont des clientes, un vrai business, une réputation. Sur le papier, elles ont réussi. Et pourtant, dans les masterminds où elles ont investi, quelque chose ne tournait pas rond.
Aurélie le formule sans détour :
« Elle payait pour être la cliente mais en réalité, c’est celle qui accompagnait. »
C’est exactement le problème. Une entrepreneuse à 9 000 euros par mois qui se retrouve à expliquer comment vendre une première offre à quelqu’un qui vient de se lancer – elle ne progresse pas, elle s’épuise. Elle dépense de l’énergie dans le mauvais sens. Et elle repart avec l’impression diffuse d’avoir encore raté quelque chose, sans comprendre quoi.
Le niveau du groupe dans un accompagnement collectif, c’est une variable qu’on sous-estime complètement au moment de l’achat. On regarde la promesse, le tarif, le nombre de modules. On ne demande pas qui sera dans la salle.
Aurélie elle-même a connu cette dynamique en 2020, avant d’investir dans un mastermind premium. Elle l’a choisie précisément parce qu’elle voulait arrêter d’être la plus avancée du groupe – et commencer à être challengée. La différence était radicale. Des conversations sur les ETF, la gestion d’entreprise, les modèles de croissance. Des sujets qu’elle ne comprenait pas encore. Et c’est exactement ce dont elle avait besoin.
La vraie question à poser avant de signer : les gens qui seront là-dedans, ils sont où par rapport à là où tu veux aller – pas là où tu es aujourd’hui ?
Le patchwork de stratégies, ou comment construire un château de cartes
Autre profil qu’Aurélie voit très souvent : les multipotentielles. Celles qui captent vite, qui ont dix idées à la seconde, qui ressortent de chaque programme avec les meilleures tactiques. Un tunnel par là, une nouvelle offre par ici, un rebranding, une méthode de lancement, une belle phrase de positionnement.
Au bout de trois, quatre ans d’investissements successifs, le business ressemble à un patchwork. Ça tient, ça fait des ventes, mais personne – pas même l’entrepreneuse – ne sait vraiment ce qui fonctionne et ce qui tient à moitié.
« Je sais plus du tout ce qui est fait pour moi. Je sais même plus ce qui fonctionne vraiment ou ce qui fonctionne à moitié, puis ce qui me donne envie de continuer. »
Dit comme ça, ça fait mal à entendre. Mais c’est la réalité de beaucoup d’entrepreneures ambitieuses qui ont bien investi – juste sans ancrage clair.
Aurélie compare ça à Usain Bolt. Il n’est pas devenu le plus rapide du monde en s’entraînant au tennis, au foot et au beach-volley. La dispersion tue la performance – en athlétisme comme en mindset entrepreneurial. Ce qui manque n’est pas une nouvelle idée. C’est un axe. Un seul. Tenu dans le temps.
Le piège spécifique des multipotentielles, c’est qu’elles confondent apprentissage et accumulation. Prendre des notes sur tout ce qui est intéressant – oui. Tout appliquer en même temps – non. Aurélie dit qu’elle notait ses idées dans un classeur avec une mention explicite : «idées pour le futur». Et elle y revenait une fois par trimestre. Le reste du temps, elle restait dans son axe.
coaching business déçu : la vraie raison, c’est souvent le mismatch
Voilà ce qu’on n’entend pas assez dans les discussions sur les formations et les masterminds : un accompagnement peut être excellent, sérieux, bien construit – et ne pas être fait pour toi. Pas parce que tu es difficile. Parce que tu es différente.
Aurélie le dit clairement : certaines entrepreneures sont des profils atypiques, intuitifs, créatifs, qui ont besoin de conserver de l’humain dans leur modèle. Quand tu leur imposes une méthode standard – un process de lancement, un tunnel identique pour tout le monde, un script de vente – ça résiste. Ça tient un moment par la force. Et puis ça lâche.
« Elles appliquent la méthode, elles essayent de faire tout comme il faut comme une bonne élève et avec beaucoup de perfection mais elles se sentent à l’étroit. »
Voilà. Le chiffre d’affaires monte, parfois. Mais la sensation d’être dans quelque chose qui te ressemble, elle s’évapore. Et c’est là que beaucoup commencent à penser que c’est elles le problème – qu’elles ne sont pas assez disciplinées, pas assez stratégiques, pas assez focus.
Ce qui m’agace dans cette dynamique, c’est que le marché du coaching business a largement alimenté cette croyance. Vendre une méthode unique comme si elle était universelle, c’est rentable. C’est scalable. C’est aussi – parfois – ce qui génère le plus de déceptions.
La solution ? Choisir un accompagnement où tu es vue comme une personne, pas comme un profil standard à qui on applique le même protocole. Ce qui implique de poser des questions précises avant d’acheter : est-ce qu’on va d’abord analyser ce que tu as construit, ou est-ce qu’on va directement ajouter des couches ?
Sur ce point, Aurélie est catégorique. Avant d’ajouter quoi que ce soit dans un business, elle commence toujours par analyser. L’écosystème global. La personne. Son modèle. Ce qui coûte trop en énergie. Ce qui ne tient plus.
Accélérer un business bancal, c’est mettre de l’essence sur le feu
30 000 euros de pub supplémentaire sur un business qui a un problème de structure – ça n’arrange rien. Ça amplifie le problème. Plus de contenu sur un modèle épuisant – idem.
Aurélie appelle ça «accélérer des feux de poubelle». C’est dit avec humour, mais c’est précis. Si tu arrives pas à répondre sereinement à tes clientes aujourd’hui, si tu manges devant l’ordi, si tu sais pas vraiment d’où viennent tes ventes ni si le mois prochain sera sécure – la réponse n’est pas de doubler la mise sur la visibilité.
La réponse, c’est assainir d’abord. Simplifier. Structurer. Et seulement ensuite accélérer.
C’est exactement ce que beaucoup d’entrepreneures font à l’envers dans leur business – elles accélèrent avant d’avoir stabilisé la base. Et les accompagnements qui les encouragent à «faire plus» sans jamais regarder le fond font partie du problème.
Trois signaux concrets qu’un business a besoin d’assainissement avant d’accélérer :
- Tu fais des ventes mais tu ne sais pas exactement d’où elles viennent ni comment les reproduire.
Tu travailles dix heures par jour et tu ne réussis pas à partir en vacances l’esprit libre. Ou encore, ton chiffre monte mais ta charge mentale aussi – et tu te demandes jusqu’où ça peut tenir.
Ce dernier point, Aurélie y revient souvent : regarder ce que le business coûte en énergie, pas juste ce qu’il rapporte en euros. Faire 30 000 euros par mois épuisée, c’est un modèle. Ce n’est pas forcément le bon.
Le critère qu’on oublie de regarder : est-ce que cette personne incarne ce qu’elle vend ?
ChatGPT a changé quelque chose dans la façon dont on perçoit les promesses marketing. Les mots sont devenus trop faciles. Trop polis. Trop puissants, justement.
Aurélie pose une question simple : quand la coach te dit qu’elle travaille trois ou quatre jours par semaine et qu’elle est libre – est-ce que tu la vois libre ? Est-ce que tu vois des voyages, des absences, une vraie déconnexion ? Ou est-ce que tu la vois en permanence derrière l’écran, disponible à n’importe quelle heure, qui enchaîne les calls ?
L’incarnation du message. C’est ça le vrai critère – enfin, celui qu’on zappe systématiquement au moment de l’achat. On regarde les résultats affichés des clientes. On écoute les témoignages. Mais on ne regarde pas comment la personne vit son propre business au quotidien.
Et c’est dommage. Parce qu’un accompagnement, ce n’est pas juste des conseils. C’est aussi une fréquence. Une façon de voir la réussite. Et si la vision de la réussite de la coach ne correspond pas à ce que tu veux construire – plus de performance, plus de volume, toujours plus – tu vas intégrer cette vision sans t’en rendre compte.
Aurélie dit quelque chose d’intéressant là-dessus : plusieurs de ses clientes lui ont dit «depuis que je suis branchée sur ta fréquence, les choses sont plus simples». Ce n’est pas de la magie. C’est que la posture de la personne qui t’accompagne s’imprègne. Et ça compte autant que la stratégie.
Ce qui m’a frappé dans cette partie du podcast – c’est que personne ne te dit ça quand tu regardes une page de vente. L’alignement de valeurs entre toi et ton mentor, c’est un facteur de résultats. Pas un détail soft.
Reprendre sa responsabilité sans se flageller
Il y a une dernière chose qu’Aurélie aborde, et c’est la plus inconfortable. Parfois, le problème, il vient de la façon dont tu as choisi l’accompagnement.
Elle raconte une conversation récente – une entrepreneuse qui voulait travailler avec elle, qui savait que c’était la bonne personne pour elle, qui avait des copines qui avaient obtenu des résultats. Et qui a finalement choisi quelqu’un d’autre parce que c’était 1 000 euros moins cher. Sur un objectif de passer à 10 000 ou 20 000 euros par mois.
« Si à 1000 € près tu veux stabiliser tes 10, 20K par mois, avoir un business qui te rend libre, te sentir jouissive et libre, c’est que tu es pas prête. C’est que tu es pas prête. »
Dur. Mais cohérent.
Le critère du prix, la promesse la plus rapide («en 3 séances tu seras réglée»), l’effet waouh du lifestyle de la coach – ce sont trois façons de choisir depuis un espace de peur ou de restriction. Pas depuis un espace de clarté. Et les investissements faits depuis la peur donnent rarement des résultats durables.
La vraie maturité entrepreneuriale – Aurélie le dit explicitement – c’est parfois de se dire que ce dont tu as besoin, ce n’est pas une rustine sur un problème précis. C’est de regarder l’ensemble. De prendre le temps de reconstruire quelque chose de solide plutôt que d’empiler une couche de plus sur un modèle qui commence à craquer.
Ce n’est pas une invitation à tout recommencer à zéro. C’est une invitation à regarder honnêtement ce qui tient et ce qui ne tient plus. Et à reprendre le contrôle de ses priorités avant d’investir dans le prochain accompagnement.
Bref – si tu es coaching business déçu après plusieurs tentatives, la question n’est pas «quel prochain programme va enfin marcher ?». La question est : est-ce que tu as déjà regardé ce que tu as construit dans son ensemble, avec quelqu’un qui te voit toi – pas juste ton chiffre d’affaires ? Et est-ce que le prochain espace dans lequel tu vas investir, il a des gens au niveau où tu veux aller, pas au niveau où tu étais il y a deux ans ?
La réponse à ces deux questions, elle change tout. Même si elle est moins sexy que «nouvelle méthode pour doubler tes revenus en 90 jours». Et si tu veux aller plus loin sur la construction d’une légitimité solide en business ou comprendre comment vendre une formation en ligne sans te trahir, les ressources ne manquent pas – c’est juste qu’elles ne remplacent pas le travail de fond.











