créer une formation en ligne

19. Créer une formation en ligne partie 2 – La création

Épisode diffusé le 19 juin 2019 par TheBBoost

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Quand on veut créer une formation en ligne, la première erreur c’est de foncer sur le format vidéo parce que tout le monde le fait. Aline, la fondatrice de TheBBoost – blogueuse et podcasteuse spécialisée en entrepreneuriat depuis des années – a créé trois formations. Et elle a changé de format à chaque fois. Pas par caprice. Par logique. Le truc qu’elle dit dans cet épisode et qui m’a un peu arrêté net : le format que tu choisis doit d’abord correspondre à ce que toi tu es capable de produire sans que ça devienne un calvaire. Pas à ce que les gourous du web recommandent.

Parce que oui, la vidéo c’est le format préféré des élèves. Mais si tu passes trois semaines à réenregistrer des modules parce que ton micro s’est pas mis en route (anecdote vécue, pas inventée), tu vas abandonner avant même d’avoir lancé. Et une formation qui n’existe pas, ça rapporte zéro. Ce qui m’amène au vrai sujet de cet épisode : les formats disponibles, leurs contraintes réelles, et la question de l’hébergement – un truc dont personne ne parle franchement avant que tu aies déjà signé un abonnement que tu comprends pas.

Les trois formats de base – et pourquoi le choix n’est pas si évident

Tout part de trois grands types de formats. L’écrit, l’audio, la vidéo. Chacun sollicite un sens différent, chacun a ses contraintes de production, chacun attire un certain type d’audience. En théorie c’est simple. En pratique, ça se complique vite.

L’ebook d’abord. C’est le format des débuts de l’infopreneuriat – les années 2010, l’époque des PDF vendus 27 euros avec une page de vente longue comme un roman. Aline est directe là-dessus :

C’est un format qui est très long à produire. Écrire un ebook, revenir, corriger, faire la mise en page, c’est extrêmement long à faire et pas tout le monde n’apprécie ce format. Les gens ont tendance aujourd’hui à préférer la vidéo plutôt que de lire.

C’est triste mais c’est vrai. Et il y a un problème supplémentaire que les vendeurs de formation mentionnent rarement : un PDF, ça se transfère par email. Ton client achète, il envoie le fichier à ses copains, tu perds des ventes. Sans DRM, sans protection technique, l’ebook est le format le plus piratable qui soit.

Mais – et c’est là que ça devient intéressant – c’est aussi le format le plus simple à délivrer. Un email automatique avec le PDF en pièce jointe dès réception du paiement. Pas de plateforme, pas d’abonnement mensuel à une solution d’hébergement, pas de tunnel de configuration qui prend trois week-ends. Et si tu veux aller plus loin, tu peux le publier sur Amazon. Nouvelle audience, zéro effort supplémentaire. C’est pas rien.

La vidéo, c’est l’opposé. Le format le plus désiré par les élèves, le plus redoutable à produire. Aline liste ce que ça implique :

Il faut avoir une caméra, il faut pouvoir filmer, il faut avoir du matériel, il faut savoir utiliser un logiciel de montage, c’est des fichiers qui deviennent très vite lourds donc il faut avoir l’hébergement de plateforme qui va bien avec.

Et là on parle pas encore des enjeux psychologiques – être à l’aise face à une caméra, accepter de montrer son visage, sourire quand t’as envie de tout arrêter. Ce que peu de gens disent : l’inconfort de la caméra ne disparaît pas vraiment avec l’expérience. Il se gère. C’est différent.

L’audio, lui, joue dans une catégorie à part. Pas de montage vidéo, pas de caméra, pas d’histoire de lumière ou d’angle. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, le format oral fait passer plus d’informations en une minute que l’écrit en une minute de lecture. C’est documenté. Le cerveau traite la parole différemment du texte, la mémorisation est meilleure. Pour des formations de développement personnel ou de mindset – là où tu n’as rien à montrer à l’écran – l’audio seul peut être une vraie décision stratégique, pas un plan B.

Le format slide + audio : créer une formation en ligne sans se prendre la tête

Entre tous les formats, il y en a un qui revient comme le « go-to » – le choix par défaut quand tu sais pas trop où tu en es. Le format slides plus voix. Des slides qui défilent à l’écran, une voix qui commente, qui donne des exemples, qui détaille.

Aline a utilisé une variante de ce format pour ses deux premières formations. Pas des slides classiques – elle filmait son écran en direct pendant des démonstrations, ou elle écrivait sur un tableau blanc numérique avec sa tablette (comme un tableau de classe, dit-elle). L’audio pardessus. Résultat : facile à enregistrer, facile à monter, et ça marchait.

Ce qui me frappe dans cette description c’est l’accessibilité technique. Les outils nécessaires : PowerPoint ou Numbers pour les slides, et un micro. Pas un micro à 300 euros.

Mes premiers podcasts, je les ai enregistrés tout simplement avec le dictaphone de mon téléphone, c’était super. Il faut juste faire hyper attention à votre environnement et une fois que vous maîtrisez votre environnement, l’outil pour enregistrer le son est secondaire.

Voilà. Et elle précise : une pièce avec de la moquette, un canapé, des tissus qui absorbent le son – tu peux enregistrer avec un micro moyen et t’en sortir très bien. Inverse la situation : le meilleur micro du monde avec une fenêtre ouverte sur la rue, tu as un son inexploitable. L’environnement prime sur le matériel. C’est un conseil que j’aurais aimé entendre il y a dix ans quand je cherchais à justifier l’achat d’un Rode NT-USB.

Ce format réunit les avantages des trois formats sans cumuler leurs inconvénients majeurs. Tu parles – donc tu vas vite et tu es naturel. Tu montres des slides – donc l’élève a un support visuel. Tu n’as pas à te filmer – donc la barrière psychologique de la caméra disparaît. Pour ceux qui démarrent leur première formation, c’est clairement le bon point d’entrée.

Trois questions à se poser avant de choisir – pas quatre, pas deux

Tes préférences personnelles d’abord. Ça paraît évident jusqu’à ce que tu regardes vraiment comment les gens choisissent leur format : en copiant ce que fait le formateur qu’ils admirent. Mauvaise approche.

Si tu détestes écrire et que tu fais des fautes d’orthographe, l’ebook c’est le bagne. Si tu es paralysé à l’idée de te voir en vidéo, la formation vidéo va te coûter une énergie folle – et ça se sentira dans le résultat. Aline dit quelque chose de juste là-dessus : si le support te met pas à l’aise, ça va se ressentir côté élève. C’est un truc qu’on a du mal à mesurer mais qui existe. Le malaise se transfère.

Ensuite, ce que tu dois montrer. Démonstration d’un logiciel ? L’audio pur ne peut pas suffire – décrire une interface à l’oreille, c’est un exercice de torture pour l’élève. Une formation nutrition avec des recettes ? L’ebook imprimable a un avantage concret que la vidéo n’a pas : ton élève peut le poser sur son plan de travail pendant qu’il cuisine.

Si vous faites une formation en développement personnel, vous avez peut-être pas besoin d’immobiliser les gens derrière leur écran à regarder une vidéo. Peut-être que vous allez faire une formation strictement audio et que vous allez dire aux gens : « ma formation, tu vas courir, tu vas faire ton sport pendant que tu l’écoutes ».

Dit comme ça, ça a l’air simple. Et pourtant, combien de formations de bien-être sont livrées en vidéo parce que « c’est le standard » – alors que l’élève idéal est quelqu’un qui court le matin et qui n’a pas les yeux rivés sur un écran ?

Le troisième critère : tes élèves. Leurs habitudes, leurs préférences. Et Aline donne un conseil pratique – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise quand je faisais mes premières enquêtes audience : ne pose pas de questions ouvertes dans tes sondages. Propose deux ou trois choix fermés. Un clic sur Instagram Stories, c’est une réponse que tu obtiens. « Quel format préférez-vous ? » avec un champ texte libre, c’est une question à laquelle personne ne répond. Les gens ont la flemme. C’est pas un jugement, c’est la réalité des comportements en ligne. Pour construire ta crédibilité en business, comprendre vraiment ton audience avant de lancer change tout.

Héberger sa formation : pourquoi ce choix fait ou défait l’expérience élève

On arrive à la partie dont personne ne parle avant que tu aies déjà perdu deux soirées à configurer un outil qui ne te correspond pas. L’hébergement de formation.

Le marché est dense. Thinkific, Teachable, Podia, Kajabi, Coneo, Système.io – et des dizaines d’autres. Tous payants à terme, tous avec des modèles différents, tous avec leurs évangélistes sur LinkedIn qui te jurent que leur solution est la seule qui vaille. Aline assume le parti pris : elle va parler de Podia, elle utilise un lien affilié, elle le dit clairement. Si ça te pose problème, tu tapes Podia.com directement. Honnêteté rare dans ce secteur (ce qui est assez rare pour être souligné).

Pourquoi Podia ? La réponse tient en un mot : simplicité. Pas la simplicité comme argument marketing. La simplicité mesurée en heures.

Au tout début, avant même de passer sur Podia, j’ai passé une soirée entière à essayer de comprendre comment Coneo marchait parce que c’était une plateforme française et qu’elle était moins chère. Je peux vous dire qu’au bout d’une soirée entière de galère, j’ai abandonné. Podia en une heure, j’avais compris le fonctionnement et en une heure, j’étais en train d’uploader ma première vidéo.

C’est exactement le problème. Tu peux avoir la meilleure formation du monde dans ta tête – si tu passes tes soirées à debugger un outil d’hébergement au lieu de créer du contenu, tu n’avanceras jamais. Pour gagner du temps au quotidien, le choix de tes outils est aussi crucial que ta méthode de travail.

Deux avantages concrets de Podia qu’elle mentionne. D’abord, tout est illimité dans le forfait de base : produits, mails, inscrits, téléchargements. Pas de paliers tarifaires qui te forcent à upgrader dès que tu as un peu de succès. Ensuite, tous les formats sont supportés – tu peux vendre un simple PDF sans avoir à l’emballer dans une « formation » fictive pour satisfaire les prérequis de la plateforme.

Et l’interface élève – c’est là que ça compte vraiment. Aline compare à Netflix : tu te connectes, tu appuies sur play, ça commence. L’élève n’a pas à chercher où il en est, comment passer au module suivant, comment télécharger le PDF de bonus. Il est là pour apprendre, pas pour déchiffrer une interface. Et surtout – elle insiste là-dessus – beaucoup d’élèves achètent leur première formation en ligne. Jamais suivi une plateforme de ce type avant. Si ça les bloque dès l’accès, tu as un problème de rétention avant même d’avoir commencé.

Le support client Podia mérite une mention. Réponse en moins de 6 heures les jours ouvrés. Un samedi soir avec un bug technique, un tweet, réponse immédiate. C’est pas standard dans les SaaS à ce prix-là. Pour ceux qui vivent de la vente de formation, ce genre de réactivité peut faire la différence entre une vente perdue et un élève satisfait.

Les inconvénients ? Aline les reconnaît sans les détailler dans cette partie de l’épisode – la plateforme est jeune, des fonctionnalités manquent encore, certains utilisateurs s’en plaignent. C’est honnête. Et c’est aussi la limite de ce format d’épisode : elle défend son choix, elle ne fait pas un benchmark exhaustif. Ce que tu ne trouveras pas ici : un comparatif chiffré des tarifs 2024 ou des tests de performance sous charge. Pour ça, il faudra chercher ailleurs.

Ce que l’épisode ne dit pas – et pourquoi c’est important

Trois formations créées, des formats différents à chaque fois, une plateforme qu’elle n’a jamais changée. Il y a quelque chose dans cette cohérence qui parle.

Mais voilà ce qui m’a manqué dans cet épisode : la question du prix. Quel format justifie quel tarif ? Un ebook à 27 euros, une formation vidéo à 297 euros – c’est pas juste une question de format, c’est une question de valeur perçue. Et la valeur perçue d’un audio seul versus une vidéo avec ta tête dedans, c’est pas du tout la même chose dans la tête de l’acheteur, même si le contenu est identique. Aline effleure ce point quand elle parle de l’attachement affectif que crée la vidéo – les gens s’attachent à ton visage, à ton énergie, à ton sourire. Et cet attachement a une valeur marchande. Directe.

Et le format hybride – vidéo plus PDF plus audio bonus – c’est souvent ce qui justifie un prix premium. Pas parce que c’est plus long à produire. Parce que l’élève a l’impression d’en avoir plus pour son argent. La psychologie du packaging de formation, c’est un sujet entier. Pour les entrepreneurs qui bloquent sur leur business, ce type de friction invisible est souvent ce qui les empêche de lancer.

L’épisode 3 de cette série traitera du lancement. Ça va être là que le format choisi ici va prouver ou non qu’il était le bon. Mais ça, c’est une autre histoire.

Questions fréquentes

Quel format choisir pour créer une formation en ligne quand on débute ? +
Le format slides plus audio est le point d'entrée recommandé. Il combine les avantages de la vidéo et de l'audio sans nécessiter de caméra ni de compétences en montage vidéo. Les outils nécessaires sont gratuits - PowerPoint ou un équivalent pour les slides, et un micro basique ou même le dictaphone de ton téléphone dans une pièce silencieuse.
Créer une formation en ligne en vidéo est-il obligatoire ? +
Non. La vidéo est le format le plus apprécié des élèves, mais c'est aussi le plus complexe à produire : matériel, montage, hébergement de fichiers lourds, et nécessité d'être à l'aise face caméra. Si ces contraintes te bloquent, l'audio ou le format slides plus voix sont des alternatives sérieuses qui ont fait leurs preuves chez des formateurs professionnels.
Quels sont les avantages et inconvénients de l'ebook comme format de formation ? +
L'ebook est facile à modifier, simple à délivrer par email automatique, et peut être publié sur Amazon pour toucher une nouvelle audience. Mais il est long à produire, peu plébiscité aujourd'hui face à la vidéo, et facilement partageable sans contrôle - ce qui peut représenter des ventes perdues.
Comment choisir la bonne plateforme pour héberger une formation en ligne ? +
Le critère principal est la simplicité - pour toi en tant que formateur, et pour ton élève qui accède au contenu. Podia est souvent cité pour son interface intuitive, son illimité dès le forfait de base, et la qualité de son support client. Mais des dizaines de solutions existent : Thinkific, Teachable, Kajabi, Système.io. Teste avant de t'engager.
Pourquoi demander l'avis de son audience avant de créer une formation en ligne ? +
Parce que le format que tu préfères produire n'est pas forcément celui que tes élèves préfèrent consommer. Un sondage fermé sur Instagram Stories ou en newsletter - avec deux ou trois choix cliquables, pas une question ouverte - te donne une réponse rapide et fiable sur ce que ton audience attend réellement.
Est-ce qu'on peut créer une formation en ligne sans montrer son visage ? +
Oui. Le format slides plus audio ne nécessite pas de caméra. Le format audio seul non plus. Ces deux formats sont utilisés par des formateurs professionnels avec de très bons résultats. Se filmer apporte un lien affectif fort avec les élèves, mais c'est un choix, pas une obligation.

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