gagner du temps dans une journée

14. 6 astuces pour gagner du temps dans une journée

Épisode diffusé le 4 mai 2019 par TheBBoost

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Tout le monde cherche à gagner du temps dans une journée. Tout le monde. Sans exception. Aline, la fondatrice du blog TheBBoost, l’a résumé en une phrase qui fait mal : elle ne connaît personne dans son entourage qui lui dise avoir trop de temps et ne plus savoir quoi en faire. Et elle a raison. On court, on déborde, on rate des deadlines, on se couche épuisés en ayant l’impression de n’avoir rien fini. La to-do list grossit, le cerveau s’emballe, et on recommence le lendemain.

Dans un épisode de son podcast TheBBoost, elle a posé une grille de lecture qui m’a arrêté net. Elle cite la coach américaine Brooke Castillo – une pointure dans le monde du développement personnel business – qui dit que tout entrepreneur dispose de trois ressources fondamentales : le cerveau, le temps, et l’argent. Pas de budget marketing, pas de stack tech, pas de réseau. Le cerveau, le temps, l’argent. Dans cet ordre. Et le temps, c’est la seule des trois qu’on ne peut ni récupérer ni acheter une fois qu’elle est partie.

Six astuces. C’est ce qu’Aline propose. Pas de système complexe, pas d’app à installer, pas de morning routine à 47 étapes. Juste six choses concrètes, testées sur elle-même, avec des résultats qu’elle détaille sans filtre. Certaines vont vous sembler évidentes. D’autres vont vous agacer. Et c’est souvent là que ça coince le plus.

Se lever tôt – ou comment récupérer une demi-journée sans y toucher

Commençons par celle qui va faire grincer des dents. Se coucher tôt, se lever tôt. Aline le sait, elle prévient elle-même avant d’aller plus loin :

« Il y en a parmi vous qui sont des couche-tard qui me disent : non mais Aline, moi ma productivité, je suis plus productif le soir. Sauf que ces gens, c’est 10% de la population. Tous les autres, c’est juste que vous avez pris un mauvais rythme. »

Voilà. Elle l’a dit. Et franchement, j’ai envie de la croire – parce qu’elle en fait partie, de ceux qui croyaient être des oiseaux de nuit.

Son régime actuel : au lit entre 21h30 et 22h, endormie vers 22h-22h30. Debout à 5h30 les jours de running, 6h les autres. Elle commence à bosser presque immédiatement. Résultat : des nuits de 7 à 8h – contre 4h30 à 5h quand elle restait productive jusqu’à 2h ou 3h du mat. Le cerveau le matin est reposé. Le cerveau à 21h a toute la journée dans les pattes. Ça semble trivial dit comme ça, mais les implications sur la vitesse d’exécution sont réelles.

Elle cite d’ailleurs une conférence du docteur Selman – auteur de La Bible de la santé – qui avance que dormir moins ou plus de 7 à 8h par nuit réduit l’espérance de vie. Le plus comme le moins. Pas juste la productivité : l’espérance de vie. (C’est la donnée qui m’a le plus surpris dans cet épisode, honnêtement.)

Son défi : testez le rythme tôt pendant 30 jours. Pas une semaine. 30 jours. Parce que le changement de rythme circadien se fait en quelques semaines, pas du jour au lendemain. Mais bon – est-ce qu’on est vraiment prêts à admettre qu’on n’est pas des oiseaux de nuit, juste des gens mal réglés ?

Planifier et préparer : investir du temps pour en gagner du temps dans une journée

Deuxième astuce pour gagner du temps dans une journée, et celle-là, tout le monde dit la connaître – mais presque personne ne la fait vraiment.

Aline compare la planification à un investissement financier. On sort de l’argent pour qu’il en rapporte plus tard. Là, on sort du temps pour en récupérer ensuite. Concrètement, ça donne quoi ?

Chaque dimanche soir, elle planifie sa semaine entière en 20 minutes. Rendez-vous, deadlines, adresses, todo par jour. Pas vaguement – avec le niveau de détail qui fait qu’on n’a plus à réfléchir le lundi matin. Et chaque matin, elle affine heure par heure en fonction de son énergie du moment.

« De 7h à 7h30, je réponds aux commentaires Instagram. De 7h30 à 8h, je réponds aux mails. Ensuite j’ai une deuxième session de mail de midi à midi30 et entre ces deux sessions, je n’ouvre pas mes mails. »

Dit comme ça, ça a l’air simple. Et c’est exactement là le problème – on pense que c’est trop simple pour vraiment marcher.

Mais elle va plus loin que l’agenda. La planification des repas de la semaine – avec courses en drive pour éviter les tentations et les achats non planifiés. La préparation de la tenue du lendemain. Elle cite Franck Nicola, un entrepreneur qu’elle suit, avec une formule qui fait mouche : les gens passent plus de temps le matin à choisir leur tenue qu’à planifier leur journée. C’est brutal. Et c’est vrai.

Préparer ses vêtements la veille, sortir sa tenue de sport à un endroit impossible à éviter – c’est de la psychologie comportementale appliquée à votre dressing. Rien de révolutionnaire. Mais les petites frictions éliminées s’accumulent, et au bout d’une semaine, la différence se chiffre en heures. Pour aller plus loin sur s’organiser efficacement en freelance, d’autres créateurs ont développé des systèmes intéressants à ce sujet.

Le multitasking n’existe pas – et il te coûte cher

Troisième leçon, et celle-là mérite qu’on s’y arrête sérieusement. Le multitasking n’existe pas. Pas comme vertu entrepreneuriale, pas comme compétence à valoriser sur LinkedIn. Littéralement.

Aline l’explique avec une précision qui m’a stoppé :

« Concrètement, ce qu’on fait c’est qu’on saute de micro-tâche en micro-tâche, toutes les 10 secondes notre cerveau change de focus. Du coup on a l’impression de faire plusieurs choses à la fois, mais en vrai non, on se contente de faire saute-moutons de petit truc en petit truc. »

C’est exactement le problème. Et le pire, c’est que le cerveau s’y habitue – au point de perdre sa capacité à rester concentré sur une grosse tâche pendant 45 minutes. Il finit par fonctionner en mode sursaut permanent.

Sa solution : une seule tâche à la fois, point. Avec une technique de capture spécifique quand une pensée parasite arrive – et ça arrive, toujours. Pas de téléphone, pas d’app de notes, pas d’agenda. Un carnet papier ou un post-it. On note le mot-clé – « recommandé poste » – et on revient à la tâche principale. Pourquoi ? Parce qu’ouvrir votre Trello ou vos notes pour noter quelque chose, c’est le meilleur moyen de vous retrouver 20 minutes plus tard sur Instagram sans savoir comment vous y êtes arrivé.

Pour ceux qui ont du mal à tenir même 10 minutes concentrés, la méthode Pomodoro : 25 minutes de concentration totale, 5 minutes de pause, toutes les 4 sessions une pause longue de 20-25 minutes. C’est un compromis entre l’idéal et le réel. Pas parfait – mais beaucoup mieux que le chaos par défaut.

Dire non : la compétence la plus rentable que personne ne vous apprend

Quatrième astuce – et la plus inconfortable pour les entrepreneurs avec un « cœur sensible », comme elle dit. Dire non. Plus souvent. Beaucoup plus souvent.

Le raisonnement est simple et implacable. Chaque fois que vous dites oui à quelqu’un, vous lui donnez du temps. Votre temps. Et votre temps, rappelons-le, c’est votre deuxième ressource la plus précieuse selon Brooke Castillo. Est-ce que vous voulez en faire cadeau à la terre entière sauf à vous-même ?

Aline propose une règle mentale : la réponse par défaut dans votre tête, c’est non. Pas en vrai – dans votre tête. Ensuite vous analysez : est-ce que ça vous apporte du plaisir authentique ? Est-ce que ça fait progresser votre business directement ou indirectement ? Si aucune des deux réponses n’est clairement oui, la réponse reste non.

(Et elle précise : le plaisir d’avoir fait plaisir à quelqu’un d’autre, ça ne compte pas. Il faut que ce soit votre plaisir à vous. Ce qui est une distinction plus subtile qu’il n’y paraît.)

Elle avait d’ailleurs consacré un épisode entier à apprendre à dire non en tant qu’entrepreneur – si ce point vous résiste, ça vaut le détour. Et il résiste à beaucoup de monde. Moi le premier, d’ailleurs.

Mais voilà – il y a une limite à cette astuce qu’elle n’explore pas vraiment : dans certains contextes business, les collaborations non planifiées, les demandes imprévues, les sollicitations hors-cadre sont exactement là où se cachent les meilleures opportunités. Dire non à tout par défaut, c’est aussi dire non à une partie du hasard utile. À vous de calibrer.

Ranger au fur et à mesure – ou comment le bordel vous vole des heures par semaine

Cinquième astuce pour gagner du temps dans une journée, et celle-là va en faire sourire certains. Ranger et nettoyer au fur et à mesure.

30 secondes pour reposer un objet à sa place après l’avoir utilisé. Versus 3 heures de rangement général le week-end – dans un état de frustration et de découragement qui plombe la motivation pour la semaine suivante. Le calcul est évident quand on le pose comme ça. Mais on ne le fait jamais.

Aline pousse l’idée plus loin avec une logique désencombrement : se séparer des objets et vêtements qu’on n’utilise plus. Pas pour devenir minimaliste avec trois t-shirts, mais parce que le bordel qui traîne est souvent du matériel qu’on n’utilise plus – et qui occupe la place de ce qu’on utilise vraiment. Quand il n’y a plus de place pour ranger, c’est souvent parce que ce qui est déjà « rangé » n’a pas bougé depuis deux ans.

Son exemple concret, légèrement amusant : passer un coup d’éponge ou de raclette dans la douche après chaque utilisation. Résultat – la fréquence de nettoyage en profondeur du bac divise par deux. Elle déteste nettoyer la baignoire. On la comprend tous. Et elle a trouvé comment repousser l’échéance avec 15 secondes de maintenance quotidienne.

C’est une application directe d’un principe que les entrepreneurs oublient souvent : la maintenance préventive coûte toujours moins cher que la réparation curative. En temps comme en argent. Pour réfléchir plus largement à ce qu’on fait à l’envers dans son business, cet épisode de TheBBoost pose d’ailleurs des questions qui complètent bien cet angle.

Prioriser – parce qu’on ne peut pas tout faire, et c’est pas une question de méthode

Sixième et dernière astuce pour gagner du temps dans une journée. Aline regrette d’avoir gardé celle-là pour la fin – elle aurait dû commencer par là.

Prioriser. Vraiment prioriser. Pas « classer par ordre d’importance » en théorie, mais accepter – concrètement, viscéralement – qu’on ne fera jamais tout ce qu’on veut faire. Jamais. Pas parce qu’on manque de méthode ou d’organisation. Parce que par définition, on en veut toujours plus qu’on n’a le temps d’en faire.

« On veut faire trop de choses, on n’a pas assez de temps, c’est une règle mondiale, c’est comme ça malheureusement. Je pourrais vous dire j’ai des méthodes miracle pour que vous puissiez faire absolument tout ce que vous voulez, ce sera jamais le cas. »

C’est rare, ce niveau d’honnêteté dans un contenu sur la productivité. La plupart des coaches vendent l’idée qu’avec la bonne méthode, tout devient possible. Aline dit le contraire : non, vous ne ferez pas tout. Acceptez-le et choisissez mieux.

La question à poser pour chaque nouvelle tâche qui débarque : est-ce que c’est vraiment important pour moi – d’un point de vue personnel ou business ? Pas une envie vague, pas quelque chose qu’on « devrait » faire, pas une tâche qu’on accepte pour faire plaisir. Quelque chose d’important. Et cette question-là rejoint directement la logique du oui/non de l’astuce précédente.

Ce qui est frappant dans cette grille, c’est qu’elle connecte aussi à un sujet plus profond : la chose la plus importante en business selon Aline – un épisode où elle pousse cette réflexion encore plus loin sur les priorités qui débloquent vraiment un projet.

Et pour les entrepreneurs qui gèrent leur temps entre plusieurs projets ou sources de revenus, la même logique de priorisation s’applique au portefeuille de clients – l’approche company of one développée par certains freelances va exactement dans ce sens : moins de projets, mieux choisis, exécutés à fond.

Six astuces. Aucune ne coûte un euro. Toutes demandent quelque chose de plus difficile que de l’argent : de la discipline, de la constance, et l’honnêteté d’admettre que certains de nos rituels actuels sont des illusions de productivité. Se lever tôt change les journées – à condition de tenir 30 jours. Planifier prend du temps – pour en économiser 10 fois plus. Ne faire qu’une chose à la fois va à contre-courant de tout ce que l’écran nous a appris. Dire non coûte socialement. Ranger prend 30 secondes. Prioriser demande d’accepter une limite. Bref – le temps, ça se gagne vraiment. Mais pas sans rien lâcher.

Questions fréquentes

Comment gagner du temps dans une journée quand on est entrepreneur ? +
Les leviers les plus efficaces sont la planification hebdomadaire (20 minutes le dimanche soir), le fait de se concentrer sur une seule tâche à la fois, et d'apprendre à dire non aux sollicitations qui ne font pas avancer vos objectifs. Aline de TheBBoost recommande aussi de se lever tôt pour récupérer des heures de cerveau frais avant que la journée ne soit déjà entamée.
La méthode Pomodoro aide-t-elle vraiment à gagner du temps dans une journée ? +
Oui, surtout si vous avez du mal à rester concentré plus de quelques minutes sur une tâche. Le principe : 25 minutes de concentration totale, 5 minutes de pause, et une pause longue de 20-25 minutes toutes les 4 sessions. Ce n'est pas une solution miracle, mais c'est un bon compromis entre l'idéal et le réel pour reconstruire sa capacité de concentration.
Se lever tôt change vraiment la productivité ? +
Selon Aline, qui a elle-même fait le test, oui - radicalement. Elle est passée de nuits de 4h30 à des nuits de 7-8h, avec des matinées bien plus productives que ses anciennes soirées. Le cerveau est physiologiquement plus efficace le matin que le soir après une journée entière d'activité. Elle lance un défi : tenir ce rythme pendant 30 jours avant de conclure que ça ne vous convient pas.
Combien de temps faut-il consacrer à la planification pour que ça soit efficace ? +
Aline consacre 20 minutes le dimanche soir pour planifier toute la semaine, et quelques minutes chaque matin pour ajuster heure par heure selon son énergie. Pas besoin de plus.
Pourquoi le multitasking fait-il perdre du temps ? +
Parce qu'il n'existe pas vraiment. Ce qu'on appelle multitasking, c'est en réalité le cerveau qui saute d'une micro-tâche à l'autre toutes les 10 secondes. À force, il perd sa capacité à se concentrer durablement sur une tâche lourde. Le résultat : on met plus de temps à tout faire, et on le fait moins bien.
Comment dire non sans abîmer ses relations professionnelles ? +
La règle proposée par Aline : dans votre tête, la réponse par défaut est non. Ensuite, vous vous posez deux questions : est-ce que ça m'apporte un plaisir authentique à moi ? Est-ce que ça fait avancer mon business ? Si la réponse aux deux est non, vous déclinez. Ce filtre mental permet de trier sans avoir à justifier chaque refus - et il préserve votre temps pour ce qui compte vraiment.

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