Devenir freelance facebook ads sans réseau, sans agence derrière soi, en partant d’une newsletter lifestyle à Istanbul – c’est le parcours de Joseph Do, consultant et formateur, 44 ans, créateur du podcast No Pay No Play depuis janvier 2019. Pour son 50e épisode, il passe de l’autre côté du micro. Et ce qu’il dit là, en mode face B, vaut largement plus que n’importe quel épisode technique.
Ce qui frappe d’emblée dans cette interview – réalisée par Marie Robin, cofondatrice du collectif Locom – c’est l’absence totale de posture. Pas de personal branding calculé. Pas de storytelling huilé. Juste un mec qui a fait du textile pendant 10 ans avec son père, qui est tombé amoureux d’Istanbul, et qui a découvert les Facebook Ads parce qu’il avait besoin de faire grossir une liste email. Bref, un chemin de traverse.
La vraie question que pose cet épisode, c’est celle-ci : jusqu’où un freelance facebook ads doit-il scaler son activité ? Et surtout – pourquoi pas au-delà d’une certaine limite ?
De Boston à Istanbul : le MBA que personne ne lui a donné
Dix ans dans le textile familial. Une PME d’import-export, du sourcing en Turquie, une installation à Istanbul en 2012-2013. Joseph Do n’est pas arrivé dans le digital par vocation. Il y est arrivé par élimination.
« Le textile était un secteur difficile, compliqué, très concurrentiel et au bout de 10 ans c’est pas que j’en avais fait le tour, c’était juste que je trouvais ça trop difficile et je me projetais pas à faire ça pendant encore 20 ans. »
Honnête. Pas de révélation mystique, pas de rupture dramatique. Juste quelqu’un qui fait ses comptes et tourne la page.
Depuis Istanbul, il lance en 2014 une newsletter lifestyle bilingue – turc et anglais – sur les bons plans de la ville. Il appelle ça John Istanbul, sur le modèle My Little Paris (ce qu’il cite lui-même). 30 000 abonnés au bout de deux ans. Des invitations dans des restos, des hôtels, des spas. Et surtout – et c’est là que tout bascule – il utilise les Facebook Ads pour faire grossir la liste.
Ce n’était pas une stratégie. C’était de la débrouille. Mais la débrouille, parfois, ça donne de meilleures bases que n’importe quel cursus. (Ce que personne ne te dit quand tu paies 8 000 euros une formation en ligne sur le growth marketing.)
En 2016, des entrepreneurs français de la communauté expat lui demandent de les former. Il crée son premier contenu de formation Facebook Ads – pas par passion pédagogique, mais parce qu’il a besoin de cash. Ce détail-là, il ne l’efface pas. Et c’est ce qui le rend crédible.
Prospecter à froid : les vestes que personne ne montre sur LinkedIn
Rentré à Paris sans réseau dans le digital, sans background agence, sans carnet d’adresses dans le secteur pub – comment un freelance facebook ads construit sa clientèle from scratch ?
La réponse de Joseph Do est simple. Prosaïque. Presque dérangeante de banalité.
« J’avais pas de réseau, moi je venais pas du monde des agences ou de la pub. J’étais vraiment obligé d’y aller à la sauvage. »
Il prospecte des espaces de co-working, des écoles de commerce, des facs. Il envoie des mails personnalisés – pas de scrapping, pas d’automation LinkedIn. Il cible des PME et des startups, parce qu’il sait qu’appeler Microsoft en sortant de nulle part, c’est du temps perdu. Et il encaisse les refus sans drame, parce qu’il a déjà fait du commercial avant.
Ce qui m’agace dans la plupart des discours sur la prospection, c’est qu’on ne montre jamais le ratio réel. Lui, il le dit clairement : sur 100 contacts en froid, peut-être 5 ou 6 % répondent. C’est ça, la réalité. Pas un funnel élégant avec 40 % de conversion.
Mais au bout d’un moment, il switch. La prospection froide, c’est épuisant et incertain. Il bascule vers une stratégie de contenu – blog, newsletter, puis le podcast No Pay No Play – pour que les clients viennent à lui. L’inbound, pas l’outbound. Et ça change tout au rapport de force.
« Quand c’est le client qui vient te chercher, tu sais déjà que il sait que tu peux répondre à son besoin. Ça permet d’avoir une bonne base de discussion. »
C’est pas révolutionnaire comme insight. Mais le voir appliquer cette logique sur 5 ans, avec un podcast qui tourne depuis 2019 et plusieurs milliers d’auditeurs mensuels – ça, c’est concret. Pour aller plus loin sur la mécanique de contenu qui génère du trafic organique, voir comment Frédéric Canevet reçoit 1,8 million de visiteurs par an en misant sur le long terme.
freelance facebook ads et formation : ce qu’on met dedans, ce qu’on enlève
Joseph Do forme des équipes marketing, des indépendants, des écoles de commerce depuis 2016. Il a commis des erreurs classiques au départ. Il les nomme sans détour.
La première : vouloir tout mettre. Le sujet Facebook Ads est vaste – catalogues e-commerce, bots Messenger, lead gen, awareness, retargeting. La tentation c’est de tout couvrir pour légitimer le prix de la formation. Mauvaise idée.
« Ce qu’on met dedans c’est aussi important que ce qu’on met pas dedans. J’ai des trucs que je n’aborde pas du tout parce que je considère que je les maîtrise pas assez ou que c’est pas ce qui va intéresser 90 % des boîtes. »
Dit comme ça, ça a l’air simple. Et pourtant, combien de formateurs noient leurs stagiaires dans 47 modules pour justifier un tarif ?
La deuxième erreur : trop de théorie, pas assez de pratique. Des slides descendantes, un formateur qui parle, des apprenants qui prennent des notes. Et une semaine plus tard, personne n’a ouvert Business Manager. Sa solution : des ateliers guidés en cours de session. On explique un concept, on applique immédiatement. Simple, mais ça change tout à la rétention.
Il y a aussi ce truc sur le syndrome de l’imposteur qu’il gère avec une logique froide : si les gens paient et repartent contents, c’est qu’ils ont appris quelque chose. Pas besoin d’être le meilleur mondial du sujet. Juste en savoir plus que les gens qui savent rien – et le transmettre honnêtement. (Ce qui est rare dans le secteur, au passage, où tout le monde se présente comme expert certifié Facebook Blueprint avec 12 ans d’expérience.)
Pour ceux qui envisagent de lancer leur propre activité de formation, Benoit Michaud détaille comment générer des millions via la vente de formation avec une approche copywriting très différente – mais complémentaire.
Pourquoi ce freelance facebook ads refuse de monter une agence
Plusieurs milliers d’auditeurs par mois. 3 à 5 prospects entrants par jour. Un blog qui rank, un podcast reconnu. Dans cette configuration, tout le monde autour lui dit la même chose : monte une agence.
Il dit non. Pas par peur, pas par flemme. Par conviction.
Le raisonnement est net : créer une agence, c’est changer de métier. Fini le Facebook Ads, bienvenue dans le management, le DRH, le biz dev, la gestion de tréso. Tu ne fais plus ce que tu vendais – tu gères des gens qui le font. Et pour Joseph Do, ce n’est pas ce qu’il veut.
« Je pense que si je faisais que du Facebook Ads dans une agence, je m’ennuierais. Et si j’étais un patron de gens qui font que du Facebook Ads, je pense que je m’ennuierais aussi. »
Voilà. C’est la phrase qui résume tout.
Ce qui l’intéresse, c’est le côté homme orchestre – faire du Facebook Ads, oui, mais aussi gérer sa compta, relancer les clients, créer du contenu, piloter sa tréso. Tout ça ensemble. L’ennui, pour lui, c’est la spécialisation totale. Pas la complexité.
C’est là qu’il cite le livre Company of One de Paul Jarvis – un ancien web designer reconverti formateur et auteur, qui défend l’idée que le freelancing n’est pas une étape vers autre chose. C’est un modèle en soi. Légitime. Stable. Choisi. Ce concept a visiblement été une épiphanie pour Joseph Do, et ce n’est pas le seul dans ce cas – certains font le chemin inverse, de freelance à agence, et mesurent après coup ce qu’ils ont perdu en autonomie.
Une nuance quand même, qu’il assume lui-même : ce confort n’est possible que parce qu’il a atteint une stabilité de revenus. Pour quelqu’un qui cherche encore ses premiers clients en tant que freelance facebook ads, la liberté de dire non à 90 % des prospects – ça viendra, mais pas dès le premier mois.
Locom : le collectif qui change les règles sans créer une agence
Pas d’agence, donc. Mais pas non plus du solo total. Joseph Do fait partie de Locom – un collectif de freelances experts des réseaux sociaux, cofondé par Marie Robin, son intervieweuse du jour.
Le principe : des consultants en stratégie social media, des community managers, des DA, des experts social ads, des profils data, des motion designers – tous indépendants, tous capables de se regrouper sur un projet sans structure juridique lourde derrière.
En pratique, ça ressemble à ça : Marie a un client (La Belle Assiette, via une agence web), elle a besoin d’un expert Facebook Ads. Elle appelle Joseph. Joseph définit la stratégie et les besoins créatifs. Marie produit les contenus. Les campagnes performent mieux parce que chacun est vraiment dans son domaine.
Pas de directeur artistique qu’on force sur un brief assurances parce que c’est le seul dispo en interne. Pas de chef de projet qui dispatche des tâches à des juniors débordés. Des gens qui choisissent leurs projets et leurs partenaires.
Le business model de Locom ? Il n’y en a pas vraiment – c’est une communauté d’entraide et de cross-sell. Tu me ramènes du boulot sur la vidéo, je te passe un client qui a besoin de contenu. Informel, mais efficace. Et sans les contraintes de charges fixes qui obligent une agence à dire oui à tout.
Pour ceux qui cherchent à organiser leur activité freelance avec les bons outils, ce modèle collectif pose une question intéressante sur la frontière entre solo et collaboration.
Ce que 50 épisodes de podcast apportent à un freelance facebook ads
No Pay No Play, lancé en janvier 2019, tous les 15 jours, plusieurs milliers d’auditeurs par mois. C’est une machine à inbound que Joseph Do a construite sans le planifier comme tel au départ.
Résultat concret : 3 à 5 prospects entrants par jour. Des gens qui arrivent déjà en sachant qui il est, ce qu’il fait, comment il pense. Le rendez-vous commercial ne commence pas par une présentation – il commence par un brief.
C’est exactement l’opposé de la prospection froide qu’il pratiquait en 2016. Et c’est pour ça que le podcast, le blog, la newsletter ne sont pas pour lui des à-côtés ou des projets créatifs. Ce sont les pièces maîtresses de son acquisition client.
Ce qui m’a scotché dans cette partie de l’interview, c’est qu’il ne parle jamais de chiffres d’affaires cible. Pas de palier à atteindre, pas de croissance à deux chiffres à annoncer. Il parle de stabilité, de choix, de satisfaction. C’est presque provocateur dans un espace où tout le monde affiche ses screenshots de revenus Stripe.
Et franchement – la plupart des discours sur le personal branding passent à côté de ça. Le contenu ne sert pas juste à être visible. Il sert à filtrer. À n’attirer que les bons clients, ceux avec qui tu as envie de bosser. Pour comprendre comment d’autres créateurs de contenu ont construit des audiences fidèles sur le long terme, apprendre à dire non fait partie des compétences sous-estimées du freelance qui dure.
Mais bon. Dire non à 90 % des leads entrants, c’est aussi un luxe que tout le monde ne peut pas se payer dès le départ. Joseph Do est le premier à le reconnaître – et c’est peut-être ça, la chose la plus utile de tout cet épisode.


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