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Kevin Espiritu – Le jardinier devenu millionnaire grâce à un blog 🧑‍🌾

Épisode diffusé le 18 juin 2024 par Les Makers | Podcast

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Un blog jardinage rentable à 7 millions de dollars par an. C’est le genre de phrase qu’on lit sur une landing page douteuse – et pourtant, c’est exactement ce que Kevin Espiritu a construit, à partir de rien, sans formation en marketing, sans réseau, sans capital de départ. Juste un étudiant en comptabilité qui ne savait pas distinguer une mauvaise herbe d’une fleur, et qui a passé un été à jardiner avec son frère en Californie du Sud.

Ce qui m’a frappé dans cette histoire – et je couvre des profils d’entrepreneurs depuis 2009, j’en ai vu des dizaines – c’est la banalité du point de départ. Pas de pivot stratégique. Pas de levée de fonds. Un blog créé pour partager une passion, sans aucune intention commerciale derrière. Et puis, quelque chose s’est enclenché.

Kevin Espiritu n’est pas le premier à avoir monté un business depuis un blog de niche. Mais son histoire pose une question que la plupart des gens esquivent : est-ce que la curiosité – la vraie, celle qui te pousse à passer 6 heures sur un forum de jardinage à minuit – est une compétence business ? Ou juste un trait de caractère agréable à mentionner dans une interview ?

De la Californie au blog jardinage rentable : un accident de vie

Treize ans. C’est l’âge qu’avait Kevin quand son père est mort dans un accident. Ce détail, il aurait pu l’éviter dans ses interviews. Il ne l’évite pas.

Ce qui se passe après est prévisible dans sa forme, surprenant dans ses conséquences. Kevin s’isole, se réfugie dans les hobbies – photographie nocturne, batterie, sciences, numismatique (oui, les pièces de monnaie). Il y passe entre 6 et 8 heures par jour. Ce n’est pas de la discipline. C’est de la survie habillée en curiosité.

Pendant ses années universitaires, ce pattern continue. Kevin est un geek au sens premier du terme : quelqu’un qui va au fond des choses, pas quelqu’un qui suit des tutoriels YouTube pour se donner bonne conscience. Et puis, l’été 2013. Il refuse de rester enfermé derrière son ordinateur, va voir son frère, et ils se lancent dans le jardinage ensemble. Kevin n’y connaît rien. Il s’en fiche. Il apprend.

La curiosité est clairement la qualité qui fait la différence entre un entrepreneur lambda et un excellent entrepreneur.

Dit par Kevin lui-même des années plus tard. Facile à dire rétrospectivement – mais ce qui est intéressant, c’est que cette curiosité se voit concrètement dans ce qu’il a fait : il jardinait la journée, dévorait des contenus sur le jardinage le soir, écrivait des articles, traînait sur des forums pour ramener du trafic. Pas de stratégie éditoriale. Juste quelqu’un qui veut comprendre.

Le blog Epic Gardening naît de cet été-là. Sans plan, sans objectif de revenus, sans editorial calendar soigneusement préparé dans Notion. Un blog pour partager. C’est tout.

400 dollars par mois, puis 70 000, puis 2,8 millions

Les chiffres de la progression d’Epic Gardening sont presque obscènes tellement ils sont lisses. Fin 2016 : 5 000 dollars par mois. En 2016 sur l’année : 70 400 dollars. En 2017 : 75 000 dollars. En 2018 : 225 000 dollars. En 2019 : 540 000 dollars. En 2020 : 2,8 millions. En 2021 : 7,3 millions.

Ce n’est pas une courbe de croissance. C’est une rampe de lancement.

Mais ce qui m’intéresse, c’est ce qui se passe entre 2016 et 2018 – le moment où Kevin comprend que son blog jardinage rentable peut devenir une vraie entreprise. Pas juste un side income. Une entreprise. Il redouble d’efforts. Et surtout, il comprend un truc que beaucoup ratent complètement : l’affiliation et la pub, c’est bien pour commencer, mais ce sont les produits en propre qui changent l’échelle du business.

Ses abonnés parlaient beaucoup de bacs de jardinage en métal ondulé. Un produit populaire en dehors des États-Unis, mais absent du marché américain. Kevin se lance. Zéro formation en conception de produits. Zéro expérience en supply chain. Tout le stock vendu en moins de deux semaines.

Il se lança tête baissée dans cette aventure alors même qu’il n’avait aucune formation en conception de produits.

Voilà. C’est exactement ça le truc.

Ce passage est crucial parce qu’il illustre quelque chose que les gens qui lisent des livres de business comprennent rarement avant de se planter : la légitimité ne précède pas l’action. Elle en est le résultat. Kevin n’avait pas attendu d’être un expert en e-commerce pour lancer un produit physique. Il avait une audience qui lui disait ce qu’elle voulait. Il a écouté.

Ce que le blog jardinage rentable doit au SEO – et pas que

Parlons SEO, puisqu’on est là pour ça. Kevin Espiritu s’y est intéressé quand son blog a commencé à prendre de l’ampleur – pas au départ, pas par calcul, mais parce qu’il voulait comprendre comment ça marchait. Encore cette curiosité.

Et c’est là que son profil de geek compulsif devient un vrai avantage concurrentiel. Quand quelqu’un comme Kevin apprend le référencement naturel, il ne lit pas deux articles et coche une case. Il creuse. Il teste. Il passe des heures sur des forums (il l’avait déjà fait pour ramener du trafic vers son blog au tout début). C’est une façon de travailler qui ne s’enseigne pas dans une formation de 7 étapes en 2 heures.

Mais le blog n’est qu’un canal parmi d’autres dans ce qui est devenu un vrai media brand. 2,8 millions d’abonnés YouTube. 1,6 million sur Instagram. Kevin Espiritu a compris – et c’est souvent là que ça coince pour les blogueurs – que le contenu écrit et le contenu vidéo ne sont pas en compétition. Ils nourrissent la même audience depuis des angles différents.

Ce que la plupart des créateurs de contenu ratent, c’est ça : ils choisissent un format et s’y accrochent comme si changer de canal était une trahison. Kevin a fait le contraire. Et ses chiffres sur YouTube – construits sur une base d’audience déjà fidélisée par le blog – ont explosé à une vitesse que des chaînes parties de zéro n’auraient jamais connue. Construire une audience blog avant de la convertir en audience vidéo, c’est une stratégie que peu de créateurs appliquent vraiment.

La journée type d’un créateur à 7 millions par an

600 000 dollars par mois. Si tu divises par 30 jours, ça fait 20 000 dollars par jour. Comment on organise ses journées quand on gère ça ?

La réponse de Kevin est anti-intuitive. Il ne jongle pas. Il ne parallélise pas. Chaque journée a une seule fonction : soit création de contenu, soit réunions produit et direction. Jamais les deux le même jour.

Il se focalise à 100% sur une seule activité par jour. Soit il va créer du contenu, soit il va participer à des réunions de développement de produits ou de direction. Il ne mélange pas les activités pour être plus efficace.

Ce qui m’agace dans la culture du productivity hacking, c’est qu’on vend du « deep work » à des gens qui ont encore du mal à finir une to-do list. Kevin applique quelque chose de beaucoup plus simple : il arrête de switcher. Et le fait qu’il se bloque aussi du temps pour jardiner – vraiment jardiner, les mains dans la terre – ce n’est pas un luxe. C’est la source.

Sans ça, Epic Gardening devient un business de jardinage géré par quelqu’un qui ne jardine plus. Et le contenu le sentirait immédiatement. Les audiences le sentent toujours. Savoir protéger son temps et dire non aux sollicitations qui diluent l’énergie créative, c’est peut-être la compétence la moins glamour – et la plus déterminante.

L’apprentissage par la pratique, ou comment ne pas devenir un expert du Notion vide

La plus grande leçon que Kevin Espiritu partage ? Ne pas se perdre dans l’apprentissage théorique. Il l’a vécu lui-même. Et franchement, c’est le piège que je vois le plus souvent chez les gens qui veulent créer un blog jardinage rentable – ou n’importe quel business en ligne.

Le problème, c’est que l’apprentissage théorique ressemble à du travail. Tu lis des articles, tu regardes des vidéos, tu prends des notes dans Notion avec de belles couleurs. Tu te sens productif. Mais tu n’as rien créé, rien publié, rien testé. Tu as juste accumulé des informations que tu n’as jamais confrontées au réel.

Kevin a appris le jardinage en jardinant. Pas très original dit comme ça. Mais appliqué au business – apprendre le SEO en créant des articles, apprendre l’e-commerce en lançant un produit sans formation préalable, apprendre YouTube en publiant des vidéos imparfaites – ça devient une vraie posture. Et une posture rare. Certains ont compris ça très jeune, d’autres passent des années à attendre d’être prêts.

Ce qu’il faut retenir – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise plus tôt dans ma carrière – c’est que la courbe d’apprentissage la plus rapide, c’est l’erreur corrigée. Pas le cours parfaitement assimilé. Tu publies un article qui ne ranke pas, tu comprends pourquoi, tu corriges. Tu lances un produit dont le stock part en deux semaines, tu relances avec plus de stock. C’est mécanique. Mais ça demande d’accepter d’être mauvais pendant un moment.

Une limite à dire clairement : cette approche fonctionne mieux quand les coûts d’erreur sont faibles. Kevin a commencé par un blog, pas par une usine. Si tu appliques le même « apprends en faisant » à un investissement de 200 000 euros en stock, c’est différent. Contexte compte.

Ce que l’histoire de Kevin dit vraiment sur la passion comme business

Bon. « Transformez votre passion en business. » On a tous lu cette phrase sur la couverture d’un livre en soldes à la Fnac. Et dans 90% des cas, c’est un mensonge par omission.

Parce que Kevin Espiritu n’a pas juste suivi sa passion. Il a passé des années à écrire des articles que personne ne lisait, à traîner sur des forums pour ramener 50 visiteurs par semaine, à apprendre le SEO pour un blog sur des tomates et des mauvaises herbes. Et il a fait ça pendant que son entourage attendait qu’il trouve un vrai travail de comptable.

La passion n’est pas la cause du succès. C’est le carburant qui permet de tenir pendant la phase où rien ne marche – la phase que la plupart abandonnent. En 2016, quand Epic Gardening dépasse les 5 000 dollars par mois pour la première fois, Kevin publie depuis trois ans. Trois ans à écrire sur du jardinage pour des revenus qui ne payaient pas un loyer en Californie.

Et c’est là que l’histoire de Kevin rejoint – et dépasse – les histoires classiques de créateurs qui ont transformé un projet personnel en machine à revenus. Pas parce que la passion était exceptionnelle. Parce que la durée l’était. La plupart des blogs jardinage rentables que tu peux trouver aujourd’hui ont été créés par des gens qui ont abandonné avant d’atteindre les 12 mois. Kevin en est à plus de dix ans.

Mais est-ce que n’importe qui pourrait reproduire ça ? Avec la même niche, le même contenu, la même curiosité compulsive ? La réponse honnête, c’est : probablement pas au même niveau. Kevin a une combinaison de timing (le jardinage urban a explosé pendant la pandémie, ce qui explique en partie le saut de 540k à 2,8M entre 2019 et 2020), de profil psychologique particulier, et d’une audience construite avant que la compétition arrive. Ça ne veut pas dire que c’est inimitable. Ça veut dire que copier la stratégie sans le contexte, c’est manquer l’essentiel.

Questions fréquentes

Comment Kevin Espiritu a-t-il rendu son blog jardinage rentable ? +
Kevin Espiritu a construit Epic Gardening sur plusieurs années en combinant du contenu de qualité, une vraie curiosité pour le SEO et les forums communautaires, puis en lançant ses propres produits physiques quand l'audience était suffisante. Le basculement vers la rentabilité sérieuse s'est produit quand il est passé de l'affiliation à la vente de produits en propre - notamment des bacs de jardinage en métal ondulé, un marché inexistant aux USA à l'époque. Tout son premier stock s'est vendu en moins de deux semaines.
Combien gagne Epic Gardening par mois ? +
Selon les données partagées dans l'épisode du podcast Les Makers, Kevin Espiritu génère plus de 600 000 dollars par mois via Epic Gardening, soit plus de 7,3 millions de dollars sur l'année 2021. En 2020, le chiffre était déjà de 2,8 millions, contre 540 000 dollars en 2019.
Peut-on vraiment créer un blog jardinage rentable en 2024 ? +
Oui, mais le contexte a changé. Quand Kevin Espiritu a lancé Epic Gardening en 2013, la compétition sur les contenus jardinage en anglais était bien moindre. Aujourd'hui, il faut une vraie différenciation éditoriale, une stratégie SEO solide et idéalement un angle communautaire ou vidéo. Le blog seul ne suffit plus - Kevin lui-même a diversifié sur YouTube (2,8M abonnés) et Instagram (1,6M abonnés).
Quelle est la principale leçon business de Kevin Espiritu ? +
L'apprentissage par la pratique. Kevin insiste sur ce point : beaucoup de débutants se perdent dans la théorie sans jamais publier, tester, lancer. Sa méthode : apprendre les bases, puis agir immédiatement même de façon imparfaite, corriger en cours de route. C'est ce qu'il a appliqué au jardinage, au SEO et au lancement de ses premiers produits physiques.
Comment Kevin Espiritu organise-t-il ses journées pour gérer un business à 7 millions par an ? +
Il applique une règle stricte : une seule activité par jour. Soit création de contenu, soit réunions de direction et développement produit. Jamais les deux en même temps. Il bloque aussi du temps régulier pour jardiner réellement - ce qui nourrit son contenu et lui évite de devenir un manager déconnecté de sa niche.
Quel est le vrai rôle du blog jardinage rentable dans l'empire Epic Gardening ? +
Le blog est la fondation, mais pas le seul pilier. Epic Gardening est aujourd'hui un media brand complet : blog SEO, chaîne YouTube, Instagram, e-commerce de produits physiques. Le blog jardinage rentable a servi à construire l'audience initiale et la crédibilité - les autres canaux ont amplifié et monétisé cette audience de façons différentes.

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