minage de cryptomonnaie

Monsieur-TK – Le parcours d’un créateur de contenu Crypto 📺 | E17

Épisode diffusé le 10 juillet 2023 par Les Makers | Podcast

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Le minage de cryptomonnaie comme revenu passif – l’idée fait sourire ou elle fait peur, rarement les deux à la fois. Pourtant c’est exactement ce qu’a construit un chimiste de formation, passionné de jeux vidéo PC, qui cherchait juste à se payer son cinéma et ses restos en dehors de son boulot. Monsieur TK – 83 000 abonnés sur Twitter, 72 000 sur YouTube – n’a pas commencé avec un plan de business. Il a commencé avec une bécane gamer, une facture d’électricité, et l’intuition que faire travailler sa machine la nuit était moins épuisant qu’analyser des graphiques pendant 3 heures après une journée de chimiste.

Ce qui m’a frappé dans cet épisode du podcast Les Makers, c’est la trajectoire. Pas la success story formatée du crypto-millionnaire. Plutôt le truc organique, un peu tordu, où une passion de geek rencontre un vide de marché francophone et finit par devenir un métier à temps plein. Et le bear market là-dedans – parce qu’on en parle, et franchement il faut en parler – ça remet les compteurs à leur vraie place.

Comment passe-t-on du forum anglais technique à 83 000 followers sur Twitter ? Pourquoi le minage de cryptomonnaie résiste mieux aux cycles que le trading ? Et c’est quoi exactement ce que fait Monsieur TK quand il dit qu’il surveille ses machines 2 minutes le matin et 2 minutes le soir ?

Ce que le minage de cryptomonnaie a de différent du trading

Commençons par crever l’abcès. Quand les gens entendent « crypto », ils pensent graphiques, chandeliers japonais, stops loss, analyse technique. Le truc stressant. Monsieur TK a regardé tout ça de loin et a choisi l’autre chemin.

Le principe est simple à expliquer, moins simple à mettre en place. Tu déploies des machines – ou des configurations logicielles pour le staking et les nodes – qui participent au fonctionnement d’une blockchain. Tu sécurises des transactions, tu valides des blocs. Et en échange, la blockchain te récompense en crypto.

« En gros, c’est-à-dire que je mets en place des machines, des installations quelles qu’elles soient pour faire travailler les blockchain, les cryptomonnaie pour que ça me génère une sorte de revenu passif. C’est-à-dire que moi je suis un, pour faire simple, je suis un gros feignant. »

Dit comme ça, ça a l’air simple. Mais la nuance est là : contrairement aux dividendes d’une action Total qu’on reçoit une fois par an, les « dividendes » du minage de cryptomonnaie tombent en moyenne tous les jours ou tous les deux jours. Ce que la finance traditionnelle appelle rendement, la blockchain l’appelle récompense. Et ça change psychologiquement tout.

Ce qui m’agace dans les articles classiques sur la crypto, c’est qu’ils opposent systématiquement trading actif et minage passif comme si c’était des philosophies antagonistes. En réalité, Monsieur TK a fait les deux. Il a juste choisi l’approche qui collait à sa vie – travail de chimiste, famille, potes – plutôt que l’approche la plus médiatisée.

Le minage de cryptomonnaie n’est pas non plus une solution miracle. L’investissement de départ – minimum 1 000 euros pour une petite installation en neuf – et la facture électrique sont des réalités concrètes. Et selon la cryptomonnaie visée, la machine ne sera pas la même : miner du Bitcoin ne demande pas le même matériel que miner du Monero. Ça paraît évident une fois qu’on le sait. Avant, pas du tout.

Le parcours d’un chimiste tombé dans la marmite en 2016

Monsieur TK est chimiste. Pas développeur, pas financier, pas geek professionnel. Juste quelqu’un qui a toujours monté ses propres PC parce qu’il jouait beaucoup aux jeux vidéo. C’est ce détail-là qui a tout changé.

En 2016, il cherche à gagner 50 euros par mois sur le côté. Pas 50 000. 50. « Je fais 50 euros sur un mois, je suis super content », dit-il dans le podcast. Et il découvre que si on a « un ordinateur pas trop dégueu », il y a moyen de le faire miner des cryptos quand on ne l’utilise pas.

« Plutôt que de m’embêter à analyser des chartes et cetera, je me dis bah quand je joue pas à l’ordi, je vais le laisser tourner, je vais le laisser faire ses calculs et je vais miner des cryptomonnaies et on verra bien ce que ça donne. »

Ce qui est intéressant ici – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise à l’époque – c’est que la première barrière n’était pas technique. C’était psychologique. Monsieur TK lui-même avoue s’être méfié au départ : « ça sent un peu l’arnaque, générer de l’argent avec un ordinateur, on l’a souvent vendu sur internet et c’est très rarement vrai ».

Donc il a testé avec sa propre machine. Sans investir d’euros directement. Juste en payant un peu plus d’électricité. Quand il a vu les cryptos se transformer en euros sur son compte bancaire, il a compris que ce n’était pas une arnaque. Et là, l’effet boule de neige.

Une machine. Puis deux. Puis une installation. Puis la question : est-ce qu’on garde le job de chimiste ou pas ? En 2021, il quitte. Depuis, il est fulltime dans le minage de cryptomonnaie et la vulgarisation de l’écosystème. C’est un parcours qui rappelle d’autres trajectoires de créateurs qui ont misé sur une niche technique avant tout le monde.

Pourquoi le bear market l’a surpris – mais pas là où on croit

Le bear market crypto, il connaît. C’est son deuxième. Le premier, fin 2017-2018, l’a stressé parce que c’était nouveau. Le deuxième, il l’a géré avec le calme de quelqu’un qui sait que les cycles existent et reviennent.

Mais ce qui l’a vraiment pris de court, c’est autre chose.

« Autant le bear market de la crypto, j’y étais bien préparé, autant le bear market des réseaux sociaux, j’y étais beaucoup moins, tu vois. »

Voilà. Le minage de cryptomonnaie ne vit pas dans une bulle. Il vit dans un écosystème médiatique qui monte et descend avec les prix. Quand la crypto intéresse moins les gens, les vues baissent, les abonnés stagnent, les statistiques plongent. Monsieur TK a vu ses dernières vidéos perdre massivement en portée et s’est remis en question : est-ce le concept ? Est-ce lui ? Est-ce le format ?

La réponse était plus simple et plus brutale : c’est le marché. Pas lui. Mais distinguer les deux prend du temps et de l’expérience. C’est souvent là que ça coince pour les créateurs de contenu liés à une thématique cyclique.

La leçon – pas nouvelle, mais rarement dite aussi franchement – c’est que le business d’un créateur de contenu spécialisé crypto est corrélé au marché qu’il couvre. Quand Bitcoin monte, tout le monde cherche des tutos de minage de cryptomonnaie. Quand Bitcoin chute, les recherches tombent. C’est mécanique. Et ça, aucun article SEO sur « comment vivre de YouTube » ne te le dit vraiment.

La niche française qui n’existait pas : comment Monsieur TK a construit son audience

En 2016-2017, la vulgarisation crypto en français sur la partie technique – validation de blocs, staking, nodes – n’existait quasiment pas. En anglais, les forums spécialisés débordaient déjà de contenu. En français, vide total.

Monsieur TK était sur ces forums anglophones pour apprendre. Et régulièrement, des gens lui demandaient de l’aide. Il les renvoyait vers les ressources. Eux répondaient qu’ils ne parlaient pas l’anglais technique. Alors il a décidé de le faire lui-même, en français, pour tout le monde.

Il commence par un blog. Pas par YouTube. Et cette séquence est intéressante pour quiconque réfléchit à son contenu long format et à sa distribution multiplateforme. Un lecteur lui dit un jour : « tes articles sont super, mais ça fonctionnerait encore mieux en vidéo ».

Première vidéo : il filme avec une GoPro tenue par des aiguilles à tricoter (oui, vraiment), sans trépied, avec la lumière naturelle d’une fenêtre qui crâme la moitié du visage. Il lit son article devant la caméra. On voit ses yeux qui bougent sur le texte. C’est, de son propre aveu, « dégueulasse ».

L’article avait fait 15-20 vues en une semaine. La vidéo en fait 100-200 en une journée. Le signal était là.

Ce qui a marché – et c’est une leçon que beaucoup de créateurs ratent – c’est qu’il n’a pas attendu d’avoir le setup parfait. Il a itéré à partir d’un contenu qui existait déjà. Le premier achat sérieux ? Un micro à 50 euros. Pas une caméra 4K. Parce que sur YouTube, un mauvais son tue une vidéo ; une image moyenne, ça passe.

Aujourd’hui, il fait encore le montage lui-même (ce qu’il déteste), répond personnellement à tous ses commentaires sur tous ses réseaux (ce qu’il aime), et délègue uniquement la création des miniatures à un graphiste. Solo. 83 000 abonnés Twitter. 72 000 sur YouTube. Le truc c’est que cette approche minimaliste a une valeur en soi – elle force à prioriser l’essentiel.

Les 5 étapes concrètes pour démarrer le minage de cryptomonnaie

Plusieurs fois dans le podcast, la question revient : OK mais concrètement, on fait comment ? Monsieur TK l’a résumé clairement, alors autant le dire sans détour.

Première étape : choisir la cryptomonnaie que tu veux miner. Pas n’importe laquelle, parce que le matériel nécessaire dépend de la crypto. Bitcoin et Monero ne demandent pas les mêmes machines. Cette décision conditionne tout le reste.

Deuxième étape : acquérir le matériel. Budget de départ minimum : environ 1 000 euros pour une petite installation en neuf. L’occasion peut faire baisser la facture. Vers le haut, il n’y a pas de plafond – une ferme de minage industrielle peut dépasser plusieurs dizaines de millions d’euros.

  • Troisième étape : installer et configurer la machine selon les tutos disponibles – c’est précisément là que la chaîne YouTube de Monsieur TK intervient, avec des guides étape par étape pensés pour des non-techniciens.

Quatrième étape : surveiller. Deux minutes le matin, deux minutes le soir. Une application envoie une notification si quelque chose part en vrille. Le reste du temps, la machine tourne seule.

Cinquième étape : convertir. Les récompenses arrivent en crypto. On peut les garder, les réinvestir, ou les convertir en euros. La boucle est bouclée.

Ce qui m’a frappé dans cette liste, c’est l’absence d’une étape souvent oubliée : l’étape zéro, celle où on choisit le bon moment pour entrer. Monsieur TK ne le dit pas explicitement, mais son histoire entière le sous-entend – entrer pendant un bear market, quand personne ne regarde, c’est souvent là que les meilleures installations se montent à moindre coût. Ou pas. C’est une décision personnelle, pas une certitude.

Ce que son parcours dit sur la création de contenu technique en France

Monsieur TK cite une inspiration inattendue : C’est pas sorcier. L’émission de vulgarisation scientifique des années 90-2000. « Je suis beaucoup de la génération C’est pas sorcier, où tout est expliqué, tout est vulgarisé. » Et quelque chose dans cette référence dit tout sur son approche.

Le minage de cryptomonnaie est perçu comme réservé aux geeks. Lui y a attiré des maçons et des jardiniers – des gens qui « n’ont jamais touché un ordinateur de leur vie si ce n’est pour aller sur Facebook ». C’est la preuve que la barrière était la pédagogie, pas la complexité intrinsèque du sujet.

« C’est un petit peu comme des LEGO hein. Si tu suis le plan au final tu y arrives. »

Et c’est exactement le problème de la plupart des contenus techniques français – ils s’adressent à ceux qui savent déjà, pas à ceux qui veulent apprendre. Monsieur TK a fait l’inverse. Et c’est cette inversion-là qui a créé l’audience, pas le minage de cryptomonnaie en lui-même.

Sur les plateformes, il a fait un choix net : Twitter et YouTube sont son cœur de business. Instagram et TikTok existent mais restent marginaux (2 000 abonnés sur TikTok contre 83 000 sur Twitter – la disproportion parle d’elle-même). La raison est simple : Twitter est nativement une plateforme crypto. La communauté y est. Aller chercher une audience crypto sur Instagram, c’est nager à contre-courant.

Ce positionnement par plateforme – choisir là où son public est déjà – est une leçon qui dépasse largement la crypto. D’ailleurs, ce genre de réflexion sur l’alignement entre audience et plateforme, d’autres créateurs freelance en ont fait le cœur de leur stratégie.

Et sur le repurposing : Monsieur TK fait du multiplateforme dans les deux sens. Une vidéo de 20 minutes devient un thread Twitter. Un thread Twitter peut devenir le script d’une vidéo. Une vidéo longue se découpe en shorts pour Instagram ou TikTok. Pas de contenu perdu. Pas de contenu dupliqué non plus – chaque format a sa propre logique.

La question que je me pose en finissant cet épisode : est-ce que son modèle est reproductible dans d’autres niches techniques ? La vulgarisation crypto en français en 2016 était un trou béant. Ces trous-là existent encore dans plein de domaines. Mais les trouver demande de traîner sur les forums anglais et de se demander : « pourquoi personne ne fait ça en français ? » – et d’avoir envie de répondre soi-même à la question.

Questions fréquentes

Comment démarrer le minage de cryptomonnaie quand on est débutant ? +
Le point de départ c'est choisir la cryptomonnaie que tu veux miner, parce que le matériel dépend directement de ce choix. Bitcoin ne demande pas les mêmes machines que Monero. Ensuite, acheter le matériel (minimum 1 000 euros pour une petite installation en neuf), l'installer et le configurer en suivant des tutos pas à pas - Monsieur TK en fait justement sur sa chaîne YouTube. Une fois la machine lancée, la surveillance se résume à 2-3 minutes par jour. Une application te prévient si quelque chose ne va pas.
Combien faut-il investir pour commencer le minage de cryptomonnaie ? +
Environ 1 000 euros pour une petite installation en neuf. L'occasion permet de réduire ce budget. Vers le haut, il n'y a pas de limite : une ferme de minage industrielle peut dépasser plusieurs dizaines de millions d'euros. Il faut aussi intégrer la facture d'électricité dans le calcul de rentabilité.
Le minage de cryptomonnaie est-il rentable pendant un bear market ? +
Ça dépend du coût d'électricité, de la crypto minée et du prix d'entrée sur le matériel. Monsieur TK, qui vit du minage depuis 2021, continue pendant les bear markets en restant confiant sur les cycles. La rentabilité baisse quand les cours chutent, mais les machines continuent de tourner. Certains considèrent que le bear market est justement le bon moment pour monter son installation, quand le matériel est moins cher et la concurrence moindre.
Quelle différence entre minage de cryptomonnaie, staking et node ? +
Les trois sont des façons de participer au fonctionnement d'une blockchain et d'être récompensé en crypto. Le minage traditionnel utilise des machines physiques qui effectuent des calculs. Le staking consiste à immobiliser des cryptos pour valider des transactions sur des blockchains proof-of-stake. Les nodes (ou master nodes) sont des serveurs qui participent à la validation et à la sécurisation du réseau. Monsieur TK pratique les trois selon les opportunités de chaque écosystème.
Faut-il être développeur ou informaticien pour faire du minage de cryptomonnaie ? +
Non. Monsieur TK est chimiste de formation, pas développeur. Parmi ses abonnés, il cite des maçons et des jardiniers qui ont réussi à lancer leurs installations en suivant ses tutos étape par étape. La comparaison qu'il fait est celle des LEGO : si tu suis le plan, tu y arrives. Avoir un intérêt pour le hardware PC est un plus, mais ce n'est pas une condition.
Pourquoi Monsieur TK a-t-il choisi Twitter et YouTube plutôt qu'Instagram pour parler de minage de cryptomonnaie ? +
Parce que la communauté crypto est nativement sur Twitter. Les grandes communautés de minage de cryptomonnaie, de trading et de blockchain y sont concentrées. Instagram attire un public différent, moins orienté finance ou tech. YouTube reste incontournable pour les tutos techniques longs. Résultat : 83 000 abonnés sur Twitter et 72 000 sur YouTube, contre 2 000 sur TikTok.

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