site de niche affiliation

Maximilien Labadie – Éditeur de site depuis 13 ans | E11

Épisode diffusé le 19 décembre 2022 par Les Makers | Podcast

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Un site de niche affiliation qui rapporte pendant que tu dors – c’est le fantasme. Maximilien Labadie, lui, l’a transformé en système rodé depuis 2009, depuis Bangkok puis depuis la périphérie de la capitale thaïlandaise où il s’est installé en 2012. À 33 ans au moment de cet épisode du podcast Les Makers, il a derrière lui 146 sites de niche vendus clés en main, une équipe de 10 personnes, et une conviction assez rare dans le milieu : non, il n’est pas trop tard pour se lancer.

Ce qui est frappant dans son parcours – et c’est pas si fréquent – c’est la linéarité tranquille. Pas de pivot brutal, pas de pivot-pivot-pivot comme on en entend à longueur de conférences. Il a commencé par faire des sites pour le plaisir, découvert WordPress en 2009, gagné ses premières centaines d’euros avec Adsense, et tout a coulé de là. La Thaïlande, la formation, les prestations de service, l’équipe. Un truc à la fois.

Mais revenons aux fondamentaux, parce que c’est là que ça devient intéressant.

Ce que personne ne dit vraiment sur le site de niche affiliation

La question qu’on pose toujours aux éditeurs de sites, c’est : « est-ce que c’est encore possible aujourd’hui ? » Et la réponse de Maximilien est un peu plus nuancée que le classique « oui bien sûr foncez ». Il distingue deux réalités qui coexistent : oui, c’est plus concurrentiel. Et oui, c’est aussi infiniment plus accessible.

« Aujourd’hui, c’est plus concurrentiel mais c’est quand même moins complexe qu’à l’époque quoi. Il y a tellement d’avantages en gain de temps pour se lancer, ça n’a jamais été aussi facile de se lancer. »

Dit comme ça, ça a l’air évident. Mais quand tu mesures ce que ça voulait dire de créer un site en 2006 – templates HTML/CSS à retoucher à la main, sous-domaines free.fr, zéro plugin d’affiliation – tu comprends que le commentaire pèse quelque chose.

Aujourd’hui, les outils comme Affilimax, Winaas ou AWP permettent d’automatiser la gestion des produits best-sellers sur un site de niche affiliation. Le catalogue Amazon se met à jour tout seul, les commissions tombent, et toi tu te concentres sur le contenu et le SEO. C’est une différence de nature, pas juste de degré.

La vraie barrière à l’entrée, selon lui ? Le temps. « Il faut juste avoir du temps disponible. » C’est brutal comme réponse parce que c’est honnête – et c’est souvent là que ça coince pour ceux qui veulent lancer un site de niche affiliation en « side project » sans jamais vraiment s’y mettre.

Trouver la bonne niche : le moment où les chiffres parlent avant le contenu

146 sites vendus clés en main, chaque idée de niche proposée une seule fois, jamais reconduite. C’est la contrainte que Maximilien s’est imposée – et qui, paradoxalement, est devenue l’un des arguments de vente de son offre.

Pour lui, un site de niche affiliation parfait repose sur trois ingrédients. Un volume d’intérêt suffisant – pas forcément massif, mais réel. Un produit ou service qui se vend, pas juste qui se cherche. Et une concurrence gérable, ou du moins qu’on peut contourner avec les bons moyens.

« Il faut avoir une niche qui a suffisamment d’intérêt, où tu vas pouvoir aussi vendre un produit, un service, quelque chose qui se vend bien idéalement. Une niche également qui doit pas être trop concurrentielle, à moins d’y mettre vraiment les moyens. »

C’est exactement le problème. La plupart des gens font l’erreur inverse : ils choisissent d’abord un sujet qui les passionne, puis cherchent rétrospectivement si ça peut rapporter. Maximilien fait le chemin dans l’autre sens – et il le dit sans s’excuser.

Les niches les plus rémunératrices qu’il cite ? Trading, crypto-monnaies, rencontres. Des secteurs où certains programmes d’affiliation reversent 50 à 60% de commission en revshare. C’est pas la même économie qu’Amazon à 3-4%. Et ça demande plus de travail de sourcing – trouver les bons programmes, valider la niche, construire l’autorité. Mais une fois que c’est en place, la mécanique est différente.

Pour comprendre comment fonctionne une marketplace comme Amazon en parallèle d’une stratégie de niche, il y a des lectures utiles – mais ça reste deux logiques distinctes qu’il ne faut pas confondre.

Le site parfait selon un éditeur qui en a construit des centaines

Passons au concret. Qu’est-ce que ça veut dire, un « site de niche affiliation parfait » ? La réponse de Maximilien est moins glamour que ce qu’on lit d’habitude dans les guides SEO.

« Pas forcément le plus beau du monde. » C’est sa phrase. Et elle résume une posture entière : l’UX prime sur l’esthétique, la clarté prime sur le design. Un site qui charge vite, qui se navigue sans effort, où les produits promus sont mis en avant – pas cachés dans le bas d’un article de 3000 mots.

Derrière cette vision, il y a une mécanique de conversion que beaucoup oublient quand ils construisent leur premier site de niche affiliation. On se focus sur le trafic, sur les backlinks, sur le nombre d’articles. Et on néglige la question de base : est-ce que le visiteur qui arrive sur cette page a envie de cliquer sur le lien d’affiliation ?

L’expérience utilisateur dans le SEO de niche, c’est pas juste un critère Google Core Web Vitals. C’est aussi une question de parcours : est-ce que la structure de la page guide naturellement vers l’action ?

Sur ce sujet, la réflexion de Maximilien rejoint d’autres travaux sur la stratégie CRO et l’optimisation du taux de conversion – même si le contexte e-commerce est différent, les principes de base se recoupent largement.

De l’Adsense aux prestations : comment un site de niche affiliation devient une agence

2009 : premiers sites WordPress, premières centaines d’euros avec Adsense. 2010-2011 : création d’un réseau de sites pour vendre des articles sponsorisés. 2015 : lancement d’une formation dédiée à l’affiliation. 2021 : prestations de service, création de sites de niche clés en main.

C’est une progression que j’aurais aimé qu’on me montre quand je couvrais les débuts de l’écosystème SEO français – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise, c’est que la diversification ne tue pas le modèle de départ, elle le consolide.

Maximilien l’explique lui-même : il a fait les choses dans l’ordre inverse de beaucoup d’autres. D’abord les sites perso, ensuite la formation, enfin les prestations. « En général, on commence plutôt à faire la prestation de service et ensuite on fait le business ou une formation, mais j’ai fait un petit peu à l’envers. »

« Ce que je préfère, c’est de pouvoir avoir des business qui rapportent en automatique. Ça c’est le top, j’aime bien développer ça. »

Voilà. La logique du revenu passif comme socle – et les activités de service comme couche supplémentaire, pas comme remplacement.

Aujourd’hui, sa plateforme SEO Pepper (gérée par son associé Elias) gère la vente de liens via un catalogue où les clients font « leurs courses ». Un abonnement netlinking entièrement délégué. C’est une brique qui tourne en quasi-autonomie pendant que lui gère la relation client sur les sites clés en main – la partie qu’il a du mal à déléguer, on y reviendra.

Pour ceux qui s’intéressent aux indicateurs pour piloter une activité en ligne, la structure multi-sources de revenus de Maximilien est un bon cas d’école : chaque brique a ses propres KPIs, et aucune ne dépend entièrement des autres.

Ce que personne ne délègue facilement – et pourquoi c’est un vrai problème

10 personnes dans l’équipe, sans compter les rédacteurs. Des gestionnaires de projets, des experts en netlinking, de la relation client. Et pourtant, Maximilien admet qu’il n’arrive pas encore à se déconnecter complètement.

« À chaque fois que je prends des vacances, le travail il s’accumule très vite et je me retrouve avec une boîte mail assez remplie. » Voyage en Corée du Sud, Singapour, Thaïlande avec sa mère – mais toujours une demi-heure par jour pour répondre à l’équipe et valider les décisions. Pas vraiment des vacances au sens plein.

Le nœud, il l’identifie clairement :

« Comme tu as une expertise, les clients quand ils te contactent, ils s’attendent aussi à pouvoir parler avec toi. Le client il s’attend à avoir les conseils de Maximilien, les idées de niche proposées par Maximilien. Et je sais pas en fait, peut-être que c’est une croyance limitante aussi que je me fixe. »

C’est exactement le problème de tous les fondateurs qui ont construit leur réputation avant leur équipe. La marque personnelle précède la marque commerciale – et ça crée une dépendance structurelle qui ne se règle pas juste en recrutant un chef de projet.

Il y a aussi une contrainte plus concrète : sur 146 sites de niche vendus, chaque idée est unique. Proposer constamment des niches fraîches, non recyclées, avec un potentiel réel – c’est une tâche créative et analytique qui ne s’automatise pas facilement. « Ça c’est quelque chose qui serait je pense un petit peu difficile à déléguer aussi. »

Mais il reconnaît que son équipe apprend vite. Que tout le monde est « dans la capacité de faire ce que je fais, c’est juste une question de temps ». C’est une position saine – et rare pour quelqu’un qui pourrait se réfugier derrière l’argument de l’expertise unique.

La question de la délégation dans le business en ligne n’est pas si différente de ce qu’on observe dans l’e-commerce classique. Ceux qui ont réussi à scaler un produit sur plusieurs marchés ont tous traversé cette phase où le fondateur doit apprendre à faire confiance à des processus plutôt qu’à lui-même.

Vivre en Thaïlande : le détail que les nomades numériques ne disent pas

Installé à Bangkok depuis 2012, en périphérie aujourd’hui. 10 ans. Une femme thaïlandaise rencontrée lors de son premier voyage. Et un niveau de thaï « courant » – suffisant pour parler bouffe et voyage, pas encore pour débattre de politique (ce qui est, reconnaissons-le, une compétence dont peu de gens ont réellement besoin).

Ce qui distingue Maximilien de beaucoup d’expatriés tech français en Asie du Sud-Est, c’est qu’il ne s’est pas réfugié dans la bulle. Pas de cercle fermé de Français qui reproduisent leur vie parisienne sous le soleil de Chiang Mai. Il cite Alan, il cite Antoine – des connaissances du milieu SEO francophone – mais son cercle social principal, c’est celui de sa femme. Des Thaïlandais.

« Si j’avais pas pris le thaï, j’aurais pas pu lier d’amitié avec les gens ici et ça aurait tout changé. Je serais certainement resté avec des expatriés. »

Sur le plan pratique – et c’est la question que tout le monde pose en coulisses – il balaie les inquiétudes sur la sécurité sociale, le système de santé, la couverture. « Une petite assurance sympa, c’est pas si cher que ça, tu peux être couvert pour tout finalement, ça va pas forcément coûter plus cher qu’une mutuelle en France. »

C’est peut-être la partie la moins sexy du discours nomade numérique. Mais c’est aussi la plus utile. Le site de niche affiliation construit les revenus – la structure de vie à l’étranger, elle, se construit avec des décisions beaucoup plus banales que ce qu’Instagram laisse croire.

Quand on compare avec d’autres modèles de business en ligne qui permettent de vivre différemment – comme construire une marque D2C à 10M€ – le modèle de l’éditeur de sites reste singulier dans sa discrétion. Pas de levée de fonds, pas de conférence de presse. Juste des sites qui tournent.

Pourquoi ce modèle mérite d’être pris au sérieux en 2024

On entend souvent que le site de niche affiliation est mort, tué par les mises à jour Google, l’IA, la concurrence des grands médias. Maximilien n’est pas dans la négation – il a vu les marchés évoluer depuis 2009, il sait que certaines stratégies de 2012 ne fonctionnent plus.

Mais il y a un argument qu’il glisse sans s’y attarder, et qui mérite qu’on s’y arrête : il y a encore des niches avec des programmes en revshare à 50-60% qui sont sous-exploitées. En 2022, au moment de l’enregistrement, c’était son constat. En 2024, la dynamique de fond n’a pas fondamentalement changé – certains secteurs restent sous-représentés en contenu de qualité francophone.

La vraie concurrence sur un site de niche affiliation, c’est rarement les grands médias. C’est les autres petits éditeurs qui ont eu la même idée trois mois avant vous. Et là, la vitesse d’exécution – rendue possible par les outils actuels – redevient un avantage décisif.

Sa formation lancée en 2015 – « dédiée à l’affiliation et aux sites de niche » – est une preuve de marché en elle-même. Des gens ont payé pour apprendre ce modèle, ont mis en pratique, ont obtenu des résultats suffisants pour que le bouche-à-oreille fonctionne. C’est pas une certification LinkedIn. C’est du résultat terrain.

Ce qui m’agace un peu dans le discours ambiant sur ce sujet, c’est qu’on oppose toujours « vieux modèle SEO » et « nouvelle ère IA ». Comme si les deux étaient incompatibles. Maximilien, lui, commençait déjà à regarder ChatGPT au moment de l’enregistrement – prudemment, honnêtement (« j’ai pas encore fait de tests dessus »), mais sans le rejeter. La vraie question c’est comment l’IA change le rapport à la production de contenu sur un site de niche affiliation – pas si elle le tue.

Pour ceux qui veulent creuser les leviers de croissance au-delà du SEO pur, les mécanismes du neuromarketing appliqués à la conversion peuvent nourrir la réflexion sur la structure des pages d’affiliation – mais c’est une autre conversation.

Questions fréquentes

Comment lancer un site de niche affiliation quand on débute ? +
La première étape, c'est de choisir une niche avec suffisamment de volume de recherche et un produit ou service qui se vend réellement. WordPress reste la base, et des plugins comme Affilimax ou AWP permettent d'automatiser la gestion des produits. Le contenu peut être produit sans gros budget si on a du temps disponible. L'erreur classique du débutant, c'est de choisir un sujet passion avant de vérifier si le marché de l'affiliation existe derrière.
Combien peut-on gagner avec un site de niche affiliation ? +
Ça dépend énormément de la niche et du programme choisi. Sur Amazon, les commissions tournent autour de 3-5%. Sur des niches comme le trading, la crypto ou les rencontres, certains programmes en revshare reversent 50 à 60%. Maximilien Labadie a commencé par générer quelques centaines d'euros mensuels avec Adsense avant de diversifier. Les revenus passifs réels prennent généralement 12 à 24 mois à se stabiliser.
Est-ce que le site de niche affiliation fonctionne encore en 2024 ? +
Oui, mais pas avec les mêmes méthodes qu'en 2012. La concurrence a augmenté, mais les outils aussi. Il reste des niches francophones sous-exploitées avec de bons programmes d'affiliation. L'IA change la donne sur la production de contenu, ce qui peut accélérer le lancement - mais ne remplace pas le travail de recherche de niche et de netlinking.
Quel est le meilleur plugin WordPress pour un site de niche affiliation Amazon ? +
Maximilien cite Affilimax, Winaas et AWP comme des outils qui permettent d'automatiser la mise à jour des produits best-sellers. Ces plugins récupèrent automatiquement les données Amazon et maintiennent les fiches produits à jour, ce qui évite d'avoir des liens morts ou des prix obsolètes.
Comment trouver une bonne niche pour faire de l'affiliation ? +
Trois critères selon Maximilien Labadie : un intérêt suffisant (volume de recherche), un produit ou service qui se vend bien, et une concurrence gérable. Les niches financières (trading, crypto) et les rencontres restent parmi les plus rémunératrices mais aussi les plus compétitives. L'idéal, c'est de croiser une demande réelle avec un programme d'affiliation généreux avant même de commencer à écrire le premier article.
Faut-il créer plusieurs sites de niche affiliation ou se concentrer sur un seul ? +
Maximilien a choisi le modèle multi-sites depuis le début. Ça dilue le risque en cas de mise à jour Google, et ça permet de tester plusieurs marchés. Mais ça demande plus d'organisation. Pour un débutant, mieux vaut souvent aller au bout d'un premier site avant de multiplier.

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