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#141 – WhatsApp pour l’e-commerce : Un nouveau levier incontournable pour votre rétention ? Entrevue avec Tiphaine Venet, Fondatrice @Simio

Épisode diffusé le 13 novembre 2024 par Danilo Mura Duchesnes

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Le whatsapp marketing e-commerce affiche 95 % de taux d’ouverture. Pas 30 %, pas 40 % – quatre-vingt-quinze. Face à un email qui stagne péniblement autour de 20 % (et encore, les bonnes marques), ce chiffre devrait provoquer quelque chose. Et pourtant, il y a peu d’e-commerçants français qui ont vraiment sauté le pas. Tiphaine Venet, co-fondatrice de Simio, en a fait son terrain de jeu depuis deux ans. Plus de 120 clients – Balzac Paris, Bally, Rouge, M Skincare – qui activent WhatsApp comme un vrai canal CRM, pas juste un numéro sur une page de contact.

Ce podcast avec Danilo Duchesnes (DHS Digital) m’a scotché. Pas parce que WhatsApp marketing, c’est nouveau – on en parle depuis l’acquisition par Meta. Mais parce que Tiphaine Venet explique des mécaniques concrètes, des flows réels, des cas clients nommés. Du concret. Ce qui m’agace dans la plupart des contenus sur le sujet, c’est l’abstraction permanente. ‘WhatsApp c’est l’avenir.’ OK. Et concrètement ?

Là on a des chiffres, des noms, des boutons. Alors autant en extraire ce qui vaut vraiment quelque chose.

Acquisition ou rétention ? La réponse tranche net

Première chose à clarifier. Et c’est Tiphaine qui le dit sans détour :

L’acquisition, elle est devenue plus chère. Maintenant faire des pubs qui convertissent, c’est de plus en plus difficile. Et donc nous on s’est dit OK, il faut qu’on arrive à donner le moyen aux e-commerçants de faire de la rétention avec leurs clients existants.

Voilà. Le diagnostic est posé.

WhatsApp, dans cette logique, n’est pas un canal pour aller chercher des inconnus. C’est un canal pour ne pas perdre ceux que tu as déjà. La nuance est importante – surtout pour des marques de compléments alimentaires où le client fait sa cure pendant 30 jours, puis repart faire son étude de marché. Le problème de la rétention dans ce secteur, c’est précisément là que ça se joue.

Mais il y a une condition non négociable : l’optine. Tu ne peux pas, légalement et éthiquement, bombarder quelqu’un sur WhatsApp sans son consentement explicite. Le numéro de téléphone donné au checkout ne suffit pas – il faut un optine dédié au canal WhatsApp. Ce point mérite d’être dit clairement parce que beaucoup de marques le zappent au démarrage.

Et puis il y a la comparaison avec le SMS qui revient dans la conversation. Honnêtement, le SMS marketing sent le roussi. Ta mère reçoit un SMS d’un numéro bizarre pour une commande qu’elle a faite, elle pense à une fraude. WhatsApp, c’est différent – le compte est certifié, le logo de la marque s’affiche, pas un numéro aléatoire. Ce n’est pas un détail cosmétique, c’est toute la différence entre un canal qui inspire confiance et un canal qui génère de l’anxiété.

La campagne Balzac x Barbour : un cas d’école en deux temps

Là on entre dans le vif. Tiphaine donne un exemple précis, daté, avec les mécaniques internes. C’est ce genre d’exemple qui vaut de l’or.

Balzac Paris lançait sa nouvelle collection en collab avec Barbour. Gros enjeu Q4. Deux messages, deux moments :

  • Le jeudi à 18h : un message d’annonce aux membres du club WhatsApp – ‘demain à 10h, la collection sort’
  • Le vendredi à 10h : un code d’accès exclusif, 48 heures avant tout le monde

Pendant 48 heures, la collection n’était accessible qu’avec ce code. Pas sur le site public. Pas pour les abonnés email. Uniquement pour les membres WhatsApp. C’est ça qui fait basculer le truc – l’exclusivité réelle, pas simulée.

Ils ont allié deux best practice de WhatsApp : faire une campagne en deux temps pour faire monter la FOMO, l’urgence, l’exclusivité. Et deuxième best practice, c’est d’avoir fait en exclusivité pendant 48 heures. Pour que les membres du club WhatsApp se sentent privilégiés d’être sur WhatsApp.

Dit comme ça, ça a l’air simple. Et en un sens, ça l’est – la mécanique est lisible. Ce qui est moins simple, c’est d’avoir la discipline de ne pas tout diluer en envoyant le même message à tout le monde ‘parce que c’est plus simple’.

La question que j’aurais posée après : combien de marques ont le courage de vraiment réserver quelque chose à un segment ? Pas grand monde. C’est souvent la fausse exclusivité – ‘accès en avant-première… mais tout le monde reçoit le même email à 9h59’.

Les automations qui font du whatsapp marketing e-commerce un canal sérieux

Passons aux flows. C’est là que le whatsapp marketing e-commerce sort vraiment du gadget pour entrer dans la stratégie CRM réelle. Et les automations que décrit Tiphaine ne réinventent pas la roue – elles reprennent les classiques de l’email marketing mais les construisent différemment.

Le panier abandonné. Classique, mais la mécanique WhatsApp change tout. Pas un email avec ‘Tu as oublié quelque chose’. Un message avec la photo dynamique du produit abandonné, et trois boutons :

Prix et livraison ? Un code promo, ou de la réassurance sur la qualité. Tu connais pas assez bien la marque ? Une vidéo du fondateur qui explique pourquoi il a créé ce produit. Tu veux des avis clients ? On t’envoie des témoignages. Et à la fin, dans tous les cas, un bouton vers le panier.

Ce qui est fort là-dedans – et Tiphaine le dit – c’est que chaque clic est taggué. Si 50 % des abandons cliquent sur ‘prix et livraison’, tu sais qu’il y a un problème de positionnement prix. Cette info remonte dans Klaviyo, dans Yotpo, dans n’importe quel CRM connecté. Tu construis une connaissance client que l’email ne te donnait pas.

(Ce qui est rare dans le secteur, c’est cet aspect data – la plupart des marques utilisent WhatsApp pour envoyer, pas pour écouter.)

Le back-in-stock. Tiphaine cite Le Petit Lunetier. Un produit en rupture ? Au lieu du formulaire email classique, tu proposes l’alerte WhatsApp. Le client reçoit directement dans son application la photo du produit avec son nom – ‘Tiphaine, ta paire est de retour, dépêche-toi.’ Un seul message, straight to the point. Pas d’interaction, pas de flow complexe. Juste l’intention d’achat capturée et activée au bon moment.

Le post-achat et le réachat. C’est le flow qui cartonne le plus selon Tiphaine – jusqu’à 30 % de taux de conversion. Pour les compléments alimentaires ou les cosmétiques avec des cycles d’usage, tu envoies un message vers le 25e jour (sur une cure de 30 jours). Tu demandes comment s’est passée l’expérience, tu récupères un avis client sur Trustpilot ou Judge.me, et tu proposes le réachat – la même cure ou une autre adaptée. C’est le genre d’automatisation qui, si elle était bien faite sur email, fonctionnerait aussi – mais le taux d’ouverture WhatsApp change radicalement les volumes.

Et il y a le Welcome flow, le cross-sell, les campagnes saisonnières… Bref, la logique des flows email qu’on connaît se transpose – mais avec des contraintes de format radicalement différentes.

Ce que personne ne dit sur le copywriting WhatsApp

Voilà le point où j’aurais voulu qu’on insiste plus dans le podcast. Le format WhatsApp n’est pas une newsletter rétrécie. C’est un autre medium.

Tiphaine le glisse en passant mais c’est crucial :

Une fois que tu as ouvert, l’énorme différence avec le mail et même le SMS, c’est que tu vas pouvoir avoir photos, vidéos, tu as un flow qui se lance, tu vas cliquer sur des boutons, en fonction de là où tu as cliqué, on va t’emmener dans une branche plutôt qu’une autre. Ça va s’adapter à chaque client.

C’est exactement le problème que les marques vont rencontrer en débarquant sur ce canal.

Quelques principes qui émergent de la conversation. Premièrement, le premier message n’a pas forcément de lien. Contra-intuitif pour quelqu’un qui vient de l’emailing, où chaque message a un CTA vers le site. Sur WhatsApp, la mécanique peut être : message 1 = question ou accroche, message 2 = contenu adapté à la réponse, message 3 = CTA. Ça dépend de la base client – certaines audiences veulent du direct (promo immédiate, lien direct), d’autres veulent de la relation. Le tout c’est de le savoir avant d’envoyer.

Deuxièmement, la photo du produit en lien dynamique – c’est une attente de base sur ce canal. Un message texte brut sur WhatsApp business, ça ressemble à un message de ton cousin. Pas à une marque premium.

Troisièmement – et c’est peut-être le plus important – les boutons remplacent le lien hypertexte. L’interaction n’est pas passive (clic sur un lien en bas d’un email que personne ne lit). Elle est active, structurée, orientée. Et chaque bouton est un signal de données. Ce changement de paradigme, c’est aussi ce qui différencie une landing page qui convertit d’une page qui informe – la différence entre guider et déverser de l’info.

Les chiffres qui donnent le vertige – et leurs limites

95 % de taux d’ouverture. Autour de 50 % de taux de clic. +20 % de CA sur quelques mois pour certains clients. Ce sont les chiffres que Tiphaine avance. Et franchement, même si on prend ces données avec prudence – ce sont des benchmarks observés sur une base spécifique de clients Simio – ils sont tellement supérieurs à l’email qu’ils méritent attention.

Mais voilà la nuance que j’aurais assumée à leur place : ces chiffres tiennent tant que WhatsApp reste un canal peu saturé. C’est un océan bleu aujourd’hui – peu de marques l’utilisent sérieusement. Quand tout le monde sera sur ce canal (et ça viendra), le taux d’ouverture va mécaniquement baisser. C’est ce qui s’est passé avec l’email il y a 15 ans.

La question c’est : est-ce que tu construis maintenant une base WhatsApp engagée, avec de l’exclusivité réelle, avant que le canal soit saturé ? Ou tu attends 2026 pour démarrer et tu regrettes d’avoir raté la fenêtre ?

Sur le cleaning de base – Tiphaine est claire. Tous les 3 mois environ, on sort les contacts qui n’ont pas ouvert les 3 dernières campagnes. La logique est implacable : avec 95 % de taux d’ouverture, si quelqu’un n’ouvre pas 3 messages de suite, il ne veut clairement pas être là. Le garder coûte – financièrement et en réputation. Surveiller ces indicateurs de base vaut autant pour WhatsApp que pour n’importe quel autre canal CRM.

Et ça c’est un signal pour les marques qui pensent que ‘plus de contacts = mieux’. Sur WhatsApp, une base de 2 000 personnes vraiment engagées bat une base de 20 000 fantômes. Le canal pénalise l’inertie plus que l’email ne le fait.

Comment Simio connecte WhatsApp à votre stack CRM existant

Dernier point pratique. Le whatsapp marketing e-commerce ne peut pas vivre en silo – sinon c’est un canal de plus à gérer manuellement, ce qui ne tient pas.

Simio a construit son intégration sur ce principe. Connexion native avec Shopify – les events e-commerce (commande, abandon de panier, retour en stock) déclenchent les automations directement. Connexion avec Klaviyo pour la synchro des segments, des tags, des propriétés clients. L’info collectée sur WhatsApp (quel bouton a cliqué l’utilisateur, quel flow il a suivi) remonte dans le CRM email. Et inversement – un segment créé dans Klaviyo peut cibler une campagne WhatsApp.

On peut se connecter avec n’importe quel outil qui a une API ouverte. Klaviyo, Yotpo, Brevo, Gorgias, Crisp, Zendesk. Vraiment tous les outils qui ont des API quoi.

C’est la partie qui me semble la plus sous-estimée dans les conversations autour de WhatsApp business. On parle beaucoup du canal. On parle peu de la donnée que ce canal génère et de comment elle enrichit le reste de la stratégie CRM. Une marque qui utilise bien les tags WhatsApp peut resegmenter ses séquences email, adapter ses messages push, affiner ses audiences publicitaires. La santé d’une marque e-commerce se mesure aussi à sa capacité à faire circuler cette connaissance client entre ses outils.

La collecte d’optines, elle, se fait principalement sur le site – pop-up combinée email + numéro de téléphone, case à cocher au checkout, ou campagne email vers la base existante pour les inviter à rejoindre le club WhatsApp. Balzac a fait les trois. C’est logique : tu as déjà la relation, tu proposes un nouveau canal avec une promesse claire (accès exclusif, avant-premières). Les gens qui optent sont par définition les plus engagés.

Du coup la base WhatsApp, elle est structurellement plus qualitative que la base email dès le départ. Et pour les marques qui font du whatsapp marketing e-commerce depuis quelques mois, c’est peut-être le chiffre le plus parlant : pas le taux d’ouverture, mais le profil de celui qui opte.

Reste à voir ce que ça donne quand les acteurs plus timides débarqueront en masse. Mais en attendant, la fenêtre est ouverte – et elle ne le sera pas indéfiniment.

Questions fréquentes

WhatsApp marketing e-commerce : quel taux d'ouverture peut-on espérer ? +
Selon Tiphaine Venet, fondatrice de Simio, le taux d'ouverture moyen sur WhatsApp tourne autour de 95 %, contre environ 20 % pour l'email. Le taux de clic atteint quant à lui environ 50 % en moyenne. Ces chiffres s'expliquent par la faible saturation du canal - les consommateurs reçoivent encore peu de messages marketing sur WhatsApp comparé à leur boîte email.
Comment collecter des optines WhatsApp pour son e-commerce ? +
Plusieurs méthodes existent : une pop-up sur le site combinant email et numéro de téléphone, une case à cocher au checkout, ou une campagne email vers la base existante pour inviter les clients à rejoindre le club WhatsApp. L'important est d'avoir un consentement explicite pour le canal WhatsApp - le numéro de téléphone donné lors d'une commande ne suffit pas.
Quelles automations WhatsApp fonctionnent le mieux en e-commerce ? +
D'après les retours de Simio, le panier abandonné et le flow post-achat sont les plus performants. Le post-achat peut atteindre 30 % de taux de conversion, notamment pour les marques de compléments alimentaires qui relancent le réachat vers le 25e jour d'une cure de 30 jours. Le back-in-stock fonctionne également très bien - un seul message avec la photo du produit, straight to the point.
WhatsApp business est-il un canal d'acquisition ou de rétention ? +
Clairement un canal de rétention. Il nécessite un optine préalable, donc s'adresse à des clients ou prospects déjà dans la base. L'objectif principal est d'empêcher le churn et d'augmenter la LTV des clients existants, pas d'aller chercher de nouvelles audiences.
Comment intégrer WhatsApp marketing avec Klaviyo et Shopify ? +
Des solutions comme Simio proposent une intégration native avec Shopify (pour déclencher les automations sur les events e-commerce) et une connexion API avec Klaviyo. Les données collectées sur WhatsApp - notamment les tags issus des boutons cliqués - remontent dans le CRM email pour permettre une resegmentation. L'inverse fonctionne aussi : un segment Klaviyo peut cibler une campagne WhatsApp.
Combien de temps faut-il pour voir des résultats avec le whatsapp marketing e-commerce ? +
Tiphaine Venet cite des résultats de +20 % de CA sur quelques mois pour certains clients de Simio. La solution a connu une forte accélération en 2024, avec plus de 30 nouveaux clients onboardés en un seul mois avant le Q4. Les premières automations (panier abandonné, welcome flow) montrent des résultats dès les premières semaines.

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