blog rentable niche

La méthode simple pour un blog qui cartonne – avec André Dubois

Épisode diffusé le 26 janvier 2016 par Marketing Mania

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Un blog rentable niche sur le ball trap – oui, le tir au fusil sur plateau d’argile – qui génère 2 à 3 000 euros par mois. André Dubois, blogueur à plein temps depuis bientôt trois ans, a construit ça dans un marché de 25 000 licenciés en France. Pas des millions. Vingt-cinq mille. Et c’est précisément pour ça que ça marche.

L’épisode du podcast Marketing Mania où Stanislas Leloup l’interroge date de janvier 2016 (une époque où ‘lancer son blog’ était déjà un marché encombré), mais ce qu’André raconte là-dedans reste d’une clarté brutale. Parce qu’il n’explique pas une méthode. Il raconte ses erreurs. Et ses erreurs sont exactement celles que font encore aujourd’hui 80 % des gens qui se lancent.

Ce qui m’agace dans la plupart des contenus sur la monétisation de blog, c’est qu’on parle de trafic. Toujours du trafic. André, lui, commence par son premier site – un bide commercial malgré 3 à 4 000 inscrits – et explique pourquoi un marché trop large te coupe les jambes avant que t’aies commencé à courir.

Le site recrutement : quand le trafic ne suffit pas à faire un blog rentable niche

En 2010-2011, André bosse dans l’industrie. Il tombe par hasard sur Esprit Riche, le blog de Michael Ferrari, et réalise que des gens vivent de leurs sites. La mécanique lui parle. Il monte un blog sur le recrutement – son terrain de jeu naturel, vu qu’il sait se vendre en entretien.

Le blog décolle. Communauté fidèle, bons articles, promotion active. Quelques milliers d’inscrits. Tous les indicateurs au vert, comme il dit. Puis vient le moment de monétiser.

«En trois quatre mois d’efforts j’ai dû faire je crois 800 900 € de ventes, donc c’est très très peu.»

C’est exactement le problème. Pas un problème d’exécution. Un problème de marché.

Le recrutement, ça concerne potentiellement des millions de personnes. Des chômeurs, des cadres en reconversion, des jeunes diplômés, des quinquas qui changent de secteur. Des situations radicalement différentes, des niveaux d’études différents, des parcours différents. Et quand tu parles à tout le monde, tu ne parles précisément à personne – personne ne se retrouve assez dans ce que tu dis pour sortir sa carte bleue.

«Si j’avais fait un site qui était beaucoup plus niché sur une catégorie de métier ou une tranche d’âge ou une problématique particulière, j’aurais eu sans doute moins de trafic, mais sans doute beaucoup beaucoup plus de ventes.»

Dit comme ça, ça a l’air simple. Mais combien de gens lancent encore aujourd’hui un blog ‘santé’, un blog ‘finance personnelle’, un blog ‘développement personnel’ en pensant que la taille du marché est une garantie ? Le problème, c’est aussi la concurrence directe : André avait créé une formation sur les entretiens d’embauche, et il se retrouvait face à des dizaines de bouquins à 15 euros qui traitaient exactement le même sujet. Impossible de lutter.

Pour aller plus loin sur les erreurs classiques qui freinent un business, 5 choses que vous faites à l’envers dans votre business détaille des mécanismes similaires avec un angle différent.

25 000 licenciés et zéro concurrence sérieuse : la vraie définition d’un blog rentable niche

Parallèlement au site recrutement, André s’installe dans la Somme et découvre le ball trap – tir au fusil sur plateaux d’argile, sport d’adresse très technique. Il rejoint un club. Et là, il remarque quelque chose.

Les gens arrivent avec du matériel à 3 000 ou 4 000 euros. Des fusils de compétition, des licences, des cartouches (ça coûte, les munitions). Toute la panoplie. Sauf l’essentiel : la technique. Très peu de moniteurs, pas de culture de la formation comme au golf ou au tennis. Les gens essaient de faire comme ils peuvent, avec l’apprentissage du grand-père.

«Il y a plein de gens qui veulent progresser, ils ont pas l’information. Donc moi je vais la donner.»

Voilà. Pas de grande révélation marketing. Une intuition simple : il y a un besoin, il n’y a pas d’offre. Il achète des centaines de livres sur le sujet, des DVD, il pratique, il teste. Et il monte ses propres formations.

Résultat : 35 formations à 67 euros en promo, 137 euros plein pot. Des gens qui achètent 10, 15, 20 produits. Un marché de niche qui dépense – parce que les passionnés de sport dépensent, c’est leur hobby, c’est pas une contrainte. Contrairement aux chercheurs d’emploi qui perçoivent la formation comme quelque chose qui devrait être gratuit ou pris en charge.

Ce que j’aurais voulu qu’on me dise – enfin, ce que j’aurais voulu lire clairement quelque part – c’est cette distinction entre un marché large où les gens ont besoin de toi et un marché niche où les gens ont envie de toi. La différence de conversion entre les deux est monstrueuse. Kevin Espiritu l’a aussi compris à sa façon dans le jardinage : comment un blog de jardinage est devenu un empire, c’est la même logique appliquée à une passion communautaire.

Ce que la peur du « trop petit » coûte vraiment

Quand André raconte cette histoire à ses clients en coaching sur Trafic Mania, il se heurte toujours à la même objection. Les gens ont peur de se limiter. ‘Si je cible trop, je ferme une partie de mon marché.’

C’est une réaction naturelle. Compréhensible, même. Et complètement contre-productive.

Sa réponse est directe : ce qui compte, c’est le taux de conversion, pas le volume de trafic. Un petit groupe de personnes fidèles qui rachètent régulièrement vaut infiniment plus que des milliers de visiteurs qui ne cliquent jamais sur ‘commander’. Et les gens sur internet ont, selon lui, ‘un petit côté un peu égoïste’ – ils veulent que tu leur parles à eux, précisément, pas à une catégorie floue à laquelle ils appartiennent vaguement.

Son exemple sur la santé est parlant : un blog généraliste santé se retrouve face à Docissimo. Impossible. Mais ‘les femmes actives de plus de 40 ans, comment garder la ligne avec 1 heure de sport par semaine, programmes précis’ – là, tu converties. Parce que quelqu’un se reconnaît dans chaque mot de cette phrase.

Il a aussi un client dont le site santé mélange des articles sur l’alimentation avec des produits sur l’arrêt du tabac et la perte de poids. Pas de cohérence. Résultat : l’audience ne sait pas pourquoi elle est là, et elle n’achète pas. C’est souvent là que ça coince, ce manque de ligne éditoriale claire.

Perdre son boulot pour enfin monétiser son blog rentable niche

Il y a un moment dans cette conversation qui m’a arrêté. André explique que la monétisation de ses sites a fonctionné au moment précis où il a perdu son emploi. Pas avant. Après.

Il n’est pas sûr de ce que ça signifie exactement – barrière psychologique, temps disponible, urgence qui transforme la motivation. Probablement un peu des trois. Mais le fait est là : avec un boulot, le blog reste en mode amateur. Il n’est jamais vraiment monétisé sérieusement, même quand tous les indicateurs sont au vert.

«Le jour où tu te retrouves et que tu as pas le choix et tu dis bon OK, je vais tenter l’aventure et je vais vraiment me donner les moyens de réussir. Comme par hasard, c’est à ce moment-là que j’ai réussi.»

Bah, c’est inconfortable à entendre. Parce que ça sous-entend que la sécurité du salariat peut être une forme de frein déguisé en confort. André est prudent là-dessus – il ne dit pas qu’il faut quitter son boulot pour que ça marche. Mais il pense que beaucoup de gens bloguent à mi-gaz inconsciemment, parce qu’une partie d’eux n’a pas vraiment besoin que ça réussisse.

La question du temps joue aussi, clairement. André estime qu’un blog sérieux en solo demande au minimum 20 heures par semaine. Un article de 3 000 mots lui prend 10 heures. Il n’y a pas de miracle là-dedans. Et il est ‘très étonné’ quand il voit des gens prétendre faire ça en quelques heures – sauf s’ils délèguent massivement, ce qui suppose un budget ou une organisation que la plupart des débutants n’ont pas.

Pour ceux qui jonglent avec leur temps et veulent structurer leur organisation, apprendre à gérer son temps et ses priorités donne des pistes concrètes.

Trafic Mania : aller chercher la compétition là où elle est

Paradoxe. Après avoir construit son blog rentable niche sur un marché quasi vierge, André lance Trafic Mania dans la niche du web marketing français – l’une des plus encombrées qui soit. Pourquoi ?

Sa logique est contre-intuitive : dans un marché compétitif, il est plus facile de se faire connaître. Les articles invités sont plus simples à placer. Les comptes Twitter avec 15 000 followers existent. L’écosystème est là. Dans le ball trap, il était seul – et lancer du trafic sur un sujet où personne ne parle de toi, c’est une galère constante.

Mais il tire une conclusion importante sur la saturation. Il ‘n’y croit pas vraiment’. Son analogie : les séries policières à la télé. Il en existe des dizaines, chacune avec son angle – le mentaliste utilise la déduction, Les Experts utilisent l’ADN. Ce n’est pas la thématique qui te différencie, c’est ton angle d’attaque, ton ton, ce que tu apportes de différent.

75 % de son temps va désormais à Trafic Mania. Le blog du ball trap tourne en pilote automatique – il n’a pas publié depuis 6 semaines au moment de l’interview, mais décembre a été excellent. Voilà ce que donne un blog bien construit : une base de clients fidèles qui achète même quand tu ne publie pas.

Côté modèle économique, il fait évoluer les choses : réduction du catalogue (35 formations c’est trop, les acheteurs se perdent), trois ou quatre produits premium à 137 euros, et le reste en espace abonnement à 30-40 euros par mois. La logique derrière : quand tu as épuisé l’acquisition facile, tu vends plus à ceux que tu as déjà. La récurrence devient plus rentable que la chasse perpétuelle aux nouveaux visiteurs. Si tu te demandes comment bâtir un espace de formation cohérent, créer une formation en ligne de A à Z couvre les étapes depuis le brainstorming.

Ce qu’André n’a pas fait – et pourquoi ça compte

Décathlon (enfin, une filiale) l’a approché. Des marques d’armes et d’équipements aussi. Il a dit non à tout. Pas par principe militant anti-pub – par calcul de crédibilité.

Il ne veut pas être redevable à un fabricant qui lui dirait un jour pourquoi tu as parlé de mon concurrent. Il veut 100 % d’indépendance éditoriale. Dans un marché où les passionnés savent exactement ce qu’ils achètent et pourquoi, cette indépendance vaut plus que n’importe quelle commission d’affiliation.

De la même façon, il ne s’est pas lancé dans la vente de matériel physique. Les armureries en ligne font ça depuis des années et le font bien. Lui, son truc c’est le savoir. Pas la logistique, pas les stocks, pas la guerre des prix sur les cartouches. Cette clarté – ‘je vends de la connaissance, pas des produits’ – lui a évité de se disperser dans des directions qui auraient mangé son énergie sans renforcer ce qui marche.

Ce positionnement d’expert indépendant, André Dubois l’a construit par défaut autant que par stratégie. (Ce qui est souvent le cas des bons positionnements, d’ailleurs.) Il ne s’est jamais présenté comme moniteur officiel – il n’en a ni le statut ni l’assurance. Il est le mec qui a lu 300 bouquins, testé toutes les techniques, et en parle mieux que la plupart des moniteurs officiels. C’est différent. Et c’est vendable.

Une limite que j’assume : ce modèle fonctionne parce que le ball trap est un sport technique où la progression est mesurable et où les gens ont un budget. Transposé à une niche où les gens ne dépensent pas naturellement – le développement personnel au sens large, par exemple, ou certaines thématiques lifestyle – les résultats seraient probablement très différents. La niche ne suffit pas. La niche doit aussi être une niche de dépensiers.

Pour aller plus loin sur la question de la légitimité quand on se positionne comme expert sans titre officiel, 3 manières de prouver sa légitimité en business traite exactement ce sujet.

Ce que je retiens surtout de cette conversation, c’est que le blog rentable niche n’est pas une question de taille de marché. C’est une question de précision chirurgicale dans le positionnement – et de courage d’assumer qu’on s’adresse à 25 000 personnes plutôt qu’à 4 millions. Le reste suit, ou ne suit pas.

Questions fréquentes

Comment créer un blog rentable niche quand on part de zéro ? +
La première étape, c'est de choisir une niche suffisamment précise pour que les gens qui la lisent se sentent directement concernés. André Dubois recommande de vérifier que ta niche cible des gens qui dépensent déjà de l'argent dans ce domaine - licences, équipements, formations. Ensuite tu produis du contenu de qualité pendant plusieurs mois avant de chercher à monétiser. Il estime qu'on peut atteindre 2 à 3 000 euros par mois en 4 à 5 mois si on a déjà l'expérience - mais la phase d'apprentissage allonge souvent ce délai d'un à deux ans.
Quelle différence entre un blog rentable niche et un blog généraliste ? +
Le taux de conversion. Un blog généraliste peut générer beaucoup de trafic mais peu de ventes, parce que les visiteurs ne se sentent pas assez ciblés pour acheter. André Dubois a eu 3 à 4 000 inscrits sur son blog recrutement et fait à peine 800 à 900 euros en plusieurs mois. Sur le ball trap, avec une audience bien plus petite, il vit à plein temps depuis plusieurs années.
Combien de temps faut-il pour vivre de son blog ? +
André Dubois estime qu'avec de l'expérience, on peut atteindre 2 à 3 000 euros par mois en 4 à 5 mois. Mais pour quelqu'un qui débute, il faut compter entre un an et demi et deux ans - et consacrer au minimum 20 heures par semaine au projet. Un article de 3 000 mots lui prend 10 heures. Il n'y a pas de raccourci réaliste sans délégation.
Comment monétiser un blog de niche ? +
André Dubois utilise principalement des formations en ligne, vendues entre 67 et 137 euros. Il a testé jusqu'à 35 formations différentes avant de simplifier son catalogue. En 2016 il pivotait vers un modèle avec quelques produits premium à prix élevé et un espace abonnement à 30-40 euros par mois pour générer de la récurrence. La pub Facebook lui servait à relancer l'acquisition avec une offre d'entrée à 7 euros pour créer un premier acte d'achat.
Est-ce qu'un marché de niche peut se saturer ? +
André Dubois n'y croit pas vraiment. Il pense qu'à un moment tu peux avoir atteint l'essentiel de ton marché cible disponible - et c'est là que le modèle par abonnement devient plus pertinent que la chasse aux nouveaux visiteurs. Mais une niche ne se sature pas au sens où elle deviendrait impénétrable : si tu trouves un angle différent, un ton particulier, tu peux toujours exister même dans un espace où d'autres sont déjà présents.
Faut-il quitter son emploi pour réussir son blog rentable niche ? +
André Dubois ne le dit pas explicitement, mais il constate que ses blogs ont vraiment décollé au moment où il a perdu son boulot. Il parle d'une possible barrière psychologique - le fait d'avoir un salaire enlève l'urgence de vraiment monétiser. Il estime qu'on peut bloguer sérieusement en salarié, mais que ça demande une organisation très stricte et une vraie volonté de traiter le blog comme un projet professionnel, pas comme un hobby.

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