stratégie de monétisation blog

Faire évoluer sa stratégie marketing quand ça ne décolle pas – avec Alex Bortolotti

Épisode diffusé le 2 février 2016 par Marketing Mania

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Une stratégie de monétisation blog, ça commence rarement là où on le croit. Pour Alexandre Bortolotti, fondateur de WpMarmite, ça a démarré pendant un stage – par frustration, pas par plan. Il cherchait des thèmes WordPress en français. Il n’en trouvait pas. Alors il a créé le site qu’il aurait voulu trouver. Ce détail, anodin en apparence, explique en réalité tout ce qui a suivi : les revenus, la pénalité Google, la boutique qu’il a fermée, la formation qu’il a lancée deux fois. Stanislas Leloup l’a reçu dans le podcast Marketing Mania, et l’entretien est une leçon de pragmatisme un peu brutale – du genre qu’on n’entend pas souvent dans les contenus sur le business en ligne.

De 32 euros à 3 000 euros par mois : ce que cachent les vrais débuts

Le premier mois, WpMarmite (qui s’appelait encore WP-term-pro, avec les tirets ridicules) a généré 32 euros. Trente-deux. Bortolotti l’admet sans fard, et c’est justement ce qui rend son parcours utile à raconter. Il a arrêté son master au bout de six mois – avec 400 à 500 euros de revenus mensuels en poche, pas plus. Un pari, clairement.

Sa stratégie de monétisation blog à ce stade ? De l’affiliation pure. Des articles de sélection de thèmes WordPress, une vingtaine de thèmes par article, des screenshots, des descriptions, des liens trackés vers les pages d’achat. Il en a produit pendant deux ans, à raison d’une sélection mensuelle. Soit une bonne cinquantaine d’articles construits sur le même format.

Ce qu’il ne dit pas directement mais qui transparaît dans l’entretien : il avait trouvé une niche laissée libre par les anglophones. En France, personne ne faisait ça sérieusement. Et Google, à l’époque, récompensait ce type de contenu structuré et spécialisé. Le trafic a grimpé. Les revenus aussi. Jusqu’à 3 000 visiteurs par jour, 3 000 euros par mois. La ligne d’arrivée, version 1.0.

Mais bon. Ce genre de plateau dure rarement.

La pénalité Google – ou quand la stratégie de monétisation blog s’effondre en un mois

Avril ou mai – Bortolotti ne se souvient plus exactement. Ce qu’il se souvient, c’est du chiffre : de 3 000 visiteurs par jour à 300. En quelques semaines. Une chute de 90 % du trafic organique. Il avait changé de nom de domaine (de WP-term-pro vers WpMarmite), ses liens d’affiliation n’étaient peut-être pas correctement configurés, ses articles de sélection avaient une structure trop similaire entre eux. Probablement les trois à la fois.

« Je suis passé de 3 000 visiteurs par jour à 300 en un mois. Donc ça a piqué un petit peu. »

Dit comme ça, ça semble presque calme. Mais derrière cette formule, il y a six mois de travail dans le vide – ou presque. Les seules visites qui tenaient encore : les accès directs et les sites référents. Google avait simplement désindexé l’essentiel du contenu.

Ce qui m’a frappé dans cette partie de l’interview, c’est pas la chute elle-même – ça arrive, les pénalités Google, c’est documenté. C’est la réaction. Bortolotti continue à produire du contenu pendant six mois. Il bidouille, désindexe certaines pages, refocalise le maillage interne, réécrit. Sans garantie que ça va fonctionner. Et en octobre-novembre, le trafic remonte. Six mois. Pas six semaines – six mois de travail sur un site qui n’est quasiment plus visible sur le moteur qui représentait 90 % de son acquisition.

(C’est là que la plupart des gens auraient basculé vers autre chose, au fait.)

Pour ceux qui veulent creuser la dimension psychologique de ce genre de moment – continuer quand rien ne valide ce qu’on fait – le mindset entrepreneur est souvent l’angle sous-estimé dans ces histoires de pivot.

Thème de France : la bonne idée au mauvais moment

Pendant la période de pénalité, Bortolotti lance en parallèle une boutique de thèmes WordPress en français : Thème de France. L’hypothèse de départ est solide. Ses lecteurs lui demandent des thèmes en français. Il voit dans les commentaires et par email que la barrière de la langue bloque une partie du public. Il s’associe avec un ancien camarade de licence, trouve une graphiste, développe des thèmes pensés pour être simples – pas les monstres multifonctions avec quatre kilomètres d’options.

« Il faut il aurait fallu être deux ou trois à plein temps à bosser à fond là-dessus pour pouvoir que ça décolle à mon sens. »

Honnête. Et probablement vrai.

La boutique générait entre 1 000 et 1 500 euros de chiffre d’affaires mensuel. Pas négligeable – mais pas suffisant pour faire vivre deux personnes et investir dans la croissance. L’associé était à mi-temps, au mieux. Bortolotti était seul à plein temps sur le projet. Quatre thèmes produits, deux en préparation – et puis, un matin, la décision de couper.

Ce qui est intéressant dans la façon dont il raconte ça : il ne cherche pas de coupable unique. Marché français plus étroit que l’anglophone, concurrence massive sur ThemeForest et les thèmes gratuits, manque de ressources humaines, designs peut-être pas exactement alignés avec ce que cherchait le public. « Les planètes étaient pas alignées », dit-il. Ce n’est pas une explication – c’est une façon d’accepter une combinaison de facteurs qu’il ne contrôlait pas tous.

Et quand il ferme, il met les thèmes sur GitHub en open source. Pour couper le cordon proprement – ne plus avoir de support à gérer, ne plus avoir l’esprit encombré. Se libérer pour passer à autre chose. C’est ce que la plupart des entrepreneurs ne font pas assez vite : reconnaître quand un business plafonne et décider d’arrêter les dégâts plutôt que de persister pour rien.

Relooker son thème : la stratégie de monétisation blog version formation

Avant même la boutique Thème de France, Bortolotti avait tenté de lancer une formation. Et là, il fait l’erreur classique – il le dit lui-même. Il produit l’intégralité du contenu avant de vendre quoi que ce soit. Plusieurs mois de travail. Sans valider que le marché était là.

« J’ai fait l’erreur classique, c’est que j’ai fait tout le contenu avant. »

Voilà.

Ce qui sauve le lancement, c’est qu’il finit par ouvrir une version beta – vendue 29 euros. Environ 1 500 euros de ventes. Puis une pré-vente à 79 euros : 2 500 euros supplémentaires. Total : autour de 4 000 à 5 000 euros sur les deux phases. Il regarde le PayPal faire « bam bam bam » et se dit que ça marche. C’est satisfaisant. Mais il reconnaît lui-même qu’il n’avait pas vraiment d’objectif défini – il ne savait pas si c’était un succès ou un semi-échec.

Ce flou est révélateur. Quand on lance sans benchmark, on ne peut pas vraiment piloter. On réagit à ce qu’on voit – et ce qu’on voit, c’est souvent ce qu’on a envie de voir. Pour construire une stratégie de monétisation blog qui tient dans le temps, il faut poser des critères de succès avant le lancement, pas après. C’est exactement ce que Stanislas Leloup explique dans sa propre pédagogie sur les expérimentations : une hypothèse sans critère de validation n’est pas une hypothèse, c’est un espoir.

Si tu veux creuser la mécanique d’un lancement de formation – de la création à la mise sur le marché – la méthode en 3 étapes pour lancer une formation donne un cadre concret à cette étape. Et si tu en es encore au brainstorming du concept, la phase de brainstorming pour créer une formation vaut le détour.

WpMarmite : ce qu’on ne comprend pas sur le branding

Le nom WpMarmite n’était pas une trouvaille de génie. C’était une sortie de secours. Bortolotti détestait WP-term-pro – les tirets dans une URL, c’est ingérable à l’oral, catastrophique pour la mémorisation. Il avait décidé que le nouveau nom devait commencer par WP et sonner bien en français et en anglais.

Méthode employée : ouvrir un dictionnaire franco-anglais, éplucher toutes les pages, noter les mots qui passent bien dans les deux langues. Et tomber sur « marmite ». Ce qui m’amuse là-dedans – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise quand je couvrais ce type de sujet – c’est que le meilleur branding est souvent artisanal, pas stratégique. Pas de consultant, pas d’atelier de naming facturé 3 000 euros. Un dictionnaire, du temps, et une intuition.

Résultat : dans les événements WordPress francophones, les gens appellent Bortolotti « Monsieur Marmite ». Il a créé un univers visuel autour du thème de la cuisine – le logo, les métaphores dans les contenus. La marque est mémorable. Stanislas Leloup raconte qu’une amie lui demandait une ressource WordPress – il a donné l’URL de WpMarmite de mémoire, sans hésiter.

C’est le test ultime d’une marque : est-ce qu’elle reste dans la tête après une seule exposition ? Pour WpMarmite, oui. Pour la plupart des blogs « WP-quelque-chose-pro », non. Et cette logique de mémorabilité s’applique bien au-delà du choix d’un nom – comment un blog devient rentable sur une niche repose souvent sur ce même principe d’identité forte et différenciante.

Ce que l’histoire de Bortolotti dit vraiment sur le blogging en 2016 – et après

3 000 euros par mois. 10 000 abonnés à la newsletter. Entre 1 500 et 3 000 visiteurs par jour en semaine. Une liste email nettoyée régulièrement – il supprime les abonnés qui n’ouvrent plus, pour rester sur une base active. Ces chiffres datent de 2016. Et ils sont le résultat de plusieurs années de travail – plus une pénalité Google qui aurait pu tout faire capoter.

Ce qui ressort de cette interview, au fond, c’est une approche de l’expérimentation assez rare : Bortolotti teste, documente mentalement ce qui fonctionne, coupe ce qui plafonne, et reconstruit. Il ne se présente pas comme un marketeur – Leloup le note lui-même. Mais il comprend intuitivement ce que les marketeurs mettent en framework : une hypothèse, un test, une décision. Sans romantisme autour du « projet de vie ».

La boutique Thème de France avait du potentiel – les ventes étaient là. Il l’a fermée quand il a réalisé qu’il ne pouvait pas la faire croître seul. La formation Relooker son thème avait été faite dans le mauvais ordre – il l’a quand même lancée et en a tiré 4 000 à 5 000 euros. La pénalité Google aurait pu le forcer à tout abandonner – il a tenu six mois et récupéré son trafic.

(Ce qui est rare dans le secteur, au passage. La plupart abandonnent avant les six mois.)

Et la stratégie de monétisation blog qui en résulte aujourd’hui tient sur deux jambes : affiliation d’un côté, produit numérique de l’autre. 50-50 à l’époque de l’interview. Chaque jambe protège l’autre – si Google punit encore, la liste email et les ventes directes tiennent. Si le produit ne se vend pas un mois, l’affiliation compense. Ce n’est pas de la diversification pour la diversification – c’est de la résilience construite par l’expérience d’avoir tout perdu en quelques semaines.

Reste une question que Leloup n’a pas vraiment posée : est-ce que cette stratégie de monétisation blog est reproductible pour quelqu’un qui démarre aujourd’hui, dans un marché WordPress infiniment plus saturé qu’en 2013 ? Bortolotti lui-même l’a pressenti avec Thème de France – la concurrence s’est durcie. Mais le principe sous-jacent – trouver un angle que personne ne couvre sérieusement, produire du contenu long terme, diversifier les revenus progressivement – ça, ça n’a pas d’expiration date. Le modèle du freelance qui construit ses propres actifs en parallèle est d’ailleurs une déclinaison directe de ce même principe.

Questions fréquentes

Comment construire une stratégie de monétisation blog quand on part de zéro ? +
L'exemple d'Alexandre Bortolotti montre qu'on commence souvent par une seule source de revenus - l'affiliation dans son cas - avant de diversifier. Le point clé : chaque nouveau levier doit être testé comme une hypothèse, pas lancé à fond d'emblée. Bortolotti a produit une formation entière avant de la vendre - il le qualifie lui-même d'erreur classique. La bonne approche : valider la demande d'abord, produire ensuite.
Comment survivre à une pénalité Google quand on vit de son blog ? +
Bortolotti a perdu 90 % de son trafic en un mois - de 3 000 à 300 visiteurs par jour. Il a tenu six mois en continuant à produire du contenu qualitatif, en désindexant certaines pages redondantes, et en s'appuyant sur sa liste email. La leçon : une liste email active est le seul actif qui survit aux mises à jour d'algorithme. Sans elle, une pénalité Google peut tuer un business du jour au lendemain.
Quelle est la différence entre persévérer et s'obstiner sur un projet qui ne marche pas ? +
C'est la question centrale que pose cette interview. Bortolotti a persévéré six mois sur la pénalité Google - et ça a payé. Il a fermé la boutique Thème de France après quelques mois de ventes plates - et c'était la bonne décision. La différence ? Sur la pénalité, il avait des leviers à activer. Sur la boutique, le problème structurel (manque de ressources humaines, marché trop étroit) ne se résolvait pas par plus de travail.
Est-ce que l'affiliation WordPress est encore viable comme stratégie de monétisation blog ? +
En 2016, Bortolotti générait 50 % de ses 3 000 euros mensuels via l'affiliation de thèmes WordPress. Le marché s'est durci depuis, mais le principe reste valide : être la meilleure ressource francophone sur un sujet précis, produire du contenu de référence, et placer des liens d'affiliation pertinents. Ce qui a changé : il faut beaucoup plus de contenu de qualité pour tenir les premières positions Google.
Comment choisir un bon nom de marque pour un blog ou un site ? +
WpMarmite n'est pas sorti d'un atelier de branding. Bortolotti a épluché un dictionnaire franco-anglais page par page pour trouver un mot qui sonne bien dans les deux langues et commence par WP. Le test simple : est-ce que quelqu'un peut retenir l'URL après l'avoir entendue une seule fois ? WP-term-pro : non. WpMarmite : oui.
Faut-il créer son produit avant ou après avoir validé la demande ? +
Bortolotti a d'abord créé sa formation Relooker son thème en entier - plusieurs mois de travail - avant de la proposer au marché. Il le reconnaît comme l'erreur classique. La bonne séquence : sonder son audience, ouvrir une liste d'attente ou une pré-vente, et produire le contenu au fur et à mesure en fonction des retours des premiers acheteurs.

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