Il y a des erreurs site internet que presque tout le monde fait – et qui coûtent des clients chaque jour sans que personne ne s’en rende compte. Aline, coach business chez TheBBoost et animatrice du podcast Je peux pas, j’ai business, a posé la question cash dans son épisode 46 : pourquoi le site de ton concurrent, celui qui est franchement moche, signe des clients pendant que le tien – beau, soigné, payé cher – reste silencieux ? La réponse tient en sept points. Et aucun ne nécessite un budget.
Ce que j’ai trouvé intéressant dans cet épisode, c’est qu’Aline ne parle pas de SEO technique, de vitesse de chargement ou de responsive design. Elle parle de trucs humains. De clarté. De confiance. Du fait que quand tu es trop dans ton sujet, tu oublies que les gens qui arrivent sur ton site ne savent pas ce que tu sais. Ce fameux syndrome de l’expert – dont elle a consacré l’épisode précédent – qui fait des ravages sur les pages d’accueil de freelances et d’entrepreneurs partout en France.
Avec 10 000 téléchargements par mois franchis au moment de l’enregistrement, son podcast a clairement touché un nerf. Et cet épisode-là, en particulier, méritait qu’on en tire quelque chose de solide.
La bannière : la première des erreurs site internet que personne ne corrige
Cinq secondes. C’est à peu près le temps qu’un visiteur passe à décider s’il reste ou s’il ferme l’onglet. Aline est directe là-dessus, et elle a raison.
L’erreur la plus fréquente sur une page d’accueil ? Une bannière – c’est-à-dire la zone tout en haut, celle qu’on voit sans scroller – qui ne dit rien d’utile. Pas rien du tout. Quelque chose. Mais quelque chose de vague.
« Devenez la meilleure version de vous-même. Mais what ? C’est quoi ? C’est un coach ? C’est un hypnothérapeute ? C’est un coach sportif ? C’est un truc wo-wo de gourou ? Ça peut être tout et n’importe quoi, ça ne veut rien dire. »
Dit comme ça, ça pique. Mais c’est exactement le problème.
Il y a trois formes que ça prend concrètement. Soit la bannière est trop floue – le visiteur ne comprend pas ce que tu fais. Soit elle manque d’accroche – il comprend ton métier mais pas pourquoi te choisir toi. Soit elle utilise du jargon – « coaching abondance et money mindset » ne veut rien dire pour quelqu’un qui n’est pas déjà dans cet univers.
La formule qu’elle propose : métier + bénéfice concret + élément différenciateur. Trois éléments. Pas de rime, pas de jeu de mots, pas de poème. Juste ce que tu fais, ce que ça apporte, pourquoi toi et pas un autre.
L’exercice qu’elle donne à tous ses coachés : brainstormer 20 phrases minimum. Pas pour choisir la première venue. Pour se forcer à sortir des formulations évidentes et trouver quelque chose qui sonne vrai – et qui soit compréhensible pour quelqu’un qui ne connaît rien à ta thématique.
La liste email : ce que tu perds chaque jour sans t’en rendre compte
Voilà une des erreurs site internet qui fait le plus de dégâts sur le long terme – et qui reste la plus sous-estimée.
Aline tire la sonnette d’alarme. Si tu n’as pas de formulaire de capture d’email sur ton site, ou si tu en as un mais que tu n’envoies jamais rien après, tu laisses filer des contacts qui ne reviendront probablement jamais.
« Combien de fois ça vous est arrivé de vous dire vous avez visité un super site et vous ne le retrouvez pas. Moi, ça m’arrive tout le temps. J’ai beau aller dans mon historique et le décortiquer à fond, je ne retrouve pas ce super site. »
C’est exactement le problème. Et c’est pourtant évitable.
L’argument des réseaux sociaux, elle l’entend. Mais Instagram peut supprimer ton compte demain. Par erreur. Sans recours. Ta liste email, elle, t’appartient. C’est peut-être la seule chose dans ton marketing digital qui ne dépend pas d’un algorithme ou d’une politique de plateforme. (Et ça, beaucoup d’entrepreneurs l’apprennent trop tard.)
Pour construire cette liste, la mécanique est simple : une newsletter régulière – une fois par semaine ou deux fois par mois – et un cadeau gratuit en téléchargement, en lien avec ce que tu vends. Pas un truc générique. Quelque chose qui filtre naturellement les bonnes personnes. Si tu veux aller plus loin sur ce que doit contenir cette newsletter pour vraiment convertir, les 4 étapes d’une newsletter inoubliable selon Nina Ramen donnent un cadre très concret.
Et les campagnes d’emailing, une fois la liste constituée ? C’est un autre sujet – mais les 6 facteurs qui boostent une campagne emailing méritent d’être lus avant de se lancer.
Le freebie caché et la navigation torturée
Troisième erreur dans la continuité directe : ton cadeau gratuit existe, mais personne ne le trouve. Il est en bas d’un article de 8 000 mots. Ou sur la page contact. Ou accessible en trois clics depuis un sous-menu.
Aline est catégorique là-dessus :
« Arrêtez d’aller cacher vos freebies tout au fin fond des articles de 8000 mots. Ça ne sert à rien ou au bas-fond de votre page contact, où personne ira le chercher. Mettez-le dès que possible sur votre page d’accueil. »
Voilà. Le freebie doit être visible sans scroller, idéalement juste sous la bannière. Pas après trois paragraphes de présentation. Maintenant.
La quatrième erreur s’enchaîne naturellement : une navigation trop complexe. Des menus dans des sous-menus, des pages enfouies, des noms de rubriques cryptiques. Le principe qu’elle pose est simple – toutes tes pages principales doivent être accessibles depuis le menu ou en moins de trois clics. Page contact, page à propos, page offres, blog ou podcast : tout ça dans le menu. Pas planqué, pas noyé.
Et surtout – et c’est un point qu’elle soulève que je trouve souvent négligé – cacher sa page offre envoie un signal bizarre. Comme si tu avais honte de vendre. Les visiteurs qui arrivent sur un site où la page « travailler avec moi » est visible dès le départ savent immédiatement qu’ils ont affaire à un professionnel. Ceux qui doivent la chercher… la cherchent rarement.
La clarté de navigation, c’est aussi un sujet traité en profondeur du côté des landing pages. Optimiser ses landing pages avec Unbounce donne des pistes complémentaires sur ce qui accroche et ce qui fait fuir un visiteur.
Ton offre n’est pas claire – et les gens achètent un plan, pas une promesse floue
Cinquième erreur. Celle qui fait le plus mal, en général, parce qu’elle touche à l’ego.
« Je m’adapte à vous » – cette phrase qui semble généreuse, flexible, centrée client. En réalité, elle est terrifiante pour un prospect. Parce qu’elle ne dit rien sur ce qui va se passer concrètement. Aucune étape. Aucun processus. Rien de tangible.
Aline prend l’exemple du graphiste :
« Toi, tu as peut-être un process que ça te paraît évident parce que tu l’appliques tous les jours, mais qui serait peut-être judicieux de mettre en avant sur ton site internet. Par exemple, si tu fais tout le temps une première session d’appel pendant une heure pour comprendre le business… il faut que ce soit marqué. »
Ce qu’elle dit là, c’est que le process que tu trouves banal – parce que tu le fais depuis des mois ou des années – est exactement ce qui rassure un client qui ne t’a jamais rencontré. Les gens n’achètent pas une prestation abstraite. Ils achètent une liste d’étapes. Une sensation de contrôle. La certitude que tu sais où tu les emmènes.
Cette mécanique de réassurance par la preuve et la structure, c’est directement lié à la façon dont on perçoit l’autorité d’un expert. Le principe d’autorité – comment être perçu comme une figure qui sait ce qu’elle fait – est documenté en détail dans cet épisode sur l’autorité et la persuasion. Et si tu veux aller jusqu’à écrire une page de vente complète autour de ce process, la méthode de Thomas Gobeaux pour une page de vente efficace est un bon complément.
Une limite à mentionner – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise plus tôt : cette approche par le process ne fonctionne pas si le process en question est vide. Si tu n’as pas encore de méthode vraiment structurée, inventer des étapes pour faire joli va se retourner contre toi dès le premier appel client. La clarté sur le site doit refléter une clarté réelle dans ta façon de travailler.
Légitimité et erreurs site internet : le syndrome de l’imposteur qui coûte des ventes
Sixième erreur. Et celle-là, elle touche directement à quelque chose que beaucoup d’entrepreneurs évitent de regarder en face.
Tu n’oses pas affirmer ton expertise. Pas parce que tu n’en as pas. Parce que le syndrome de l’imposteur te dit que tu n’en as pas assez. Et du coup, sur ton site, tu restes vague. Tu n’affiches pas de diplômes. Tu n’oses pas mettre des témoignages. Tu te présentes en mode « je fais de mon mieux ».
Résultat ? Le visiteur ne sait pas pourquoi te faire confiance. Et il passe son chemin.
« Est-ce que vous allez aller chez un dentiste qui dit qu’il est pas encore diplômé et qu’il est dans ses six premiers mois d’étude ? Non, bien sûr que non. Vous allez préférer aller chez le dentiste qui a affiché dans son bureau sa plaque et qui a affiché qu’il a 15 diplômes et 8000 formations parce que ça vous rassure. »
C’est brutal. Mais c’est juste.
Les pistes qu’elle donne sont concrètes. Créer du contenu régulier – articles, vidéos, podcast – qui montre que tu maîtrises ton sujet. Mettre des témoignages clients visibles, pas planqués en bas de page. Afficher les logos des médias, livres ou événements où tu es apparu. Et si tu as une certification ou un diplôme, le mentionner en haut de ta page à propos – pas en bas, pas en petits caractères.
La logique derrière tout ça, c’est la valeur perçue : ce que le visiteur croit que tu vaux avant même de t’avoir contacté. Et cette perception se construit sur des signaux. Chaque signal absent est une occasion ratée.
Mais bon – il y a aussi des cas où trop de preuves d’autorité créent une distance. Si ton audience est constituée de débutants complets, afficher 12 certifications peut intimider plutôt que rassurer. C’est un équilibre à trouver en fonction de qui tu cibles vraiment.
La septième erreur : payer doit être simple, ou tu perds la vente
Septième et dernière erreur évoquée dans la description de l’épisode – la transcription s’arrête avant qu’Aline la développe en détail, mais elle la formule clairement : le processus de paiement doit être fluide, simple et rassurant. Le moindre accroc – un bouton qui ne fonctionne pas, une page de paiement qui fait peur, trop d’étapes entre le « j’achète » et le « c’est payé » – et la vente s’évapore.
C’est souvent la dernière chose qu’on vérifie. Et c’est souvent là que ça plante.
Ces erreurs site internet, prises ensemble, forment un tableau assez cohérent. Ce ne sont pas des erreurs techniques. Ce sont des erreurs de communication, de confiance, de clarté. Des erreurs qui disent aux visiteurs – sans le formuler – « je ne suis pas sûr de moi » ou « je n’ai pas vraiment réfléchi à toi ».
La bonne nouvelle c’est que ça se corrige. Souvent sans budget. Souvent en une après-midi de travail, si tu sais quoi regarder. Et si tu veux aller plus loin sur la façon dont la psychologie influence les décisions d’achat sur un site, le biais narratif et ses mécanismes de persuasion éclaire pas mal de choses sur pourquoi certaines pages convertissent et d’autres non.
La vraie question que pose cet épisode, au fond : est-ce que ton site parle à quelqu’un qui ne te connaît pas encore – ou est-ce qu’il parle à une version imaginaire de toi-même ?











