investissement immobilier et formation en ligne

Christopher Wangen – À la tête d’un groupe valorisé 30 millions d’euros | E5

Épisode diffusé le 7 novembre 2022 par Les Makers | Podcast

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L’investissement immobilier et formation en ligne, c’est le combo que beaucoup promettent sur Instagram. Christopher Wangen, lui, l’a vraiment fait – à 31 ans, avec un groupe valorisé à 30 millions d’euros, cinq entreprises actives et une équipe de 16 à 18 personnes. Pas un influenceur qui vend du rêve. Un gamin de Nice, fils d’un artisan carreleur et d’une fonctionnaire, qui a acheté son premier bien à Budapest à 23 ans avec 15 000 à 20 000 euros d’économies. Dans l’épisode 5 du podcast Les Makers, il raconte comment tout ça s’est construit – sans déclic magique, sans grand plan, juste une notification Booking à 21h qui a tout changé.

Ce qui m’a frappé en écoutant cet épisode, c’est l’absence de bullshit. Wangen ne te vend pas la méthode en 7 étapes. Il raconte les peurs, les erreurs de recrutement, sa mère dans la cuisine qui croit qu’il va mourir quand il lui dit qu’il quitte son CDI. Et surtout – il parle de la vraie question que peu d’entrepreneurs osent poser à voix haute : comment grandir sans perdre les gens pour qui tu faisais tout ça ?

La notification Booking qui a tout déclenché

Décembre 2014, probablement. Christopher Wangen sort d’un rendez-vous client à 20h-21h. Il vient de signer – 300 ou 400 euros de commission, la fierté habituelle du salarié en gestion de patrimoine. Et là, son téléphone vibre.

« Je regarde mon téléphone et j’ai une notif booking 150 € de réservation. Et je pense que c’est là que j’ai eu des déclics. En me disant attends. Je suis quelque part, je gagne de l’argent quelque part, mais j’en gagne aussi d’un autre côté. Et là j’en gagne, peu importe que je travaille, peu importe que je dorme, peu importe que je sois dans ma douche. »

Dit comme ça, ça ressemble à une anecdote de coach de développement personnel. Sauf que la notification en question concernait un appartement à Budapest – sa ville, son premier investissement, acheté parce qu’un pote avait une femme hongroise et avait entraîné Wangen dans l’aventure. Pas de stratégie. Du hasard, bien géré.

Le vrai déclic, c’est pas la somme. 150 euros, c’est rien. C’est la simultanéité. Lui qui bosse, l’argent qui tombe ailleurs en même temps. Cette idée-là, une fois qu’elle s’installe dans la tête d’un fils d’artisan qui a grandi en regardant son père tout faire seul, elle ne repart plus. Pour aller plus loin sur cette logique de diversification des sources de revenus, les patterns sont souvent les mêmes.

À 25 ans, il quitte la gestion de patrimoine. Crée sa première boîte de formation. Parce que des potes lui demandent comment il a fait. Parce que quelqu’un lui dit « tu devrais aider les gens à faire ça. » Et parce que lui, depuis ses 10 ans – sa mère s’en souvient, pas lui – il vidait sa tirelire et disait qu’il aiderait les gens à gagner plus d’argent.

De Budapest à un groupe de 30 millions : ce que personne ne te dit sur l’investissement immobilier et formation en ligne

En 2022, quand l’épisode sort, Wangen a cinq structures actives. Une plateforme qui met en relation investisseurs et professionnels de l’immobilier notés et recommandés. Une foncière créée pour financer les affaires que ses participants de formation ne peuvent pas obtenir seuls. Une plateforme de crowdfunding en cours de construction. Et plusieurs SCI pour l’acquisition de biens. Plus les entreprises de formation, bien sûr – le cœur historique du groupe.

Le lien entre investissement immobilier et formation en ligne, chez Wangen, c’est pas juste du cross-selling. C’est une conviction profonde : que les gens « qui viennent d’en bas » – comme ses parents – n’ont pas accès aux mêmes outils financiers. Et que l’éducation est le seul levier qui change ça structurellement.

« Je veux aider une personne qui était à la place de mes parents il y a 30 ans. Je veux qu’une personne qui était à la place de mes parents sans avoir la possibilité d’investir, d’avoir d’éducation, de ce qu’ils veulent, c’est ces gens-là que j’ai envie d’aider. »

Ce qui est rare dans le secteur, c’est que cette mission-là survit à la croissance. Il en parle presque avec inquiétude – la peur que grandir le coupe de son public de départ. « Je suis plus comme vous, mais j’ai encore envie de vous aider. » C’est une tension réelle, pas un argument marketing. Et il n’a pas la réponse propre et bien emballée pour la résoudre.

L’investissement immobilier et formation en ligne fonctionne comme écosystème quand les deux jambes se nourrissent mutuellement. Les formations amènent de la trésorerie rapide. L’immobilier construit le patrimoine long terme. La foncière connecte les deux en aidant les apprenants à passer à l’acte. C’est de la verticalisation – mais pas celle qu’on te présente dans les conférences startup. C’est une verticalisation du terrain, construite à l’empirique sur six ans.

Sa mère dans la cuisine, et pourquoi c’est le meilleur baromètre d’une bonne idée

Deux scènes dans la même cuisine. Même appartement, à quelques années d’intervalle.

Première scène : Wangen annonce à sa mère qu’il va devenir salarié. Grande boîte, voiture de fonction, tickets resto. Elle est « refaite », comme il dit. Euphorique. Scène classique de la famille pied-noir italienne et théâtrale, selon ses propres mots.

Deuxième scène : il revient dans la même cuisine pour lui dire qu’il quitte ce poste pour créer sa boîte.

« J’ai cru que je l’ai tué. Elle me dit ‘Mais pourquoi tu me fais ça ?’ Je lui dis ‘Mais je te fais quoi ?’ »

Voilà. Et il en a tiré une règle informelle assez solide : si sa mère dit non à un truc, c’est probablement une bonne idée. Pas par opposition. Parce qu’elle l’aime trop et que ça génère un biais de protection maximal. Elle est fonctionnaire – la sécurité est sa boussole. Quand quelque chose l’effraie, c’est souvent que le potentiel de disruption est réel.

Son père, artisan carreleur depuis plus de 20 ans, a ce côté « vas-y fonce » – mais sans jamais avoir voulu gérer des employés. Indépendant, pas entrepreneur. La nuance est importante. Et Wangen a mis du temps à la saisir lui-même, lui qui, enfant sur les chantiers, trouvait absurde de payer des déménageurs pour porter des cartons. Aucune notion de la valeur du temps. Aucune notion de délégation. Il part de loin, il le dit franchement.

Ce travail sur son mindset d’entrepreneur – désapprendre les réflexes d’un milieu ouvrier pour adopter ceux d’un chef d’entreprise – c’est souvent le chantier le plus long et le moins visible de l’extérieur.

Recruter sa copine, son ancienne graphiste du collège, et une gouvernante haute gamme

Fin 2017. Wangen monte son équipe. Sa première recrue hors entourage, c’est Delphine – trouvée via une agence qui place des gouvernantes dans des familles haut de gamme. Recrutée initialement pour le ménage, le courrier, la cuisine.

Aujourd’hui, elle a géré 10 dates du Tour de France devant 2 000 personnes par soir. Elle connaît ses compagnies aériennes préférées, réserve Emirates si il fait une escale à Dubaï, apporte la salade de fruits prédécoupée tous les deux jours. Elle sait qu’à son retour d’aéroport, la maison doit être vide, propre, avec un repas au frigo.

« Si demain je perds tout, j’ai plus rien, je pourrais vivre dans une cabane en bois sans montre, sans voiture, sans frigo, sans rien. Mais je garderais une assistante. »

C’est peut-être la chose la plus concrète qu’il dit dans tout l’épisode. Et la plus transposable. L’investissement immobilier et formation en ligne à cette échelle-là, ça ne tient que parce que la logistique quotidienne est externalisée. Sinon tu passes tes journées à chercher des billets d’avion et à relancer des artisans.

Le reste de l’équipe suit une logique similaire : Mathias au marketing digital – quelqu’un qu’il avait croisé à des événements, pas un inconnu. Lisa, la graphiste, une connaissance du collège perdue de vue des années. Son ex-copine Serena aux événements. Sa règle de recrutement est explicite et assumée :

  • Le savoir-être et la confiance avant les compétences techniques – les compétences s’apprennent, l’alignement de valeurs non

Ce qui lui a posé problème, c’est justement l’inverse : payer quelqu’un de très compétent qui ne croit pas au projet. Il ne le dit pas directement dans l’extrait, mais c’est en creux dans tout ce qu’il raconte sur la peur de déléguer. Peur que ce soit mal fait, peur que ce soit en retard, peur d’avoir pu le faire mieux soi-même. Ces freins-là, c’est des croyances, pas des faits. Et sur la gestion du temps et la délégation, il y a une différence entre le savoir et le faire.

Mathias, lui, a multiplié le chiffre d’affaires par 7 ou 8 en un an. Juste en rendant le contenu visible. Le contenu était déjà là. La distribution ne l’était pas.

Quand l’investissement immobilier et formation en ligne dépasse ce qu’un seul cerveau peut gérer

À Bali, après son Tour de France – 10 villes, 200 personnes par soir, 4-5 heures de sommeil par nuit pendant des semaines – Wangen rédige un seul mail. Deux heures dans l’avion. Il y pose toute l’architecture de sa disponibilité pour les semaines à venir.

Appels uniquement le mardi et jeudi après-midi, heure de Bali. Urgences par WhatsApp avec le mot « urgent » en premier. Non-urgences par mail. Et si c’est pas urgent et qu’il peut pas traiter – ça passe par le directeur général, à qui il a briefé tous les cas de figure possibles avant de décoller.

C’est pas de la gestion de projet. C’est de l’architecture humaine. Il cite « La semaine de 4 heures » de Tim Ferriss comme déclencheur – lu il y a 6-7 ans – mais il précise qu’il a « poussé le truc très très loin » ensuite par lui-même. Il ne consomme presque plus de contenu entrepreneurial. Plus de podcasts business, très peu de livres sur le sujet. Il lit de la philo maintenant.

L’objectif qu’il s’est fixé : ne plus être l’homme clé dans son propre groupe. Faire en sorte que les informations ne transitent plus par lui. Son assistante contacte directement son comptable, son architecte, son père si besoin. Elle ne lui demande plus à lui.

« Bizarrement, plus je gère, mieux je dors. » Son père lui demande comment il fait. Et c’est la bonne question – pas « combien tu gagnes » mais « comment tu tiens. » Parce qu’à un moment, une structure pareille te dépasse. Et soit tu apprends à te détacher, soit tu brûles.

Ce que j’aurais voulu qu’on me dise plus tôt – enfin, ce que j’aurais voulu lire quelque part – c’est que la vraie compétence de l’entrepreneur en croissance, c’est pas de tout maîtriser. C’est de savoir à quel moment lâcher la prise sur chaque truc. Et ça, ça ne s’apprend pas dans un cours de management. Wangen l’a appris en construisant. À tâtons. Avec des erreurs qu’il ne détaille pas dans cet épisode mais qui sont visibles en creux dans chaque anecdote de recrutement.

Il y a une limite réelle à cette approche, d’ailleurs : recruter principalement des gens qu’on connaît, ça fonctionne jusqu’à une certaine taille. Passé 20 ou 30 personnes, le réseau personnel s’épuise. Et la confiance comme critère principal de recrutement peut créer des angles morts sur des compétences vraiment techniques – finance, juridique, tech. Wangen n’aborde pas ce sujet dans l’extrait, mais c’est la question qui vient naturellement après.

Pour ceux qui construisent encore leur premier socle – avant même de penser à l’investissement immobilier et formation en ligne comme levier combiné – les étapes fondamentales de création d’entreprise restent le point de départ incontournable. Et si ton business stagne malgré tout, il y a des questions à se poser quand ça ne décolle pas avant de chercher à scaler quoi que ce soit.

Wangen finit l’extrait dans un avion, en train d’organiser ses prochaines semaines. C’est peut-être l’image la plus honnête de ce qu’il a construit : une machine qui tourne, et lui qui dessine les plans à 35 000 pieds d’altitude, entre deux escales.

Questions fréquentes

Comment Christopher Wangen a commencé l'investissement immobilier et formation en ligne ? +
Il a acheté son premier bien immobilier à Budapest à 23 ans avec 15 000 à 20 000 euros d'économies, alors qu'il travaillait en gestion de patrimoine. C'est une notification Booking de 150 euros reçue pendant un rendez-vous client qui l'a convaincu de multiplier les investissements. Il a ensuite créé sa première formation en 2017, après que des amis lui ont demandé comment il faisait pour vivre de l'immobilier sans capital de départ important.
Quel est le patrimoine et le chiffre d'affaires de Christopher Wangen ? +
Au moment de l'enregistrement de l'épisode en 2022, son groupe est valorisé à 30 millions d'euros. Il dirige cinq structures : des entreprises de formation, une plateforme de mise en relation investisseurs-professionnels, une foncière, une plateforme de crowdfunding en création, et plusieurs SCI immobilières. Son équipe compte entre 16 et 18 personnes.
L'investissement immobilier et formation en ligne peuvent-ils vraiment fonctionner ensemble comme modèle économique ? +
Oui, mais pas de la façon dont on le présente souvent. Chez Wangen, la formation apporte la trésorerie court terme pendant que l'immobilier construit le patrimoine. La foncière qu'il a créée permet à ses apprenants d'obtenir des financements qu'ils ne pourraient pas avoir seuls - ce qui boucle la boucle. C'est une verticalisation construite sur six ans d'expérience terrain, pas un plan théorique.
Pourquoi Christopher Wangen recrute-t-il principalement dans son entourage ? +
Il privilégie le savoir-être et la confiance sur les compétences techniques, partant du principe que les compétences s'apprennent mais pas l'alignement de valeurs. Son équipe initiale incluait son ex-copine, une connaissance du collège, et un marketeur croisé à des événements. Sa première recrue externe, son assistante personnelle Delphine, vient d'une agence de gouvernantes haut de gamme.
Comment déléguer efficacement quand on est entrepreneur solo au départ ? +
Wangen recommande de commencer par une assistante personnelle - il dit que c'est la seule dépense qu'il garderait même s'il perdait tout. L'idée est de sortir les tâches à faible valeur ajoutée (billets d'avion, courrier, logistique) pour libérer du temps cognitif. Ensuite, il préconise de construire des process pour que les informations ne transitent plus par le dirigeant - son assistante contacte directement comptable, architecte et prestataires sans passer par lui.
Quel livre a influencé Christopher Wangen dans sa façon de gérer son temps ? +
Il cite 'La semaine de 4 heures' de Tim Ferriss comme déclencheur majeur, lu il y a environ 6 ou 7 ans. Il précise qu'il a ensuite poussé les principes bien au-delà de ce que le livre propose, en développant ses propres process. Aujourd'hui il consomme très peu de contenu entrepreneurial et préfère lire de la philosophie pour développer d'autres aspects de sa réflexion.

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