podcast média d'influence

Le podcast : le média d’influence que les marques sous-estiment avec Adeline Coint – Episode 329

Épisode diffusé le 23 avril 2026 par Estelle Ballot

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Le podcast média d’influence – c’est l’angle qu’Adeline Cointet, attachée de presse et fondatrice de Haut comme 3 comm, défend depuis plusieurs années déjà. Et franchement, quand on entend les chiffres qu’elle cite avec Estelle Ballot dans l’épisode 329 du Podcast du Marketing, on comprend pourquoi elle en a fait un axe central de sa pratique RP : un message diffusé en podcast génère jusqu’à 75 % de mémorisation, selon une étude Publicis Media et Hawke. 75 %. Dans un environnement où la plupart des contenus sont scrollés sans être vraiment lus, ce chiffre devrait faire réfléchir n’importe quel directeur marketing.

La question n’est pas de savoir si votre marque doit lancer son propre podcast. Cette question, tout le monde se la pose, et la plupart du temps la réponse est non – faute de temps, de ressources, d’audience initiale. La vraie question, celle qu’Estelle et Adeline posent dans cet épisode, c’est : pourquoi vous ne vous faites pas inviter sur des podcasts qui existent déjà ?

C’est un renversement de logique complet. Et c’est là que ça devient intéressant.

Ce que le podcast fait que LinkedIn ne fera jamais

Un post LinkedIn se lit en 8 secondes. Peut-être 15 si vous avez mis un carrousel. Le podcast, lui, propose quelque chose de structurellement différent : du temps. Une heure de présence continue dans l’oreille de quelqu’un – dans les transports, en cuisinant, pendant le sport.

Estelle Ballot le formule comme ça dans l’épisode, et c’est une image qui colle :

« Passer 7h avec un prospect quand on publie juste sur les réseaux sociaux ou les posts sont lus en quelques secondes. Ça peut être un peu long. Donc le podcast, c’est comme tu le disais, il y a ce côté temps long, on prend le temps et un podcast d’une heure que quelqu’un va avoir écouté, c’est une heure où votre prospect va être avec vous. »

Voilà. Une heure. Multipliée par l’ensemble des auditeurs d’un épisode, en simultané.

Ce n’est pas de la visibilité au sens traditionnel du terme. C’est de la présence. Et la présence, dans un contexte de saturation informationnelle absolue, c’est devenu une denrée rare. Le biais de simple exposition – ce mécanisme cognitif qui fait qu’on fait confiance à ce qu’on entend souvent – joue à plein dans l’audio. Le cerveau ne fait pas la distinction entre « j’ai écouté cette personne pendant une heure » et « je la connais depuis longtemps ». L’effet est presque le même.

Ce qui m’agace un peu dans les discours marketing habituels sur le sujet, c’est qu’on présente souvent le podcast comme un outil de conversion. C’est faux – ou du moins, c’est réducteur. Le podcast travaille en amont. Il construit la relation avant que le contenu ne vende. C’est un média de territoire, pas un media de performance au sens Google Ads du terme.

Le podcast média d’influence vu par une attachée de presse

Adeline Cointet n’est pas podcasteuse. Elle est attachée de presse. Et c’est précisément pour ça que son regard sur le sujet est utile – elle ne défend pas un format, elle défend une stratégie de visibilité.

Sa thèse est simple : passer en tant qu’invité sur un podcast, c’est de la relation média. Pas une interview plateau télé avec une lumière agressive et un prompteur. Pas un article de presse où vos mots passeront par un filtre éditorial. Un espace de conversation naturelle où vous parlez de ce que vous connaissez, devant une audience déjà qualifiée.

« C’est pas vos propres canaux de communication quand vous passez sur le podcast de quelqu’un d’autre, c’est aussi une crédibilité qui vous est accordée par un tiers, par un média, par le podcasteur. Donc là le consommateur va être aussi prêt à vous faire confiance plus facilement. »

C’est exactement le problème avec l’auto-promotion. Si vous dites vous-même que vous êtes expert, vous partez avec un coefficient de crédibilité de 0,3. Si quelqu’un d’autre – avec sa propre audience, sa propre légitimité construite dans la durée – vous donne la parole, vous démarrez à 0,8. C’est un raccourci de confiance que les relations presse classiques connaissent depuis toujours. Le podcast en est juste une déclinaison audio et souvent plus accessible.

Adeline parle aussi d’un double effet de confiance : d’abord, l’auditeur passe du temps avec vous et son cerveau rationnalise cet investissement temporel en votre faveur. Ensuite, la légitimité de l’hôte détient sur vous. « Si cet hôte de podcast invite quelqu’un, je peux lui faire confiance. » Ce n’est pas de la manipulation – c’est de la psychologie sociale basique. Et le podcast l’active naturellement, sans forcer.

Pour aller plus loin sur la mécanique RP dans les médias audio et comment pitcher les journalistes et podcasteurs, l’épisode 245 du Podcast du Marketing reste une référence : réussir son pitch média avec Clara Armand Delille pose les bases de ce que les RP audio ont en commun avec les relations presse traditionnelles.

Pourquoi une seule apparition ne sert presque à rien

C’est la partie que tout le monde oublie. On se fait inviter une fois, on attend des résultats, rien ne se passe, on conclut que « le podcast ça marche pas pour nous ».

La logique du podcast média d’influence, c’est le volume et la cohérence. Adeline est directe là-dessus :

« Un seul podcast, c’est vrai que bon, c’est bien mais ça sert pas énormément alors que plus on va passer sur des podcasts, plus on va favoriser ce biais de familiarité, ce biais de simple exposition, plus on va être au contact des prospects. »

Dit comme ça, ça a l’air simple. Mais en pratique, ça demande une vraie stratégie de placement – choisir les bons podcasts, préparer des angles différents selon la ligne éditoriale de chaque émission, suivre ce qui résonne dans les retours d’audience.

Et chaque podcast a sa sensibilité propre. Ce qu’un hôte va vous demander, les angles qu’il va creuser – c’est une mine d’informations sur ce que votre cible veut vraiment entendre. Adeline le souligne : ces questions sont potentiellement les mêmes que se posent vos prospects. Donc chaque épisode devient aussi une session de recherche utilisateur gratuite. (Ce qui est rare dans le secteur – d’habitude on paie des cabinets de conseil pour avoir ce genre d’insights.)

Il y a aussi un effet de maillage digital que peu de gens anticipent. Chaque podcasteur communique sur ses épisodes – newsletter, réseaux sociaux, parfois un article de blog, de plus en plus YouTube. Chaque mention de votre nom dans la description d’un épisode, sur Ausha ou une autre plateforme d’hébergement, est une occurrence supplémentaire pour les moteurs de recherche et pour les LLM. Vous n’avez rien à produire – le podcasteur fait ce travail-là pour vous, parce que c’est son intérêt de faire connaître son épisode.

Sur la question de la création de contenu en général et de comment générer des idées de contenu sur 6 mois, les logiques se rejoignent : la cohérence et le volume dans la durée battent toujours le coup unique bien exécuté.

Le podcast média d’influence à l’ère des LLM – personne n’en parle encore

C’est le point le plus prospectif de l’épisode, et c’est celui qui m’a le plus accroché. Adeline lève quelque chose que les SEO n’ont pas encore vraiment intégré dans leur pratique quotidienne.

Les grands modèles de langage – ChatGPT, Gemini, Claude – indexent le web pour construire leur compréhension de qui est qui, qui est expert sur quoi. Et ils ne se contentent pas de lire votre site. Ils lisent ce que les autres disent de vous. Les descriptions d’épisodes sur les plateformes de podcast. Les articles qui mentionnent votre nom. Les newsletters qui vous citent. En d’autres termes : votre autorité perçue par des tiers compte autant, sinon plus, que ce que vous affirmez vous-même.

C’est un glissement majeur par rapport à l’ère du backlink. Avant, un lien en do-follow depuis un domaine avec un bon Domain Authority, et c’était bon. Aujourd’hui, la logique du GEO (Generative Engine Optimization) fonctionne différemment : c’est la cohérence de votre positionnement sur l’ensemble des canaux qui construit votre autorité aux yeux des algorithmes génératifs.

Adeline formule ça clairement :

« Aujourd’hui la cohérence finalement, c’est vous qui allez devoir l’apporter sur vos différents canaux. Comment on vous reconnaît, c’est qu’est-ce qu’on va dire de vous. C’est votre autorité, c’est qu’est-ce que vos prospects disent de vous parce qu’ils vous ont identifié comme la personne qui a tel positionnement sur tel marché. »

Et le podcast est structurellement parfait pour ça. Vous parlez de votre expertise, avec votre nom, vos mots, votre voix – sur des plateformes tierces qui ont leur propre autorité. Ausha est mentionné dans l’épisode comme exemple : c’est un site qui compte pour les LLM. YouTube également – et rappelons que YouTube, c’est Google. Chaque épisode mis en vidéo sur YouTube est indexé par Google avec votre nom, votre sujet, vos mots-clés naturels.

La voix, dit Adeline, ne trompe pas. Dans un contexte où la défiance envers les contenus IA est telle que des gens accusent des textes humains d’être générés, l’audio reste un signal fort d’authenticité. Les LLM ont été entraînés sur des probabilités – le mot le plus probable après une séquence donnée. Votre podcast, lui, contient votre singularité. Vos hésitations, vos tics de langage, vos retournements d’argumentation. C’est précisément ce que les algorithmes génératifs vont chercher à différencier.

Sur la question de l’authenticité en marketing et de comment le vrai devient parfois un piège marketing, il y a une tension réelle entre l’injonction à l’authenticité et la réalité des pratiques de marque – tension que le podcast force à résoudre dans le bon sens.

Comment se préparer sans tuer le naturel

Là, on entre dans le concret. Et la première erreur – Adeline et Estelle sont alignées là-dessus – c’est de scripter son intervention.

Apprendre un texte par cœur pour un podcast, c’est la garantie de sonner faux. Le podcasteur va poser des questions dans un ordre que vous n’aviez pas prévu, rebondir sur un mot que vous avez glissé, vous emmener sur un angle que vous n’aviez pas anticipé. Si vous êtes dans votre script, vous êtes perdu. Et ça s’entend.

Ce qu’Adeline recommande à la place : connaître ses piliers de communication. Les 3-4 grands thèmes sur lesquels vous voulez être reconnu. Pas un argumentaire de vente, pas des bullet points. Des territoires de discours que vous maîtrisez et que vous pouvez explorer dans n’importe quelle direction selon où la conversation vous emmène.

Il y a aussi un travail de préparation sur le podcast lui-même : écouter plusieurs épisodes avant de venir, identifier les questions récurrentes de l’hôte (celle qui revient à la fin de chaque épisode, par exemple), savoir si c’est vous qui vous présentez ou si l’hôte le fait. Ce sont des détails – mais ce sont les détails qui font la différence entre quelqu’un qui semble à l’aise et quelqu’un qui improvise.

Et une chose que personne ne vous dit : réécoutez-vous. Adeline insiste là-dessus. Tout le monde déteste s’entendre – elle la première. Mais c’est précieux. Vous entendez vos tics de langage. Vous évaluez votre rythme. Et surtout, vous identifiez les questions auxquelles vous avez bien répondu – celles qui peuvent devenir des posts, des articles, des angles de contenu pour vos autres canaux.

(Et c’est souvent là que ça coince : les marques font l’épisode, partagent le lien une fois sur LinkedIn, et n’exploitent jamais le contenu produit. C’est une erreur de recyclage colossale.)

Le champ de la création d’un podcast et tout ce qu’on ne vous dit pas complète bien cet angle – si vous hésitez encore entre lancer votre propre émission et vous faire inviter, les coulisses de la production valent le coup d’être connues avant de décider.

Le podcast média d’influence demande un positionnement solide avant tout

Il y a une limite dans tout ça – et autant l’assumer clairement plutôt que de vendre la stratégie comme universelle.

Le podcast ne construit pas votre positionnement. Il l’amplifie. Si vous n’avez pas encore répondu à la question « sur quel sujet précis voulez-vous être la référence ? », passer sur des podcasts va juste diffuser du bruit supplémentaire dans un environnement déjà saturé.

Adeline le dit sans détour : « S’il est pas travaillé, ça sert à rien non plus d’aller sur un podcast. Le but c’est qu’on puisse vous identifier comme une personne à la fois experte et de confiance. »

C’est la même logique que pour n’importe quelle stratégie de contenu. Le podcast médiatise ce que vous avez à dire – encore faut-il avoir quelque chose à dire. Un point de vue, une méthode, une expérience de terrain qui différencie votre discours de celui des dix autres experts du même secteur.

Estelle Ballot souligne aussi que le positionnement final appartient toujours à l’audience. Vous pouvez décider de votre territoire, mais c’est l’auditeur qui va s’en emparer – ou pas. Le podcast accélère ce processus de validation externe, parce qu’il confronte votre discours à une audience réelle, en temps réel, avec les questions d’un hôte qui n’a aucune raison de vous ménager.

Pour ceux qui travaillent leur identité de marque et ses piliers fondamentaux, la logique de positionnement préalable est exactement la même : sans socle, l’exposition ne sert à rien.

Ce qui reste ouvert, c’est la question du budget. Estelle l’aborde en fin d’épisode sans vraiment la conclure : les podcasts qui ont construit une audience solide sont de plus en plus payants pour les placements d’invités. Ce n’est pas encore systématique – mais c’est une tendance réelle, et elle mérite d’être intégrée dans votre réflexion stratégique avant de commencer à démarcher des émissions.

Questions fréquentes

Pourquoi utiliser le podcast comme média d'influence pour une marque ? +
Le podcast génère jusqu'à 75 % de mémorisation selon une étude Publicis Media et Hawke - ce qui est structurellement impossible sur les réseaux sociaux où les contenus sont scrollés en quelques secondes. En passant comme invité sur des émissions existantes, une marque bénéficie de la légitimité de l'hôte, accède à une audience qualifiée et construit une relation de confiance durable avec ses prospects. C'est un levier de notoriété et de crédibilité, pas un outil de conversion directe.
Faut-il créer son propre podcast ou se faire inviter sur des podcasts existants ? +
Se faire inviter est souvent plus efficace au démarrage. Vous accédez immédiatement à une audience déjà constituée, sans investir dans la production, la distribution et la promotion d'un show. Un podcast sur deux repose sur des interviews - la porte est ouverte. Créer son propre podcast a du sens à terme, mais demande des ressources et du temps avant d'avoir un impact réel.
Comment préparer son intervention sur un podcast sans sonner comme un script ? +
Ne rédigez pas de texte à apprendre par cœur - ça s'entend toujours et vous déstabilise dès que le podcasteur sort de votre séquence prévue. Préparez plutôt 3-4 piliers de communication : les grands thèmes sur lesquels vous voulez être reconnu. Écoutez plusieurs épisodes du podcast avant de venir pour connaître le style de l'hôte et ses questions habituelles. Et réécoutez-vous après - c'est inconfortable mais précieux pour progresser.
Le podcast média d'influence fonctionne-t-il aussi en B2B ? +
C'est même là qu'il est le plus pertinent. En B2B, les cycles de décision sont longs et la confiance est décisive. Le podcast permet à un dirigeant ou un expert de poser son point de vue dans la durée, de travailler son positionnement sur un marché, et de créer une familiarité avec des prospects qui ne sont pas encore en phase d'achat. La règle des 7 heures de contact avant décision d'achat - citée dans l'épisode - est beaucoup plus facile à atteindre par l'audio que par des posts LinkedIn.
Quel est le lien entre podcast et référencement sur les LLM comme ChatGPT ? +
Les grands modèles de langage indexent ce que les tiers disent de vous - pas seulement votre site. Les descriptions d'épisodes sur Ausha, Spotify, Apple Podcasts, les articles de blog des podcasteurs, leurs newsletters : toutes ces mentions construisent votre autorité perçue par les LLM. C'est une logique de GEO (Generative Engine Optimization) qui valorise la cohérence de votre positionnement sur l'ensemble des canaux plutôt que la simple accumulation de backlinks.
Combien de podcasts faut-il viser pour que la stratégie soit efficace ? +
Un seul épisode ne suffit pas. La stratégie fonctionne par accumulation - biais de familiarité, exposition répétée, maillage digital progressif. Il n'y a pas de chiffre universel, mais Adeline Cointet, qui a accompagné plus de 100 passages de clients sur des podcasts, recommande de viser plusieurs émissions avec des lignes éditoriales complémentaires. Chaque podcast aborde votre expertise sous un angle différent, ce qui enrichit votre présence globale et votre autorité thématique.

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