vidéo marketing

#37 – Transmettre des émotions grâce à la vidéo

Épisode diffusé le 21 septembre 2021 par Noémie Kempf

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Vitesse

Le vidéo marketing coûte une blinde. C’est le premier truc qu’on entend. Et c’est souvent la raison pour laquelle des dizaines de boîtes repoussent le format à plus tard – un plus tard qui ne vient jamais. Harold Gardas, co-fondateur de l’agence Come, a entendu cette phrase tellement de fois qu’il en a fait un modèle économique entier. L’idée de départ est brutale dans sa simplicité : rendre la production vidéo accessible à partir de 1000 €, en faisant participer les clients à la création. Deux ans après le lancement, Come tourne sans un seul commercial. Les clients viennent d’eux-mêmes. Ce qui est, disons-le, assez rare dans le secteur des agences.

Ce que personne ne te dit sur le coût d’une vidéo

Combien ça coûte, une vidéo pro ? La réponse honnête : entre 1000 et 100 000 €. Autant dire que ça ne sert à rien de poser la question comme ça. Harold compare ça à demander le prix d’un burger sans préciser si on est chez McDo ou dans un restaurant étoilé. La forme, le lieu de tournage, les figurants, le matos – tout joue.

Ce qu’Harold recommande pour un lancement, c’est un budget entre 2000 et 3000 €. Pas pour des raisons de prestige. Juste parce qu’à ce niveau-là, tu franchis un palier qualitatif réel.

À partir de 2-3000 €, tu as une vidéo qui est vraiment vraiment quali et qui fait vraiment le taf. Ça dépend de l’objectif – si c’est du branding, de la notoriété, ou de l’acquisition – mais voilà, aux alentours de 2-3000, tu commences à avoir vraiment un contenu très très sympa.

Ce qui m’a frappé là-dedans, c’est le parallèle qu’il fait avec la location d’appart : quand tu passes de 800 € à 900 € par mois, la sélection change du tout au tout. Le vidéo marketing, c’est pareil. Quelques centaines d’euros de plus, et tu passes dans une autre catégorie.

Mais le modèle de Come repose sur autre chose que juste le prix. La contrepartie du tarif bas, c’est que le client met la main à la pâte. Pas de figurants payés ? Tu demandes à tes potes. Pas de studio loué ? Tu tournes dans ton appart ou dans un coworking. Florent Vinouze, le co-fondateur qui vient du milieu audiovisuel avec plus de 20 ans d’expérience, apporte la technique. Le client apporte la logistique.

Pourquoi le vidéo marketing déclenche ce que le texte ne peut pas

Noémie Kempf – qui anime The Storyline et qui est plutôt du côté écrit et audio – pose la question frontalement : c’est quoi, l’avantage réel de la vidéo sur les autres formats ? Et Harold ne donne pas la réponse marketée habituelle.

Sa réponse, en gros : la vidéo laisse moins de place à l’interprétation. Quand tu lis un texte, tu projettes une tonalité – qui est peut-être complètement à côté de celle de l’auteur. Dans une vidéo, le ton est là, le regard est là, l’émotion est là. Tu absorbes l’information différemment.

Dans la vidéo, tu as tous les paramètres qui font que tu tu gobes un peu l’information dans le bon sens du terme et que ça laisse un petit peu moins de place à l’interprétation. Donc du coup c’est un paramètre et un outil qui peut être extrêmement extrêmement puissant.

Voilà. Dit comme ça, c’est presque trop évident. Et pourtant la plupart des marques continuent à voir la vidéo comme un nice-to-have.

Noémie glisse au passage un point intéressant sur la neurologie – endorphines, dopamine, oxytocine – ces neurotransmetteurs que chaque type de contenu active différemment. L’humour active les endorphines. L’empathie déclenche l’oxytocine. Le suspense et l’anticipation jouent sur la dopamine. Harold reconnaît que Come ne structure pas ses scénarios avec une grille neuro-scientifique précise (ce qui serait franchement difficile à vérifier). Mais en pratique, leur approche y revient exactement.

Ce qui m’agace un peu dans les discours sur le vidéo marketing, c’est qu’on oppose toujours les formats. Vidéo ou texte. Vidéo ou audio. Harold, lui, dit clairement : diversifie. construire une stratégie de contenu solide ne veut pas dire choisir un seul canal et l’exploiter jusqu’à épuisement. Ça veut dire savoir quel format sert quel objectif.

Le scroll stopper : les 2 premières secondes qui font tout

C’est le concept le plus concret de tout l’épisode. Et probablement le plus utile si tu fais du vidéo marketing sur les réseaux sociaux.

Scroll stopper. Littéralement : ce qui fait qu’un utilisateur s’arrête de scroller pour regarder ta vidéo plutôt que de passer au post suivant. Harold le dit cash :

On se rend compte que quand tu travailles bien tes trois premières secondes et qu’un prospect regarde entre les trois premières et 5 secondes d’une vidéo, il regarde quasiment la totalité de la suite de la vidéo. Donc ça montre bien que ton boulot est fait.

C’est exactement le problème. La plupart des équipes marketing passent 80 % de leur temps sur le fond du message et 3 minutes sur l’accroche visuelle des deux premières secondes. Résultat : une vidéo impeccable que personne ne regarde jusqu’au bout parce que personne ne l’a commencée.

Come a développé un top 10 de scroll stoppers – mais Harold refuse de le livrer tel quel dans le podcast, et c’est cohérent. La raison : ce top 10 est ultra-contextuel. Ce qui fonctionne pour une marque qui cible des millennials ne fonctionne pas pour une marque qui s’adresse à des décideurs seniors. Le secteur, la cible, le ton de la marque – tout change la donne.

Ce qu’il révèle quand même : le côté très humain, très émotif, fonctionne systématiquement. Une personne émue, qui sourit, qui rit, qui pleure – ces premières images captent l’attention bien mieux qu’un logo animé ou un titre textuel. (Et ça rejoint exactement ce que les UX designers savent depuis longtemps sur les landing pages : un visage humain converti mieux qu’une illustration.)

Pour aller plus loin sur LinkedIn spécifiquement, les actions qui remontent dans le fil d’actualité LinkedIn sont un bon complément à cette logique de scroll stopper – parce que l’algo et le comportement humain se combinent.

Humour et vidéo : un créneau, pas une obligation

Au lancement de Come, le positionnement était clair : des vidéos décalées, avec une vraie dimension humoristique. La logique derrière ça n’est pas juste esthétique.

Harold l’explique avec une contrainte business très concrète : les clients de Come, au début, n’avaient pas de budget pour des campagnes payantes. Donc pas d’ads pour booster la visibilité des vidéos. Du coup, le seul levier pour que la vidéo soit vue, c’était qu’elle soit suffisamment bonne – ou suffisamment décalée – pour que les gens la partagent d’eux-mêmes.

Le vidéo marketing sans budget de diffusion, ça n’existe que si le contenu lui-même fait le travail. Et l’humour, dans ce contexte, n’est pas un choix créatif – c’est une stratégie de distribution.

Mais il y a une limite que Harold assume totalement. Quand un client veut faire une vidéo humoristique et scénarisée avec lui-même comme acteur principal, ça peut très mal tourner. Apprendre un texte, jouer une scène face caméra avec un brin d’humour – c’est un vrai métier. Et on ne peut pas inventer des compétences d’acteur à quelqu’un en une journée de tournage.

Sa solution pragmatique : proposer un format interview à la place. Pas de texte à apprendre. Une conversation, spontanée, avec de vrais mots. Ça fonctionne mieux – même si c’est moins spectaculaire sur le papier. Ce qu’il faut retenir – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise quand j’ai vu des marques se planter là-dessus – c’est que le format doit toujours partir du profil de la personne qui parle, pas de l’ambition créative initiale.

LinkedIn et le vidéo marketing : dépendance et diversification

Deux ans. Zéro commercial. Voilà le bilan de Come côté acquisition. Presque toutes leurs opportunités clients sont venues de LinkedIn – via le contenu vidéo qu’Harold publie régulièrement sur la plateforme.

C’est impressionnant. C’est aussi potentiellement dangereux, et il le dit lui-même. Être dépendant d’un seul réseau social pour son acquisition, c’est s’exposer à chaque changement d’algorithme, chaque prise de décision de Meta ou de Microsoft. Pour Come, le virage vers YouTube et Instagram est en cours – pas parce que LinkedIn ne marche plus, mais parce que la concentration sur un seul canal est un risque structurel.

Sur la question du reach vidéo vs reach texte sur LinkedIn, Harold ne donne pas de réponse définitive. Parfois une vidéo explose. Parfois elle passe à la trappe – même avec un bon contenu. L’algorithme intègre l’heure de publication, le taux d’interaction dans les premières minutes, des dizaines de micro-signaux. Noémie elle-même dit avoir eu de meilleurs résultats avec des posts texte qu’avec ses vidéos. (Ce qui est, en passant, une donnée utile à garder en tête si tu es tenté de tout miser sur la vidéo.)

Ce que Come a fait, c’est passer de deux posts par jour à un seul – mais travaillé vraiment en profondeur. Moins de volume, plus de soin sur le fond et la forme. les clés pour de meilleurs posts LinkedIn tournent autour de cette même idée : la cadence ne remplace pas la qualité.

Et le contenu sur LinkedIn, pour eux, n’est pas que de la vidéo. Harold le précise : certains posts copywriting ont des performances au moins aussi bonnes. Des photos aussi. La vidéo marketing n’est pas une baguette magique. C’est un format parmi d’autres – qui fonctionne quand il est adapté à l’objectif et bien exécuté.

Pour ceux qui veulent approfondir la question de la portée organique sur LinkedIn, les règles sur les hashtags et la visibilité restent un terrain à explorer en parallèle du format vidéo.

Ce que le modèle Come dit vraiment sur le vidéo marketing

Deux ans sans commercial, c’est une stat qui mérite qu’on s’y arrête. Harold le dit lui-même en septembre 2021 : ils vont recruter. Mais le fait que ça ait tenu aussi longtemps – uniquement par le contenu et la recommandation – dit quelque chose de structurel sur le vidéo marketing comme outil de prospection.

Le principe : tu fais exactement ce que tu dis à tes clients de faire. Tu crées des vidéos pour montrer ce que tes vidéos peuvent faire. Tu provoques de la curiosité, tu génères de l’intention d’achat, sans jamais appeler personne. C’est ce qu’on appelle parfois pratiquer ce qu’on prêche – et dans les métiers du marketing, c’est encore plus visible quand tu le fais vraiment ou quand tu sembles juste le faire.

La question qui reste ouverte, c’est celle de la scalabilité. Le modèle fonctionne pour une agence de 2 ans avec un co-fondateur très visible sur LinkedIn. Est-ce que ça tient quand tu grandis, quand Harold n’est plus la seule voix de la marque ? C’est probablement le vrai défi qui arrive.

Pour aller plus loin sur la question de la légitimité et du contenu comme outil de développement, créer du contenu pour vivre de son activité est une réflexion complémentaire – pas sur la vidéo spécifiquement, mais sur ce que ça implique de faire du contenu son principal levier commercial. Et ça, c’est une question que beaucoup de marques commencent à se poser sérieusement.

Questions fréquentes

Combien coûte une vidéo marketing professionnelle ? +
Le prix d'une vidéo marketing varie énormément - de 1000 € à plus de 100 000 € selon la complexité, le lieu de tournage, les intervenants et le niveau de production. Pour un premier contenu vraiment qualitatif, un budget entre 2000 et 3000 € est une bonne base de départ. En dessous, c'est possible mais les compromis se voient.
Qu'est-ce qu'un scroll stopper en vidéo marketing ? +
Un scroll stopper, c'est l'élément visuel ou narratif dans les 2-3 premières secondes d'une vidéo qui pousse un utilisateur à s'arrêter de scroller pour regarder. C'est l'accroche absolue. Des études terrain montrent que si quelqu'un regarde les 5 premières secondes d'une vidéo, il y a de très fortes chances qu'il regarde la quasi-totalité du contenu. Le scroll stopper est donc souvent plus important que le reste de la vidéo.
La vidéo marketing fonctionne-t-elle vraiment sur LinkedIn ? +
Oui - mais pas de façon mécanique. L'algorithme LinkedIn intègre énormément de paramètres : heure de publication, taux d'interaction dans les premières minutes, pertinence pour l'audience. Certaines vidéos explosent, d'autres passent à la trappe. Et paradoxalement, des posts texte bien construits obtiennent parfois de meilleurs résultats que des vidéos. La vidéo marketing sur LinkedIn fonctionne quand elle est associée à une vraie stratégie de publication régulière.
Comment faire du vidéo marketing avec un petit budget ? +
La clé, c'est de réduire les postes de coût variables : pas de figurants payés si des proches peuvent jouer le rôle, pas de studio loué si un bureau ou un appartement convient, pas d'acteur professionnel si un format interview spontané est possible. L'investissement se concentre alors sur la technique - caméra, lumière, son - et sur la conception créative. C'est le modèle développé par l'agence Come depuis ses débuts.
Vaut-il mieux faire une vidéo humoristique ou sérieuse pour sa marque ? +
Ça dépend de deux choses : la cible et la personne qui apparaît à l'écran. L'humour fonctionne très bien pour capter l'attention et générer du partage organique, surtout quand tu n'as pas de budget publicitaire. Mais une vidéo humoristique scénarisée avec quelqu'un qui n'est pas à l'aise face caméra peut faire exactement l'effet inverse. Dans ce cas, un format interview spontané est souvent plus efficace.
Quels neurotransmetteurs la vidéo marketing active-t-elle ? +
La vidéo peut activer plusieurs neurotransmetteurs selon le type de contenu : l'endorphine via l'humour, l'oxytocine via l'empathie et le lien humain, la dopamine via le suspense et l'anticipation. Ce n'est pas une science exacte appliquée à la production vidéo, mais comprendre ces mécanismes aide à construire des contenus qui touchent les bonnes cordes émotionnelles selon l'objectif - notoriété, engagement ou conversion.

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