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SEO : Comment générer 125 000 visites organiques par mois avec Mathieu Lessard

Épisode diffusé le 8 juillet 2020 par J7 Media

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125 000 visites par mois. De trafic organique. Sans budget pub, sans black hat, sans agence SEO à 20 000 dollars qui ne livre rien – Mathieu Lessard, propriétaire de la boutique en ligne Homéo Animal et de la plateforme Buster Fetcher, a construit quelque chose que la plupart des e-commerçants considèrent comme une légende urbaine : une machine à trafic organique qui tourne en autonomie et représente aujourd’hui 33 % de ses revenus mensuels. Et le point de départ de tout ça, c’est qu’il voulait adopter un chien.

Ce qui m’a frappé en écoutant cet épisode du podcast Social Selling d’Antoine Garnier, c’est la brutalité du contraste. D’un côté, les recettes habituelles du SEO – mots-clés, balises, optimisation technique – qu’on ressasse à l’infini. De l’autre, une approche qui ressemble presque à du journalisme : interviewer des experts, produire du contenu que ces experts ont envie de partager, laisser les backlinks venir naturellement. Sauf que rien dans cette histoire n’est arrivé naturellement. Il y a eu 12 000 refuges contactés, un taux de réponse à 1-2 %, des mois sans rien voir se passer, puis un matin où les ventes avaient doublé.

La question que pose vraiment cet épisode, c’est pas « comment faire du SEO ». C’est : pourquoi est-ce que la méthode qui marche est toujours celle que personne n’a envie de faire ?

Zéro vente pendant six mois, même avec Google Ads

Mathieu Lessard baigne dans le e-commerce depuis 2001. Il a cofondé une plateforme de vente en ligne – l’ancêtre de ce qui deviendrait panier d’achat.com, revendu à Choco Media vers 2011-2013. Des clients millionnaires grâce à sa plateforme. Puis ses parents lui demandent de leur créer une boutique en ligne, et c’est là que naît Homéoanimaux.com en 2007, d’abord francophone, puis en version anglaise en 2013 grâce à son épouse Suzie.

Et malgré tout ce bagage, la boutique anglophone démarre à zéro. Six mois. Zéro vente. Avec des AdWords actifs. Ce détail-là mérite qu’on s’y arrête – parce que c’est le genre d’aveu qu’on fait rarement dans un podcast.

C’est ce contexte-là qui force l’exploration du trafic organique. Pas par conviction idéologique, pas parce qu’un consultant l’a recommandé – par nécessité. La publicité payante coûte, et elle ne convertit pas toujours. Le SEO, lui, promet quelque chose de différent : construire une fois, récolter longtemps. Mais encore faut-il comprendre ce que « construire » veut dire. Pour ceux qui débutent sur ce terrain, construire sa stratégie SEO depuis les fondamentaux reste la première étape incontournable.

L’accident fondateur : 12 000 refuges contactés pour adopter un chien

Voilà comment ça commence. Mathieu et Suzie veulent adopter un animal. Ils ont des questions – les vraies questions de quelqu’un qui n’a jamais eu de chien. Quel refuge choisir ? Comment se passe l’adoption ? Quelle race ? Suzie a une idée.

« On a contacté 12 000 refuges. En anglais c’est rescue et shelter. Aux États-Unis, pour leur poser leurs questions. Un peu débiles dans ta tête… On s’est décidé de les interviewer tout simplement. On leur a écrit, on leur a dit : on veut adopter un animal, puis on veut faire une série d’articles par le fait même. Acceptez-vous d’être interviewé comme expert ? »

200 refuges ont répondu. Ce qui est, objectivement, un taux de conversion misérable sur 12 000 contacts – et en même temps, suffisant pour construire quelque chose de solide. Dit comme ça, ça a l’air simple.

Le guide qui en résulte s’appelle « The Ultimate Guide to Pet Adoption ». 13 articles. Un guide complet, structuré comme un livre avec ses chapitres. Et au départ, zéro intention de faire du link building. L’objectif, c’était juste de répondre à leurs propres questions – et de créer le meilleur contenu possible sur le sujet. C’est après, en voyant la qualité des réponses, qu’ils se sont dit que ces 200 experts pourraient vouloir faire un lien vers le guide.

Ce retournement-là – créer d’abord du contenu qu’on aurait voulu trouver soi-même, puis demander des backlinks ensuite – c’est peut-être la chose la plus importante de tout l’épisode. Et c’est aussi la plus contre-intuitive pour quelqu’un qui a été nourri aux outils de keyword research. Pour aller plus loin sur les mécaniques du netlinking et des stratégies de backlinks, l’épisode avec Léo Poitevin éclaire bien les différentes approches.

Pourquoi les experts ont envie de partager : la leçon du photographe de mariage

316 sites différents ont fait un lien vers la page d’accueil d’Homéo Animal. Uniquement pour cette page. Sans compter les liens vers les 13 articles du guide. Pour un site e-commerce dans la niche des produits homéopathiques pour animaux, c’est un profil de backlinks que des sites bien plus établis n’atteignent pas.

Mathieu explique pourquoi ça marche avec une analogie tirée de sa vie passée. Lui et Suzie étaient photographes de mariage. Les seuls articles qu’ils acceptaient de partager, c’était ceux qui les présentaient comme des experts.

« Ça vaut la peine d’engager un professionnel de la photo de mariage au lieu de demander à mon oncle Roger de le faire. Oh, ça c’est sûr que j’allais le présenter parce que ça me faisait paraître comme expert, puis ça donnait de la valeur à mon travail. »

Voilà. La mécanique psychologique du backlink naturel, expliquée en une phrase par quelqu’un qui a vécu les deux côtés de la relation. Les refuges et éleveurs interviewés dans le guide ont un intérêt direct à le partager – parce que ça les positionne comme des professionnels dignes de confiance auprès de personnes qui veulent adopter. Le contenu sert leur réputation autant qu’il sert le trafic organique d’Homéo Animal.

Et il y a quelque chose que Mathieu mentionne en passant, mais qui m’a frappé : un couple leur a écrit pour leur demander de s’occuper de leur animal dans leur testament. Quand une stratégie de contenu génère ce niveau d’attachement émotionnel chez des gens qui ne sont même pas clients – c’est que quelque chose de fondamentalement différent se passe. Ce genre d’impact, c’est ce que faire du SEO sans budget mais avec du sens peut produire quand la démarche est authentique.

Le système : transformer un accident en machine à trafic organique reproductible

Le premier guide était un accident heureux. La vraie question, c’est : comment on en fait un système ?

Mathieu et son équipe se sont assis et ont listé tous les secteurs d’activité en lien avec les animaux. Photographes animaliers, dog walkers, nutritionnistes pour animaux, éleveurs, refuges, marchés canins… Une liste exhaustive de verticales, chacune avec son propre réseau de professionnels. Pour chaque verticale, ils identifient les meilleures questions – pas les questions optimisées pour des mots-clés, mais les questions que ces professionnels ont envie de répondre parce que ce sont celles que leurs propres clients leur posent.

« On leur pose les questions. On leur demande aussi : est-ce que vous avez d’autres questions que les gens vous posent, puis qu’on n’a pas mis dans la question, puis quelle réponse vous aimeriez faire ? Qu’est-ce que vous aimeriez dire à ces personnes-là ? »

Ce détail change tout. En laissant les experts ajouter leurs propres questions, le guide capte des mots-clés et des sujets que personne n’aurait pensé à cibler explicitement. Le contenu devient une cartographie naturelle des préoccupations réelles d’une communauté – exactement ce que Google cherche à valoriser.

L’outreach se fait par cold email semi-personnalisé, avec deux à trois relances. Taux de réponse : 1 à 2 %. Les réponses arrivent dans un Google Form, classées automatiquement dans un Google Sheet. La rédactrice récupère une colonne bien rangée au lieu de 300 emails en vrac. C’est pas glamour comme système, mais c’est efficace. Et surtout, ça tourne sans que Mathieu ait besoin d’être présent à chaque étape. Sur ce type de stratégie de contenu quand les ressources sont limitées, la structuration du process fait toute la différence.

La promesse aux interviewés est symétrique : on te cite comme expert, on fait un lien vers ton site, tu partages avec tes clients. Win-win de A à Z – Mathieu insiste là-dessus, et il a raison de le faire. Les stratégies SEO qui demandent quelque chose sans rien donner en retour (le fameux « t’as fait un lien vers mon concurrent, fais-en un vers moi ») marchent rarement. Celle-ci marche parce qu’elle crée une valeur réelle pour chaque partie.

Quatre à six mois sans rien voir, puis les ventes doublent overnight

Le trafic organique ne se comporte pas comme la publicité payante. Avec Facebook Ads ou Google Ads, tu mets 100 euros, tu vois des résultats dans la semaine. Avec le SEO, tu travailles pendant des mois et tu regardes des courbes plates en te demandant si tu n’es pas en train de perdre ton temps.

Mathieu est honnête là-dessus.

« Normalement, c’est pas en bas de 4 mois qu’on a vu des répercussions réelles. Puis sérieusement, quand on a fait le premier outreach, on a fait le travail, puis à un moment donné – le mois suivant, mettons si on dit 6 mois – j’étais arrivé puis tout d’un coup les ventes ont augmenté du double. C’est comme une plante là que tu as semé puis qui grandit, puis que tout d’un coup tu as un arbre. »

Six mois. Puis doublement overnight. Puis autre augmentation. L’image de la plante est exacte – et elle explique aussi pourquoi beaucoup abandonnent avant d’avoir vu quoi que ce soit. Le trafic organique récompense la persévérance de façon non-linéaire : rien, rien, rien, puis saut. Ce comportement en escalier est déconcertant pour qui vient de la pub payante.

La différence fondamentale, c’est la durabilité. Les backlinks obtenus en 2013-2014 fonctionnent encore aujourd’hui. Les 125 000 visites mensuelles actuelles sont en partie le résultat d’un travail fait il y a dix ans. Comparez avec une campagne Facebook : dès que tu coupes le budget, le trafic s’arrête. Cette durabilité du trafic organique, c’est ce qui rend la comparaison avec l’immobilier pertinente – Mathieu cite Seth Rosen, propriétaire d’un forum fitness qui génère 10 millions de visites annuelles, qui achète des domaines âgés comme on achèterait un terrain bien placé. La valeur est dans l’autorité accumulée, pas dans le contenu seul. Les parcours de grands profils SEO comme Stéphane Madaleno montrent la même logique : le trafic organique se construit sur des années, pas des semaines.

Ce que cette stratégie ne dit pas – et ce qu’il faut vraiment considérer

Soyons clairs sur une chose. Cette approche est du travail. Beaucoup de travail. 12 000 contacts pour 200 réponses, c’est un volume qui nécessite des ressources – une personne dédiée à l’outreach, une rédactrice, un système de suivi. Mathieu le dit lui-même : il a attendu d’avoir Alex à l’interne pour systématiser le process. Sans ça, le premier guide est resté une initiative isolée pendant un moment.

L’échec initial avec l’agence SEO – 20 000 dollars pour zéro résultat – pointe vers un problème réel. Le trafic organique ne s’achète pas, il se mérite. Les raccourcis existent (et ils sont nombreux), mais Google les identifie et les pénalise. Mettre des mots-clés en blanc sur fond blanc, acheter des liens en masse, spinneriser du contenu… Mathieu balaie tout ça d’une phrase : « On va exclure tout de suite toutes les petites gimmicks. » C’est plus facile à dire quand tu as 125 000 visites par mois. Mais c’est vrai depuis le début. Sur la question de savoir comment faire du SEO sans budget significatif, la réponse honnête reste la même : du temps et de la rigueur.

Autre limite assumée : cette stratégie fonctionne particulièrement bien dans des niches où il existe un écosystème dense de professionnels qui ont intérêt à se positionner comme experts. Les animaux, c’est parfait – des milliers de vétérinaires, éleveurs, comportementalistes, photographes animaliers, chacun avec son audience propre. Dans une niche B2B très technique avec peu d’acteurs, le modèle s’adapte mais ne s’applique pas mécaniquement.

Et puis – question que personne ne pose dans l’épisode – qu’est-ce qui se passe si Google change son algorithme et dévalorise ce type de liens ? La vraie réponse, c’est que les liens obtenus via cette méthode sont exactement ce que Google essaie de favoriser : des liens éditoriaux, donnés volontairement par des sites thématiquement proches, vers du contenu qui répond à un vrai besoin. C’est la définition du bon backlink selon Google depuis Penguin. Mais bon, on n’est jamais à l’abri d’une mise à jour qui change les règles. C’est le seul risque structurel du trafic organique – et personne ne peut l’éliminer complètement. Le sujet du SEO à l’ère de l’IA et des nouvelles formes de recherche ajoute une couche supplémentaire d’incertitude sur l’avenir du référencement naturel.

Questions fréquentes

Comment générer du trafic organique sans budget publicitaire ? +
La méthode documentée par Mathieu Lessard repose sur la création de contenu expert via des interviews de professionnels de la niche. En contactant des acteurs du secteur et en leur demandant de répondre à des questions sous forme de guide, on crée un contenu que ces experts ont intérêt à partager avec leur propre audience - ce qui génère des backlinks naturels. Le processus prend 4 à 6 mois avant de produire des effets visibles sur le trafic organique, mais les résultats sont durables.
Combien de temps faut-il pour voir des résultats avec le trafic organique ? +
Mathieu Lessard cite un délai de 4 à 6 mois minimum avant de voir des répercussions réelles sur les ventes et le trafic organique. La progression n'est pas linéaire : on peut observer des mois sans évolution notable, suivis d'un doublement des ventes sur un seul mois. C'est ce comportement en escalier qui décourage beaucoup de sites avant qu'ils atteignent la masse critique.
Qu'est-ce qu'un backlink de qualité pour Google ? +
Un backlink de qualité est un lien donné volontairement par un site thématiquement proche du vôtre, vers du contenu qui répond à un vrai besoin. Les liens obtenus par des techniques artificielles - achat de liens en masse, réseaux de sites - sont identifiés et pénalisés. La stratégie d'Homéo Animal génère des backlinks éditoriaux naturels, considérés comme les plus solides algorithmiquement.
Comment contacter des experts pour créer du contenu SEO ? +
Mathieu Lessard utilise des séquences de cold email semi-personnalisé avec deux à trois relances. Le taux de réponse moyen est de 1 à 2 %. Les réponses sont collectées via Google Form et organisées automatiquement dans un Google Sheet pour faciliter le travail de rédaction. La promesse faite aux experts est symétrique : citation comme expert et lien vers leur site en échange de leur participation.
Combien de visites organiques peut-on espérer avec du link building par interviews ? +
Homéo Animal atteint 125 000 visites par mois de trafic organique, représentant 33 % des revenus de la boutique. 316 sites différents ont fait un lien vers la seule page d'accueil, sans compter les liens vers les 13 articles du guide principal. Ces résultats ont été construits sur plusieurs années, en répétant la méthode sur différentes verticales de la niche animaux.
Le trafic organique vaut-il mieux que la publicité Facebook ou Google Ads ? +
Les deux ont leur logique. La publicité payante produit des résultats immédiats mais s'arrête dès que le budget cesse. Le trafic organique prend du temps à construire mais perdure - les backlinks obtenus il y a dix ans continuent de fonctionner. Antoine Garnier résume bien la position dans l'épisode : il n'y a pas de meilleur trafic que le trafic organique quand on a réussi à construire une empreinte durable.

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