optimisation taux de conversion e-commerce

#104 – CRO e-commerce : Comment doubler votre taux de conversion (les meilleures pratiques et A/B tests à mener) avec Pablo Le Normand & Laurent Therry, Experts CRO @Uxia (2/2)

Épisode diffusé le 30 octobre 2023 par Danilo Duchesnes

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L’optimisation taux de conversion e-commerce ressemble parfois à une obsession de médecin légiste : on arrive toujours après la mort du visiteur, on cherche ce qui a cloché, et on prescrit des remèdes que personne n’applique vraiment. Pablo Le Normand et Laurent Therry, experts CRO chez l’agence Uxia, ont passé un bon moment à décortiquer tout ça dans le podcast Le Rendez-vous Marketing – et franchement, leur approche page par page mérite qu’on s’y attarde sérieusement.

Ce qui frappe d’entrée, c’est la brutalité du constat. La plupart des e-commerçants français construisent leurs pages sans jamais se poser la question de base : est-ce que quelqu’un qui débarque ici froid – sans connaître la marque – comprend en cinq secondes ce qu’on vend ? (Et la réponse, vous vous en doutez, est souvent non.) L’analyse des historiques de chat support, des avis négatifs, des forums – c’est de là que viennent les vraies pépites à corriger, pas des benchmarks concurrents.

Alors on va reprendre ça page par page, comme ils l’ont fait. Parce que ce n’est pas un problème de budget ou de plateforme – c’est un problème de méthode.

La homepage : le test des 5 secondes que personne ne passe

Pablo a un truc qu’il appelle le test des 5 secondes. Tu montres ta homepage pendant cinq secondes à quelqu’un qui ne connaît pas ta marque. Tu fermes. Tu demandes ce qu’il a compris.

« Aujourd’hui les commerçants français ne sont pas bons sur ce point-là et on les engueule à chaque fois, c’est que les héros ne sont pas bien travaillé, on ne comprend pas quand on tombe sur un e-commerce ce qu’ils font, ce qu’ils proposent. C’est quoi ta value proposition ? »

Voilà. Dit comme ça, ça a l’air simple – et pourtant c’est la majorité des sites qui ratent ça.

La structure qu’ils recommandent pour la hero : USP claire avec un titre et un sous-titre, qui répond aux trois questions fondamentales. C’est qui vous êtes. Ce que vous vendez. Ce qui vous rend différent. Et si possible, le pourquoi – le fameux « why » qui fait que l’entreprise existe au-delà du produit lui-même.

Ensuite, la question de l’ordre. Catégories avant best sellers, ou best sellers en premier ? Laurent explique que de plus en plus de shops remontent les catégories avant les produits phares – et ce n’est pas idiot. On comprend d’abord l’USP, puis l’étendue du catalogue, puis on arrive sur les best sellers comme sur un pré-filtre naturel. Le syndrome du restaurant plein, comme il dit : si les gens les achètent, c’est qu’ils sont bien.

Sur la réassurance, leur exemple concret vaut le détour. Certains sites ont trois sections dédiées uniquement à la preuve sociale : avis clients remontés haut, logos de magazines, UGC Instagram. Pas un seul bloc discret en bas de page. Et surtout, des chiffres – pas juste « des milliers de clients satisfaits » mais « plus de 24 000 femmes ont commandé ce produit ». La précision, c’est ce qui crée la crédibilité. (Et c’est souvent là que ça coince : les marques ont les chiffres mais ne les publient pas.)

La navigation mobile est le dernier point, et c’est là où Laurent devient presque militant. Son principe : si on ne peut pas aller d’un point A à un point B sur le site sans passer par le menu, le site est mal construit. Home vers collection, collection vers produit – ça doit couler de source visuellement. Ceux qui drop vite, c’est souvent ceux qui cherchent quelque chose dans le menu et ne le trouvent pas.

Et il y a un dernier truc sur la homepage que j’aurais tendance à sous-estimer : l’ultra-personnalisation pour les visiteurs qui reviennent. Une section « reprenez là où vous en étiez » basée sur les cookies, avec les produits consultés lors de la session précédente. Ça paraît anodin mais ça change tout pour les parcours d’achat longs – et la plupart des cycles d’achat sont plus longs qu’on ne le croit.

Page catégorie : la page la plus négligée qui coûte le plus cher

50 produits. Zéro filtre. En mobile, deux produits par ligne. Résultat : 25 scrolls pour peut-être trouver ce qu’on cherche tout en bas.

C’est le cauchemar que Laurent décrit, et c’est la réalité de trop de pages catégorie. D’ailleurs, comme l’expliquait Sébastien Tortu dans un épisode précédent sur le CRO e-commerce, les pages collection sont généralement les plus négligées – et pourtant elles ont un potentiel énorme quand elles sont bien travaillées.

Les filtres, c’est non-négociable. Mais au-delà des filtres, il y a les labels. Best seller. Nouveau. En solde. Pablo les compare à un guide Michelin dans une rue de 50 restaurants à Montparnasse – celui qui a deux étoiles en 2022, tu lui fais confiance d’emblée. Le produit avec le label « best seller », même logique. Et « nouveau » fonctionne commercialement mieux que n’importe quel adjectif marketing, tout simplement.

Mais ce qui m’a vraiment scotché dans cette partie, c’est le concept d’e-merchandising et d’effet d’ancrage. Pablo explique :

« Tu mets les produits les plus chers en haut et comme ça du coup les produits en dessous paraissent moins chers et donc sont plus facilement cliqués et le taux de conversion augmente derrière. En général tu mets entre deux et quatre produits assez chers en haut et après bah tu sais que derrière ça va dérouler. »

C’est exactement le problème – on parle rarement de merchandising dans les formations CRO, alors que c’est une variable qui change tout.

Et puis il y a la question de l’achat rapide depuis la page catégorie. Laurent nuance bien : ça ne marche pas pour tout le monde. Si ton panier moyen est faible et que tu as beaucoup de clients récurrents – des gens qui reviennent racheter le même consommable – le bouton « ajouter au panier » depuis la liste a du sens. Mais si tu vends des montres à 800 euros ou des vélos à 3 000 balles, le visiteur a besoin de passer par la page produit. Ils ont testé pour un client luxe : bouton « découvrir » versus « ajouter au panier » – le premier convertissait nettement mieux. La page catégorie n’est pas une page de vente directe pour les produits à haute considération.

Ce qui est aussi critique, et on l’oublie souvent : les pubs arrivent directement sur ces pages. Si ta page catégorie est le bordel, tu brûles ton budget pub sur des gens qui rebondissent en 3 secondes. C’est de l’argent qui part bêtement.

La page produit 2.0 : quand l’image devient le produit

L’évolution de la page produit, Laurent l’appelle la « version 2.0 » – et la différence avec ce qu’on voyait il y a cinq ans est réelle.

Avant : une image principale, un petit carrousel de vignettes en dessous, et on scrollait vite vers la description. Maintenant, des sites comme Fago ou Asphalt ont une structure différente. Le bloc info – prix, bouton d’ajout au panier, réassurance – est fixé à droite (sticky). À gauche, un carrousel vertical de grandes images qui prennent les deux tiers de la largeur et qui forcent le scroll. Tu ne peux pas les sauter.

L’idée derrière : immerger l’utilisateur dans le produit avant qu’il atterrisse dans les détails techniques. Avant, tu pouvais scroller trop vite et passer à côté d’informations clés contenues dans les visuels. Maintenant, tu es obligé de tout voir.

Sur les bénéfices, Pablo insiste sur un point – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise plus tôt – c’est que ce sont les bénéfices émotionnels qui convertissent, pas les fonctionnels. Pas « bouteille d’eau pétillante 1,5L ». Plutôt : « effet fraîcheur intense, hydratation pendant deux bonnes heures ». Main Roast a beaucoup testé les titres de produits dans ce sens, et les bénéfices placés juste sous le bouton d’ajout au panier – sous forme de quatre petits checks ou pictos – font une vraie différence.

Pour aller plus loin sur les éléments de réassurance indispensables en e-commerce, il y a d’ailleurs un article détaillé qui complète bien ce point.

Et puis il y a le FOMO – la peur de manquer. Laurent et Pablo sont prudents là-dessus :

« Il faut trouver le bon dosage hein, que ça fasse pas style drop shipping avec des compteurs dans tous les sens. Les gens ils sont pas bêtes. Donc il faut vraiment soit des chiffres au plus proche du réel. »

C’est exactement le problème. Les dark patterns – 92 personnes sur la page en ce moment, consultée 2300 fois – ça ne convainc plus personne. En revanche, un vrai stock limité sur une précommande, une vente ouverte seulement quelques jours, une production limitée à 500 pièces : là, le FOMO est réel et il fonctionne.

L’anecdote qu’ils citent sur la marque de parfums qui vend une fois par an et fait plusieurs millions de dollars en une journée – c’est l’extrême de ce principe. Toute l’année, entretenir la hype. Un jour, tout ouvrir. Et en termes d’optimisation taux de conversion e-commerce, difficile de faire mieux comme résultat brut.

Le client est un chat, dit Laurent. Il arrive à pas de velours. Au moindre truc bizarre, il bondit et disparaît. Si la page raconte une histoire cohérente – produit présenté, réassurance logique, note de 4,8 sur 5, influenceurs recommandés – le visiteur dit OK, j’adhère. Sinon, il s’en va. (Et il ne revient pas.)

Ce que l’optimisation taux de conversion e-commerce rate systématiquement

Trois patterns qu’on observe partout, et qui coûtent cher.

D’abord, copier la concurrence sans comprendre pourquoi. Laurent cite un exemple – une marque avec un jeu de mots en hero qui ne disait absolument rien sur l’USP. Pour eux, ça fonctionnait : leur audience les connaissait déjà. Pour quelqu’un qui aurait copié cette approche en partant de zéro, ça aurait été catastrophique.

Ensuite, négliger les sources d’analyse qualitative. Les avis négatifs. Les forums. L’historique des conversations support. Le chat intégré avec l’IA. Pour un de leurs clients, l’analyse des conversations chat a révélé des questions récurrentes qui ont dégagé des thématiques entières à traiter sur le site. C’est là que se trouvent les vraies frictions – pas dans les heatmaps.

Enfin, traiter l’optimisation taux de conversion e-commerce comme une checklist à cocher plutôt que comme un processus continu de tests. Pablo et Laurent insistent : même les quick wins doivent être testés. Wording du FOMO, position des bénéfices, bouton découvrir versus ajouter au panier – tout ça se teste en A/B. Sans ça, tu appliques des recettes qui marchent pour d’autres mais peut-être pas pour ton business spécifique.

C’est d’ailleurs exactement ce qu’on avait exploré dans la première partie de cet épisode avec Pablo et Laurent sur le process CRO technique – cinq étapes pour structurer une démarche d’optimisation qui ne repose pas sur l’intuition.

Mais bon – la vraie limite de tout ça, et ils ne la disent pas explicitement : tout ce travail de CRO suppose d’avoir un trafic suffisant pour que les A/B tests soient statistiquement valides. Si tu fais 200 visites par mois, tu peux appliquer les best practices, mais tu ne pourras pas vraiment tester. L’optimisation taux de conversion e-commerce à grande échelle, c’est un jeu de chiffres.

Le merchandising comme levier d’optimisation : la partie qu’on zappe

Quelques chiffres concrets qui ressortent de leur expérience terrain :

  • Deux à quatre produits chers en tête de page catégorie suffisent pour créer l’effet d’ancrage

Au-delà de ça, placer les nouveautés en premier pour les visiteurs récurrents (via cookie) plutôt que les best sellers – c’est une logique différente selon qu’on parle d’acquisition ou de fidélisation. Et sur la fidélisation justement, des marques comme celles évoquées dans cet épisode sur la rétention client e-commerce avec un mono-produit montrent que le parcours de retour du client mérite autant d’attention que le premier achat.

Et la question du menu – Laurent est clair là-dessus : plus c’est simple, mieux c’est. Un menu comme Apple (Mac, iPhone, Watch) – ça marche pour Apple parce qu’Apple. Reproduire ça pour une marque que personne ne connaît encore, c’est une erreur de débutant. La navigation doit être évidente, pas inspirante.

Ce qui m’agace dans beaucoup de sites e-commerce, c’est qu’on passe des heures sur le branding, sur les visuels, sur les campagnes – et la page catégorie reste une grille de produits non filtrée, non merchandisée, non pensée. C’est là que l’argent part. Pas dans les creatives.

Pablo et Laurent renvoient vers leur propre podcast – Force et conversion, sur toutes les plateformes – pour aller encore plus loin, notamment dans les hors-séries où ils rentrent dans le détail de chaque type de page. À écouter si vous voulez creuser au-delà de ce qu’un seul épisode peut couvrir. Et pour ce qui est de l’optimisation taux de conversion e-commerce dans sa dimension plus macro – les KPI pour piloter une activité e-commerce restent le point de départ incontournable avant de se lancer dans quelque chose de plus fin.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'optimisation taux de conversion e-commerce concrètement ? +
C'est l'ensemble des actions qui visent à augmenter le pourcentage de visiteurs d'un site e-commerce qui réalisent un achat. Ça passe par l'analyse des comportements utilisateurs, l'identification des frictions page par page - homepage, catégorie, produit, panier, checkout - et la mise en place de corrections testées via A/B test. Ce n'est pas une checklist à cocher une fois, c'est un processus continu.
Quels sont les quick wins CRO pour une page produit e-commerce ? +
Les experts de l'agence Uxia identifient plusieurs leviers immédiats : passer à une structure de page produit 2.0 avec bloc info sticky à droite et carrousel vertical d'images à gauche, placer des bénéfices émotionnels sous le bouton d'ajout au panier, intégrer des éléments de rareté crédibles (stock réel, précommandes limitées), et soigner la réassurance avec des avis et des chiffres précis. Éviter les dark patterns type compteurs de visiteurs en temps réel - ça ne convainc plus personne.
Comment améliorer le taux de conversion d'une page catégorie ? +
Trois priorités selon Pablo Le Normand et Laurent Therry d'Uxia : des filtres bien construits (surtout en mobile), des labels produits clairs (best seller, nouveau, en solde) pour orienter les visiteurs perdus, et une réflexion sur l'e-merchandising - quel produit mettre en premier et pourquoi. L'effet d'ancrage, qui consiste à placer deux à quatre produits chers en haut pour rendre les suivants plus attractifs par comparaison, est une technique concrète qui fonctionne.
Faut-il mettre un bouton ajouter au panier sur la page catégorie ? +
Ça dépend entièrement de votre panier moyen et de votre taux de clients récurrents. Pour des produits consommables à faible prix avec beaucoup de rachats, oui. Pour des produits à haute considération - luxe, high-tech, mobilier - non. Les tests menés par Uxia sur un client luxe montraient que le bouton « découvrir » convertissait mieux que « ajouter au panier » depuis la page catégorie.
Comment construire une homepage e-commerce qui convertit ? +
La hero doit répondre en cinq secondes à trois questions : qui vous êtes, ce que vous vendez, ce qui vous différencie. Ensuite : catégories pour montrer l'étendue du catalogue, best sellers comme pré-filtre, réassurance avec des chiffres précis. En mobile, la navigation doit permettre d'aller de la home à un produit sans jamais passer par le menu. Et pour les visiteurs récurrents, une section dynamique basée sur les cookies qui affiche les produits vus lors de la dernière session fait une vraie différence sur les cycles d'achat longs.
Quelle est la différence entre optimisation taux de conversion e-commerce et A/B test ? +
L'optimisation taux de conversion e-commerce est le processus global - analyse, identification des frictions, hypothèses, corrections. L'A/B test est l'outil de validation : tu testes deux versions d'un élément (un titre, un bouton, un wording de FOMO) sur une partie du trafic pour mesurer laquelle convertit mieux avant de la déployer à 100%. Sans A/B test, tu appliques des recettes. Avec, tu valides ce qui fonctionne vraiment pour ton business spécifique.

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