erreurs business entrepreneur

12. 5 choses que vous faites à l’envers dans votre business

Épisode diffusé le 13 avril 2019 par TheBBoost

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Les erreurs business entrepreneur les plus coûteuses ne sont pas celles qu’on croit. Pas la mauvaise comptabilité, pas le choix du statut juridique, pas même une offre mal calibrée. Non – ce sont des réflexes qui semblent tellement logiques qu’on ne les remet jamais en question. Aline, freelance reconvertie en créatrice de contenu derrière le podcast TheBBoost, en a listé cinq dans un épisode enregistré en 2019 qui résonne encore aujourd’hui avec une étrange actualité.

Ce qui frappe en écoutant cet épisode, c’est pas le contenu en soi – plusieurs de ces points, tu les as déjà croisés sous une forme ou une autre. C’est l’honnêteté avec laquelle elle les présente. Elle les a tous commis. Certains plusieurs fois. Et elle le dit sans se draper dans un storytelling de rédemption entrepreneuriale.

Alors on va les reprendre un par un. Pas pour faire un résumé – mais pour regarder de près pourquoi ces erreurs persistent, même chez des gens qui devraient savoir mieux.

Créer son entreprise avant de trouver des clients : l’erreur que tout le monde fait

Voilà une des erreurs business entrepreneur les plus classiques, et pourtant. Combien de gens ont passé trois semaines à choisir entre SASU et micro-entreprise, à commander des cartes de visite, à se battre avec Canva pour un logo – avant d’avoir une seule conversation commerciale ? Beaucoup trop.

Aline le formule directement :

« Ça ne sert à rien de déclarer surtout en micro-entreprise […] ça ne sert à rien de créer son entreprise, de se créer un stress administratif et des problèmes administratifs avant même d’avoir trouvé ses premiers clients. On marche littéralement sur la tête. »

Exactement. Et le pire, c’est que la création administrative sert souvent d’alibi.

Ce qu’elle pointe avec justesse – et là c’est le nœud du problème – c’est que l’administratif est une forme de procrastination déguisée en sérieux. Tu peux passer une semaine à remplir des formulaires Urssaf, te sentir productif, et n’avoir parlé à zéro client potentiel. Pendant ce temps, quelqu’un d’autre a envoyé dix messages LinkedIn et signé sa première mission.

En France, en micro-entreprise, tu as légalement 15 jours après ton premier encaissement pour déclarer ton activité. C’est suffisant pour tester, valider, encaisser – et ensuite officialiser. Dans cet ordre. Pas l’inverse.

Le vrai truc c’est que prospecter fait peur. Créer un Kbis, ça fait pas peur. Et on s’arrange souvent pour faire ce qui ne fait pas peur en premier, en se convainquant que c’est logique. Pour aller plus loin sur ce sujet du freelance et de la construction d’un business solo, la trajectoire de Joseph Dognon entre freelance et Company of One donne une perspective intéressante sur comment on structure vraiment une activité indépendante.

Attendre d’être prêt à 90 % : pourquoi Jeff Bezos se lance à 40 %

Quarante pour cent. C’est le chiffre qui revient dans l’épisode, et il mérite qu’on s’y arrête.

Aline cite un podcast dans lequel Jeff Bezos explique sa règle de décision : il se lance quand il est sûr à 40 % de son coup. Pas 70, pas 80. Quarante. Ce qui veut dire qu’à ce stade, il est statistiquement plus proche de l’échec que de la réussite, et il y va quand même.

« La rapidité de votre succès est déterminée par la rapidité à laquelle vous allez prendre vos décisions. Plus vous allez prendre vos décisions rapidement sans réfléchir et plus surtout vous allez vous mettre en action et c’est vraiment ça la clé de tout hein. »

Dit comme ça, ça a l’air simple. Ça ne l’est pas.

Le perfectionnisme maladif qu’elle décrit – attendre 95, 99, parfois 100 % de certitude avant de bouger – est une des erreurs business entrepreneur les plus paralysantes parce qu’elle ressemble à de la rigueur. Tu peaufines, tu testes encore, tu relis, tu retouches. Tu te convaincs que tu prépares sérieusement. Mais en réalité tu repoussas le moment du verdict.

Elle donne son propre exemple : le challenge YouTube 30 jours. Lancé une semaine après la décision. Pas de script parfait, pas de setup vidéo professionnel, pas de planning éditorial sur trois mois. Juste l’idée et l’action. Et c’est depuis ce challenge qu’a émergé l’idée du groupe Facebook qui a réuni une cinquantaine de personnes en quelques jours (ce qui, pour une audience naissante, est loin d’être négligeable).

Marie Forleo, qu’Aline cite aussi, a popularisé « start before you’re ready » – la phrase est devenue un poster LinkedIn tellement répandu qu’elle a perdu de sa puissance. Mais le principe tient. Tu n’auras jamais de retours réels sur ton offre tant qu’elle n’est pas dehors. Et sans retours réels, tu peux peaufiner à l’infini sans jamais savoir si tu vas dans le bon sens.

Alors à quel moment se lancer ? Quand l’idée tient debout dans ta tête et qu’elle répond à un vrai problème. C’est à peu près tout.

La peur de l’échec est plus terrifiante que l’échec lui-même – et c’est là que les erreurs business entrepreneur s’accumulent

Cette partie de l’épisode est la plus dense, et la moins linéaire. Aline le dit elle-même :

« C’est un concept qui est un petit peu dur je trouve à expliquer à l’oral, mais même moi je suis pas sûre de me suivre. »

Et pourtant l’intuition est juste.

L’idée centrale : on a peur de la peur de l’échec plus que de l’échec lui-même. Une mise en abîme qui semble alambiquée mais qui colle à l’expérience réelle. Quand tu rates effectivement quelque chose – une mission qui se passe mal, un lancement qui ne décolle pas, un client mécontent – ton cerveau bascule en mode résolution de problème. Tu gères. Tu passes à autre chose. Tu en tires quelque chose.

Mais dans l’anticipation ? La catastrophe prend des proportions absurdes. Tu imagines la honte, les jugements, la perte de crédibilité, le retour à la case départ. C’est cette image mentale-là qui paralyse – pas le truc réel qui va se passer (et qui sera, dans l’immense majorité des cas, bien moins dramatique).

Ce qui m’agace dans la plupart des contenus sur « l’échec entrepreneurial », c’est qu’ils se contentent de la formule inversée : « l’échec est une chance. » Aline ne fait pas ça. Elle fait quelque chose de plus utile : elle déplace le problème. Le problème n’est pas l’échec. Le problème c’est l’anticipation de l’échec – cette fiction mentale qu’on entretient et qui coûte bien plus cher que n’importe quel raté réel.

Remettre les choses en perspective, comme elle dit : est-ce que tu en es mort ? Est-ce que tu as fini sous un pont ? Probablement pas. Et les erreurs business entrepreneur que tu craignais le plus ont souvent été les plus riches en enseignements – même si c’est plus facile à dire qu’à vivre sur le moment, soyons honnêtes.

Se lancer sans connaître son secteur : l’angle mort que personne ne mentionne

Quatrième point – et là Aline fait une distinction qui vaut la peine d’être retenue.

Connaître son domaine, ça ne veut pas dire avoir les compétences techniques. La plupart des créateurs qui se lancent ont les compétences. Le problème, c’est qu’ils voient leur domaine à travers les yeux d’un expert – et leurs clients potentiels ne sont pas des experts.

« Vous allez peut-être être complètement à côté de la plaque […] parce que vous ne comprendrez pas votre domaine, votre thématique et les gens qui sont à l’intérieur. »

Voilà. C’est exactement le problème.

Un expert en SEO qui lance une formation peut parler de « canonical tags » et de « crawl budget » à des débutants qui ne savent pas encore pourquoi leur site ne remonte pas sur Google. Résultat : le contenu est bon techniquement, mais complètement déconnecté des questions réelles que se posent les gens. La formation ne se vend pas. L’expert conclut que « le marché n’est pas prêt. » Alors que le marché, lui, attend qu’on lui parle sa langue.

La méthode qu’elle propose est artisanale mais efficace : groupes Facebook, commentaires Instagram, messages privés, et – détail que j’adore – les commentaires Amazon sur les livres de sa thématique. Les gens y écrivent ce qu’ils ont trouvé utile, ce qui leur a manqué, ce qui les a frustrés. C’est une mine d’or pour comprendre les vrais besoins d’une audience, sans filtre de politesse.

Et ça rejoint directement le cinquième point – sans transition parce que c’est exactement ce qu’elle fait dans l’épisode.

Créer un produit pour soi plutôt que pour son client : l’erreur qui efface toutes les autres

Cinq erreurs business entrepreneur dans cet épisode, et celle-ci est probablement la plus structurante. Pas parce qu’elle est la plus grave isolément – mais parce qu’elle annule tout le reste.

Tu peux avoir trouvé tes clients avant de créer ton entreprise. Tu t’es lancé avant d’être prêt. Tu as accepté l’idée de l’échec. Tu connais ton secteur sur le bout des doigts. Et si le produit que tu crées répond à tes propres critères d’expert plutôt qu’aux problèmes concrets de tes clients, tu rates quand même.

Le schéma classique : tu as une compétence, tu construis autour d’elle une offre qui te semble complète et cohérente, tu la lances – et silence. Pas parce que ton offre est mauvaise. Parce qu’elle répond à la question que tu te poses, pas à celle que tes clients se posent.

Aline le formule simplement :

« Concentrez-vous sur votre client. Votre client est roi, votre client a des besoins, votre client a des problèmes et c’est votre rôle en tant qu’entrepreneur de l’aider à résoudre ses problèmes. »

Le truc c’est que cette phrase, on l’a tous entendue. Et on continue quand même à créer des produits pour nous.

Pourquoi ? Parce que c’est plus confortable. Construire autour de ce qu’on maîtrise, de ce qu’on trouve intéressant, de ce qu’on aurait aimé avoir nous-mêmes – c’est naturel. Aller écouter ce que les gens veulent vraiment, c’est plus inconfortable. Ça implique d’entendre des choses qu’on n’a pas envie d’entendre. Des besoins moins nobles, des demandes plus basiques que ce qu’on imaginait, des problèmes qu’on trouve franchement peu stimulants à résoudre.

Mais c’est là que se crée la valeur réelle. Pas dans la sophistication de l’offre. Dans l’adéquation entre ce qu’on propose et ce dont les gens ont besoin maintenant, dans les mots qu’ils utilisent eux-mêmes pour décrire leurs problèmes. Sur ce point, la méthode de Benoit Michaud sur la vente de formation en ligne pousse cette logique encore plus loin – notamment sur le rôle du copywriting pour coller exactement au langage du client.

Et si tu veux un exemple concret de quelqu’un qui a construit une audience massive en partant des besoins réels d’une niche très spécifique, Kevin Espiritu et son blog de jardinage est un cas d’école qui illustre exactement ce principe – avec des chiffres qui donnent le vertige.

Ce que ces cinq points ont en commun – et pourquoi ça ne suffit pas de le savoir

Voilà les cinq erreurs business entrepreneur identifiées par Aline dans cet épisode. Créer avant de prospecter. Attendre la perfection. Fuir l’échec plutôt que l’intégrer. Ne pas connaître son terrain. Créer pour soi.

Ce qui frappe, c’est que ces cinq erreurs partagent une même racine : la peur. Peur de prospecter, donc on crée un Kbis. Peur de se planter, donc on peaufine encore. Peur du jugement si on rate, donc on imagine le pire. Peur de découvrir qu’on ne comprend pas vraiment son audience, donc on évite de regarder. Peur que les besoins réels des clients soient moins intéressants que ce qu’on a construit, donc on ferme les yeux.

Aline le dit dans son intro : « J’appuie là où ça fait mal de manière complètement intentionnelle pour vous faire réagir. » Et c’est honnête – ces points ne sont pas des révélations. Ce sont des rappels. Des choses qu’on sait mais qu’on préfère ne pas regarder en face.

La limite de ce type d’épisode – et je le dis sans malice parce que la limite est réelle – c’est qu’entre savoir et faire, il y a un gouffre. Tu peux écouter cinq fois cet épisode, noter les cinq points, les cocher mentalement un par un, et continuer exactement comme avant. Parce que le problème n’est pas l’information. Le problème c’est l’exécution dans les moments où la peur remonte.

Mais pour ça, apprendre à dire non dans son business est peut-être un passage obligé – pour clarifier ce sur quoi on concentre vraiment son énergie, et arrêter de se disperser dans des tâches qui ressemblent à du travail sans l’être. Et pour ceux qui cherchent des systèmes concrets pour s’organiser autour de tout ça, l’approche de Wann sur Notion pour les créateurs et freelances donne des bases concrètes.

Reste une question ouverte que l’épisode ne tranche pas vraiment : à quel moment ces cinq « erreurs » deviennent des patterns durables plutôt que des erreurs de départ ? Est-ce qu’on en sort vraiment, ou est-ce qu’on les remplace juste par de nouvelles versions plus sophistiquées du même problème ?

Questions fréquentes

Quelles sont les erreurs business entrepreneur les plus fréquentes au démarrage ? +
Les cinq erreurs les plus courantes sont : créer son entreprise administrativement avant d'avoir trouvé des clients, attendre d'être parfaitement prêt avant de se lancer, fuir la peur de l'échec plutôt que de l'accepter, se lancer sans vraiment connaître son secteur et son audience, et créer une offre qui répond à ses propres critères plutôt qu'aux besoins réels de ses clients. Ces erreurs ont toutes une racine commune : la peur, sous des formes différentes.
Faut-il créer son entreprise avant de chercher ses premiers clients ? +
Non. En micro-entreprise, vous avez légalement 15 jours après votre premier encaissement pour déclarer votre activité. Il vaut mieux prospecter, valider votre offre et encaisser vos premières missions avant de vous occuper des formalités administratives. Créer son entreprise en premier est souvent une façon inconsciente de repousser le moment de prospecter, qui est ce qui fait vraiment peur.
Comment se lancer dans son business quand on a peur d'échouer ? +
La distinction utile est la suivante : la peur de l'échec est presque toujours plus paralysante que l'échec réel. Quand on rate quelque chose concrètement, on gère, on corrige, on passe à autre chose. C'est l'anticipation de l'échec - la fiction mentale qu'on construit - qui immobilise. Accepter que l'échec fait partie du processus, sans le dramatiser, est ce qui permet de continuer à avancer.
À quel moment se lancer dans son business sans attendre d'être prêt ? +
Dès que l'idée tient debout et répond à un vrai problème identifié. Jeff Bezos cité dans cet épisode dit se lancer quand il est sûr à 40 % de son coup. L'idée n'est pas de partir sans réfléchir, mais de comprendre qu'aucun lancement ne sera parfait et que les retours réels du marché valent plus que n'importe quelle préparation supplémentaire.
Comment créer un produit ou service qui correspond vraiment aux besoins de ses clients ? +
Avant de créer quoi que ce soit, observer les questions posées dans les groupes Facebook de sa thématique, analyser les commentaires Amazon sur les livres du secteur, faire des sondages en story Instagram, lire les messages privés reçus. L'objectif est de comprendre les problèmes dans les mots exacts qu'utilisent les clients - pas dans le vocabulaire d'expert qu'on utilise soi-même.
Pourquoi tant d'entrepreneurs font des erreurs business entrepreneur répétitives malgré les conseils ? +
Parce que la plupart de ces erreurs ne viennent pas d'un manque d'information mais d'un mécanisme de défense face à la peur. On sait qu'il faudrait prospecter en premier, mais on crée un logo à la place. On sait qu'il faudrait se lancer, mais on peaufine encore. Connaître l'erreur ne suffit pas - ce qui change les choses, c'est la prise de conscience du mécanisme émotionnel qui la produit.

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