performance créa facebook ads

Comment analyser la performance d’une créa Facebook ads ? (6 indicateurs + les erreurs à éviter)

Épisode diffusé le 23 février 2024 par Danilo Duchesnes

Écouter l'épisode :

0:00 --:--
Vitesse

La performance créa facebook ads – tout le monde prétend la mesurer, personne ne le fait vraiment bien. Danilo Duchesnes, fondateur de DHS Digital et consultant Facebook Ads depuis des années, a consacré un épisode entier à ce sujet. Et ce qui m’a frappé en l’écoutant, c’est pas la liste des indicateurs. C’est la quantité d’erreurs que des media buyers expérimentés font encore en 2024, chaque semaine, sur des comptes qui dépensent plusieurs milliers d’euros par mois.

On parle pas de débutants qui tâtonnent. On parle de gens qui pilotent des campagnes sérieuses et qui coupent les mauvaises créas – ou pire, qui laissent tourner des créas déficitaires parce qu’elles ont un CTR sympa.

Six indicateurs. Des règles de coupe précises. Et quelques biais cognitifs qui coûtent cher. Voilà ce qu’on va décortiquer ici.

Avant de mesurer la performance créa facebook ads, regarde ce que Facebook a réellement dépensé

Premier réflexe – et c’est celui que la moitié des gens oublient – vérifier le budget effectivement dépensé sur chaque créa. Ça semble évident. Ça ne l’est pas.

Le truc, c’est que Facebook ne diffuse pas toutes tes créas de façon équitable. L’algorithme fait ses choix, parfois sans raison apparente, et tu te retrouves avec des créas à 3 euros de dépense sur lesquelles tu commences à analyser le taux de clics. Ce que Danilo dit clairement :

Si vous commencez à analyser, par exemple, les taux de clics ou la rentabilité d’une créa pour laquelle Facebook a dépensé peu d’argent, ça n’a pas trop d’intérêt parce que finalement, du point de vue statistiques, on peut pas vraiment juger de la performance de la créa si Facebook a dépensé trop peu de budget sur celle-ci.

Voilà. Avant d’aller plus loin, tu filtres. Quelques dizaines d’euros minimum, idéalement quelques centaines, pour que les chiffres aient un sens statistique.

Ce que ça implique concrètement : si tu lances 10 créas et que l’algorithme n’en diffuse que 4, tu ne juges que ces 4-là. Les 6 autres – tu cherches à comprendre pourquoi elles ne tournent pas, mais tu ne te mets pas à comparer leurs CTR respectifs comme si c’était des données exploitables. Ce serait du bruit.

Et c’est là que beaucoup de comptes font une erreur structurelle : ils regardent le tableau de bord global et tirent des conclusions sur des créas qui n’ont simplement pas eu leur chance de se montrer. La structure d’un compte Facebook Ads à gros budget change d’ailleurs beaucoup de choses sur ce point – avec plus de budget, l’algorithme a plus de données pour trancher plus vite.

CTR et Hook Rate : des signaux d’intérêt, pas des signaux de rentabilité

Deuxième indicateur : le CTR, taux de clics sur le lien. Troisième : le Hook Rate. Je les regroupe parce qu’ils jouent le même rôle – mesurer l’intérêt généré, pas la performance business.

Le CTR se calcule simplement : clics divisés par impressions. Le benchmark de Danilo : 1% c’est moyen, 2% c’est bien, au-dessus de 2% c’est clairement une créa qui attire l’attention. Mais – et c’est là que beaucoup de media buyers se plantent – un bon CTR ne veut pas dire une bonne créa au sens business du terme.

Il y a beaucoup de média buyer qui se trompent et qui ont tendance à laisser des créas qui génèrent beaucoup de clics, mais qui ne sont pas rentables.

C’est exactement le problème. Un visuel accrocheur, un angle créatif qui intrigue, une promesse trop belle – et tu remplis le haut du funnel avec du trafic qui ne convertit pas.

Le Hook Rate, lui, c’est spécifique aux vidéos. Tu le crées toi-même dans le gestionnaire de publicités (Facebook ne te le donne pas par défaut) : nombre de lectures à 3 secondes divisé par les impressions. Un bon Hook Rate tourne autour de 25%. Il mesure la force du scroll stopper – les premières secondes de ta vidéo. Et comme le CTR, c’est un indicateur créatif, pas financier. Il t’aide à comprendre pourquoi une vidéo ne génère pas de ventes (mauvais accroche = personne ne regarde = aucune chance de convertir), mais il ne te dit pas quelle créa garder.

Ce que j’aime dans cette distinction, c’est qu’elle force à réfléchir en deux temps : est-ce que ma créa capte l’attention ? Et ensuite seulement – est-ce qu’elle convertit ? Les deux questions ne s’enchaînent pas automatiquement. Une créa peut capter l’attention de la mauvaise audience, ou promettre quelque chose que la page de destination ne tient pas.

Pour aller plus loin sur la production créative, l’approche méthode 80/20 pour créer des créas Facebook Ads performantes complète bien ce cadre d’analyse.

CPA vs ROAS : lequel pilote vraiment la performance créa facebook ads

On entre dans le concret. Quatrième indicateur : le CPA, coût par achat. Cinquième : le ROAS (Danilo dit ROES dans l’épisode – même chose, Return On Ad Spend).

Le CPA d’abord. Dépense divisée par nombre d’achats. Si tu as dépensé 100€ et généré 5 achats, ton CPA est de 20€. Tu le compares à ton CPA cible. Au-dessus : problème potentiel. En dessous : bonne nouvelle. Au niveau : neutre.

Mais le CPA a un angle mort majeur : il ignore le panier moyen.

On peut avoir une créa qui va avoir un CPA peut-être un peu plus élevé que notre cible, mais qui va avoir un très bon panier moyen et qui du coup va avoir une bonne rentabilité.

Dit comme ça, ça a l’air simple. Mais dans la pratique, beaucoup de comptes pilotent encore uniquement au CPA et coupent des créas qui sont en fait rentables parce qu’elles génèrent des commandes de valeur supérieure.

C’est pour ça que le ROAS prend le dessus. Revenu généré divisé par dépense publicitaire. Si ta créa a dépensé 200€ et généré 1000€ de CA, tu as un ROAS de 5. Cet indicateur intègre le panier moyen, donc il donne une vision complète de la rentabilité réelle – pas juste du volume d’achats.

Chez DHS, la règle est claire : le ROAS cible définit ce qui reste actif et ce qui coupe. Au-dessus de la cible sur 7 jours ? On laisse tourner. En dessous ? On regarde de plus près – avec quelques nuances qu’on verra plus loin.

Ce cadre de pilotage au ROAS rejoint d’ailleurs les méthodes de scale sur Facebook Ads – parce que ce sont les créas avec le meilleur ROAS qu’on va pousser en budget, pas les autres.

Le revenu net : la métrique que personne ne regarde et qui réconcilie tout

Sixième indicateur. Celui que Danilo a ajouté en cours d’épisode (il avait annoncé cinq, il en a sorti six – signe que c’est une métrique qu’on sous-estime). Le revenu net : chiffre d’affaires généré moins dépense publicitaire.

L’exemple qu’il donne est frappant :

Imaginez que vous avez une première créa qui a 100€ de dépenses, elle obtient un ROAS de 10, donc le CA qui a été généré, c’est 1000€. Vous avez donc un revenu net de 900€. Maintenant, imaginez une deuxième créa. Elle a dépensé 300€, elle a eu un ROAS de 5, donc deux fois moins élevé et elle a généré 1500€ de chiffre d’affaires. Donc le revenu net, c’est simplement 1500 moins 300, c’est donc 1200.

1200 contre 900. La créa avec le ROAS deux fois moins bon génère 33% de revenu net en plus. Voilà pourquoi se concentrer uniquement sur le ratio peut te faire passer à côté des vraies performances.

Ce que j’aurais voulu qu’on me dise plus tôt – enfin, ce que la plupart des dashboards n’affichent pas par défaut – c’est que le revenu net est probablement l’indicateur le plus honnête pour évaluer le potentiel de scale d’une créa. Une créa qui génère 900€ de revenu net avec un ROAS de 10 est peut-être en train de saturer son audience. Celle qui génère 1200€ avec un ROAS de 5 a probablement plus de volume devant elle.

C’est aussi la métrique qui t’indique quelles créas décliner. Si une créa génère du revenu net élevé, tu la varies, tu testes de nouveaux formats à partir du même concept, tu exploites l’angle créatif qui marche. (Et c’est souvent là que la production UGC entre en jeu – les créas UGC performantes permettent justement de décliner rapidement à moindre coût.)

Quand couper, quand laisser tourner : les règles que DHS applique vraiment

Trois règles. Claires. Pas de zone grise inutile.

Première règle : si tu as dépensé deux fois ton CPA cible sans générer une seule vente, tu coupes. Exemple concret – CPA cible à 30€, tu as dépensé 60€, zéro achat. Peu importe les clics, les ajouts au panier, les pageviews. On coupe.

Deuxième règle : toutes les créas avec un CPA deux fois supérieur au CPA cible, on les coupe aussi – même si elles ont généré des ventes et même si le ROAS semble bon en surface. Pourquoi ? Parce que c’est probablement un coup de chance lié à un panier moyen anormalement élevé. Danilo est précis là-dessus :

Vous allez avoir une créa qui va générer des ventes anormalement élevées… mais elles vont aussi avoir un CPA qui est bien supérieur à la moyenne de votre compte. Donc oui, la créa en question, elle aura un ROAS qui est plus élevé que d’autres, mais cela ne veut pas dire que ça va durer longtemps.

Bref, méfie-toi de la belle stat qui cache une anomalie. Et après avoir coupé, il conseille quand même de revenir quelques jours plus tard vérifier si d’autres ventes ont été attribuées à la créa (Facebook attribue au jour de la conversion, pas au jour de l’impression) – et si c’est le cas, on réactive.

Troisième règle, et c’est celle qui introduit la nuance : tant que le ROAS est au-dessus de la cible sur 7 jours glissants, la créa reste active. Mais si le ROAS descend légèrement en dessous sur 7 jours et qu’il est au-dessus sur 10 jours – on attend encore quelques jours avant de trancher. Si le ROAS est franchement en dessous (cible à 3, ROAS à 2 sur 7 jours) – on n’attend pas, on coupe maintenant.

Ce cadre de pilotage demande une discipline que beaucoup n’ont pas. Regarder ses créas sur des fenêtres temporelles différentes, croiser plusieurs métriques avant de décider – c’est plus de boulot qu’un simple tableau de bord automatisé. Mais c’est aussi ce qui fait la différence entre un compte qui scale et un compte qui tourne en rond. Pour comprendre comment la phase d’apprentissage de Facebook interagit avec ces décisions de coupe, l’épisode sur les mythes sur la phase d’apprentissage Facebook Ads vaut le détour.

Les deux biais qui faussent ton analyse sans que tu t’en rendes compte

Danilo les pointe explicitement. Et franchement, ce sont des biais que j’ai vus sur des comptes très sérieux.

Premier biais : oublier que ton ROAS exceptionnel est peut-être un coup de chance. Une créa qui génère un ROAS de 10 alors que ta cible est 5 – c’est tentant de crier victoire. Mais si cette créa a un CPA deux fois supérieur à la moyenne et que ses ventes viennent de 2-3 paniers très élevés, tu es face à une anomalie statistique, pas à une créa magique. Analyse le panier moyen. Toujours.

Deuxième biais : juger une créa avec 10€ de dépense. Si tu as dépensé 10€ sur une créa, fait une vente à 100€, et calculé un ROAS de 10 – tu n’as aucune donnée. Tu as de la chance. Comparer cette créa à une autre qui a dépensé 300€ et obtenu un ROAS de 6, c’est comparer une anecdote à une tendance. Ce n’est pas de l’analyse, c’est du storytelling.

Ces deux biais ont un point commun : ils flattent l’ego. On aime croire qu’on a trouvé la créa qui cartonne. Du coup, on garde des mauvaises créas et on coupe les bonnes. L’antidote, c’est le revenu net – une métrique qui ne ment pas parce qu’elle mesure ce qui est réellement arrivé dans ta caisse, pas dans un ratio.

Pour contextualiser ces analyses dans un environnement publicitaire qui a beaucoup bougé (post-iOS 14, nouvelles dynamiques d’enchères), l’épisode de bilan sur Facebook Ads en 2023 donne des repères utiles sur l’évolution des benchmarks.

Une dernière chose – et c’est une limite réelle de ce cadre d’analyse : il suppose que ton tracking est fiable. Post-iOS 14, beaucoup de comptes sous-rapportent leurs conversions, ce qui fausse mécaniquement CPA et ROAS. Avant d’appliquer ces règles de coupe, assure-toi que ton pixel et ton API Conversions sont proprement configurés. Sinon tu coupes des créas qui performent – tu ne le vois juste pas.

Questions fréquentes

Quels sont les indicateurs pour analyser la performance créa facebook ads ? +
Six indicateurs clés : le budget dépensé (pour filtrer les créas avec assez de données), le CTR ou taux de clics sur le lien (signal d'intérêt), le Hook Rate pour les vidéos (accroche des 3 premières secondes), le CPA (coût par achat), le ROAS (revenu divisé par dépense) et enfin le revenu net (CA moins dépense publicitaire). Le ROAS est l'indicateur principal de décision, le revenu net aide à identifier les créas à scaler.
C'est quoi un bon CTR sur Facebook Ads ? +
Selon les benchmarks partagés par Danilo Duchesnes, un CTR de 1% est dans la moyenne, 2% est bon, et au-dessus de 2% c'est une créa qui génère clairement de l'intérêt. Mais le CTR doit toujours être comparé à la moyenne de ton propre compte - et attention, un bon CTR ne garantit pas une bonne rentabilité.
Quand faut-il couper une créa sur Facebook Ads ? +
Trois règles pratiques : couper si tu as dépensé deux fois ton CPA cible sans générer aucune vente ; couper si le CPA est deux fois supérieur à ta cible même avec des ventes (risque de coup de chance) ; et couper si le ROAS est franchement en dessous de la cible sur 7 jours glissants. Si le ROAS est légèrement en dessous sur 7 jours mais au-dessus sur 10 jours, on attend quelques jours avant de décider.
Comment calculer le Hook Rate sur Facebook Ads ? +
Le Hook Rate n'est pas fourni nativement par Facebook. Tu dois créer un indicateur personnalisé dans le gestionnaire de publicités : nombre de lectures vidéo à 3 secondes divisé par les impressions. Un bon Hook Rate se situe autour de 25%. Il mesure la force de ton accroche vidéo - les premières secondes qui décident si quelqu'un continue à regarder ou scrolle.
Quelle différence entre ROAS et CPA pour analyser une créa ? +
Le CPA mesure le coût par achat mais ignore le panier moyen. Une créa avec un CPA élevé peut être très rentable si elle génère des commandes de valeur supérieure. Le ROAS (revenu divisé par dépense publicitaire) intègre cette dimension : il reflète la rentabilité réelle en tenant compte de ce que les acheteurs ont effectivement dépensé. C'est pourquoi le ROAS est l'indicateur de pilotage principal.
C'est quoi le revenu net dans l'analyse des créas Facebook Ads ? +
Le revenu net, c'est simplement le chiffre d'affaires généré par une créa moins la dépense publicitaire associée. Une créa avec un ROAS de 10 qui a dépensé 100€ génère 900€ de revenu net. Une créa avec un ROAS de 5 qui a dépensé 300€ génère 1200€ de revenu net - soit 33% de plus, malgré un ratio deux fois moins bon. C'est l'indicateur qui réconcilie budget, panier moyen et rentabilité pour identifier les créas à scaler en priorité.

Épisodes similaires

  • Social Ads & Acquisition