stratégie organique réseaux sociaux

Crème #12 – Trouver des clients sans payer Meta et Google : les stratégies organiques des marques Dijo, archie, Soi Paris et Anatae

Épisode diffusé le 28 août 2023 par Danilo Duchesnes

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La stratégie organique réseaux sociaux est souvent présentée comme le grand mythe du marketing digital : gratuit, accessible, suffisant. La réalité des fondatrices de Dijo et d’Archi est un peu plus nuancée – et franchement plus intéressante. Dans un épisode récent du podcast Le Rendez-vous Marketing animé par Danilo Duchesnes, quatre marques autofinancées ont raconté sans filtre comment elles ont trouvé leurs premiers clients sans toucher à Facebook Ads ni Google. Ce qu’on en retient n’est pas un guide en dix étapes. C’est autre chose.

Quand 2 millions d’impressions ne font pas exploser les ventes

Deux millions d’impressions sur LinkedIn. En additionnant deux posts. Lisa Yannouk, cofondatrice de Dijo – la marque de probiotiques qui se définit comme la première entreprise dédiée au bien-être du ventre en France – a vécu ça après le passage de la marque dans Qui veut être mon associé. Un post à 1,5 million d’impressions à lui seul. C’est le genre de chiffre qui fait croire qu’on a tout compris.

Sauf que non. Lisa est la première à dire que les pics de ventes après un post LinkedIn, elle ne les voit pas. Pas de corrélation directe. Pas de courbe qui décolle sur Google Analytics le lendemain. Le lien entre la visibilité LinkedIn et le chiffre d’affaires reste, pour l’instant, difficilement traçable.

En terme de business et de conversion aujourd’hui, c’est encore difficilement mesurable. on voit pas… c’est pas devenu non plus une source de trafic énorme sur le site internet ce qui vient de LinkedIn.

Ce qui m’intéresse dans cette confession, c’est que personne ne dit ça d’habitude. Tout le monde se vante des retombées. Elle, elle admet que ça ne se mesure pas – et elle continue quand même. Parce que ce que ça génère, c’est du goodwill. Des invitations en conférence. Des mentions dans des articles. Des gens qui leur disent dans la rue que c’est cool ce qu’elles font sur LinkedIn. C’est intangible, mais c’est réel.

Et puis il y a un truc structurel : très peu de fondateurs postent régulièrement sur LinkedIn en France. Du coup, quand tu le fais – même imparfaitement – tu ressors mécaniquement. Ce n’est pas du talent. C’est de la rareté.

La stratégie organique réseaux sociaux qui ne ressemble à rien d’un plan marketing

Marina Lemer, cofondatrice d’Archi (le vinaigre de cidre biologique), a démarré son compte Instagram personnel avec 200 abonnés. Ses potes du lycée. Quelques conneries postées de temps en temps. Rien de stratégique.

Ce qui a tout déclenché, c’est une frustration. Le compte de la marque Archi était trop lisse. Trop propre. Marina est quelqu’un de brut, de spontané – et ce compte ne lui ressemblait pas. Alors elle a décidé de créer un espace parallèle, sur son propre profil, pour parler librement des sujets wellness qui l’intéressent. Sans ligne éditoriale figée. Sans brief.

J’avais envie d’avoir un peu une cour de récré où je peux parler comme je veux sans que ça dénature la beauté de ce qu’on essaie de bâtir avec Archi.

Dit comme ça, ça a l’air simple. Presque naïf. Mais derrière cette « cour de récré », il y a une vraie mécanique – et elle l’admet elle-même. Elle avait pu se dégager du temps opérationnel parce qu’Archi avait recruté sa première responsable logistique. Sans ça, impossible. Le personal branding sur Instagram ne se fait pas dans les interstices d’une journée chargée.

Le premier vrai déclic ? Un challenge. Marina annonce sur une story du compte Archi qu’elle va se faire une cure de remise en forme pendant une semaine – avec du vinaigre de cidre tous les jours, de l’alimentation propre, du sport. Elle invite des amis coachs en santé naturelle à faire des lives avec elle. Résultat en une semaine : 200 abonnés devenus 1 500. Une mécanique de croissance classique sur le fond – l’audience croisée – mais terriblement efficace parce qu’elle était ancrée dans quelque chose de réel.

Ce que personne ne dit sur la régularité

La régularité, c’est le conseil que tout le monde donne et que personne ne suit vraiment. Lisa Yannouk reconnaît qu’elle n’y arrive pas toujours. Elle vise deux posts par semaine sur LinkedIn, elle ne l’atteint pas. Et pourtant elle continue à recommander ce rythme – parce qu’elle a vu ce que ça change quand on s’y tient.

La vraie règle qu’elle a intégrée, c’est celle du minuteur. Un post = 20 à 30 minutes maximum. Et on envoie, même si c’est pas parfait. Parce que passer trois semaines sur un post pour ne jamais le publier, ça ne sert à rien.

C’est en faisant que tu progresses. c’est le meilleur, la meilleure manière de d’être de plus en plus à l’aise dans ton écriture dans le fait de poster. Au début quand on postait, on était en stress maximal tu regardes les premiers likes là ça va pas décoller.

Ce stress du premier like, je le comprends. C’est universel. Et c’est exactement ce qui paralyse les fondateurs qui attendent d’avoir « quelque chose d’important » à dire avant de se lancer. Le problème, c’est que l’importance d’un post, tu ne la connais qu’après. Jamais avant.

Marina Lemer va dans le même sens mais avec une nuance intéressante : elle a fait un live avec six personnes. Six. Et elle a continué. Parce que la logique de l’organique, c’est l’accumulation, pas le coup d’éclat. Pour aller plus loin sur la question du volume de contenu, produire au moins 10 posts par semaine reste un objectif atteignable quand on a la bonne organisation.

Rédiger un post LinkedIn qui accroche – les vraies règles

Lisa Yannouk a suivi le bootcamp de Thibault Louis avant le passage de Dijo dans Qui veut être mon associé. Elle en a tiré quelques principes qu’elle applique encore aujourd’hui. Pas de formule magique. Des contraintes simples.

Une idée par post. Une seule. Si tu en as deux, tu fais deux posts. Ce conseil paraît évident – et pourtant la majorité des posts LinkedIn ressemblent à des brouillons de réunion où on a voulu tout mettre.

L’accroche en premier, mais écrite en dernier. La logique : tu écris tout ton post, tu sais ce que tu as dit, et là tu trouves les trois mots qui résument l’idée centrale. Pas le truc suspense avec trois petits points – ça ne marche plus. L’accroche doit dire de quoi ça parle, en créant juste assez de friction pour qu’on clique sur « voir plus ».

Lisa donne l’exemple de son père qui voulait parler de l’employabilité des seniors. Il avait commencé par « J’ai 50 ans, blablabla ». Elle lui a dit : commence par « À 50 ans, je me sens périmé ». C’est devenu viral. La différence ? Une accroche qui nomme une tension que les gens reconnaissent immédiatement.

  • Répondre aux commentaires – et le plus tôt possible après publication

Sur la question des commentaires, Lisa admet qu’elle n’a pas toujours le temps de répondre dans les premières heures. Les réunions s’enchaînent. Mais l’interaction crée de l’engagement, qui pousse l’algorithme, qui pousse la portée. C’est mécanique. Pour approfondir les bonnes pratiques sur ce réseau, l’épisode sur la marque personnelle sur LinkedIn vaut le détour.

Les photos, aussi. LinkedIn n’est pas Instagram – mais les images arrêtent le scroll. Tu vois la photo, tu t’arrêtes, tu lis le texte. Simple comme ça.

La marque personnelle n’est pas un canal, c’est une prise de risque

Ce qui relie les deux témoignages – Lisa et Marina – c’est quelque chose qui dépasse la stratégie organique réseaux sociaux au sens technique. C’est une décision de se montrer. De parler en son nom, pas au nom de la marque.

Sur Instagram, c’est Dijo qui parle. Sur LinkedIn personnel, c’est Lisa. La différence n’est pas que stylistique – elle est fondamentale. Le compte de la marque doit être cohérent, carré, dans la DA. Le compte du fondateur peut être brut, incohérent sur les performances, décousu. Et c’est souvent ça qui touche les gens.

Marina l’a dit clairement : elle ne voulait pas faire comme Justine de Respire, dont elle admire la rigueur mais dont elle sait qu’elle ne pourrait pas reproduire le niveau de préparation. Elle a cherché son modèle du côté de Shanty – ce côté décomplexé, spontané, qui se filme en faisant n’importe quoi et assume. Ce n’est pas un manque de stratégie. C’est une stratégie alignée avec sa personnalité.

Maintenant je me filme en faisant des lives de sport où je ressemble à rien ou je râle et c’est OK, tu vois. Et je pense que ça fait du bien aussi aux gens de voir que bah tout est pas super lisse.

Voilà. C’est exactement ça. L’authenticité en marketing, c’est un mot tellement galvaudé qu’on l’entend sans plus l’entendre. Mais quand Marina parle de ses 2 kilos pris pendant l’été et lance un challenge de cure, c’est pas une stratégie de contenu. C’est sa vie. Et les gens le sentent.

Il y a une limite à tout ça, quand même – et il faut l’assumer. Ce type de stratégie organique réseaux sociaux demande du temps dédié. Marina le dit explicitement : elle n’aurait pas pu le faire si elle gérait encore la logistique d’Archi. Ce n’est pas une activité qu’on cale entre deux réunions. C’est un poste à part entière, au moins pendant la phase de lancement. Les fondateurs qui semblent tout faire en même temps – comme Anthony Bourbon, dont le compte Instagram très actif est en réalité géré par une équipe – ne sont pas toujours transparents sur les coulisses. Pour aller plus loin sur le personal branding et la stratégie de contenu des entrepreneurs, un épisode entier y est consacré.

Ce que ces quatre marques changent dans la façon de penser la stratégie organique réseaux sociaux

Dijo, Archi, Soa Paris, Anna Te. Quatre marques autofinancées. Zéro budget acquisition au départ. Et pourtant des communautés, des médias, des audiences. Ce n’est pas un hasard – mais ce n’est pas non plus une recette.

Ce que ces fondateurs ont en commun, c’est d’avoir choisi un terrain où ils étaient crédibles. LinkedIn pour les profils qui ont quelque chose à dire sur l’entrepreneuriat. Instagram personnel pour ceux dont la marque est indissociable d’un style de vie. Le choix du réseau n’est pas anodin. Aller là où se trouve ton audience, c’est évident. Aller là où tu peux tenir sur la durée, c’est stratégique.

La stratégie organique réseaux sociaux de ces marques repose sur un postulat simple : les gens n’achètent pas un produit, ils s’abonnent à une histoire. Dijo, c’est Lisa et sa cofondatrice qui parlent de ventre, d’entrepreneuriat, de stress et de probiotiques – dans le désordre et sans script. Archi, c’est Marina qui prend 2 kg et en parle franchement à sa communauté. Ce niveau de stratégie organique réseaux sociaux n’a pas de prix – au sens littéral. Ça ne coûte rien en média. Ça coûte du temps, de la vulnérabilité, et une certaine indifférence aux performances à court terme.

Et justement – les performances à court terme. Ni Lisa ni Marina ne prétendent que leur présence sur les réseaux convertit directement. Pas de pic de ventes après un post. Pas de trafic mesurable depuis LinkedIn. Ce que ça génère, c’est une couche d’autorité et de reconnaissance qui s’accumule lentement – et qui change tout sur le long terme. Les invitations en conférences, les mentions dans la presse, les gens qui reconnaissent la marque dans la rue. C’est du ROI invisible. C’est aussi, peut-être, le seul ROI qui dure. Sur la question de créer une marque forte en 2023, d’autres épisodes du même format creusent ces mêmes questions sous un angle différent.

Mais bon – reste la question que personne ne pose vraiment : est-ce que tout fondateur peut faire ça ? Est-ce que tout le monde a une histoire à raconter, un style de vie à partager, une personnalité qui tient face à une caméra de smartphone ? Probablement pas. Et forcer quelqu’un d’introverti à poster deux fois par semaine sur LinkedIn parce que « c’est prouvé que ça marche », c’est une autre façon de rater sa stratégie organique réseaux sociaux.

Questions fréquentes

Comment lancer une stratégie organique réseaux sociaux quand on a zéro budget ? +
Commencez par choisir un seul réseau sur lequel vous êtes crédible et où votre audience est présente. LinkedIn fonctionne bien pour les fondateurs qui ont un angle entrepreneuriat. Instagram personnel convient mieux si votre marque est liée à un style de vie. Le point de départ, c'est la régularité sur un seul canal - pas la présence sur six plateformes en même temps.
Est-ce que la stratégie organique réseaux sociaux génère vraiment des ventes ? +
Pas directement, et c'est important de le savoir avant de se lancer. Lisa Yannouk de Dijo admet qu'elle ne voit pas de pics de ventes après ses posts LinkedIn. Ce que ça génère, c'est de la notoriété, des opportunités médias, des invitations en conférences - un retour sur investissement invisible mais réel sur le long terme.
Combien de fois par semaine faut-il poster sur LinkedIn pour une marque e-commerce ? +
L'idéal serait deux fois par semaine. Mais la régularité compte plus que la fréquence : mieux vaut un post par semaine pendant un an que trois posts par semaine pendant un mois puis rien. Lisa Yannouk recommande aussi de se fixer un minuteur - 20 à 30 minutes par post maximum - pour ne pas rester bloqué sur la perfection.
Comment rédiger une bonne accroche pour un post LinkedIn ? +
Écrivez l'accroche en dernier, une fois que vous savez ce que vous avez dit. Elle doit nommer une tension que les gens reconnaissent immédiatement, en une phrase. Évitez le format suspense avec des points de suspension - ça ne fonctionne plus. L'objectif n'est pas le mystère, c'est la clarté sur le sujet du post.
Vaut-il mieux poster sur le compte de sa marque ou sur son compte personnel ? +
Les deux ont des rôles différents. Le compte marque sert la DA, la cohérence visuelle, les produits. Le compte personnel permet une prise de parole plus libre, plus authentique, sur des sujets liés à l'entrepreneuriat ou au style de vie. Marina Lemer d'Archi a choisi de créer son compte Instagram personnel pour parler sans contraindre l'image de sa marque - et c'est ce compte qui a le mieux converti.
Combien de temps faut-il pour voir les premiers résultats d'une stratégie organique réseaux sociaux ? +
Marina Lemer est passée de 200 à 1 500 abonnés Instagram en une semaine grâce à un challenge - mais c'est un cas exceptionnel lié à une mécanique d'audience croisée bien pensée. En règle générale, les résultats concrets en notoriété se voient après plusieurs mois de régularité. Les fondatrices de Dijo ont commencé à poster en décembre 2022 et décrivent des effets tangibles dans leur vie quotidienne au bout de quelques mois seulement.

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