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#76 – Comment 900.care a réussi à scaler sur Facebook ads tout en diminuant leurs CPA : 8x plus d’abonnés en 1 an avec Aymeric Grange, CEO @900.care (2/2)

Épisode diffusé le 30 janvier 2023 par Danilo Duchesnes

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Multiplier ses abonnés par 8 en un an sur facebook ads ecommerce, tout en baissant son CPA – pas en le maintenant, en le baissant – c’est le genre de résultat qui fait lever un sourcil dans une salle de réunion. Éric Grange, co-fondateur de 900.care, une marque de produits de salle de bain rechargeables vendus par abonnement, l’a fait en 2022. Et ce n’est pas la conséquence d’un hack obscur ou d’une astuce de ciblage venue d’un guru LinkedIn. C’est le résultat de trois ajustements assez radicaux – sur l’offre, sur la création publicitaire, sur le site – que la plupart des e-commerçants n’ont pas le cran de toucher en même temps.

Le contexte, d’abord. iOS 14.5 avait tout cassé. Le suivi des conversions s’était effondré, les CPA avaient grimpé, les équipes marketing avaient passé des mois à tripoter des audiences pour compenser. 900.care a pris le problème différemment. Ils ont arrêté de chercher à corriger ce qui était cassé et ont revu ce qui pouvait être amélioré en amont de la publicité elle-même.

Ce que raconte Éric dans ce podcast mérite qu’on le décortique sérieusement. Pas pour copier-coller, mais pour comprendre la logique derrière – parce que la logique, elle, est transférable.

Quand l’offre fait tout le travail à la place de l’algorithme

Avant 2022, 900.care vendait ses gels douche par lot de quatre recharges à 20 euros environ. La bouteille réutilisable était facturée 5 euros en plus. Résultat : un prix affiché autour de 19 euros pour un gel douche – et des clients complètement perdus.

« La moitié des gens comprenaient pas, ils disaient c’est quoi ce gel douche à 19 € c’est un gel douche de bourgeois alors tu disais non, il y en a quatre en fait et puis la bouteille tu la payes qu’une fois. donc en fait c’est c’est 3,50 € le prix mais en fait tu vois. Ils comprenaient pas. »

Le problème n’était pas le produit. C’était la présentation de la valeur. Et dans une pub Facebook où tu as trois secondes pour convaincre, un calcul mental à faire perdre la partie avant même d’avoir commencé.

La solution a été radicale : un kit d’essai à 3,50 euros. Un seul produit, un prix ridiculeusement bas, la bouteille offerte, la livraison offerte. Et derrière, un abonnement automatique qui envoie quatre recharges environ tous les mois selon la composition du foyer. Éric est direct là-dessus – ils ont accepté de ne pas gagner d’argent sur ce premier achat. C’est un pari sur la qualité du produit et sur la rétention.

Le taux de conversion sur le site a été multiplié par quatre. Du jour au lendemain. (Ce qui est rare dans le secteur, où une hausse de 20% sur un mois fait déjà l’objet d’un post LinkedIn.) Et sur l’année, c’est le nombre d’abonnés actifs qui a été multiplié par 8. Ce chiffre-là, c’est celui qui compte vraiment pour un modèle par abonnement.

Ce que j’aurais voulu qu’on me dise plus tôt – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise quand je bossais sur des dossiers e-commerce – c’est que l’offre est un levier publicitaire à part entière. Ce n’est pas le brief créatif qui détermine si une pub performe sur facebook ads ecommerce. C’est parfois le prix affiché. Bref.

Et il y a un point qu’Éric soulève qui mérite une parenthèse : l’argument environnemental n’est pas du greenwashing ici. Si quelqu’un achète le kit d’essai et ne recharge jamais, il a créé un déchet plastique. L’abonnement a donc une justification fonctionnelle réelle – ce qui rend le discours publicitaire beaucoup plus solide face au cynisme des consommateurs.

Reste la question de la churn. Le gros pic de désabonnement chez 900.care arrive avant même la première recharge – des gens qui se désabonnent juste après avoir commandé le kit, par réflexe anti-abonnement. C’est un problème de communication sur le pourquoi de l’abonnement, qu’Éric reconnaît lui-même. Les erreurs classiques en Facebook Ads e-commerce ne parlent presque jamais de ça – de l’offre comme variable d’ajustement. On parle d’audiences, de créas, de budgets. Rarement de la mécanique commerciale derrière.

La content factory : faire beaucoup pour trouver les rares qui marchent

En 2021, 900.care produisait des vidéos publicitaires en studio. Scénarisées, tournées proprement, avec une vraie production. Résultat ?

« Ça coûtait très cher. Ça coûtait très cher, c’était très long et les résultats étaient pas ouf parce que en fait les gens ils veulent pas voir des pubs sur les réseaux sociaux, ils ont filtré ça. »

Le tournant a été une vidéo tournée à l’iPhone pour Brute – format journalistique, Éric qui raconte sa marque chez lui, sans artifice. Elle a fait 4 millions de vues. Et elle restait, longtemps après, leur meilleur performer en acquisition payante.

La leçon qu’ils en ont tirée n’est pas « les vidéos UGC marchent mieux » (même si c’est souvent vrai). C’est plutôt : le contenu qui capture l’attention ressemble à ce que les gens regardent déjà, pas à ce qu’une marque voudrait montrer d’elle-même. Et pour facebook ads ecommerce, cette distinction change tout dans la façon dont on produit.

Du coup, en 2022, ils ont tout rapatrié en interne. 90% de la production – photo et vidéo – faite maison. Ce qui leur a donné une capacité de test que le studio n’aurait jamais pu offrir : une dizaine de nouvelles créas lancées par semaine, dont environ la moitié sont des déclinaisons de contenus existants.

Voilà la structure concrète. Sur une semaine type chez 900.care :

  • 5 créas nouvelles sur des angles inédits – micro-trottoirs, formats UGC, nouvelles façons de raconter l’histoire

Et 5 autres qui reprennent une vidéo existante pour tester un élément précis : le hook des 3 premières secondes, la longueur totale, l’ordre des arguments, la position du call-to-action. C’est de l’A/B testing granulaire, pas du A/B testing de campagne. La différence est importante – on ne cherche pas quelle pub marche mieux, on cherche quelle partie de la pub fait la différence.

La structure qui marche le mieux pour eux en ce moment : hook fort, tutoriel produit, liste de X raisons d’acheter. Et ensuite, ils testent tout ce qui peut varier dans ce squelette. Éric cite Doctor Squatch comme référence – une marque américaine de savons artisanaux avec une bibliothèque de plus de 1000 créas actives, toutes construites à partir d’un nombre finalement assez restreint de rushes recombinés de toutes les façons possibles, avec voix off et overlays texte. (Je suis allé vérifier. C’est fascinant et un peu vertigineux.)

Ce qui m’agace dans la façon dont on parle de créa en général, c’est qu’on cherche la formule magique. Le format qui marche. Éric dit exactement l’inverse :

« Ce qui est assez intéressant, c’est que c’est très dur de prédire ce qui va marcher ce qui va pas marcher. Parfois il y avait des vidéos il disait attends ça c’est trop bien comme coup c’est trop malin. Ça va cartonner ça marchait pas du tout et parfois tu disais bah ça c’est un peu nian machin et ça marche super bien. »

Voilà. La seule vraie réponse, c’est de tester plus. Et pour comprendre quels types de créas UGC fonctionnent sur Facebook et TikTok, encore faut-il avoir la capacité industrielle de les produire. C’est ça, la content factory – pas un outil, une organisation.

Les métriques qu’ils regardent vraiment – et celles qu’ils ignorent

Quatre indicateurs, pas plus. CPM, CTR, taux de conversion, CAC. Éric est assez tranché là-dessus.

Mais la vraie nuance – celle que j’ai trouvée la plus utile dans tout l’épisode – concerne le CPA en phase de test. Quand tu lances une créa avec quelques centaines d’euros de budget, tu as des données statistiquement fiables sur le CTR. Tu as eu des centaines, parfois des milliers de clics. Sur le CPA en revanche, tu as peut-être 5 à 10 conversions. Ce n’est pas significatif.

« On se méfie du CPA en première lecture, il faut que la créa ait quand même beaucoup dépensé avant qu’on se dise il y a en effet un truc structurel sur le taux de conversion. Parce que quand tu as un CPA qui est très bon et que tu as dépensé que c’est juste que tu as eu de la chance. »

C’est exactement le problème. Combien d’annonceurs ont coupé une créa après 3 jours parce que le CPA semblait mauvais – alors qu’ils n’avaient tout simplement pas assez de données ? Et combien ont gardé une créa parce que le CPA initial était bon, sans voir que c’était une anomalie statistique ?

Sur facebook ads ecommerce, le CTR reste la métrique la plus réactive en phase de test. Il varie le plus d’une déclinaison à l’autre et donne un signal rapide sur l’accroche. Le taux de conversion, lui, varie peu entre les créas – ce qui suggère que le problème de conversion est souvent ailleurs (la landing page, le prix, la friction checkout) plutôt que dans la publicité elle-même. C’est un point que beaucoup ratent. Les changements post-iOS 14.5 sur Facebook Ads ont encore compliqué la lecture des conversions – raison de plus pour ne pas sur-interpréter un CPA calculé sur 8 ventes.

Il y a aussi quelque chose de contre-intuitif qu’Éric mentionne : parfois une créa a un CTR légèrement inférieur aux autres mais convertit mieux. Son interprétation – elle attire moins le mass market mais sélectionne mieux les acheteurs réels. Ce n’est pas forcément une mauvaise créa. C’est une créa qui qualifie.

Le ciblage broad : arrêter de faire le travail de l’algorithme

Un changement que 900.care a fait en parallèle et qui mérite d’être mentionné : ils ont quasi abandonné le travail sur les audiences. Une grosse campagne CBO, du contenu en quantité, et ils laissent Facebook distribuer selon ses propres signaux.

C’est le mouvement que beaucoup d’annonceurs ont du mal à accepter – parce que ça ressemble à une perte de contrôle. Mais sur facebook ads ecommerce en 2022-2023, le ciblage comportemental et démographique fin est souvent moins efficace que de fournir à l’algorithme des créas diverses et de le laisser optimiser. L’algo de Meta est devenu meilleur que la plupart des media buyers pour trouver qui va convertir – à condition qu’il ait assez de signaux.

Et c’est là que la content factory redevient centrale : plus tu as de créas différentes, plus l’algorithme a de matière pour trouver les bonnes audiences pour chaque type de message. Ce n’est pas une stratégie de ciblage. C’est une stratégie de signal. Pour scaler des campagnes facebook ads dans ce contexte, la variable d’ajustement principale n’est plus l’audience – c’est le volume et la diversité des créas.

Ils ont aussi mis en place la Conversion API pour contourner partiellement les pertes de tracking post-iOS 14. Éric le mentionne comme un prérequis technique, pas comme un levier business à part entière – ce qui est la bonne façon de le cadrer. Sans ça, les données remontées à Facebook sont tellement dégradées que l’optimisation des campagnes devient approximative.

Le site headless : quand la technique devient un levier facebook ads ecommerce

Le troisième levier est le moins sexy des trois. Refondre son site web en architecture headless – c’est-à-dire séparer le back-end (la base de données, la gestion des commandes) du front-end (ce que l’utilisateur voit) pour gagner radicalement en vitesse d’affichage mobile.

Pourquoi ça compte pour facebook ads ecommerce ? Parce que la quasi-totalité du trafic issu des publicités Facebook arrive sur mobile. Et qu’un site qui met 4 secondes à charger sur 4G perd une partie significative des clics avant même que l’utilisateur ait vu la page produit. Tu payes le clic, tu ne payes pas la conversion – c’est la pire configuration possible.

900.care a revu son front-end avec une technologie optimisée mobile. Éric ne donne pas le nom de la techno dans l’épisode, mais le principe est clair : alléger au maximum le rendu côté navigateur pour que la page s’affiche instantanément. Le résultat se voit dans le taux de conversion global – mais il est difficile d’isoler précisément la contribution du headless par rapport aux deux autres leviers.

Est-ce que tout le monde devrait passer au headless ? Probablement pas. C’est un chantier lourd, qui demande des compétences techniques spécifiques et peut introduire de la complexité dans la gestion quotidienne du site. Pour un site e-commerce qui fait moins de 500K de CA, le ROI n’est pas évident. Mais si tu dépenses déjà des dizaines de milliers d’euros par mois en facebook ads ecommerce et que ton taux de conversion mobile est en dessous de 1,5%, la question mérite d’être posée sérieusement.

Ce qui est intéressant dans l’approche de 900.care, c’est qu’ils ont travaillé les trois leviers simultanément – et Éric est clair sur le fait que l’offre était le facteur déclencheur. Sans le kit d’essai à 3,50 euros, la content factory et le headless auraient eu un impact bien moindre. Le taux de conversion x4 vient d’abord du prix psychologique, pas de la vitesse du site. Facebook Ads en 2022 a été une mauvaise année pour beaucoup d’annonceurs – et une très bonne année pour ceux qui ont revu leur approche par le bas de l’entonnoir plutôt que par le haut.

Organisation : un sprint créatif par mois, une analyse par semaine

Concrètement, comment ils tiennent ce rythme de production ? Un sprint créatif mensuel. L’équipe se réunit pour faire le bilan des créas lancées le mois précédent – ce qui a marché, ce qui n’a pas marché, quels enseignements. Ensuite, idéation collective sur les nouveaux angles. Et en cours de mois, un suivi hebdomadaire des performances pour couper ce qui plante et laisser respirer ce qui marche.

Le process de production ressemble à du Kanban – des cartes créées dès qu’une idée émerge, qui progressent vers la production, le tournage, le montage, la validation. Rien de révolutionnaire dans l’outillage. La discipline, en revanche, est réelle : sortir 10 créas par semaine en maintenant une diversité d’angles, ce n’est pas un régime qu’on tient sans structure.

Ce qui distingue vraiment cette approche de ce que font la plupart des équipes e-commerce, c’est la séparation claire entre la production (continue, industrielle) et l’analyse (mensuelle, collective). Beaucoup de boîtes font l’inverse – elles analysent en continu et produisent quand elles ont le temps. Du coup elles réagissent aux données court terme et ne prennent jamais le recul pour identifier des patterns. Produire des créas UGC performantes demande exactement ce type de cadence – et pas seulement des smartphones et de la bonne volonté.

Sur la répartition 50/50 entre nouvelles créas et déclinaisons – c’est un équilibre intéressant mais qui dépend du stade de maturité du compte. Un compte qui vient de lancer a besoin de plus de créas nouvelles pour trouver ses angles gagnants. Un compte mature comme celui de 900.care peut se permettre de capitaliser sur ce qui fonctionne déjà et d’en extraire le maximum par déclinaison. Réaliser une publicité Facebook qui performe passe autant par la rigueur du testing que par le talent créatif – et les deux ne sont pas toujours dans la même personne.

Il y a une limite réelle à ce modèle que personne ne mentionne : il suppose que tu as quelqu’un en interne qui sait monter des vidéos, qui est à l’aise devant une caméra, et qui comprend suffisamment les codes des réseaux pour produire du contenu natif. Éric joue lui-même ce rôle chez 900.care. Pour une marque dont le fondateur n’est pas à l’aise en vidéo, ou dont le produit est moins visuellement démontrable, la recette ne se transpose pas directement. Mais l’organisation, elle, si.

Questions fréquentes

Comment réduire son CPA sur Facebook Ads e-commerce ? +
900.care a baissé son CPA en travaillant trois leviers simultanément : revoir l'offre d'entrée avec un kit d'essai à prix très bas, industrialiser la production créative pour tester un maximum de variantes, et refondre le site en architecture headless pour améliorer le taux de conversion mobile. Mais selon Éric Grange, c'est l'offre qui a été le facteur déclencheur - sans elle, les deux autres leviers n'auraient pas eu le même impact.
C'est quoi une content factory pour Facebook Ads ? +
Une content factory, c'est une organisation interne capable de produire en continu des créas publicitaires en grande quantité et à faible coût. Chez 900.care, cela représente environ 10 créas par semaine : la moitié sur des angles nouveaux, la moitié en déclinaisons de créas existantes (hook différent, longueur différente, ordre des arguments modifié). L'objectif est de multiplier les tests pour trouver statistiquement ce qui fonctionne, plutôt que de miser sur une seule créa bien produite.
Le ciblage broad Facebook Ads fonctionne vraiment en e-commerce ? +
C'est ce que l'expérience de 900.care suggère. En 2022, ils ont quasi abandonné le travail fin sur les audiences et sont passés à des campagnes broad avec un gros CBO. L'algorithme de Meta, nourri par un volume important de créas diverses, trouve lui-même les bonnes audiences pour chaque message. Cela dit, ça suppose d'avoir la Conversion API en place pour lui fournir des signaux de qualité.
Faut-il regarder le CPA ou le CTR pour évaluer une créa facebook ads ecommerce ? +
Les deux, mais pas avec le même horizon temporel. En phase de test avec quelques centaines d'euros de budget, le CTR est statistiquement fiable - tu as eu des centaines de clics. Le CPA, lui, repose sur 5 à 10 conversions au mieux : trop peu pour être significatif. Éric Grange recommande de se méfier des CPA très bas ou très hauts observés sur de petits budgets, et d'attendre plus de données avant de tirer des conclusions sur le taux de conversion réel.
Un site headless est-il indispensable pour scaler en Facebook Ads ? +
Non, pas indispensable. C'est utile si tu dépenses déjà des budgets importants et que ton taux de conversion mobile est faible - parce que la quasi-totalité du trafic Facebook arrive sur mobile. Mais c'est un chantier lourd techniquement. Pour un e-commerce en phase de démarrage ou avec des budgets limités, d'autres optimisations (vitesse de chargement, simplification du checkout) ont un meilleur ROI à court terme.
Comment 900.care a multiplié ses abonnés par 8 en un an ? +
En combinant un kit d'essai à 3,50 euros comme offre d'entrée (contre un panier moyen de 19 euros auparavant), une production intensive de créas publicitaires testées en continu, et une refonte du site en headless pour améliorer le taux de conversion mobile. L'offre à prix d'entrée très bas a été le facteur principal : elle a multiplié le taux de conversion par 4 dès son lancement, ce qui a permis aux autres leviers de produire leur plein effet.

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