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Vendre sur Amazon : 3 conseils d’expert avec Sylvain Boutry – Episode 33

Épisode diffusé le 14 mai 2020 par Estelle Ballot

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Vendre sur Amazon depuis Bali, sans bureau, sans stock chez soi, et avec 1,5 million d’euros de chiffre d’affaires au compteur en quatre ans – c’est le genre de trajectoire qui sonne faux jusqu’à ce que quelqu’un te l’explique vraiment. Pas la version Instagram. La version avec les 6h du matin devant un ordinateur, le blog sur la nutrition paléo qu’on abandonne un an avant d’y revenir, et la démission d’Airbus qu’on reporte encore et encore jusqu’au moment où les chiffres disent que c’est possible. Sylvain Boutry, ingénieur aéronautique reconverti en vendeur Amazon à succès, est passé sur Le Podcast du Marketing pour raconter comment ça marche vraiment. Et ce qu’il dit change pas mal d’idées reçues sur vendre sur Amazon.

Ce que j’ai trouvé intéressant dans cet épisode, c’est pas tant le côté « j’ai tout plaqué pour être libre » – ce récit, on le connaît par cœur. C’est la mécanique derrière. Comment on choisit un produit. Comment on construit une fiche. Pourquoi les avis ne font pas le SEO mais font les ventes quand même. Des trucs concrets, avec des raisons derrière. Alors j’ai repris la transcription et j’en ai fait un article. Parce que ça valait mieux qu’un résumé en trois bullets.

D’Airbus à Bali : quand la liberté devient une contrainte de conception

Tout commence à Taiwan. Sylvain a 22 ou 23 ans, il sort d’une école d’ingénieurs aéronautique, et Airbus l’envoie directement là-bas pour un projet. Six mois qui deviennent une révélation – pas professionnelle, géographique. L’Asie lui colle à la peau. Il rentre en France, travaille à Toulouse, repart en mission régulière, mais quelque chose a changé.

Le lundi matin à 9h dans un open space, ça devient difficile à avaler. Pas parce que le travail est mauvais. Parce qu’il a goûté à autre chose.

« J’étais un peu fatigué de devoir revenir chaque lundi matin à 9h dans un open space en particulier. J’avais envie d’avoir un petit peu plus de liberté puisque j’avais découvert un peu ça quand j’étais en Asie. »

Ce que j’entends là-dedans, c’est pas une crise existentielle. C’est une contrainte de design : comment construire un business dont le fonctionnement n’est pas lié à un endroit géographique ?

Sa réponse initiale : un blog sur l’alimentation paléo, lancé en 2012. Trois ans de rédaction à 6h du matin avant d’aller au bureau. Un an d’abandon au milieu. Un premier ebook vendu en janvier 2014. Et une démission posée en juin 2015 – dix-huit mois après la première vente. (Ce délai-là, les gens l’oublient toujours quand ils racontent la success story.)

Amazon arrive juste après. Pas comme plan B. Comme prolongement logique : un canal de vente qui tourne sans que tu sois physiquement là pour le faire tourner. C’est d’ailleurs ce que beaucoup ratent en regardant les vendeurs Amazon de l’extérieur – ils voient un business, pas une architecture pensée pour la liberté d’abord, la rentabilité ensuite.

Le modèle private label pour vendre sur amazon : ce que personne n’explique vraiment

Il y a deux façons de vendre sur Amazon. La première, c’est vendre à Amazon – Amazon achète tes produits et les revend. Réservé aux grandes marques établies. Oublie si tu démarres.

La seconde, c’est ce que fait Sylvain : le private label. Tu crées ta propre marque, tes propres produits, et tu les mets en vente directement sur la plateforme. C’est toi le vendeur final. Amazon est le distributeur – et le gestionnaire de stock si tu passes par le programme FBA.

« Mon job en tant que vendeur Amazon, c’est d’aller trouver des idées de produits, aller les sourcer – ça peut vouloir dire trouver un fournisseur qui vend déjà un produit comme ça, soit approcher un fournisseur et développer le produit avec lui. Derrière on a la phase de production, on envoie les produits dans les entrepôts Amazon. »

Dit comme ça, ça a l’air simple. Et dans les grandes lignes, ça l’est – c’est une des rares activités e-commerce où la logistique est externalisée dès le départ.

Le vrai travail est ailleurs : trouver le bon produit, construire la bonne fiche, accumuler les bons avis. Ces trois éléments, Sylvain les présente comme les piliers de toute stratégie pour vendre sur amazon. Et quand on creuse, chacun cache sa propre complexité. Si tu veux une vue d’ensemble des étapes pour commercialiser un produit sur Amazon, il y a un bon repère disponible par ailleurs.

Trouver le bon produit : amazon.com comme terrain de reconnaissance

Premier pilier. Et le plus contre-intuitif.

L’idée reçue : Amazon FR est saturé, il n’y a plus de place. Ce que Sylvain observe : tape le même mot-clé sur amazon.com et tu trouves dix fois plus de références. Pas parce que les Américains achètent n’importe quoi (enfin, un peu quand même, il le dit lui-même) – mais parce que la marketplace américaine est beaucoup plus mature, donc beaucoup plus diversifiée.

En Europe, il reste de la place. Beaucoup de place. Et amazon.com sert de baromètre : si un type de produit existe en 40 variantes aux États-Unis et en 4 en France, il y a probablement un mouvement à anticiper.

« Je pense à l’instant à tout ce qui est la vague zéro déchet. Il y a des nouvelles opportunités qui s’ouvrent chaque jour puisqu’il y a 5 ans, faire du zéro déchet en France ça avait encore assez peu de sens. Et puis aujourd’hui ça devient de plus en plus tendance. »

Ce truc des tendances, c’est le vrai levier. Les outils d’analyse de volume de vente sur Amazon – il en existe plusieurs, Jungle Scout, Helium 10 – donnent une photo de ce qui se vend déjà. Mais pour avoir un coup d’avance, Sylvain recommande d’aller là où les consommateurs parlent avant d’acheter : groupes Facebook, Pinterest, forums de niche. C’est là que les besoins se forment avant de devenir des requêtes sur Amazon.

L’originalité produit n’est pas une condition suffisante – un produit original que personne ne cherche ne vend pas. Mais c’est une condition nécessaire pour ne pas entrer en guerre directe avec 50 vendeurs établis sur un mot-clé concurrentiel.

La fiche produit : ton seul point de contact avec l’acheteur

En magasin physique, le produit parle par lui-même. Tu le touches, tu lis l’étiquette, tu le retournes dans tous les sens. Sur Amazon, tu n’as que la fiche. C’est tout. Et c’est donc sur la fiche que se gagne ou se perd la vente.

Sylvain insiste sur un point que je trouve souvent sous-estimé dans les discussions sur vendre sur amazon : la fiche produit n’est pas juste une page d’information. C’est une page de vente. Et comme toute page de vente, elle doit répondre aux objections, créer de la confiance, et donner envie d’acheter plutôt que de continuer à chercher.

Concrètement, ça veut dire quoi ? Des images travaillées – pas des photos de catalogue blanc sur blanc, mais des mises en situation. Un titre optimisé pour le moteur de recherche interne d’Amazon, avec les bons mots-clés aux bons endroits. Du texte qui répond aux vraies questions que se pose l’acheteur, pas juste une liste de caractéristiques techniques.

(C’est là que beaucoup de vendeurs débutants calent – ils traitent la fiche comme une formalité administrative alors que c’est leur seule vitrine.)

La dimension SEO Amazon mérite qu’on s’y attarde. L’algorithme d’Amazon – A9 pour les initiés – fonctionne différemment de Google. Il optimise pour la conversion, pas juste pour la pertinence. Ça change radicalement la façon dont on construit une fiche. Pour aller plus loin sur ce sujet, notamment comment performer en e-retail marketing sur Amazon, il y a des ressources utiles dans notre catalogue.

Mais attention – une bonne fiche sur un mauvais produit, ça reste un mauvais produit mieux habillé. Sylvain le dit clairement : c’est le produit qui fait les ventes. La fiche amplifie, elle ne compense pas.

Les avis produit : ni SEO, ni option

Troisième pilier. Et celui qui surprend le plus quand on creuse la mécanique.

On pourrait croire que les avis influencent le référencement sur Amazon. Sylvain nuance : directement, non. Ce qu’ils influencent, c’est le taux de clic – et le taux de clic influence ensuite l’algorithme. La différence est subtile mais importante pour comprendre comment vendre sur amazon efficacement.

Un produit avec 1500 avis à 4,6 étoiles va recevoir beaucoup plus de clics qu’un produit identique avec 12 avis à 3,8 étoiles, même si les deux sont au même rang dans les résultats. Et Amazon lit ces signaux comportementaux pour ajuster son classement. Donc les avis font le SEO – mais par ricochet, pas directement.

La preuve sociale, on le sait depuis Cialdini, c’est l’un des mécanismes de persuasion les plus puissants qui existent. Sur Amazon, elle prend une forme particulièrement concentrée : avant d’acheter un produit qu’on ne peut pas toucher, on va lire ce qu’en pensent ceux qui l’ont déjà eu entre les mains. Ça paraît évident. Mais beaucoup de vendeurs traitent la collecte d’avis comme une afterthought plutôt qu’une priorité stratégique.

Sylvain parle de « récolte d’avis produit » – le terme est bien choisi. Ça se cultive, ça se gère, ça demande un process. Email post-achat, insert dans le packaging, suivi client. Le but n’est pas de manipuler les avis (c’est contre les CGU d’Amazon et ça finit mal) mais de maximiser les chances que les acheteurs satisfaits laissent effectivement un commentaire – parce que mécaniquement, les clients mécontents ont naturellement plus de motivation à écrire.

D’ailleurs, la question de la réputation dépasse largement Amazon. Si tu construis une marque en private label, les avis sont les fondations de cette marque. Un concurrent peut copier ton produit. Il ne peut pas copier tes 2000 avis accumulés sur trois ans.

Ce que le modèle Amazon ne dit pas sur le nomadisme digital

Il y a un dernier angle dans cet épisode que j’aurais tort de passer sous silence – même s’il s’éloigne un peu des mécaniques pures d’Amazon.

Sylvain vit en Hongrie une grande partie de l’année. Il passe l’hiver sous des latitudes plus clémentes – Bali lors de cet enregistrement, daté du 11 mai 2020, premier jour de déconfinement en France. Il n’est pas en vacances. Il travaille. Mais depuis l’endroit qu’il choisit.

La distinction qu’il fait entre le fantasme du nomadisme digital et la réalité est honnête :

« C’est une vie de travail, c’est une vie où il faut être discipliné parce qu’on travaille de chez soi, on travaille depuis un café. C’est certainement pas les vacances. »

Ce qui m’a frappé là-dedans : la liberté qu’il décrit n’est pas l’absence de contraintes. C’est le choix de ses contraintes. Il travaille autant qu’avant – probablement plus. Mais il décide où, quand, et sur quoi. C’est une nuance fondamentale que la plupart des posts LinkedIn sur le « lifestyle entrepreneur » gomment complètement.

Et c’est exactement pour ça que son architecture business tient debout : le private label Amazon, l’activité de conseil via Jamz, le podcast – chaque brique est pensée pour fonctionner sans présence physique fixe. Ce n’est pas un accident. C’est la contrainte de conception qui était là depuis le début.

Pour aller plus loin sur les modèles de revenus numériques comparables, notamment comment d’autres entrepreneurs ont construit des activités similaires, l’épisode sur les stratégies Amazon FBA avec Oseille TV offre un autre point de vue utile. Et si la question du business e-commerce en général t’intéresse, le récit de Thomas Rouault et ses 35 millions en e-commerce montre une trajectoire très différente mais tout aussi instructive.

Une limite à poser quand même : Sylvain a démarré Amazon fin 2015. Le marché de 2024 n’est plus exactement le même. La compétition s’est intensifiée, les coûts publicitaires sur la plateforme ont augmenté, et les barrières à l’entrée – notamment en termes de budget de lancement – sont probablement plus élevées qu’à l’époque. Les trois piliers qu’il décrit restent valides. Mais le degré de difficulté a monté d’un cran. C’est honnête de le dire.

Reste que le raisonnement de fond tient : tant qu’il y a de nouveaux besoins de consommation, il y a de nouvelles opportunités sur Amazon. Et des besoins de consommation, il en apparaît chaque jour. La question, c’est si tu regardes au bon endroit pour les voir en premier.

Questions fréquentes

Comment vendre sur Amazon quand on est un particulier ou un petit entrepreneur ? +
Le modèle le plus accessible est le private label : tu crées ta propre marque et tes propres produits, que tu mets en vente directement sur Amazon. Tu envoies ton stock dans les entrepôts Amazon via le programme FBA, et c'est Amazon qui gère la logistique et les livraisons. Ton travail à toi se concentre sur le choix des produits, la qualité des fiches et la collecte d'avis.
Vendre sur Amazon est-il encore rentable en 2024 ? +
Oui, mais le marché a évolué. Les coûts publicitaires sur la plateforme ont augmenté et la compétition s'est renforcée depuis 2015-2016. Les opportunités existent toujours, notamment sur les marchés européens moins matures qu'amazon.com. La clé reste de trouver des produits originaux sur des segments peu concurrentiels plutôt que d'attaquer des catégories déjà saturées.
Quel budget faut-il pour se lancer en private label sur Amazon ? +
La transcription ne donne pas de chiffre précis. De manière générale, un lancement en private label nécessite un budget de stock initial (souvent entre 2 000 et 5 000 euros minimum), des frais de compte vendeur, et un budget publicitaire pour les premières semaines. Sylvain Boutry recommande de bien préparer le lancement avant d'investir.
Les avis clients améliorent-ils le référencement sur Amazon ? +
Pas directement. Selon Sylvain Boutry, les avis n'entrent pas dans l'algorithme SEO d'Amazon de façon directe. Mais ils influencent fortement le taux de clic sur les fiches produit - et le taux de clic, lui, impacte le classement. C'est donc un levier indirect mais très puissant pour vendre sur Amazon à long terme.
Comment trouver de bonnes idées de produits à vendre sur Amazon ? +
Sylvain Boutry recommande deux approches complémentaires. D'abord, utiliser amazon.com comme terrain de reconnaissance : les produits qui existent en nombreuses variantes aux États-Unis mais pas encore en France représentent souvent des opportunités. Ensuite, surveiller les tendances de consommation dans les groupes Facebook, sur Pinterest et dans les forums de niche pour anticiper les besoins avant qu'ils arrivent sur la plateforme.
Qu'est-ce que le programme FBA d'Amazon et pourquoi l'utiliser ? +
FBA signifie Fulfillment by Amazon. Tu envoies ton stock dans les entrepôts d'Amazon, et c'est Amazon qui se charge d'emballer et d'expédier les commandes aux clients. L'avantage majeur : tes produits deviennent éligibles Amazon Prime, ce qui booste les conversions. Et tu n'as pas à gérer de logistique toi-même, ce qui est idéal pour un business nomade ou à distance.

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