tendances e-commerce 2020

Ecommerce : Un survol des tendances ecommerces de 2020 avec Chloë Thomas

Épisode diffusé le 9 décembre 2020 par J7 Media

Écouter l'épisode :

0:00 --:--
Vitesse

Les tendances e-commerce 2020 ont fait exploser des secteurs entiers, en ont détruit d’autres – et personne n’avait vu venir la moitié de ce qui s’est passé. Chloë Thomas, animatrice des podcasts E-Commerce Masterplan et Keep Optimizing, auteure de plusieurs bestsellers Amazon sur le commerce en ligne, a passé toute l’année 2020 à interviewer des e-commerçants du monde entier. Pas en tant que consultante, pas en tant qu’agence. Juste une conversation franche, sans angle commercial. Et ce qu’elle a récolté, c’est une série de cas concrets qui racontent mieux que n’importe quel rapport ce que la pandémie a vraiment fait au secteur.

Quand le marché se split en deux en quelques semaines

Printemps 2020. Ian Leslie dirige Industry West, une boîte américaine avec deux jambes : la moitié du chiffre d’affaires vient de ventes bulk de mobilier aux restaurants, cafés et universités. L’autre moitié, c’est de la déco intérieure vendue directement aux particuliers, avec des boutiques physiques. En mars, les deux jambes flanchent en même temps.

Les commandes B2B s’évaporent du jour au lendemain – aucun restaurant n’achète des tables quand il est fermé par décret. Les boutiques physiques, elles, continuent de coûter alors qu’elles ne génèrent plus rien. La partie e-commerce décoration connaît un petit boom. Mais Leslie n’est pas en mode croissance. Il est en mode survie comptable : comment préserver la marge pour passer le trimestre.

Et puis il y a Crossnet. Même pays, même période, même contexte macro. Mais Crossnet vend un produit fitness pour le jardin – exactement ce dont les gens confinés ont besoin. Chloë Thomas raconte leur état d’esprit en quelques mots :

They were like, bring on the cash. How fast can we get stock in ? We’re happy with back orders. The Facebook numbers are manic, let’s double our ad spend.

Deux business américains, deux présences en ligne, mêmes circonstances. Résultats opposés – et stratégies opposées. L’un gère la casse, l’autre accélère à fond. Ce qui est fascinant, c’est que ni l’un ni l’autre n’a tort. Ils lisent juste leur situation avec leurs propres fondamentaux.

Les tendances e-commerce 2020 ne ressemblent pas à une vague uniforme qui soulève tous les bateaux. C’est plutôt une tempête – certains coulent, d’autres prennent de la vitesse, et la différence tient souvent à des détails de structure business qu’on n’aurait jamais anticipés.

Les secteurs qui ont cartonné – et ceux qu’on n’attendait pas

Grocery, fitness, électronique grand public. Tout le monde a cité ces catégories. Mais Chloë Thomas ajoute des exemples nettement moins évidents. Les machines à pain, par exemple. Les puzzles. Les activités manuelles en tout genre.

Son explication est bonne – enfin, je l’aurais formulée différemment, mais elle dit quelque chose de vrai : ces produits représentent ce qu’elle appelle une « mindfulness accidentelle ». Tu ne médites pas, tu ne lis pas un livre sur le bien-être. Tu assembles un puzzle et sans t’en rendre compte, tu décroches des écrans pendant deux heures. Dans un contexte où tout le monde était vissé à son ordinateur ou à son téléphone en permanence, ça avait une vraie valeur.

Et les animaux de compagnie. Chloë Thomas le signale avec un détail qui m’a frappé : pendant trois mois de confinement au Royaume-Uni, il était quasiment impossible de trouver un chiot à adopter. Tous les éleveurs étaient en rupture de stock. (Ce qui en dit long sur le degré de solitude que les gens vivaient, mais c’est un autre sujet.)

Neil Fitzpatrick, lui, gère Pet Drugs Online – une pharmacie en ligne pour animaux. Boom de commandes, fournisseur dropship qui lâche, entrepôt surchargé, tout le monde en télétravail. Sa solution : il a démoli les murs de son propre bureau dans l’entrepôt pour créer plus d’espace de travail physique pour ses équipes. Littéralement. À la masse.

He took the step in the first few weeks of the UK lockdown of knocking down walls in the warehouse, destroying his own office to create more space for his team to work safely.

Voilà. Quand les tendances e-commerce 2020 deviennent concrètes, elles ressemblent à ça – un dirigeant qui prend une masse et qui casse une cloison. Pas à un graphique de croissance.

Pour aller plus loin sur les secteurs porteurs et les modèles qui résistent aux crises, les Digital Native Vertical Brands ont elles aussi tiré leur épingle du jeu – pour des raisons structurelles qu’il vaut la peine de comprendre.

Les tendances e-commerce 2020 qui changent le marketing durablement

IBM Retail Index, décembre 2020 : la pandémie a accéléré le basculement vers le shopping en ligne de cinq ans. Cinq ans. D’un coup. Ça veut dire que des comportements d’achat qu’on attendait pour 2025 sont là maintenant, en 2020, et il faut faire avec.

Mais ce que Chloë Thomas observe sur ses deux podcasts va au-delà du simple « les gens achètent plus en ligne ». Deux signaux forts ressortent. Le premier, c’est la durabilité – les consommateurs demandent plus de transparence sur l’impact environnemental. Le second, et c’est là que ça devient intéressant pour les praticiens du marketing : le besoin de connexion humaine avec les marques.

Elle cite une stat qui fait réfléchir – la majorité des consommateurs qui ont augmenté leurs achats en ligne en 2020 ont surtout dépensé plus chez des enseignes qu’ils connaissaient déjà. Pas chez de nouvelles marques. La confiance comme filtre d’achat, c’est pas nouveau. Mais l’intensité de ce phénomène en période de stress collectif, ça change quelque chose dans la façon dont on construit une audience.

Résultat concret que Chloë Thomas observe chez ses invités : les marques qui ont le mieux performé en 2020 sont celles qui ont montré leurs équipes, partagé les coulisses, humanisé leur communication. Pas avec des stories Instagram esthétiques. Avec de la vraie transparence sur ce qui se passe dans le business.

Ce que les tendances e-commerce 2020 révèlent sur la publicité en ligne

Kevin Arutia gère une grosse agence Facebook mais tourne aussi ses propres marques e-commerce. Chloë Thomas l’a invité sur Keep Optimizing pour parler de créa publicitaire. Elle pensait qu’on allait causer format, ratio d’image, couleurs qui convertissent. Ce n’est pas du tout là qu’est allée la conversation.

It was all about customer reviews. Getting customers to do video reviews of your product, turning testimonials into written graphical reviews and writing copy that talks about how much your customers love you. It’s all about building that trust.

C’est exactement le problème – ou plutôt la solution. En période d’incertitude, personne ne fait confiance à une pub qui ressemble à une pub. La preuve sociale, les vraies paroles de vrais clients, ça convertit mieux que n’importe quel angle créatif sophistiqué. Et le mieux, c’est que c’est pas cher à produire.

Ce glissement vers le contenu authentique n’est pas un hasard. Chloë Thomas souligne que beaucoup de marques qui ont vu leurs ventes exploser en 2020 avaient du coup des équipes marketing avec moins de choses urgentes à gérer. Résultat : plus de temps pour travailler le fond – le SEO, le contenu, les reviews. Et ça s’est vu dans les résultats.

Pour les équipes qui gèrent des comptes publicitaires, la question n’est pas seulement de savoir où mettre le budget – c’est de comprendre comment structurer une stratégie Facebook Ads sur une période courte avec des créas qui résonnent vraiment.

Et la confiance client, ce n’est pas juste une question de pub. C’est aussi un levier de rétention long terme – un programme de fidélité bien construit peut transformer ce pic de commandes 2020 en base client durable pour 2021 et au-delà.

2021 : ce qui reste, ce qui disparaît, et l’inconnue principale

Fin d’interview classique, question classique : qu’est-ce qui va rester de tout ça en 2021 ? Chloë Thomas répond d’abord sur les fondamentaux – l’importance du storytelling, de la confiance, du shopping en ligne comme réflexe. Ces tendances ne vont pas se renverser. Même si les gens retournent en boutique physique, la part du numérique reste structurellement plus haute qu’en 2019.

Mais son vrai point, c’est ailleurs. Elle refuse de jouer les devins sur les grandes tendances sectorielles parce que la variable principale n’est pas une tendance marketing – c’est une question de biologie et de politique. Les vaccins vont-ils fonctionner ? Comment Biden va-t-il gérer la pandémie ? Et surtout : comment les humains vont-ils réagir psychologiquement à la sortie de crise ?

Est-ce qu’on va dépenser l’argent économisé sur les voyages dans d’autres catégories ? Est-ce que la peur du COVID va durablement modifier notre rapport aux espaces communs, au shopping physique, aux loisirs ? Ce sont des questions auxquelles aucune donnée 2020 ne peut répondre, parce qu’on n’a tout simplement jamais vécu ça.

Ce que j’aurais voulu qu’elle développe davantage – enfin, ce qui m’a le plus intrigué – c’est cette idée que les tendances e-commerce 2020 sont peut-être moins révélatrices de l’avenir que de la résilience humaine dans un contexte extrême. On a tous fait avec les moyens du bord. Et certains ont fait beaucoup mieux que d’autres avec les mêmes moyens.

Pour les boîtes qui ont pivoté en urgence, la question n’est pas seulement de capitaliser sur la dynamique. C’est de savoir quels indicateurs piloter pour distinguer une croissance solide d’un simple effet COVID qui va s’inverser dès que les magasins rouvriront vraiment.

Deux podcasts, une logique complémentaire

Chloë Thomas anime deux shows qui fonctionnent bien ensemble – même si elle ne les présente pas explicitement comme un package.

E-Commerce Masterplan existe depuis plus de cinq ans. Chaque lundi, une interview avec un e-commerçant différent. Plus de 300 épisodes à ce stade. Le format est balisé : comment ils ont grandi, ce qui les différencie, leur top livre, leur outil préféré, leur meilleur conseil trafic, et comment ils envisagent de 10x leur business. C’est de l’inspiration terrain, pas de la théorie.

Keep Optimizing, lancé en 2020, fonctionne différemment. Chaque mois se concentre sur un seul levier marketing – SEO, email, Google Ads, Facebook Ads, social, affiliates, Pinterest. Plusieurs experts, plusieurs angles sur le même sujet, et un webinaire de clôture où les auditeurs peuvent poser leurs questions directement. C’est plus dense, plus pratico-pratique.

La logique est bonne. L’un donne le contexte et la vision globale d’un retailer. L’autre donne la boîte à outils. Mais franchement, c’est aussi le genre de format qui pousse à creuser des sujets qu’on aurait envie d’éviter – comme la CRO, par exemple, que beaucoup de e-commerçants sous-estiment encore. Une bonne stratégie CRO peut changer les chiffres bien plus rapidement que de doubler le budget pub.

Et si tu gères une boutique qui vend à l’international, ou qui envisage de le faire, le cas de Smiirl qui a scalé un mono-produit dans plus de 30 pays vaut le détour – les tendances e-commerce 2020 y ont aussi joué un rôle, mais pas celui qu’on attendrait.

Les tendances e-commerce 2020, au fond, ne se lisent pas dans un rapport. Elles se lisent dans les décisions que des gens comme Ian Leslie, Chris Meed ou Neil Fitzpatrick ont prises sous pression, en temps réel, sans playbook. C’est ça qui est instructif. Pas les graphiques.

Questions fréquentes

Quelles sont les principales tendances e-commerce 2020 liées au COVID ? +
Selon Chloë Thomas, trois tendances majeures ressortent : l'accélération massive du shopping en ligne (IBM estime un bond de 5 ans en quelques mois), le besoin accru de confiance et de connexion humaine avec les marques, et la montée en puissance des préoccupations liées à la durabilité. Les secteurs fitness, décoration, puzzles et animalerie ont particulièrement profité du contexte.
Quelles tendances e-commerce 2020 vont perdurer en 2021 ? +
Le storytelling, la preuve sociale et la confiance comme moteur d'achat ne vont pas disparaître. La part du shopping en ligne restera structurellement plus haute qu'en 2019, même après réouverture des boutiques physiques. En revanche, l'inconnue principale reste la réaction psychologique des consommateurs à la sortie de crise sanitaire.
Comment la pandémie a-t-elle changé les stratégies de publicité Facebook en e-commerce ? +
Kevin Arutia, expert Facebook Ads invité sur Keep Optimizing, explique que les créas basées sur les avis clients - vidéos de reviews, témoignages visuels, copy centré sur la satisfaction client - ont surperformé en 2020. La confiance est devenue le principal levier de conversion, devant le format ou la couleur de la publicité.
Qui est Chloë Thomas et pourquoi son avis sur l'e-commerce compte ? +
Chloë Thomas est auteure de plusieurs bestsellers Amazon sur le commerce en ligne et animatrice de deux podcasts : E-Commerce Masterplan (plus de 300 épisodes, classé top 5 UK sur Apple Podcasts) et Keep Optimizing. Elle a dirigé une agence marketing pendant 10 ans, spécialisée Facebook Ads et Google Ads, avant de se consacrer à l'écriture et aux podcasts.
Quels secteurs e-commerce ont le plus profité des tendances e-commerce 2020 ? +
Le fitness (produits utilisables à domicile comme Crossnet), la décoration intérieure, les animaleries en ligne, les puzzles et activités manuelles, la boulangerie maison (machines à pain) et bien sûr la distribution alimentaire en ligne. Les produits favorisant ce que Chloë Thomas appelle la mindfulness accidentelle ont particulièrement bien performé.
Comment les e-commerçants ont-ils géré les ruptures de stock et la logistique pendant la pandémie ? +
Les réponses ont varié du tout au tout. Crossnet a accepté les précommandes et doublé les budgets pub. Industry West a géré en priorité ses marges pour survivre. Pet Drugs Online a physiquement démoli les murs de son bureau pour agrandir l'espace entrepôt. Chaque business a adapté sa stratégie à ses fondamentaux propres, sans playbook universel.

Épisodes similaires

  • E-commerce & Affiliation