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Facebook ads : 3 étapes pour passer à 1000$ de budget par jour

Épisode diffusé le 24 juin 2020 par J7 Media

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Augmenter son budget Facebook Ads sans voir son coût d’acquisition exploser, c’est le truc que tout le monde cherche – et que la plupart ratent. J7 Media gère près d’un million de dollars de publicité Facebook par mois. Pas un chiffre sorti d’un deck de présentation : c’est ce qu’Antoine Dalmas, analyste pub chez J7 Media, a posé comme contexte dès l’ouverture du podcast Social Sailing. Et ce qu’il explique ensuite contredit pas mal de ce qu’on lit habituellement sur le sujet.

Le point de départ, c’est une observation simple mais qui fait mal : la majorité des comptes qui veulent scaler sont structurés pour rester petits. Trop de campagnes, trop d’audiences fragmentées, trop de publicités actives simultanément. Du coup, l’algorithme ne peut pas faire son boulot. Et le budget Facebook Ads augmente, oui – mais les performances, elles, partent en sens inverse.

Antoine Dalmas n’est pas le genre de profil qu’on met en avant. Chez J7 Media, il est resté longtemps dans l’ombre – à écrire les articles, gérer les plus gros comptes, préparer les audits. Ce podcast, c’était sa première vraie prise de parole. Et clairement, il avait des choses à dire.

La méthode tient en trois étapes : simplification du compte, structure en funnel, puis scale via le Campaign Budget Optimization. Dans cet ordre. Pas de raccourci.

Pourquoi votre budget Facebook Ads brûle sans convertir

La première chose qu’Antoine Dalmas regarde quand il audite un compte, c’est le nombre de campagnes actives. Et ce qu’il voit lui pose régulièrement un problème de compréhension.

« Je suis souvent très étonné du nombre important de campagnes qui sont actives au même moment. Alors pour moi c’est super difficile à étudier, mais c’est je sais pas comment les personnes qui gèrent le compte font eux-mêmes. »

C’est exactement le problème. Gérer 15 campagnes en simultané, c’est pas de la rigueur – c’est de la dispersion.

Le mécanisme derrière ça, c’est la phase d’apprentissage de Facebook. Pour sortir de cette phase et avoir des résultats stables, chaque ensemble de publicité doit atteindre 50 conversions par semaine. Pas par mois. Par semaine. Et si vous avez cinq campagnes avec cinq audiences chacune, le calcul devient vite cauchemardesque en termes de budget Facebook Ads nécessaire.

Facebook l’a démontré lors d’un webinaire en mai 2020 (cité par Dalmas dans l’épisode) : plus vous sortez rapidement de la phase d’apprentissage, plus vous pouvez espérer payer jusqu’à 20 % moins cher vos conversions. À l’inverse, si vous n’atteignez pas les 50 conversions et que vous basculez en « learning limited », vous payez plus cher que vos concurrents. Mathématiquement.

La règle qu’ils ont dégagée chez J7 Media : le 3-3-3. Trois campagnes actives maximum. Trois audiences par campagne. Trois publicités par ensemble. Pas plus. (Ce qui, soit dit en passant, semble contre-intuitif quand on débute et qu’on a envie de tout tester en même temps.)

Et les audiences – c’est peut-être là que ça coince le plus souvent. Des audiences de 200 000 personnes par ville pour un e-commerce qui vend des billets de course aux États-Unis : impossible d’atteindre les 50 conversions hebdomadaires, impossible de passer en objectif d’achat, résultat : des campagnes en trafic qui ramènent des visiteurs pas qualifiés. J7 Media a fusionné les villes, est passé à des audiences d’un million de personnes – et en trois mois, le ROI global d’acquisition est passé de 0,70 à 1,37. De déficitaire à rentable, juste en élargissant les audiences.

Sur la question des audiences larges vs ciblage précis, il y a d’ailleurs un vrai débat dans le secteur. Mais les données de J7 Media penchent clairement d’un côté.

Les chiffres qui ont convaincu tout le monde en interne

Les études de cas partagées par Dalmas sont précises – trop précises pour être inventées, pas assez rondes pour être du marketing.

Client numéro 1, e-commerce. Fin mars : 14 campagnes avec distribution, 5 000 dollars dépensés, ROI de 4,18. Avril : passage à 4 campagnes seulement, budget centralisé à 9 000 dollars, ROI de 7,56. Même offre. Même marché. Juste moins de campagnes.

« Les offres étaient similaires d’un mois à l’autre, tu sais, tu avais pas un rabais complètement exceptionnel au mois d’avril comparativement à mars. »

Dit comme ça, ça a l’air simple. Presque trop.

Deuxième client, processus plus long : quatre mois de travail, de janvier à avril 2020. En janvier : 8 campagnes, budget inférieur à 3 000 dollars, ROI de 5,09. En avril : 5 campagnes, 7 400 dollars dépensés, ROI de 8,91. Là encore, pas de magic trick – juste une réduction progressive du nombre de campagnes et un budget mieux concentré.

Ce que j’aurais voulu qu’on me dise plus tôt – enfin, ce que j’aurais voulu lire quelque part – c’est que la simplification n’est pas une étape optionnelle qu’on fait quand on a le temps. C’est la condition de base pour que le budget Facebook Ads puisse travailler correctement.

Et la mise en garde de Dalmas est claire : ne passez pas de 14 à 4 campagnes en 48 heures. Si vos campagnes sont evergreen, réduisez par étapes. Si certaines s’arrêtent naturellement parce que la promo est terminée, profitez-en. Mais ne cassez pas ce qui fonctionne par impatience. Une structure de compte simple se construit sur plusieurs semaines, pas du jour au lendemain.

Le funnel : pas une nouveauté, mais une discipline

Tout le monde connaît le funnel. TOF, MOF, BOF – acquisition, considération, retargeting. Facebook lui-même organise ses objectifs de campagne selon cette logique : sensibilisation, considération, conversion. Ce n’est pas une découverte.

Ce que J7 Media fait, c’est l’appliquer vraiment. Pas juste en théorie sur un slide de présentation.

Exemple concret : un client e-commerce au Québec qui lance une nouvelle collection de vélos. Trois campagnes, chacune avec un rôle précis :

  • TOF (acquisition) : campagne en ajout au panier, audiences lookalike achat 3 %, lookalike achat 6 %, et un lookalike 3 % construit sur les « super audiences » – les clients qui ont acheté deux fois dans les 180 derniers jours et dont le panier moyen dépasse le panier moyen Shopify.

Le MOF, lui, est en objectif trafic – vu de page. Pas en conversion. Pas en achat. Son rôle n’est pas de vendre, c’est de maintenir le contact avec quelqu’un qui a visité les pages vélos dans les 180 derniers jours. Les publicités utilisées : du user generated content, des photos de clients sur Instagram. Rien d’agressif.

Le BOF, enfin : retargeting pur, objectif vente de catalogue dynamique, audience ciblée sur les personnes qui ont ajouté au panier sans acheter dans les 45 derniers jours. Là, le message est direct et l’urgence assumée.

« On rappelle le rabais, on dit c’est votre dernière chance, allez-y maintenant. Nous de notre côté, on optimise en achat. Donc oui, on s’attend à ce qu’il se passe quelque chose cette fois. »

Voilà. C’est la différence entre MOF et BOF en une phrase.

La répartition budgétaire conseillée par Dalmas : 70 % sur le TOF (audiences froides et lookalike), 20 % sur le MOF, 10 % sur le BOF. Pas une science exacte, il le précise lui-même – mais un point de départ solide. Et une logique qui s’impose : si vous saturez votre audience de retargeting sans avoir alimenté correctement l’acquisition en amont, vous n’avez plus rien à recibler. Sur les structures avec campagne ALL et lookalike, la logique de priorisation budgétaire change un peu – mais le principe de ne pas sur-investir en BOF reste valable.

Les chiffres du lancement vélo sur cinq semaines parlent d’eux-mêmes. Semaine 1 : 7 000 dollars sur TOF et MOF, ROI de 5,27. Semaine 2 : budget doublé à 15 500 dollars, ROI de 4,08. Semaine 3 : 19 500 dollars, ROI de 3,70 – ça commence à fléchir. Semaine 4 : lancement du catalogue dynamique avec 1 000 dollars, ROI de 11,71 sur cette seule campagne. Semaine 5 : 1 700 dollars sur le DPA, ROI de 7,87.

L’idée, c’est de remplir le pipeline d’abord – et de laisser le retargeting ramasser ensuite. Mais bon, ça suppose d’avoir la patience de ne pas tout lancer en même temps dès le départ.

Scaler un budget Facebook Ads sans tout casser : la logique CBO

Le troisième point – le scale via le Campaign Budget Optimization – n’est qu’évoqué dans cet épisode, Dalmas ayant annoncé le garder pour la fin. Mais ce qui transparaît dans les exemples chiffrés donne déjà une direction claire.

On ne double pas un budget Facebook Ads en un jour. On augmente progressivement, en regardant les signaux. Sur le lancement vélos, le budget a doublé en semaine 2 parce que les résultats de semaine 1 étaient là. Si ça avait floppé, ils auraient lancé le DPA plus tôt pour sécuriser un ROI via le retargeting. L’adaptation est permanente.

Ce que Dalmas répète plusieurs fois dans l’épisode, c’est que le pire scénario n’est pas de stagner – c’est de casser une situation profitable par une décision trop rapide. Un compte publicitaire qui tourne bien, ça se dégrade vite si on touche à la structure brutalement. Et une fois que la phase d’apprentissage est perturbée, le budget Facebook Ads repart à zéro dans les tuyaux de l’algorithme.

La question du Campaign Budget Optimization est d’ailleurs centrale ici : c’est lui qui répartit le budget entre les ensembles de publicité de façon dynamique, et c’est pour ça que la simplification du compte est un prérequis. Moins d’ensembles = meilleure lisibilité pour le CBO = meilleures décisions algorithmiques.

Il y a une limite réelle dans tout ça, et Dalmas ne l’esquive pas vraiment : cette méthode suppose d’avoir déjà des données solides dans le compte – des achats passés, un pixel mature, des audiences custom qui tiennent la route. Si vous démarrez de zéro ou que votre pixel a moins de quelques centaines d’achats, la construction des lookalike sur lesquels repose tout le TOF sera fragile. (Ce qui est souvent le cas des comptes en dessous de 300-400 dollars par jour, et c’est rarement dit clairement.)

Sur la création des publicités elles-mêmes – les UGC que Dalmas mentionne pour le MOF notamment – les formats authentiques type UGC sont devenus incontournables dans les stratégies mid-funnel. Pas parce que c’est tendance. Parce que ça ressemble à ce que les gens voient dans leur feed et que ça ne déclenche pas le réflexe « c’est de la pub, je scrolle ».

Ce que cette méthode dit vraiment sur l’algorithme Facebook

Derrière les trois étapes, il y a une philosophie qui mérite d’être nommée.

Le Power 5 de Facebook – dont Dalmas reconnaît lui-même qu’il en parle « à chaque fois » – repose sur une idée centrale : l’algorithme fait mieux son travail quand on lui laisse de la marge. Des audiences larges. Peu de contraintes. Des budgets consolidés. Le targeting expansion, cette petite case à cocher qui élargit artificiellement l’audience ciblée en allant chercher l’écosystème autour de vos critères d’intérêt, en est l’illustration la plus directe.

« Plus vous restreignez Facebook avec des campagnes compliquées, des audiences sursegmentées, des kilos de publicités actives, plus vous êtes sûr de ne pas avoir les meilleurs résultats. C’est prouvé. »

C’est peut-être la phrase la plus importante de tout l’épisode. Et c’est aussi la plus difficile à accepter pour quelqu’un qui a passé des années à micro-segmenter ses audiences en pensant que la précision était synonyme d’efficacité.

La vérité inconfortable, c’est que beaucoup de « stratégies avancées » en Facebook Ads consistent à ajouter de la complexité là où l’algorithme demande de la simplicité. Les objectifs bizarres, les campagnes dupliquées pour tester trois variantes de texte, les audiences de 50 000 personnes ciblées à la loupe – tout ça coûte du budget Facebook Ads sans le rentabiliser.

Pour aller plus loin sur la question des objectifs de campagne et leur simplification avec ODAX, Facebook a depuis renforcé cette logique de réduction des choix. Dans le même sens que ce que Dalmas préconisait en 2020 – et c’est rarement un hasard quand un praticien et une plateforme convergent.

Ce qui reste ouvert dans tout ça, c’est la question de l’audience froide. À quel moment un lookalike commence à être « épuisé » ? À partir de quand faut-il renouveler les créas pour éviter la fatigue publicitaire ? Dalmas effleure le sujet sans y répondre vraiment. Ce sera peut-être l’objet d’un autre épisode.

Questions fréquentes

Quel budget Facebook Ads minimum pour passer à 1000 dollars par jour ? +
Il n'y a pas de seuil magique, mais la condition première c'est d'avoir une structure de compte qui supporte la montée en charge. Avant de viser 1 000 dollars par jour, il faut s'assurer d'atteindre les 50 conversions hebdomadaires par ensemble de publicité - et ça, avec 3 campagnes, 3 audiences et 3 publicités actives. Si votre compte en est loin, augmenter le budget Facebook Ads ne fera qu'accélérer la perte.
Combien de campagnes activer pour un compte Facebook Ads bien structuré ? +
La règle du 3-3-3 préconisée par J7 Media : 3 campagnes actives maximum, 3 audiences par campagne, 3 publicités par ensemble. C'est moins intuitif qu'il n'y paraît quand on a l'habitude de tester en multipliant les variables - mais les chiffres montrent que la centralisation du budget surpasse la granularité.
Pourquoi Facebook demande 50 conversions par semaine ? +
C'est le seuil à partir duquel l'algorithme sort de la phase d'apprentissage et commence à optimiser efficacement. En dessous de ce chiffre, votre campagne reste en mode exploratoire - et vous payez le prix fort. Facebook a publié un webinaire en mai 2020 montrant qu'une sortie rapide de la phase d'apprentissage peut réduire le coût par conversion de 20 %.
Comment répartir son budget Facebook Ads entre TOF, MOF et BOF ? +
Le benchmark de J7 Media : 70 % sur le top of funnel (audiences froides et lookalike), 20 % sur le middle of funnel, 10 % sur le retargeting. Ce n'est pas une règle absolue - ça dépend de la taille de vos audiences et de la maturité de votre compte. Mais c'est un point de départ solide pour éviter de saturer vos audiences chaudes avant d'avoir alimenté correctement l'acquisition.
Qu'est-ce qu'une super audience sur Facebook Ads ? +
Chez J7 Media, les super audiences désignent les clients qui ont acheté au moins deux fois dans les 180 derniers jours ET dont le panier moyen dépasse le panier moyen global du compte Shopify. C'est la base à partir de laquelle ils construisent leurs lookalike les plus performants en TOF. L'idée : ne pas partir d'une liste de tous les acheteurs, mais des meilleurs acheteurs.
Le budget Facebook Ads peut-il être doublé d'un coup ? +
Non. Doubler le budget Facebook Ads brutalement perturbe la phase d'apprentissage et peut casser un compte qui tournait bien. J7 Media augmente progressivement, en fonction des résultats de la semaine précédente. Si les signaux sont bons, on monte. Si ça faiblit, on ajuste la structure avant d'augmenter le budget.

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