landing page qui convertit

29. Cocktail fou pour convertir sur une Landing Page. Par Valentine Sauda

Épisode diffusé le 7 octobre 2021 par Caroline Mignaux

Écouter l'épisode :

0:00 --:--
Vitesse

Construire une landing page qui convertit vraiment – pas juste une page qui existe et qui dort dans votre CMS – c’est probablement l’exercice le plus sous-estimé du marketing digital. Valentine Sauda, coach en stratégie et business connue pour avoir retourné LinkedIn avec ses contenus sur le copywriting, en sait quelque chose : elle passe ses journées à réécrire des pages que des entrepreneurs ont construites avec soin… et qui ne donnent rien. Zéro prospect. Taux de rebond catastrophique. Et souvent, personne ne comprend pourquoi.

Ce qui m’a frappé en écoutant l’épisode du podcast Marketing Square où Caroline Mignaux la reçoit, c’est la simplicité des diagnostics. Les erreurs qui tuent les conversions ne sont pas techniques. Elles sont humaines. Elles viennent d’une confusion entre ce que vous voulez dire et ce que votre visiteur veut entendre – en 8 secondes. Pas plus.

Alors on va pas faire de bullet points bien alignés. On va aller dans le détail de ce que Valentine a partagé, avec les chiffres qui font mal et les principes qui changent vraiment la donne.

Les 5 erreurs qui sabotent votre landing page (avant même qu’on lise votre offre)

Commençons par le commencement. Valentine fait beaucoup de réécriture. Ce sont des gens qui arrivent en lui disant « je comprends pas, les gens convertissent pas ». Et en général, les erreurs sautent aux yeux.

La première – et c’est celle qu’on voit partout en 2024 encore – c’est le non-responsive. Une page qui n’est pas adaptée au mobile. Valentine va même plus loin que ça :

« Aujourd’hui, c’est un petit peu l’inverse. On dit partez du format mobile et adaptez-le pour l’ordinateur. »

Mobile First. C’est pas une tendance, c’est la réalité du trafic. Si vos campagnes social selling envoient des gens sur une page qui s’affiche mal sur iPhone, vous perdez la moitié de votre audience avant même qu’ils lisent votre titre.

Deuxième erreur : les formulaires à rallonge. Et là, y’a un truc que Valentine pointe qui est vraiment pertinent – c’est la tyrannie de la data. On nous a tous répété que la data c’est le nerf de la guerre, donc on crée des formulaires avec 12 champs, on demande le poste, l’adresse postale, le numéro de téléphone… et derrière, on n’utilise rien de tout ça. Demander un numéro de téléphone peut faire exploser votre taux d’abandon de plus de 50 %. C’est colossal.

(Et c’est souvent là que ça coince : la logique du « on ne sait jamais, ça peut servir » coûte en réalité des leads concrets, aujourd’hui, maintenant.)

Troisième erreur : ne pas personnaliser selon l’audience. Si vous envoyez du trafic Facebook et du trafic LinkedIn vers la même page, vous ratez une occasion massive. Quelqu’un qui vous suit depuis deux ans sur LinkedIn n’a pas besoin qu’on lui explique qui vous êtes. Quelqu’un qui découvre votre pub pour la première fois, si. Deux messages, deux pages, deux taux de conversion.

Quatrième erreur : la rupture entre l’annonce et la page. Valentine donne un exemple savoureux :

« Vous faites une promotion en disant super promotion sur les chaussettes, c’est les meilleures chaussettes du monde, vous allez vous régaler, et quand on clique, c’est je vends des tricots, je fais des slips, je fais des pulls, je fais un petit peu de tout. »

Franchement, on rigole, mais j’ai vu cette erreur chez des marques qui dépensent 10 000 euros par mois en pub. La cohérence entre l’annonce et la page, c’est la base. Et c’est pourtant systématiquement sacrifié.

Cinquième erreur – et c’est celle qui surprend le plus – : laisser le menu de navigation sur la landing page. Valentine est catégorique là-dessus. Un menu, c’est une fuite. C’est une invitation à aller voir autre chose. Une page de vente bien structurée est un espace fermé, un couloir qui mène vers une seule sortie : votre CTA.

La structure d’une landing page qui convertit vraiment (dans cet ordre)

Au-delà des erreurs, Valentine décortique ce qui fonctionne. Et la structure, c’est tout.

La ligne de flottaison d’abord. C’est ce que le visiteur voit sans scroller. Ce territoire – quelques centimètres d’écran – c’est là que tout se joue. Valentine recommande d’y faire tenir trois éléments : le titre clair avec la proposition de valeur, les bénéfices (pas les avantages, les bénéfices – on y revient), et un premier CTA juste avant la fin de cette zone visible.

Sur la distinction bénéfices vs avantages, elle est très précise :

« Je veux des chaussettes parce que je vais me sentir confiante, je vais me sentir hyper confortable tout l’hiver parce qu’en plus elles sont en poil d’Alpaga et que les Alpagas ils sont nourris à l’herbe et ils sont super heureux. Voilà, ça c’est du bénéfice client qui est intéressant. »

Dit comme ça, ça a l’air simple. Mais la plupart des pages parlent d’elles-mêmes. De leurs fonctionnalités. De leur histoire. Le client s’en fout – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise plus tôt dans ma carrière – c’est que le client ne lit votre page que pour une seule raison : comprendre ce qu’il a à gagner, lui. Pas vous.

Ensuite dans la structure : les preuves sociales. Et sur ce point, Valentine cite une stat qui mérite d’être retenue – les vidéos sur une landing page augmentent le taux de conversion d’environ 86 %. Mais attention au piège classique :

Une vidéo 4K en autoplay qui prend 8 secondes à charger, c’est pire que pas de vidéo. Parce qu’une seconde d’attente supplémentaire, c’est 7 % de taux de conversion en moins. Faites le calcul. Une vidéo qui met 3 secondes à charger, c’est potentiellement 21 % de conversions perdues avant même que l’utilisateur ait vu votre contenu.

La preuve sociale, elle peut aussi être un logo client, un témoignage facecam, quelqu’un d’un peu connu dans votre secteur qui parle de vous. C’est ce que Valentine appelle « profiter de la notoriété de vos clients ». Et ça, la preuve sociale comme levier de conversion, c’est un principe qui remonte à Cialdini et qui reste d’une efficacité redoutable.

Ce que personne ne dit sur le call to action d’une landing page qui convertit

Le CTA. Le bouton. La chose sur laquelle tout le monde a un avis et que personne n’optimise vraiment.

Valentine a une approche qui change tout, et elle la partage en racontant sa propre expérience avec Rich Maker, sa plateforme SaaS. Au lancement, son CTA disait « s’inscrire ». Normal. Standard. Invisible.

Le changement qu’elle a opéré ? Penser résultat immédiat. Pas l’action que l’utilisateur va faire (s’inscrire, télécharger, soumettre), mais ce qui se passe après. La prochaine étape concrète dans sa vie. Pour Rich Maker – une plateforme de mise en relation B2B – ce n’est plus « s’inscrire » mais quelque chose qui dit explicitement ce que l’utilisateur va obtenir : trouver un partenaire, accélérer sa croissance, appeler ça comme vous voulez.

Et elle ajoute un conseil sur la voix du CTA qui est assez contre-intuitif : changer de personne entre le premier et le deuxième bouton. Le premier peut être à l’impératif, direct – « Télécharge notre guide ». Le deuxième en mode réponse – « Je veux en profiter ». Comme un dialogue. Comme si la page répondait à une question que le lecteur se pose.

La cohérence de principe entre le premier et le deuxième CTA, c’est d’ailleurs quelque chose qui touche à des mécanismes profonds – ce que les spécialistes de la persuasion appellent le principe de cohérence. Un visiteur qui a dit oui une fois (en restant sur votre page, en scrollant, en lisant) est psychologiquement plus enclin à dire oui une deuxième fois.

Les chiffres qui devraient vous faire revoir votre stratégie de landing pages

Quelques stats balancées dans l’épisode qui méritent qu’on s’arrête dessus.

3 %. C’est le taux de conversion moyen toutes industries confondues. Si vous êtes au-dessus, vous faites bien. Si vous êtes en dessous, il y a un problème à identifier. Valentine précise – ce qui est honnête – qu’une niche étroite peut avoir des taux très différents : un marché ultra-ciblé avec moins de volume peut convertir bien au-dessus de la moyenne sur un trafic qualifié.

48 % des landing pages contiennent plusieurs offres. Presque une sur deux. Alors que c’est la règle numéro un, celle que Valentine répète comme un mantra :

« Si vous avez une chose à retenir de ce podcast, c’est toujours la même chose d’ailleurs en marketing qu’on vous dit, un cold email, n’importe quel canal, on vous dira toujours c’est un message, un call to action. »

Voilà. Un message. Un objectif. Une sortie possible.

Et puis il y a la stat sur la multiplication des pages. Les entreprises qui proposent plus de 40 landing pages génèrent 12 fois plus de prospects que celles qui en ont 5 ou moins. Douze fois. Et même passage de 10 à 15 pages – donc un effort raisonnable – augmente le volume de prospects de 55 % en moyenne. Ce n’est pas de la théorie, c’est de l’hyper-personnalisation à l’échelle. Une page par audience, par canal, par offre, par moment dans le parcours client. C’est du travail, clairement. Mais les chiffres parlent d’eux-mêmes. Si vous travaillez en parallèle sur vos emails nurturing, le même principe s’applique : personnalisation et copywriting ciblé sont les deux leviers qui font vraiment la différence sur les taux d’engagement.

L’exemple concret qui illustre tout ça : la page de Sizlab

Valentine ne reste pas dans l’abstrait. Elle pointe une landing page précise comme modèle – celle de Sizlab (rebaptisée TheSalesLab dans les ressources de l’épisode), créée par Thomas et Maxime Rivol.

Ce qu’elle aime dedans, c’est le dosage. Proposition de valeur immédiate et percutante : « Booste ton chiffre d’affaires sans dépenser 1 € ». Juste en dessous, une petite astérisque qui dit « Oui, c’est possible et sans être magicien ». De l’humour léger, universel, qui ne catégorise pas. Pas de référence culturelle qui exclut la moitié des visiteurs.

Le CTA principal dans la ligne de flottaison : « Je teste mon éligibilité » avec la mention « Formation finançable à 100 % par l’État ». Double bénéfice en un bouton. Et juste en dessous, les logos des entreprises partenaires – la preuve sociale arrive tôt, avant que l’utilisateur ait à scroller.

Ce qui est intéressant dans cet exemple, c’est que le copywriting et le design semblent avoir été pensés ensemble dès le départ. Valentine dit une chose que je partage complètement :

« Quand je vois cette page, je me dis le mec qui l’a écrit s’est régalé et le mec qui a designé s’est régalé. Ça se voit qu’il y a eu du fun. Donc j’ai envie d’avoir du fun aussi. »

C’est exactement le problème avec 90 % des landing pages : elles sentent la contrainte. Le brief trop chargé. Le comité de validation. Le template imposé. Une page qui convertit, ça se sent dans le ton – y’a quelqu’un derrière. Pour aller plus loin sur la méthode d’écriture d’une page de ce type, écrire une page de vente efficace depuis zéro est un exercice que Thomas Gobeaux décrit avec une précision chirurgicale dans un autre épisode.

Le taux d’abandon vs le taux de rebond : une distinction qui change votre diagnostic

Un point de méthode que Caroline et Valentine prennent le temps de clarifier, et qui est souvent confondu même par des équipes marketing expérimentées.

Le taux de rebond – bounce rate – c’est les gens qui arrivent sur votre page et qui repartent immédiatement. Sans cliquer, sans scroller, sans rien. La promesse n’a pas tenu ou la page n’a pas chargé assez vite.

Le taux d’abandon, c’est différent et, comme le dit Valentine, « encore plus rageant ». Ce sont les gens qui ont commencé à remplir votre formulaire – ils étaient chauds, motivés, prêts à convertir – et qui s’arrêtent en chemin. Un champ de trop. Une question personnelle qui fait peur. Une micro-friction qui fait tout capoter.

Ces deux métriques ne se diagnostiquent pas de la même façon. Un taux de rebond élevé pointe vers le haut de page – le titre, la promesse, le temps de chargement. Un taux d’abandon élevé pointe vers le formulaire lui-même – sa longueur, ses champs, son design sur mobile. Si vous mélangez les deux dans votre analyse, vous allez corriger le mauvais truc. Et votre landing page continuera à ne pas convertir pour les mauvaises raisons.

Ce type de raisonnement sur les freins psychologiques à l’achat est d’ailleurs directement lié à ce que les chercheurs en comportement ont documenté sur les biais cognitifs dans la prise de décision – un domaine que j’encourage vraiment à creuser si vous voulez comprendre pourquoi vos utilisateurs font ce qu’ils font plutôt que ce que vous attendez d’eux.

La réalité, c’est que construire une landing page qui convertit n’est pas une question de template ou d’outil. C’est une question de compréhension fine de ce que vit votre visiteur dans les 8 premières secondes. Ses doutes, ses besoins, ses résistances. Et ça, aucun constructeur de page ne peut le faire à votre place.

Questions fréquentes

Quel est le taux de conversion moyen d'une landing page ? +
La moyenne toutes industries confondues tourne autour de 3 %. C'est une base de référence, pas un objectif absolu. Un marché de niche avec un trafic très qualifié peut largement dépasser ce chiffre, tandis qu'une page qui cible trop large peut rester bien en dessous. L'essentiel est de se comparer à soi-même dans le temps, pas à une moyenne abstraite.
Combien faut-il de landing pages pour générer des prospects efficacement ? +
Les données montrent que les entreprises ayant plus de 40 landing pages génèrent 12 fois plus de prospects que celles qui en ont 5 ou moins. Même un passage de 10 à 15 pages augmente le volume de prospects de 55 % en moyenne. L'idée n'est pas de multiplier les pages pour le plaisir, mais de créer une page spécifique par audience, par canal et par offre.
Quelle est la différence entre taux de rebond et taux d'abandon sur une landing page qui convertit ? +
Le taux de rebond correspond aux visiteurs qui quittent la page immédiatement, sans interaction. Le taux d'abandon désigne ceux qui ont commencé à remplir un formulaire mais ne l'ont pas terminé. Ces deux métriques pointent vers des problèmes différents : le rebond concerne le haut de page et la promesse initiale, l'abandon concerne le formulaire lui-même et ses frictions.
Doit-on garder le menu de navigation sur une landing page ? +
Non. Valentine Sauda est catégorique sur ce point : le menu de navigation distrait le visiteur et lui offre des sorties vers d'autres pages. Une landing page efficace est un espace fermé avec un seul objectif et un seul chemin possible. Si quelqu'un veut en savoir plus sur vous, il vous cherchera sur Google.
Comment rédiger un bon call to action sur une landing page qui convertit ? +
Pensez résultat immédiat plutôt qu'action. Au lieu de « s'inscrire » ou « télécharger », demandez-vous ce qui se passe concrètement après le clic et mettez ce bénéfice dans le bouton. Variez aussi la formulation entre le premier et le deuxième CTA - passez de l'impératif (« Télécharge le guide ») à la première personne (« Je veux en profiter ») pour créer un effet de dialogue.
Les vidéos améliorent-elles vraiment les conversions sur une landing page ? +
Oui, les vidéos peuvent augmenter le taux de conversion de 80 à 86 % selon les études. Mais attention : une vidéo lourde qui ralentit le chargement de la page peut annuler totalement cet effet. Chaque seconde de chargement supplémentaire coûte environ 7 % de taux de conversion. Si vous ne pouvez pas garantir un chargement rapide, mieux vaut ne pas mettre de vidéo du tout.

Épisodes similaires

  • Copywriting & Vente