algorithme facebook ads

Comment fonctionne l’algorithme de Facebook Ads ?

Épisode diffusé le 18 février 2022 par

Écouter l'épisode :

0:00 --:--
Vitesse

L’algorithme facebook ads ne récompense pas les plus gros budgets. C’est probablement la première chose qu’on devrait dire aux annonceurs qui débarquent sur la plateforme avec 10 000 euros en poche et zéro réflexion sur leur créa. Danilo Duchesnes – consultant Facebook Ads et fondateur de DHS Digital – l’explique avec une clarté assez brutale dans un épisode de son podcast Le Rendez-vous Marketing : ce qui fait gagner une enchère, c’est la valeur totale perçue par Facebook, pas juste le montant que vous êtes prêt à claquer.

Et cette valeur totale, elle dépend de facteurs que la plupart des annonceurs sous-estiment – ou ignorent complètement. Notamment la qualité perçue de la publicité par les utilisateurs. Autrement dit : si les gens scrollent sans cliquer, Facebook vous punit en augmentant votre CPM. Le mécano est simple à comprendre. Beaucoup plus dur à appliquer.

Alors voilà ce que j’ai retenu de cet épisode. Pas un résumé. Plutôt ce qui m’a fait tiquer, ce qui confirme ce que j’observe depuis des années, et ce qui mérite qu’on s’y arrête vraiment.

Le système d’enchère facebook ads ne fonctionne pas comme vous croyez

Commençons par le plus contre-intuitif. Dans une enchère classique – immobilier, ventes aux enchères, Google Search dans une certaine mesure – celui qui paie le plus gagne. Point. Facebook a construit quelque chose de différent, et c’est là que beaucoup d’annonceurs se plantent dès le départ.

Danilo le résume bien :

« La publicité qui va gagner, c’est pas forcément celle qui a l’enchère la plus élevée, mais celle qui va accumuler la valeur totale la plus importante. »

Dit comme ça, ça a l’air simple. Ça ne l’est pas.

Trois facteurs composent cette valeur totale. L’enchère, d’abord – combien vous êtes prêt à offrir. Le taux d’action estimé ensuite – la probabilité que l’utilisateur fasse ce pour quoi vous optimisez (clic, achat, formulaire). Et enfin, la qualité et la pertinence de la publicité. Commentaires, réactions, taux de clic, expérience post-clic sur votre landing page.

Ce troisième facteur est celui sur lequel Danilo insiste le plus. Et franchement, c’est le seul sur lequel vous avez vraiment la main. L’enchère, vous pouvez la monter – mais ça coûte. Le taux d’action estimé dépend de l’historique de votre compte et des données de Facebook sur vos utilisateurs cibles. La créa, elle, c’est vous qui la faites.

Il y a un truc pervers dans ce système, que peu de gens mentionnent. Facebook peut décider de facteurs exogènes qui impactent vos performances bien au-delà de ce que vous contrôlez. Une publicité qui génère beaucoup d’engagement – beaucoup de clics, beaucoup de réactions – va être plus diffusée. Mais cette publicité n’est pas forcément celle qui génère le plus de ventes. Et inversement, une publicité ultra-performante en conversion peut se faire doubler par une pub plus « entertaining » dans l’enchère. C’est un équilibre à surveiller en permanence.

La créa : le seul vrai levier quand tout le reste s’automatise

Voilà le cœur du sujet selon Danilo – et je suis d’accord avec lui sur ce point. Facebook a simplifié presque tous les paramètres au fil des années. Six objectifs de campagne au lieu de quinze. Les audiences larges qui surpassent les segments ultra-précis. Les placements automatiques qui écrasent les placements manuels dans la majorité des cas (avec quelques exceptions, notamment les Stories).

Résultat : si la plateforme automatise tout, qu’est-ce qui fait encore la différence ?

« Pour optimiser vos campagnes, votre levier d’action le plus important, c’est la créa, parce que déjà, Facebook aime le contenu de qualité, tout comme les utilisateurs. »

Exactement le problème que j’observe chez la plupart des annonceurs que je croise. Ils passent des heures à débattre de CBO vs ABO, à choisir leur optimisation de budget, à peaufiner leurs segments d’audience – et leur créa, c’est une image produit sur fond blanc faite en dix minutes.

Ce que Danilo recommande concrètement : itérer en permanence sur les formats et les types de contenu. UGC, vidéo, carrousel, image statique – chaque format touche une poche différente de votre audience. Et surtout, aller regarder la bibliothèque publicitaire de ses concurrents pour voir ce qui tourne. Ce n’est pas de l’espionnage, c’est du renseignement (et c’est complètement légal, Meta a rendu ça public).

La fatigue publicitaire, c’est réel. Une créa qui cartonne pendant trois semaines peut s’effondrer la quatrième, pas parce que l’audience a changé, mais parce qu’elle a vu le même visuel trente fois. Sur ce sujet, l’épisode avec Maxence Godard de Horace sur la production de créas Facebook Ads en qualité et en quantité va beaucoup plus loin – je le recommande si vous êtes sur ce sujet.

Donner de la donnée à l’algorithme facebook ads – et dans le bon sens

Troisième point. Celui que les débutants comprennent mal et qui explique beaucoup d’échecs en début de campagne.

L’algorithme facebook ads apprend. Pour apprendre, il a besoin de données. Ces données viennent de trois sources : ce que vous lui apportez via le Pixel Facebook et l’API de conversion, la structure interne de vos campagnes (objectifs, audiences, placements, optimisation de diffusion), et la créa elle-même.

Danilo donne un exemple concret qui illustre bien le problème :

« Si vous faites une campagne avec un objectif de conversion et vous avez une audience qui est pas large du tout, qui est très mal ciblée parce que vous ne connaissez pas bien votre avatar. Vous mettez juste le placement Facebook et vous mettez comme créa, vous mettez juste un carrousel. En fait, il y a peu de chance que vous ayez des performances, même si vous avez une super produit, une super offre. »

C’est exactement le problème. Les bons produits ne suffisent pas à compenser une configuration bancale.

Sur les audiences, le conseil est clair : viser large. Au moins 1 million de personnes. Depuis iOS 14, les audiences étroites fonctionnent de moins en moins sur la durée. Les lookalike élargis, les ciblages socio-démographiques simples (pays, âge, sexe), les intérêts larges – voilà ce qui donne à l’algorithme facebook ads assez de matière pour trouver vos acheteurs potentiels. (Ce qui va à l’encontre de ce qu’on enseignait il y a quatre ou cinq ans, quand tout le monde construisait des audiences ultra-segmentées en pensant faire du « ciblage chirurgical ».)

Et puis il y a le mythe des 50 conversions par semaine. Si vous gravitez autour de Facebook Ads depuis quelque temps, vous l’avez entendu des dizaines de fois : sans 50 conversions par ensemble de publicités par semaine, vous restez en phase d’apprentissage et vos résultats sont instables. Danilo nuance ici, et c’est là que son expérience terrain change la perspective.

Avec un budget à 50 euros par jour et des conversions à 30 euros pièce, vous ne ferez jamais 50 conversions par semaine. Mathématiquement impossible. Est-ce que ça veut dire que vos campagnes sont condamnées ? Non. Ce qui compte, c’est d’optimiser sur le bon événement – l’achat plutôt que l’ajout au panier – et de ne pas multiplier les ensembles de publicités pour éviter le chevauchement d’audiences. La structure compte autant que le volume de données.

Ne touchez pas à ce qui marche – vraiment

Quatrième point, le plus simple à expliquer et le plus difficile à respecter.

Quand une campagne tourne bien, laissez-la. N’ajoutez pas de créas. Ne modifiez pas les audiences. Ne changez pas l’enchère. Tout changement – et Danilo est très précis là-dessus – réinitialise la phase d’apprentissage. Et une phase d’apprentissage réinitialisée, c’est des données perdues, des CPM qui remontent, des résultats qui plongent pendant quelques jours.

Ce que j’aurais voulu qu’on me dise plus tôt – enfin, ce que j’aurais aimé lire dans un article plutôt que de le découvrir à mes dépens – c’est que l’instinct de « toujours optimiser » est l’ennemi de la performance sur Facebook Ads. La plateforme récompense la stabilité. Pas le micro-management.

Les changements qui réinitialisent l’apprentissage : modification des audiences, changement d’enchère, ajout ou suppression de publicités, modification de créa. Bref, à peu près tout ce qu’un annonceur nerveux fait en voyant ses résultats baisser pendant 48 heures.

Là où je nuancerais légèrement : ça ne veut pas dire qu’il ne faut jamais toucher à rien. Si une campagne sous-performe clairement depuis plus d’une semaine, attendre n’arrange rien. Mais si les résultats sont corrects ou bons, la résistance à l’envie de « tester un truc » est une vraie compétence. La hausse des coûts publicitaires sur Facebook aggrave cette tentation – on touche à tout parce qu’on voit les CPM grimper, et on aggrave le problème.

Choisir le bon objectif : l’erreur qui sabote tout avant même le démarrage

Dernier point – et peut-être celui qui cause le plus de dégâts silencieux.

L’algorithme facebook ads prend votre objectif de campagne très au sérieux. Si vous choisissez « Trafic », il va optimiser pour amener des gens sur votre site. Des gens qui cliquent – pas nécessairement des gens qui achètent. Si vous voulez des ventes, vous choisissez « Ventes » (anciennement « Conversion »). Et pas juste l’objectif : l’événement d’optimisation dans les paramètres de l’ensemble de publicités doit aussi correspondre à ce que vous cherchez.

L’erreur classique que Danilo cite : choisir l’objectif Trafic pour « sortir plus facilement de la phase d’apprentissage ». L’idée semble logique en surface – plus de clics, apprentissage plus rapide, campagne qui se stabilise. Sauf que vous avez entraîné l’algorithme à trouver des cliqueurs, pas des acheteurs. Et votre compte publicitaire porte cette empreinte bien au-delà de cette campagne.

Facebook a simplifié tout ça en six objectifs – Notoriété, Trafic, Engagement, Prospects, Promotion de l’application, Ventes. Le bon réflexe : partir de votre objectif business réel et remonter vers l’objectif de campagne, pas l’inverse. Vous voulez des abonnés newsletter ? Prospects. Vous voulez des achats ? Ventes. Vous voulez de la visibilité sur un lancement ? Notoriété ou Engagement, selon le contexte.

Et si vous gérez plusieurs campagnes simultanément, la question des bons KPIs à suivre sur Facebook Ads devient critique – parce que les métriques à surveiller ne sont pas les mêmes selon l’objectif choisi.

Ce qui m’agace dans ce débat sur les objectifs, c’est que c’est souvent présenté comme un détail de configuration. Ce n’en est pas un. C’est la fondation sur laquelle tout le reste repose. Changer d’objectif en cours de route, c’est recommencer à zéro – et reperder plusieurs jours d’apprentissage.

Bref. L’algorithme facebook ads est un système qui cherche à satisfaire deux parties à la fois : vous, l’annonceur, et l’utilisateur qui scroll dans son feed. Le jour où vous internalisez vraiment ça – pas juste intellectuellement, mais dans la façon dont vous concevez vos campagnes – beaucoup de choses se simplifient. Mais la créa reste le nœud gordien. Et là, il n’y a pas de raccourci. Pour aller plus loin sur la structure de vos campagnes, l’épisode sur les 5 erreurs fréquentes en Facebook Ads e-commerce analysées sur plus de 100 comptes audités est une bonne suite logique.

Questions fréquentes

Comment fonctionne l'algorithme facebook ads pour choisir quelle publicité afficher ? +
L'algorithme facebook ads calcule une valeur totale pour chaque publicité en compétition sur une même audience. Cette valeur combine trois facteurs : le montant de l'enchère, le taux d'action estimé (probabilité que l'utilisateur réalise l'action voulue), et la qualité et pertinence de la publicité. Ce n'est donc pas forcément la publicité avec le budget le plus élevé qui gagne l'enchère, mais celle qui offre la meilleure expérience globale à l'utilisateur.
Qu'est-ce que la phase d'apprentissage sur Facebook Ads et faut-il en sortir à tout prix ? +
La phase d'apprentissage est la période pendant laquelle l'algorithme facebook ads collecte des données pour optimiser la diffusion de vos publicités. Facebook recommande 50 conversions par semaine par ensemble de publicités pour en sortir. En pratique, avec des budgets modestes ou des produits à coût élevé, c'est rarement atteignable. L'essentiel est d'optimiser sur le bon événement (l'achat plutôt que l'ajout au panier) et de ne pas multiplier les modifications qui réinitialisent cet apprentissage.
Pourquoi la créa est-elle plus importante que le ciblage sur Facebook Ads ? +
Facebook a progressivement automatisé la plupart des paramètres de campagne : objectifs simplifiés, audiences larges préférées aux segments étroits, placements automatiques. Dans ce contexte, la créa reste le principal levier sur lequel l'annonceur garde un contrôle direct. Une publicité appréciée des utilisateurs génère plus d'engagement, ce qui améliore son score de qualité et réduit les CPM. Le ciblage compte, mais c'est la créa qui fait la vraie différence sur le long terme.
Quelle taille d'audience cibler sur Facebook Ads pour que l'algorithme fonctionne bien ? +
Depuis iOS 14 et les restrictions sur le tracking, les audiences étroites fonctionnent de moins en moins bien dans la durée. Danilo Duchesnes recommande de cibler des audiences d'au moins 1 million de personnes. Les audiences larges (ciblage socio-démographique, intérêts larges, lookalike élargis) donnent à l'algorithme assez de matière pour identifier vos acheteurs potentiels. Les segments ultra-précis peuvent donner des résultats court terme, mais s'épuisent rapidement.
Quel objectif de campagne choisir sur Facebook Ads pour générer des ventes ? +
Si votre objectif est de générer des ventes, choisissez l'objectif 'Ventes' (anciennement 'Conversion') et configurez l'événement d'optimisation sur l'achat. Évitez de choisir l'objectif Trafic dans l'espoir de sortir plus vite de la phase d'apprentissage : vous entraînez alors l'algorithme facebook ads à trouver des cliqueurs, pas des acheteurs, ce qui nuit à vos performances réelles.
Peut-on modifier une campagne Facebook Ads qui fonctionne bien ? +
Tout changement significatif sur une campagne active - modification des audiences, de l'enchère, ajout ou suppression de publicités - réinitialise la phase d'apprentissage de l'algorithme facebook ads. Si une campagne performe correctement, la recommandation est de ne pas y toucher. L'envie d'optimiser en permanence est souvent contre-productive sur Facebook Ads, où la stabilité est récompensée.

Épisodes similaires

  • Social Ads & Acquisition