choisir un coach business

22. Investir dans ton business : les questions clés pour faire le bon choix de formation ou de coach

Épisode diffusé le 24 décembre 2024 par Aurélie Gauthey

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Choisir un coach business, c’est l’une des décisions les plus importantes – et les plus mal prises – dans la vie d’un entrepreneur. Aurélie Gauthey, coach et fondatrice du projet Né pour Impacter, le dit sans détour : elle s’est elle-même plantée plusieurs fois. De l’argent dépensé dans des formations qui ne correspondaient pas à son vrai problème, des séances de coaching où on lui répondait de ‘chercher à l’intérieur d’elle-même’ alors qu’elle avait besoin de réponses concrètes. Bref, le parcours du combattant classique.

Et le truc, c’est que ce parcours, presque tous les entrepreneurs le vivent. Tu vois une coach qui cartonne sur Instagram, ses réels sont beaux, sa promesse est séduisante, tu achètes – et ensuite tu réalises que ce qu’elle vend ne correspond pas du tout à ce dont tu as besoin aujourd’hui. Pas parce qu’elle est nulle. Parce que tu as acheté la mauvaise chose au mauvais moment.

Dans un épisode de son podcast, Aurélie Gauthey a posé six critères pour éviter ça. Des critères qui ne ressemblent pas à une checklist SEO copiée-collée, mais à des leçons tirées de vraies erreurs. C’est ce qu’on va décortiquer ici. Sans les bullet points symétriques. Avec les aspérités.

Le piège numéro un : tu achètes la solution d’hier ou de demain

Commençons par là, parce que c’est là que la majorité des euros partent en fumée. Tu ne cherches pas la meilleure coach du marché. Tu cherches la meilleure coach pour ton problème actuel. Nuance énorme.

Aurélie donne un exemple qui claque :

Tu peux rencontrer une excellente coach que tu aimes suivre parce qu’elle fait des réels incroyables sur Instagram et qu’elle vend en plus de ça une formation pour créer de beaux réels. Sauf que toi ta problématique actuelle, c’est que tu ne vends pas ton offre car tu n’as pas de système de vente prédictible.

Voilà. Ta vraie douleur, c’est l’absence de ventes. Et tu vas dépenser de l’argent pour faire de beaux réels.

Ce que j’observe depuis des années en couvrant l’écosystème des coachs et formateurs en ligne : les gens achètent ce qui est visible, pas ce dont ils ont besoin. La coach qui poste le plus, qui a le plus beau branding, qui fait les meilleures stories – c’est elle qui vend le plus. Pas forcément celle qui va résoudre ton problème. Et l’industrie du coaching a très bien compris ça (ce qui n’est pas rassurant quand on y réfléchit deux secondes).

Le conseil d’Aurélie est brutal dans sa simplicité : identifie ton vrai problème avant d’aller chercher une solution. Si tu ne sais pas qui est ton client idéal, inutile de créer du contenu. Si tu n’as pas d’offre, inutile de travailler tes tunnels de vente. Il y a une logique séquentielle que les entrepreneurs ignorent trop souvent parce qu’ils sont dans l’urgence et dans l’émotion.

Et si tu hésite entre deux directions pour ton business, ce travail de clarification sur tes projets peut t’aider à poser les vraies questions avant d’investir.

Choisir un coach business sans l’avoir jamais vu coacher : la faute classique

C’est le critère le plus souvent ignoré. Et pourtant, Aurélie en fait un non-négociable absolu.

La logique est imparable. Tu vas payer quelqu’un pour te coacher. Mais tu ne l’as jamais vue coacher. Tu as vu ses posts, son site, ses témoignages, son branding. Pas elle en train de faire ce pour quoi tu la paies.

C’est quand même incroyable et ça me semble toujours aussi fou de se dire que je vais payer une coach pour qu’elle me coach mais je ne l’ai jamais vu coacher. Je dois faire confiance à ses beaux réels ou beaux postes sur les réseaux.

Dit comme ça, c’est absurde. Et pourtant, tout le monde le fait.

Ce que tu cherches quand tu la vois coacher en direct, c’est la réponse à une seule question : est-ce que ses réponses instantanées, ses prises de position, sa façon de bousculer – est-ce que ça me parle ? Pas dans une semaine. Là, maintenant, en regardant le live. Si tu t’ennuies ou si tu trouves ses conseils trop mous ou trop agressifs, c’est une information. Précieuse.

Aurélie va plus loin : elle coache massivement en gratuit, en public, en direct – précisément pour que sa communauté puisse faire ce test. Elle reconnaît que certains entrepreneurs lui ont fait la remarque qu’elle ‘offrait trop’. Sa réponse est pragmatique : c’est exactement le but. Montrer la marchandise. Et filtrer les clients qui ne correspondent pas (ceux qui la trouvent trop cash, trop directive, trop structurée – autant qu’ils le sachent avant d’acheter).

C’est, franchement, une des approches les plus honnêtes que j’aie vues dans ce secteur. La plupart des coachs se cachent derrière leur branding. Elle se montre.

Coach, consultante ou mentor : le vrai sens de ces mots

Trois mots qu’on utilise comme des synonymes. Ils ne le sont pas. Et confondre les trois peut ruiner une collaboration pourtant prometteuse.

Aurélie simplifie – peut-être un peu trop, elle le reconnaît elle-même – mais l’essentiel est là :

  • La coach te laisse trouver tes propres solutions. Elle pose des questions, elle ouvre des espaces de réflexion.

La consultante, elle, analyse et prescrit. Elle regarde ton business, elle identifie les problèmes, elle te dit quoi faire. La mentor t’inspire par son parcours, ses résultats, ses échecs – elle te montre que c’est possible.

Le problème ? La plupart des entrepreneurs débutants ont besoin des trois simultanément. Et c’est là qu’Aurélie raconte son pire investissement :

J’arrive en séance, je lui montre ma page de vente en lui disant voilà ce que j’ai fait, qu’est-ce que tu en penses ? Et là, elle me répond : écoute Aurélie, je pense que tu es capable de beaucoup plus. Ce que je te propose, c’est d’aller chercher véritablement à l’intérieur de toi comment tu pourrais rendre cette page encore plus irrésistible.

Elle a failli sortir de la séance. Et je la comprends.

Le coaching pur – ‘va chercher à l’intérieur’ – peut être puissant dans certains contextes (thérapeutique, relationnel). Mais quand tu veux vendre une offre et que tu n’as aucun repère sur les codes d’une page de vente, tu as besoin que quelqu’un te dise concrètement ce qui ne va pas. Pas de t’envoyer méditer dessus.

La conclusion d’Aurélie sur ce point : préfère quelqu’un qui mélange les trois postures. Quelqu’un qui peut te dire ‘voilà les cinq méthodes qui existent pour vendre, voici leurs avantages et inconvénients’ (consultant), puis te demander ‘laquelle correspond à ta personnalité ?’ (coach), tout en te partageant son propre vécu (mentor). Ce triptyque-là, c’est ce qui fait avancer vite.

Cette logique de progression rejoint d’ailleurs ce qu’on explore dans cet article sur la posture de leader et la sécurité intérieure : ce n’est pas juste une question de méthode, c’est une question d’alignement avec qui tu es.

Choisir un coach business, c’est acheter une façon de penser

Quatrième critère. Celui qu’on sous-estime systématiquement.

Quand tu investis dans une formation ou un accompagnement, tu n’achètes pas des modules ou des heures de call. Tu achètes un système de pensée. Une vision du business, de la réussite, de l’équilibre vie pro-perso. Et si cette vision ne te correspond pas, tu vas résister à chaque étape.

Aurélie prend un exemple que je trouve particulièrement juste. Elle a suivi des entrepreneurs qu’elle admire – des gens avec des chiffres impressionnants – mais qu’elle n’irait pas voir comme coach :

Il y en a qui parlent beaucoup de comment racheter un maximum d’entreprises, de comment acheter une deuxième entreprise, de comment revendre ton entreprise. Je sais qu’ils sont excellents là-dedans mais vu que c’est pas dans ma vision et que c’est pas ce que j’ai envie de créer, c’est pas chez eux que je vais investir.

Ça paraît évident. Ça ne l’est pas.

Combien d’entrepreneurs ont acheté des formations parce que le chiffre d’affaires de l’intervenante était impressionnant – sans se demander si la façon dont elle avait construit ce chiffre leur correspondait ? Aurélie cite aussi le cas de cette coach qui affichait des millions de revenus mais décrivait des crises d’angoisse, des périodes d’enfermement, un rapport à la réussite clairement toxique. ‘Ça me vend pas du rêve’, dit-elle. Moi non plus.

Ce que tu dois vérifier avant de signer : est-ce que sa vision de ‘réussir’ ressemble à la tienne ? Est-ce qu’elle parle de liberté de la même manière que toi ? Est-ce que ses priorités (chiffres, impact, équilibre, croissance rapide) s’alignent avec les tiennes ? Si tu te retrouves à trouver ses conseils logiques mais à ne pas avoir envie de les appliquer – c’est peut-être simplement qu’ils ne te ressemblent pas.

La pédagogie aussi. Aurélie est très visuelle, très ‘step-by-step’, ‘droit au but’. Elle a investi dans des programmes où la formatrice passait les 20 premières minutes à expliquer l’historique conceptuel d’une notion avant d’entrer dans le concret. Elle s’ennuyait. Elle n’avançait pas. Ce n’est pas que la formatrice était mauvaise – c’est qu’elles ne parlaient pas le même langage d’apprentissage.

Ce qu’on ne se dit pas assez : ta pédagogie préférée et celle de ton client idéal sont souvent identiques. Si tu aimes le concret immédiat, tu vas attirer des gens qui aiment le concret immédiat. C’est cohérent.

L’énergie qui bouscule – pas celle qui réconforte

Cinquième critère. Et probablement le plus contre-intuitif.

La tentation, quand on cherche un coach, c’est de chercher quelqu’un qui nous rassure. Qui valide. Qui dit ‘c’est super ce que tu fais, continue’. Aurélie explique que c’est exactement le mauvais critère – du moins pour elle.

Elle raconte une scène avec sa psychologue actuelle, spécialisée HPI/HPE :

Ma psy elle me dit cash : c’est bon, tu as l’intention d’arrêter de te mentir ou on continue à faire semblant ? Et là j’ai éclaté de rire et je lui ai dit merci.

Ce moment-là – cette phrase un peu brutale – c’est ce qu’elle cherche. Pas parce qu’elle aime souffrir, mais parce qu’elle sait que c’est là, dans l’inconfort, que se cachent ses vraies transformations.

Le bon coach, pour elle, c’est quelqu’un qui n’a pas peur de lui dire les choses. Qui va ‘mettre le nez dans le caca’ (son expression). Quelqu’un qui combine la validation (‘c’est top ce que tu as mis en place’) et la confrontation (‘mais là, est-ce que tu penses vraiment que ça te fait avancer ?’). L’un sans l’autre ne fonctionne pas.

Nuance importante ici – et Aurélie le dit elle-même : ça dépend de ton fonctionnement. Ce qui la fait avancer, toi, ça peut te bloquer. Quelqu’un qui a besoin de douceur et de sécurité pour oser agir n’a pas besoin d’un coach cash et frontal. Il a besoin de quelqu’un qui crée un espace sécurisé. Le truc, c’est de savoir ce dont tu as besoin. Ce que beaucoup d’entrepreneurs ne se sont jamais vraiment demandé.

Ce sujet de l’autosabotage et des freins internes est aussi lié à des mécanismes plus profonds – notamment la peur de réussir et les croyances limitantes qui peuvent saboter même les meilleurs investissements de formation.

Choisir un coach business, ça se teste en live – pas sur sa bio Instagram

Dernier critère. Et il boucle parfaitement avec le deuxième.

On revient à la question du coach en direct. Mais cette fois, Aurélie l’aborde du côté de l’effet produit. Pas juste ‘est-ce que je la vois coacher ?’ mais ‘qu’est-ce que ça me fait quand je la vois coacher ?’

Deux signaux fiables selon elle. Premier signal : tu sors du live ou du podcast avec des prises de conscience. Pas juste des informations. Des chocs cognitifs. Des moments où tu te dis ‘ah, c’est donc pour ça que ça coinçait’. Deuxième signal : tu sors en énergie haute. Tu as envie d’agir, de tester, de changer quelque chose. Pas de faire une pause et de réfléchir encore deux semaines.

Si après avoir écouté trois heures de contenu d’une coach tu n’as toujours pas envie de bouger – c’est une information. Pas forcément qu’elle est mauvaise. Qu’elle n’est pas pour toi.

Et c’est là qu’Aurélie retourne le miroir vers les entrepreneures qui l’écoutent. Si elle attend ça d’un coach, elle se l’applique à elle-même. Elle coache en public, régulièrement, gratuitement. Elle montre comment elle pense, comment elle réagit, comment elle gère les impasses de ses clients. Pourquoi ? Parce que c’est ça, la vraie démonstration de valeur. Pas un PDF de 40 pages avec des graphiques.

Ce qui m’agace dans l’industrie du coaching en ligne – et je le dis franchement, après avoir vu défiler des dizaines de programmes depuis 2009 – c’est que la plupart des acteurs passent 80% de leur temps à créer du contenu de marque et 20% à montrer leur expertise réelle. Aurélie fait l’inverse. C’est risqué (tu t’exposes, tu peux avoir une mauvaise journée en live) mais c’est honnête.

D’ailleurs, ce syndrome du ‘je n’ose pas me montrer’ touche beaucoup d’entrepreneurs qui se comparent constamment aux autres – une tendance analysée dans cet article sur la comparaison à la concurrence qui génère plus de mauvaises décisions qu’autre chose.

Aurélie dit aussi quelque chose d’important en fin d’épisode. Elle n’accompagne pas les entrepreneurs ‘qui se positionnent en victimes’. Qui investissent en s’attendant à ce qu’on fasse tout pour eux. Qui abandonnent après deux tentatives et imputent les résultats au coach. C’est une position nette – peut-être trop nette pour certains, mais au moins tu sais exactement à qui tu as affaire avant d’acheter. Et pour ceux qui doutent de leur légitimité et hésitent à investir par peur de ne pas être ‘à la hauteur’, c’est une autre conversation – mais elle mérite d’être faite avant de sortir la carte bleue.

En résumé – enfin, ce qu’il faut retenir, parce que ‘résumé’ c’est trop propre pour ce que Aurélie raconte – choisir un coach business ne se fait pas sur la notoriété, le chiffre d’affaires affiché ou la qualité des visuels. Ça se fait sur six questions concrètes : est-elle experte sur mon problème d’aujourd’hui ? Je l’ai vue coacher en vrai ? Elle mélange coaching, consulting et mentoring ? Sa façon de penser me parle ? Son énergie me bouscule dans le bon sens ? Et est-ce que quand je la consomme, j’ai envie d’agir ?

Six questions. Pas de liste parfaitement symétrique. Juste six questions à poser honnêtement, avant de décider.

Questions fréquentes

Comment choisir un coach business quand on est débutant ? +
Identifie d'abord ton vrai problème du moment - pas celui que tu auras dans six mois. Ensuite, cherche quelqu'un qui a déjà résolu exactement ce problème, pas la coach la plus visible sur Instagram. Regarde-la coacher en direct avant d'acheter quoi que ce soit : ses réponses instinctives en live sont bien plus révélatrices que sa page de vente.
Quelle est la différence entre un coach, un consultant et un mentor ? +
La coach te laisse trouver tes propres solutions par des questions. La consultante analyse et prescrit des actions concrètes. La mentor t'inspire par son parcours et ses résultats. Pour la plupart des entrepreneurs, le meilleur accompagnement mélange les trois postures selon les besoins du moment.
Comment savoir si un coach business me correspond vraiment ? +
Consomme son contenu gratuit - lives, podcasts, posts - et pose-toi deux questions : est-ce que je sors avec des prises de conscience ? Est-ce que j'ai envie d'agir après ? Si après plusieurs heures de contenu tu n'as toujours pas bougé, ce n'est probablement pas la bonne personne pour toi.
Faut-il choisir un coach business qui a des gros chiffres de revenus ? +
Pas nécessairement. La vraie question est : est-ce que la façon dont elle a construit ces chiffres correspond à ta vision ? Une coach qui génère des millions mais en travaillant 80 heures par semaine avec des crises d'angoisse n'est pas un modèle pertinent si ton objectif est un business équilibré. Aligne d'abord les valeurs, ensuite regarde les résultats.
Comment éviter de se tromper dans le choix d'une formation ou d'un coach ? +
La principale erreur est d'acheter une solution qui ne correspond pas à ton problème actuel. Avant tout investissement, identifie précisément ce qui bloque ton business aujourd'hui - pas hier, pas demain. Et vérifie que la personne chez qui tu veux investir est experte sur exactement ce point-là, pas sur autre chose qu'elle maîtrise très bien.
Est-ce que choisir un coach business en ligne est risqué ? +
Le risque principal n'est pas le format en ligne, c'est l'absence de vérification préalable. Beaucoup d'entrepreneurs achètent sur la base du branding et des témoignages sans jamais avoir vu le coach travailler. Exige de voir la personne coacher en live avant de décider - c'est souvent gratuit et toujours révélateur.

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