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#63 – L’impact iOS 14.5 sur les anciens invités du podcast

Épisode diffusé le 13 octobre 2021 par J7 Académie

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L’impact iOS 14 Facebook Ads, tout le monde en a parlé en théorie. Des posts LinkedIn, des threads Twitter, des webinaires avec des slides propres et des flèches rouges. Mais la réalité des comptes publicitaires, six mois après le déploiement d’iOS 14.5 par Apple, c’est une autre histoire. Inès Garcia, qui gère entre 100 000 et 200 000 euros de budget mensuel chez Get Steps, l’a dit sans détour : elle rigolait de cette mise à jour quelques mois avant. Elle rigole moins maintenant.

Dans l’épisode 63 du podcast No Pay No Play, Joseph Dono – consultant Facebook Ads depuis 2016 et fondateur de Neomédia – a réuni trois praticiens pour dresser un bilan concret. Pas des prédictions. Du vécu. Jean Habasque de Pixpay, Lizy de l’agence Impulse Analytics, et Inès. Trois profils, trois niveaux d’impact, trois façons de s’adapter. Et les conclusions ne vont pas forcément dans le même sens.

Ce qui ressort de ces témoignages, c’est moins un constat uniforme qu’une série de surprises – bonnes et mauvaises. Certains ont vu leur CPA exploser de 45%. D’autres ont perdu 10% des conversions attribuées… et trouvé ça presque acceptable. Le truc, c’est que l’impact iOS 14 Facebook Ads ne frappe pas tout le monde pareil. Et comprendre pourquoi, c’est déjà la moitié du travail.

Quand iOS 14.5 a tout cassé – ou presque

Inès Garcia n’y va pas par quatre chemins. Chez Get Steps, marque de semelles orthopédiques vendue uniquement en ligne en Allemagne, la mise à jour a fonctionné comme une gifle en slow motion. Pas immédiate. Sournoise. Elle a d’abord vu les chiffres baisser sans comprendre pourquoi, avant de faire le lien avec la répartition de la dépense par OS.

«On a eu une grosse baisse du Roas, on a eu une augmentation d’à peu près 45% du cost per acquisition. On a eu une grosse dépense une grosse test de dépense sur les utilisateurs iOS. Et ça je m’en suis pas rendue compte au début et je me demandais vraiment ce qui se passait.»

45% de hausse du CPA. En clair, acquérir un client lui coûte presque la moitié de plus qu’avant. Et la raison concrète : Facebook avait quasi cessé de dépenser sur les utilisateurs iOS – précisément ceux qui achetaient le plus, avec un ROAS supérieur aux Android. Le budget s’était déplacé tout seul, vers des audiences moins rentables.

Ce qu’elle décrit ensuite, c’est une désintégration progressive des outils qui structuraient ses campagnes. Les Lookalike basés sur le Pixel ne dépensent plus que sur Android. Les audiences personnalisées ont fondu. Le retargeting classique – 7 jours, 15 jours, 28 jours – est devenu «très difficile, voire plus possible». Et les custom audiences vidéo, qu’elle utilisait comme filet de secours, ont elles aussi rétréci.

Lizy, Head of Performance chez Impulse Analytics, confirme la logique systémique. Pour elle, l’impact iOS 14 Facebook Ads se décline en trois niveaux : perte de data et dégradation du tracking, réduction des tailles d’audience en retargeting, et affaiblissement de l’algorithme – surtout sur les campagnes catalogue, qui se nourrissent de données comportementales issues de l’ensemble du réseau de Pixel.

Les clients les plus touchés ? Ceux avec des apps mobiles (double effet sur le tracking), les clients français (nouvelles règles RGPD qui ont coïncidé exactement avec iOS 14.5, «juste pour le rendre un peu plus spicy pour les Français» – sa formulation, pas la mienne), et les petits annonceurs qui avaient déjà peu de volume. Moins tu avais de data avant, plus tu en as perdu proportionnellement.

L’impact ios 14 facebook ads vu par quelqu’un que ça n’a presque pas tué

Jean Habasque, lui, raconte une autre version. Pixpay – une fintech dédiée aux parents et aux ados – n’a pas changé une seule campagne suite à iOS 14.5. Pas une audience. Pas une structure. Rien.

«On a rien changé les campagnes sont exactement les mêmes. ça ça n’a strictement rien changé. On a juste changé ce reporting avec les conversions qu’on choisissait.»

Dit comme ça, ça a l’air presque provocateur. Mais Jean explique pourquoi son compte a résisté : chez Pixpay, la grande majorité des conversions se produisent dans les 7 jours suivant le clic. La fenêtre d’attribution réduite à 7 jours post-clic et 1 jour post-vue – imposée par iOS 14 – n’a donc effacé que 10% des conversions attribuées à Facebook. Pas 10% des ventes réelles. Juste 10% de ce que Facebook se mettait au crédit.

Ce chiffre de 10%, Jean lui-même le mettait entre guillemets pendant l’enregistrement (Joseph Dono l’a noté – les «air quotes» mentionnés dans la transcription). Parce que ces conversions n’ont pas disparu. Elles ont juste été réattribuées à d’autres canaux. Le chiffre d’affaires global, lui, n’a pas bougé.

Ce cas est instructif pour une raison précise : l’impact iOS 14 Facebook Ads dépend structurellement du cycle de décision de tes clients. Si tes acheteurs mettent moins d’une semaine entre le premier clic et l’achat, tu es moins exposé. Si ton tunnel est long – panier moyen élevé, produit réfléchi, plusieurs visites – tu prends la mise à jour de plein fouet. C’est aussi simple, et aussi brutal, que ça.

Pour aller plus loin sur la façon dont Jean gérait ses campagnes avant la mise à jour, l’épisode 49 sur le scaling des campagnes Pixpay donne un contexte utile sur leur structure publicitaire.

Ce que personne ne dit franchement sur le reporting post-iOS 14

Lizy pointe quelque chose que beaucoup d’annonceurs ont vécu sans le formuler clairement : le problème n’est pas seulement la perte de performance. C’est la perte de lisibilité.

«Le truc bémol de notre équipe, c’est que la présentation des résultats a beaucoup changé sur le Ads Manager, que les résultats en agrégé sont quasiment impossible à obtenir. Heureusement, nous nous avions toujours eu un système de reporting en interne qui permet de voir les résultats agrégés très détaillés, mais pour d’autres qui n’ont peut-être pas cette infrastructure, c’est incroyablement difficile d’avoir cette vision holistique.»

C’est exactement le problème. Impulse Analytics avait anticipé – ils avaient leur propre infrastructure de reporting. Mais la majorité des annonceurs qui pilotent leurs campagnes depuis le gestionnaire de pub natif se sont retrouvés à naviguer à vue.

La désactivation des fenêtres d’attribution post-clic à 28 jours et post-vue à 7 et 28 jours a changé les métriques de référence. Les données qui servaient de boussole depuis des années ont disparu du tableau de bord. Et quand les chiffres changent sans que les ventes ne changent, ça crée une forme de panique – ou pire, une optimisation dans la mauvaise direction.

Ce sujet de l’attribution était déjà complexe avant iOS 14. L’épisode 43 sur l’API Conversions de Facebook posait déjà les fondations de ce qui allait devenir indispensable. Et pour comprendre les enjeux d’attribution dans leur globalité, l’épisode 57 avec 7 experts Facebook Ads reste une référence.

Les adaptations concrètes : broad, API, MER

Inès García a bossé. Concrètement, voilà ce qu’elle a restructuré chez Get Steps – et c’est probablement la partie la plus utile de tout l’épisode.

Première décision : consolidation du compte autour d’une grande campagne broad. Une audience large, un pays, sans ciblage démographique serré. À côté, une campagne test avec elle aussi une audience broad, pour tester les nouveaux créatifs sans polluer les signaux de la campagne principale (parce que sur une broad qui a de l’historique, les nouvelles pubs n’ont aucune chance de dépenser face aux créatifs déjà rodés).

  • Une campagne retargeting – regroupant visiteurs site, vidéo viewers (plus de 5 secondes), engagements Instagram et Facebook, et ouvertures d’Instant Experience – tout consolidé dans un seul ensemble plutôt que fragmenté

Une campagne branding orientée reach et landing page view. Et un travail intensif sur les UGC pour alimenter le retargeting vidéo, qui reste l’une des rares audiences personnalisées qui tient encore la route malgré la réduction du tracking.

Deuxième axe : l’API de Conversion. Ce que beaucoup savent en théorie, Inès l’a testé en pratique. Et son observation sur le matching est utile : si ton site collecte des numéros de téléphone en plus des emails, le taux de matching côté API monte à 70-80%. Avec l’email seul, tu es entre 40 et 50%. La différence n’est pas cosmétique – elle change la qualité des audiences que tu peux reconstruire.

Troisième pivot – et c’est celui que j’aurais voulu qu’on développe davantage dans l’épisode : le MER, Marketing Efficiency Ratio. Revenus du back-office divisés par les dépenses marketing totales, toutes plateformes confondues. Un ratio simple, brutal, qui court-circuite le problème d’attribution. Si Facebook m’attribue moins de conversions mais que mon MER global reste stable ou monte, c’est que la pub fait son travail quelque part dans le funnel – même si on ne sait plus exactement où.

«Ça me permet de voir combien dans les jours suivants les jours précédents, j’ai utilisé par plateforme et donc je peux savoir que si par exemple je garde mon coup stable pour Facebook Ads et pour Pinterest mais que ces 15 derniers jours, j’ai explosé en YouTube par exemple, j’ai dépensé énormément sur YouTube, je peux savoir à partir des variations que c’est YouTube en fait qui me permet d’avoir plus de grosses que Facebook par exemple.»

C’est une façon de piloter qui préexistait à iOS 14, mais que la mise à jour a rendu presque obligatoire pour ceux qui dépensent sur plusieurs canaux. Et honnêtement, c’est une meilleure boussole que le ROAS Facebook dans la plupart des cas.

Sur la question des audiences larges versus les Lookalike, il faut être honnête : les Lookalike basés sur le Pixel Purchase ne fonctionnent plus comme avant. Inès le dit clairement – la dépense part sur les Android, pas sur les iOS, ce qui fausse les résultats. Elle expérimentait au moment de l’enregistrement avec des Lookalike basés sur des fichiers CSV de clients à haute Lifetime Value. Résultats à confirmer. Mais la direction est là : revenir à des signaux first-party solides, hors Pixel.

Pour creuser la stratégie de scaling dans ce contexte dégradé, l’épisode 56 avec Inès sur la gestion d’un million d’euros par mois en Facebook Ads donne la photographie d’avant – et permet de mesurer le delta.

La panne Facebook du 4 octobre : quand l’infrastructure devient le sujet

En marge des témoignages sur iOS 14, Joseph Dono revenait dans cet épisode sur la panne massive du 4 octobre 2021 – plus de 6 heures d’interruption totale de Facebook, Instagram, WhatsApp et Messenger. Une erreur de configuration DNS et BGP qui a déclenché une réaction en chaîne : les ingénieurs ne pouvaient plus accéder aux outils internes pour corriger le problème, ni physiquement aux data centers sans affronter des protocoles de sécurité conçus pour résister précisément à ce type d’intervention rapide.

La perte estimée en revenus publicitaires : entre 60 et 78 millions de dollars selon les calculs. L’action avait perdu 5% ce jour-là. Et Joseph notait lui-même une anomalie dans ses propres données : 33 conversions enregistrées dans le gestionnaire de pub pendant la nuit de la panne, sur un compte qui faisait 3 à 4 conversions par jour en temps normal – et son client n’avait rien vu de tel dans son back-office.

Ce point mérite qu’on s’y arrête. La panne de Facebook a été, involontairement, une démonstration grandeur nature de ce que les sondages sur la dépendance aux plateformes ne mesurent pas vraiment : quand la tuyauterie casse, les données deviennent nonsense. Pas fausses dans un sens ou dans l’autre – juste inutilisables. Et si tu pilotes tes campagnes uniquement sur les chiffres du gestionnaire de pub, tu navigues à vue dans ces moments-là.

Le confrère allemand cité dans l’épisode avait plaisanté que c’était «la plus grosse étude de Conversion Lift jamais menée». C’est drôle. C’est aussi un peu vrai.

Ce qu’on retient vraiment de six mois post-iOS 14

Trois profils, trois niveaux d’exposition. Ce n’est pas un hasard.

L’impact iOS 14 Facebook Ads a été maximal pour les annonceurs avec un panier moyen élevé (clients iOS surreprésentés), un cycle d’achat long (fenêtre d’attribution réduite = perte réelle de visibilité), peu de volume de données avant la mise à jour, et une dépendance forte au Pixel pour les audiences. Il a été minimal pour les business à cycle court, avec une base de données first-party solide et une capacité à piloter sur des métriques hors Facebook.

La réponse d’Inès – broad, API de conversion, MER, UGC pour alimenter le retargeting vidéo – ressemble à ce que j’entends de plus en plus dans les équipes qui s’en sortent. Pas une formule magique. Une adaptation méthodique qui accepte que le tracking pixel-centric est structurellement fragilisé, et qui reconstruit à partir de signaux plus robustes.

Jean et Pixpay ont eu de la chance dans leur structure – conversions rapides, cycle court, cible partiellement protégée par l’âge. Mais leur réflexe de réattribuer les conversions perdues à d’autres canaux plutôt que de paniquer est exactement le bon. Les conversions n’ont pas disparu. Elles sont juste moins attribuables à une plateforme précise.

Pour ceux qui démarrent sur les bases du tracking et du pixel, l’épisode 53 qui détaille l’ensemble des changements iOS 14.5 reste le point d’entrée le plus complet. Et si tu te demandes encore comment gérer tes audiences dans ce contexte, l’épisode 45 sur le retargeting séquentiel donne des pistes qui n’ont pas vieilli.

Ce qui est certain, six mois après iOS 14.5 : les annonceurs qui ont utilisé cette contrainte pour revoir leur mesure en profondeur sont sortis plus solides. Ceux qui ont attendu que ça passe… ont attendu pour rien.

Questions fréquentes

Quel est l'impact iOS 14 Facebook Ads sur le CPA ? +
L'impact iOS 14 Facebook Ads sur le CPA varie selon les annonceurs, mais certains ont constaté des hausses de l'ordre de 45%. La principale cause est le fait que Facebook a réduit sa diffusion vers les utilisateurs iOS - souvent les acheteurs les plus rentables - faute de pouvoir les tracker correctement. Les annonceurs avec un panier moyen élevé et une clientèle majoritairement iPhone ont été les plus touchés.
Les Lookalike Facebook fonctionnent-ils encore après iOS 14 ? +
Les Lookalike basés sur le Pixel Purchase fonctionnent beaucoup moins bien qu'avant. La dépense tend à aller vers les utilisateurs Android, ce qui fausse les résultats pour les marques dont les meilleurs clients sont sur iPhone. Les Lookalike basés sur des fichiers CSV de clients à haute valeur restent une option, mais la concurrence avec les audiences larges dans un CBO rend difficile de les faire dépenser correctement.
Comment mesurer ses campagnes Facebook Ads quand le tracking est dégradé par iOS 14 ? +
Plusieurs praticiens ont migré vers le MER (Marketing Efficiency Ratio) : revenus totaux du back-office divisés par les dépenses marketing toutes plateformes confondues. Ce ratio court-circuite le problème d'attribution. Il permet de voir si une hausse de budget sur YouTube ou Pinterest influe sur les ventes globales, indépendamment de ce que Facebook s'attribue. C'est moins précis que le ROAS par canal, mais plus fiable dans un environnement de tracking dégradé.
L'API de Conversion Facebook est-elle vraiment utile après iOS 14 ? +
Oui, surtout si ton site collecte des numéros de téléphone. Le taux de matching avec les profils Facebook monte à 70-80% dans ce cas, contre 40-50% avec l'email seul. L'API de Conversion permet de reconstituer une partie du signal perdu côté Pixel en envoyant les événements de conversion directement depuis le serveur, sans dépendre du navigateur de l'utilisateur.
Tous les annonceurs Facebook ont-ils été impactés de la même façon par iOS 14.5 ? +
Non, et c'est un point important. L'impact iOS 14 Facebook Ads a été très variable selon le profil de l'annonceur. Les business avec un cycle d'achat court (conversions dans les 7 jours suivant le clic) ont peu souffert, car la fenêtre d'attribution réduite n'effaçait qu'une petite partie de leurs conversions attribuées. À l'inverse, les marques avec un tunnel long, un panier moyen élevé ou beaucoup de trafic iOS ont subi un impact beaucoup plus sévère.
Faut-il encore faire du retargeting Facebook après iOS 14 ? +
Le retargeting classique basé sur les visiteurs du site (7-28 jours) est devenu beaucoup moins efficace depuis iOS 14, car une grande partie du trafic iOS n'est plus trackée. Plusieurs experts recommandent de consolider les audiences de retargeting (visiteurs, vidéo viewers, engagements Instagram et Facebook) dans un seul ensemble plutôt que de les fragmenter. Le retargeting vidéo - cibler les personnes ayant regardé plus de 3 à 5 secondes d'une vidéo UGC - reste l'une des options les plus robustes.

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