facebook ads abonnés payants

[REPLAY] Comment recruter 7000 abonnés payants grâce aux Facebook Ads (avec Edmond Espanel de BRIEF.ME)

Épisode diffusé le 19 août 2020 par J7 Académie

Écouter l'épisode :

0:00 --:--
Vitesse

Recruter des facebook ads abonnés payants sans avoir jamais ouvert un gestionnaire de campagne. C’est le pari un peu dingue qu’a réussi Edmond Espanel quand il a rejoint Brief.me en 2016 – un quotidien d’information indépendant envoyé par email, modèle payant, sans publicité dans le contenu. À son arrivée : 1000 abonnés, acquis essentiellement via un crowdfunding initial et un soupçon d’organique. Trois ans plus tard : 8000 abonnés payants, entre 5000 et 20 000 euros dépensés chaque mois sur Facebook. Et aucune formation certifiante en poche.

Ce qui m’a intrigué dans cette conversation – enregistrée en 2019 par Joseph Do dans le podcast No Pay No Play et rediffusée depuis – c’est que la stratégie d’Edmond ressemble à tout sauf à ce qu’on lit dans les guides habituels. Pas de vidéo (alors que Facebook te rabâche que la vidéo c’est l’avenir). Quasi pas de retargeting. Et une obsession pour le tunnel de conversion avant même de toucher aux campagnes. Le genre de truc qui paraît évident une fois que quelqu’un te l’explique, et que la plupart ignorent complètement.

D’abord boucher les trous, ensuite verser de l’eau

Edmond arrive chez Brief.me avec un profil atypique. Ex-dirigeant d’un groupe de presse professionnel de 80 personnes, il n’avait jamais acheté une seule publicité en direct. Sa première décision n’est pas de lancer des campagnes. C’est de regarder le tunnel.

L’image qu’il utilise est brutalement efficace :

Si le tunnel, il est pas bien fait, ça sert à rien de commencer à investir, c’est comme si on jette de l’argent par les fenêtres.

Exactement. Et pourtant, c’est la première chose que les gens font – ils ouvrent le Business Manager avant d’avoir vérifié que leur landing page convertit.

Concrètement, Brief.me avait une période d’essai de 15 jours à l’époque. Edmond la fait passer à un mois. L’idée : créer une habitude. Un quotidien, ça se juge pas en deux semaines. Et le seul engagement demandé ? Une adresse email. Pas de carte bancaire. Pas d’engagement. La friction réduite au strict minimum avant que le produit fasse son travail lui-même.

Derrière cette inscription, une séquence de marketing automation bien serrée. Des emails qui racontent le produit, qui réassurent, qui relancent. Ce n’est qu’une fois ce système rodé – chaque étape du tunnel testée, les fuites bouchées – qu’il ouvre les vannes de l’acquisition payante. En septembre 2016.

Ce qu’on peut apprendre de cette approche sur comment bien démarrer avec la publicité Facebook tient en une phrase : l’outil publicitaire amplifie ce qui existe déjà, en bien comme en mal.

30 centimes l’email – et comment facebook ads abonnés payants a changé d’échelle

Les premiers chiffres font un peu mal quand on les compare à aujourd’hui. En 2016, Brief.me acquérait des adresses email à 1,10-1,30 euro pièce. Quelques itérations de créas plus tard, en automne 2016, le coût tombe entre 30 et 60 centimes.

Divisé par trois. En quelques jours.

Comment ? La mécanique de départ est assez classique, mais exécutée avec une logique précise. Brief.me prend sa base de clients existants – même petite – et crée des audiences similaires (lookalike) à partir de ces profils. Pas encore des lookalikes d’abonnés payants (trop petit volume au départ), mais des lookalikes de gens qui ont testé le produit. Puis, au fur et à mesure que la base grossit, des lookalikes des abonnés les plus fidèles – ceux qui ont le meilleur taux de rétention et qui créent le plus de valeur.

En parallèle, des campagnes par centres d’intérêt. Fans d’autres médias (Le Monde, Le Nouvel Obs), consommateurs d’information en ligne. Données socio-démographiques sur l’âge et le genre. Des ensembles distincts, testés en parallèle, pour isoler ce qui performe.

Edmond est direct là-dessus :

L’avantage de Facebook Ads et notamment quand on a commencé à accélérer nous en septembre 2016, c’est que pour quelques euros, on peut tout de suite voir ce qui se passe.

C’était vrai en 2016. Aujourd’hui un peu moins (on y revient), mais l’esprit reste le même.

Ce qui est rare dans cette approche, c’est la discipline sur l’objectif de campagne. Brief.me n’a quasiment utilisé que des campagnes orientées conversion – optimisées sur l’inscription à la période d’essai. Pas de campagnes de notoriété. Pas de boost de posts (d’ailleurs, leur contenu est réservé aux abonnés, donc il n’y a rien à booster). Du pixel de conversion, des limites d’enchère pour ne jamais dépasser un coût d’acquisition cible, et une attention permanente au retour sur investissement. Sur les indicateurs à suivre en Facebook Ads, Brief.me en a clairement identifié un seul qui compte vraiment : combien coûte une inscription à l’essai gratuit.

Pourquoi ils ne font quasiment pas de retargeting

La réponse est contre-intuitive. Brief.me a une base d’emails importante de gens qui ont testé le produit sans s’abonner. Des milliers de prospects tièdes. La tentation logique serait de les recibler sur Facebook avec une offre spéciale, une nouvelle semaine gratuite, un message personnalisé.

Edmond a testé. Ça ne marche pas.

J’ai fait des tests en me disant tiens, il y a des gens qui sont venus qui ont essayé Briefmi, est-ce que j’arrive à aller retoucher sur Facebook ? Bah en fait ça marche pas. C’est beaucoup moins performant que de leur envoyer un email.

Voilà. L’email gagne sur Facebook pour la réactivation. Probablement parce que le canal email a une intimité que Facebook n’a pas – on retrouve dans sa boîte une offre personnalisée, pas une pub parmi mille autres sur le fil d’actualité.

Du coup le retargeting Facebook représente à peine 1-2% du budget total de Brief.me. C’est un truc résiduel. Et cette décision – garder presque tout le budget sur l’acquisition froide via facebook ads abonnés payants – est assumée complètement. L’enjeu, c’est de faire entrer le maximum de gens dans la période d’essai, et laisser le produit + les emails faire le reste.

(Ce qui pose une question intéressante sur tous les comptes qui dépensent 40% de leur budget en retargeting par réflexe, sans tester si ça vaut vraiment mieux que l’email pour leur business model.)

Les subtilités du retargeting Facebook – quand ça marche, quand ça ne marche pas – sont bien documentées dans cet épisode sur les audiences personnalisées et le retargeting.

Les créas qui marchent depuis 3 ans – et celles qui ont planté

Trois ans de campagnes. Des dizaines de visuels testés. Et une pub générique qui tourne toujours.

C’est une image simple : un personnage allongé dans un hamac, mobile à la main, l’air parfaitement zen. L’idée ? La réconciliation avec l’actualité. Pas besoin de se noyer dans les flux infinis – Brief.me donne l’essentiel une fois par jour. Le visuel incarne une promesse émotionnelle, pas une liste de fonctionnalités.

Ce qui m’agace un peu dans la plupart des pubs de médias, c’est qu’elles parlent d’eux-mêmes. Leurs journalistes, leur palmarès, leur indépendance éditoriale. Brief.me fait l’inverse : ils parlent de ce que ça change dans la vie du lecteur. Le texte qui fonctionne en ce moment (enfin, en 2019, mais je pense que la logique reste valable) prend des faits d’actualité concrets :

Où en est le Brexit, quelle est la situation au Yémen, comment comprendre le mouvement des gilets jaunes ? Essayez Briefmi gratuitement pendant 30 jours.

C’est malin. On crée un manque – ces questions que tu te poses et auxquelles tu n’as pas de réponse claire – et on propose la solution immédiatement après. Sans mentionner le prix. Sans l’histoire de la rédaction. Juste la promesse.

Sur la vidéo par contre, tous les tests ont été décevants. Et ça, c’est une vraie leçon sur la relation avec les équipes Facebook. Edmond le dit clairement : les conseillers Facebook recommandent la vidéo, c’est leur priorité du moment. Mais pour Brief.me, ça n’a jamais collé. Le bon réflexe – et c’est plus facile à dire qu’à faire – c’est d’écouter les reps Facebook pour les nouveautés et formats, et de tout tester soi-même avant de croire quoi que ce soit. Sur le copywriting des publicités Facebook, Brief.me a clairement développé sa propre grammaire, très différente des best practices génériques.

70/30 : comment Edmond structure son budget entre campagnes stables et tests

En moyenne sur l’année, la répartition est assez stable : 70% du budget sur des campagnes qui tournent et qui ont prouvé leur efficacité, 30% sur des nouvelles hypothèses. Mais cette proportion peut s’inverser selon les périodes.

Brief.me fonctionne sur ce qu’Edmond appelle un rythme de « bonne résolution ». Les pics d’acquisition sont clairs : mi-août à mi-octobre (la rentrée), et fin décembre à mi-février (les résolutions de janvier). Sur ces fenêtres, la proportion de budget en test monte fortement – parce que c’est là que les gens changent leurs habitudes de consommation d’information, et que les nouvelles accroches trouvées en période de pic vont alimenter les campagnes des mois suivants.

Sa philosophie sur les tests est tranchée :

Si un test, c’est une hypothèse en se disant tiens, peut-être que ça pourrait marcher et qu’à la fin ça marche pas. Moi j’appelle pas ça une erreur, j’appelle juste ça faire bien son métier de marketeur et de toujours être en train de se dire comment je peux faire mieux, qu’est-ce que je peux tester comme nouvelles façon de faire.

L’erreur, selon lui, c’est de continuer à dépenser sur ce qui ne rentre pas dans les cases du business model. Pas d’avoir testé et raté. Ça – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise plus tôt – c’est une distinction fondamentale que beaucoup de gens ratent en gestion de campagnes facebook ads abonnés payants.

Un bémol quand même : le coût du test a fortement augmenté depuis 2016. L’algorithme Facebook a besoin d’au moins 50 conversions par semaine et par ensemble de pub pour sortir de la phase d’apprentissage et commencer à optimiser correctement. Ce qui veut dire qu’il faut désormais dépenser entre 100 et 500 euros pour savoir si une nouvelle hypothèse tient la route – contre quelques dizaines d’euros en 2016. Le coût d’entrée à la connaissance a grimpé. Sur le fonctionnement du système d’enchères Facebook, cette logique des 50 conversions est au coeur de tout.

Ce qu’on peut réellement retenir pour facebook ads abonnés payants en 2024

Cet épisode date de 2019. Les CPM ont encore augmenté depuis. Certains outils de ciblage ont disparu avec les évolutions de la politique données de Facebook. Donc, honnêtement, les chiffres bruts (30 centimes l’email) sont caducs – c’est impossible aujourd’hui dans la plupart des marchés.

Mais la structure de pensée, elle, reste intacte.

Edmond résume son approche pour un média qui se lance :

D’abord, c’est bien de partir avec une base. Donc partir sur Facebook, si on n’a pas déjà un peu identifié qui étaient les cibles, si on n’a pas atteint son minimum viable product comme on dit, c’est compliqué.

Dit comme ça, ça paraît simple. Mais combien de comptes lancent des campagnes facebook ads abonnés payants sans avoir validé leur offre ? Sans savoir si les gens qui testent le produit l’abandonnent au bout de 3 jours ou restent 6 mois ?

Les trois choses qu’il conseille concrètement pour démarrer : tester par petites itérations (3-4 hypothèses max en parallèle), travailler uniquement sur des campagnes de conversion avec pixel (pas de notoriété), et poser des limites d’enchère pour ne jamais acheter plus cher que ce que le business model peut absorber. Sur ce dernier point, les bonnes pratiques de ciblage Facebook Ads donnent un bon complément sur comment structurer ses ensembles dès le départ.

Et Facebook reste le canal payant principal de Brief.me, même en 2019, malgré la hausse des coûts. Les partenariats avec des youtubeurs affinitaires et un peu de Google Ads complètent le dispositif, mais ne remplacent pas. La profondeur d’audience de Facebook, pour une newsletter d’actualité grand public, n’a pas d’équivalent direct.

Ce qui reste ouvert, c’est la question de la durée. Brief.me a construit quelque chose sur 3 ans avec une logique très manuelle, très itérative, très impliquée (Edmond gère lui-même les campagnes entre deux réunions de direction). Est-ce que ce modèle tient quand on dépasse les 10 000 abonnés payants et qu’on a besoin d’industrialiser ? C’est peut-être là que la vraie difficulté commence.

Questions fréquentes

Comment recruter des abonnés payants grâce aux Facebook Ads ? +
La stratégie de Brief.me repose sur trois piliers : optimiser le tunnel de conversion avant de lancer des campagnes, utiliser uniquement des campagnes orientées conversion (avec pixel), et créer des lookalike audiences à partir de sa base clients existante. L'objectif n'est pas de vendre directement via la pub, mais de faire entrer des gens dans une période d'essai gratuite, puis de laisser le produit et les emails faire le travail de conversion.
Quel budget Facebook Ads pour lancer une newsletter payante ? +
En 2016, Brief.me a démarré avec quelques milliers d'euros par mois et atteignait des coûts d'acquisition email autour de 30-60 centimes. Aujourd'hui ces chiffres sont caducs - les CPM ont fortement augmenté. Pour tester sérieusement une hypothèse de campagne avec l'algorithme de Facebook (qui nécessite 50 conversions par semaine pour s'optimiser), il faut prévoir entre 100 et 500 euros par ensemble de publicité.
Est-ce que le retargeting Facebook est utile pour un média par abonnement ? +
Pas vraiment, selon l'expérience de Brief.me. Edmond Espanel a testé le retargeting sur des anciens essayeurs non convertis - résultats décevants. L'email est beaucoup plus performant pour réactiver ces profils. Le retargeting représente moins de 2% de leur budget Facebook.
Quels types de ciblage Facebook utiliser pour facebook ads abonnés payants ? +
Brief.me a combiné trois types de ciblage : lookalike audiences basées sur la base clients (d'abord les testeurs, puis les abonnés fidèles), centres d'intérêt liés à la consommation d'information en ligne et fans d'autres médias, et données socio-démographiques (âge, genre). Ces ensembles étaient testés en parallèle pour isoler ce qui performait.
Faut-il faire de la vidéo dans ses publicités Facebook pour un média ? +
Pas forcément. Brief.me a testé tous les formats vidéo - sans résultat concluant. Leurs meilleures performances viennent de publicités simples : une image forte (le personnage dans le hamac), une accroche textuelle ancrée dans l'actualité du moment, et un call-to-action vers l'essai gratuit. Les recommandations des conseillers Facebook ne remplacent pas vos propres tests.
Comment structurer son budget entre campagnes stables et tests ? +
Brief.me applique une règle approximative 70/30 : 70% du budget sur des campagnes qui ont fait leurs preuves, 30% sur de nouvelles hypothèses. Cette proportion peut s'inverser lors des pics saisonniers (rentrée de septembre, janvier) - des moments clés pour tester de nouvelles accroches qui alimenteront les campagnes des mois suivants.

Épisodes similaires

  • Social Ads & Acquisition