publicité facebook débutant

#21 – Bien démarrer avec la publicité sur Facebook et Instagram

Épisode diffusé le 12 décembre 2019 par J7 Académie

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La publicité facebook débutant, c’est souvent l’histoire de quelqu’un qui clique sur le bouton bleu ‘Booster’, met 10 euros, attend des miracles – et finit par conclure que ça ne marche pas pour lui. Joseph d’Agniau, consultant spécialisé en Facebook Ads depuis 2016 et auteur du podcast No Pay No Play, a passé des années à démêler exactement ce genre de situation. Dans un épisode partagé avec Estelle Ballot du Podcast du Marketing, il dresse un état des lieux sans concession de tout ce qu’on fait mal quand on commence.

Ce qui frappe d’emblée, c’est la liste des fausses croyances. Pas de site web, donc pas de pub. Pas de gros budget, donc rien d’efficace. Un post qui marche bien, donc on le booste. Trois raccourcis qui coûtent cher – parfois sans qu’on s’en rende compte.

Mais avant les erreurs, il faut comprendre pourquoi Facebook Ads est devenu incontournable. Et la réponse, elle est brutale.

Quand l’algorithme a tué la portée organique

Il fut un temps où poster sur sa page Facebook avait du sens. On publiait, les fans voyaient. C’est fini. Joseph d’Agniau pose le constat très directement :

« Le reach organique sur Facebook, donc la portée organique quand on a une page et qu’on publie à destination de ses fans, cette portée organique est quasiment nulle aujourd’hui. »

Voilà. Ça ne s’améliore pas avec le temps – ça empire.

La raison, c’est mathématique : trop de contenu, pas assez d’espace dans le fil d’actualité. Facebook filtre, et chaque utilisateur voit entre 50 et 100 publications par jour sur les 1 500 à 2 000 disponibles. Ta page de bijoutière artisanale avec 800 fans ? Elle passe à la trappe 95 % du temps.

Du coup, la pub Facebook n’est plus vraiment un bonus. C’est le seul moyen de garantir qu’un contenu sera vu. Et là, les chiffres donnent une idée de l’accessibilité du truc : 5 euros pour toucher environ 1 000 personnes. C’est l’ordre de grandeur que Joseph cite, et il le dit lui-même, c’est un gros gros raccourci – mais ça plante le décor.

Ce que j’aime dans cette entrée en matière, c’est qu’elle retourne la question. On pense souvent que faire de la pub Facebook, c’est une option. En réalité, ne pas en faire quand on a une page, c’est choisir de parler dans le vide. Et ça, les gens ne le réalisent pas toujours.

Petit budget et publicité facebook débutant : l’idée reçue qui bloque tout

Premier frein classique chez ceux qui démarrent : croire qu’il faut un budget conséquent pour que ça marche. Joseph d’Agniau démonte ça avec une franchise qui fait du bien.

« Moi je conseille toujours aux gens de ne pas se mettre de pression financière et de commencer avec un petit budget, en gros quelque chose qui va pas faire mal au porte-monnaie. Donc si vous êtes à l’aise avec 50 € par mois, ben mettez 50 € par mois pendant 1 mois, 2 mois. »

Dit comme ça, ça a l’air simple. Presque trop.

Et il va encore plus loin : 1 euro par jour, c’est suffisant pour commencer à tester. Sur un blog avec 20 visiteurs quotidiens, ajouter 30 à 40 clics par jour grâce à une pub à 1 euro – ça double le trafic. En un mois, pour 30 euros dépensés, tu as peut-être acquis quelques centaines de lecteurs supplémentaires. Ce n’est pas anodin.

Il y a quand même une limite à assumer ici. Avec un petit budget, tu ne peux pas faire d’A/B testing sérieux. Tu ne peux pas tester trois audiences, quatre visuels et deux accroches en même temps. Tu seras contraint, et les apprentissages seront plus lents. Mais contrainte ne veut pas dire inutile.

Ce qui me semble le plus utile dans ce conseil, c’est la logique d’escalade : tu commences petit, tu regardes si ça bouge, tu dépenses plus si ça marche. C’est exactement l’inverse de ce que font la plupart des débutants – qui mettent tout d’un coup, ratent, et concluent que Facebook Ads ne marche pas pour eux.

Pas de site web ? C’est pas un problème

Deuxième idée reçue, et celle-là revient en boucle dans les groupes Facebook et les formations en ligne : « J’ai pas de site, donc je peux pas faire de pub. » Faux. Totalement faux.

Joseph d’Agniau prend l’exemple d’une créatrice de bijoux qui n’a pas encore lancé son e-shop. Elle a un compte Instagram, elle poste des photos de ses créations, elle filme dans son atelier. Résultat ?

« Elle peut déjà faire une pub où elle va vouloir amplifier la portée de cette vidéo. »

C’est exactement le problème avec l’idée qu’il faut un site pour faire de la publicité facebook débutant : elle confond l’outil avec l’objectif. Générer du trafic vers un site, c’est un objectif. Mais obtenir des vues de vidéo, des fans sur une page, des interactions sur un post Instagram – ça, c’est aussi des objectifs valides dans le gestionnaire de pub Facebook. Et aucun ne nécessite un site web.

Et – c’est là où Joseph est le plus intéressant – commencer à construire sa communauté avant d’avoir un site, c’est souvent plus judicieux que l’inverse. Lancer un e-commerce sans audience, c’est se retrouver avec un site et se demander à qui vendre. Construire une base de followers Instagram, récupérer des adresses email avec une promesse d’offre de lancement – voilà ce qu’on peut faire avec des campagnes Facebook même sans une seule ligne de code de site déployée. (Et c’est souvent là que les marques D2C font la différence dès le départ.)

Pour aller plus loin sur les stratégies d’audience, l’épisode sur les audiences similaires sur Facebook creuse exactement ce sujet.

Le bouton bleu, ou comment Facebook a gagné des milliards sur notre paresse

Booster une publication. Ce bouton bleu, omniprésent, rassurant, qui promet une promotion en trois clics. Joseph d’Agniau n’est pas tendre avec lui.

« Pour moi, le bouton booster la publication, c’est un peu… Facebook Ads pour les nuls. Donc je dis ça sans aucune condescendance, j’ai commencé comme ça. »

C’est exactement le problème.

Le bouton booster existe, il marche à un niveau basique, et Facebook a effectivement gagné des milliards dessus. Pourquoi ? Parce qu’il est conçu pour être utilisé sans réfléchir. Tu vois qu’un post tourne bien, tu cliques, tu mets 20 euros, tu te sens comme un marketeur. Mais tu n’as accès qu’à une fraction des options de ciblage du vrai gestionnaire de publicité. Pas de vraie définition d’audience, pas de choix fin de placement, pas de test de plusieurs créas.

La comparaison avec les livres jaunes et noirs ‘Pour les nuls’ est marrante – mais elle dit quelque chose de vrai. C’est une entrée, pas une stratégie. Le problème, c’est que beaucoup de gens en restent là.

Si tu veux comprendre pourquoi le bouton booster est une impasse à long terme et ce qu’il faut faire à la place, l’épisode dédié sur booster une publication Facebook va droit au but.

publicité facebook débutant : les vraies erreurs qui coûtent cher

Passons aux erreurs de fond. Celles que Joseph cite dans l’interview, et qui ne sont pas des erreurs techniques – elles sont stratégiques.

Erreur n°1 : confondre une pub et une campagne. C’est subtil, mais révélateur. Une pub Facebook, c’est l’image et le texte que les gens voient. Une campagne, c’est l’ensemble : l’objectif, les audiences, les créas, les placements. Réfléchir en termes de pub, c’est zapper 80 % du travail stratégique.

La structure du gestionnaire de pub Facebook est d’ailleurs construite dans cet ordre : campagne – ensemble de publicités (audiences, budget, placements) – publicité (le contenu créatif). Tu commences par l’objectif, tu descends vers l’exécution. C’est une logique top-down que la plupart des débutants ignorent complètement.

Erreur n°2 : ne pas avoir d’objectif clair. Joseph donne un exemple très concret – quelqu’un qui veut à la fois plus de followers Instagram, plus de trafic sur son site et des ventes. Ce sont trois objectifs. Donc trois campagnes distinctes, avec des paramétrages totalement différents. Mélanger tout ça dans une seule campagne, c’est dépenser de l’argent sans savoir pourquoi ni comment mesurer quoi que ce soit.

Ce n’est pas une erreur de débutant au sens strict. Estelle Ballot le souligne dans l’interview : même des marques avec des budgets de plusieurs dizaines de milliers d’euros font l’impasse sur la question ‘quel est mon objectif ?’ (et les montants gaspillés sont proprement hallucinants).

Erreur n°3 : ne pas installer le Pixel Facebook. Là, c’est technique – mais non négociable si on a un site. Pour aller plus loin sur ce point, l’épisode complet sur comment installer le pixel Facebook sur votre site couvre tout ce qu’il faut savoir.

Le Pixel : ce bout de code qui change tout

Quelques lignes de JavaScript. C’est tout ce qu’est le Pixel Facebook, techniquement. Mais ce qu’il fait derrière, c’est une autre histoire.

Joseph résume le fonctionnement avec une clarté qui tranche avec la complexité habituelle du sujet :

« Le Pixel Facebook permet de traquer les performances des pubs, il permet aussi de traquer les gens qui viennent sur notre site pour créer des audiences. Donc on peut dire toute personne qui est venue sur mon e-shop dans les sept derniers jours, je vais lui montrer une pub avec un carrousel avec tous les produits qu’il a regardé mais qu’il n’a pas acheté. »

C’est le retargeting classique. Et c’est redoutablement efficace.

Sans le Pixel, tu dépenses de l’argent en aveugle. Tu sais peut-être combien de clics ta pub a générés. Mais tu ne sais pas si ces clics ont abouti à une vente, à un formulaire rempli, à un ajout au panier. Du coup, tu ne peux pas savoir quelle audience ou quelle créa performe vraiment. Tu ne peux pas couper ce qui ne marche pas et scaler ce qui marche.

Bonne nouvelle : sur les grandes plateformes – WordPress, Shopify, Wix, Squarespace, PrestaShop – l’installation se fait via des intégrations natives. Tu renseignes ton ID de Pixel, l’intégration fait le reste. C’est plus compliqué sur un site custom, mais c’est faisable.

Et pour comprendre ce que ces données de tracking impliquent en termes d’attribution – quel canal a vraiment généré la vente – la question devient vite complexe. L’épisode sur l’attribution en Facebook Ads explore ça en profondeur.

Ce qui m’agace, c’est que l’installation du Pixel est souvent présentée comme une étape avancée, un truc pour les pros. En réalité, c’est quelque chose qu’on devrait faire avant même de lancer la première publicité facebook débutant. Avant. Parce que le Pixel apprend au fil du temps, et chaque euro dépensé sans lui est un euro qui ne contribue pas à cet apprentissage.

Pour maximiser l’impact des audiences construites via le Pixel, jette un œil à l’épisode sur les audiences personnalisées et le retargeting sur Facebook – ça prolonge exactement ce que Joseph aborde ici.

Ce qu’on retient vraiment de cette conversation

Ce qui frappe dans cet épisode – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise quand j’ai commencé à couvrir le sujet – c’est que les obstacles à la publicité facebook débutant sont presque tous dans la tête.

Pas de site ? Tu peux commencer. Petit budget ? 30 euros par mois, ça suffit pour apprendre. Tu ne sais pas utiliser le gestionnaire de pub ? Il y a des formations gratuites (Joseph en propose une de 45 minutes en quatre vidéos sur neomedia.io, et c’est honnêtement bien foutu pour un débutant complet).

Ce qui reste après ces fausses excuses, c’est l’essentiel : réfléchir avant de cliquer. Quel est ton objectif ? À qui tu parles ? Qu’est-ce que tu leur montres ? Facebook Ads n’est pas magique. Mais comparé à la pub télé à plusieurs centaines de milliers d’euros d’entrée de jeu, c’est l’un des rares outils où un indépendant ou une TPE peut apprendre en dépensant réellement peu.

Pour aller plus loin sur les erreurs qui plombent les performances même chez ceux qui ont déjà de l’expérience, cet article sur les 7 erreurs qui reviennent dans les audits Meta Ads est une bonne lecture complémentaire.

Reste une question que Joseph n’aborde pas vraiment dans cet épisode : à partir de quel moment un budget est-il trop petit pour produire des données exploitables ? Et à partir de quand faut-il envisager de déléguer plutôt que de gérer soi-même ?

Questions fréquentes

Peut-on faire de la publicité Facebook sans site web ? +
Oui, tout à fait. Plusieurs objectifs de campagne ne nécessitent pas de site web : obtenir des vues de vidéo, gagner des fans sur sa page Facebook, générer des interactions sur un post Instagram. Pour quelqu'un qui démarre une activité, c'est même souvent plus judicieux de construire d'abord une communauté sur les réseaux sociaux avant d'avoir un site - plutôt que de lancer un site et se demander ensuite à qui vendre.
Quel budget minimum pour commencer la publicité facebook débutant ? +
Joseph d'Agniau recommande de commencer avec ce qui ne fait pas mal au porte-monnaie. Concrètement, 1 euro par jour est suffisant pour tester une campagne de trafic vers un blog. Avec 50 euros par mois, on peut mener des tests sérieux sur une audience. La contrainte d'un petit budget, c'est qu'on ne peut pas faire beaucoup d'A/B testing - mais on peut apprendre.
publicité facebook débutant : quelle est la différence entre une pub et une campagne ? +
Une pub Facebook, c'est le contenu visible : l'image, le texte, le bouton d'appel à l'action. Une campagne, c'est l'ensemble structuré : l'objectif choisi, les audiences ciblées, les budgets, les placements et les publicités. Penser en termes de campagne - et pas juste de pub - oblige à réfléchir stratégiquement avant de dépenser.
Faut-il booster ses publications Facebook ou utiliser le gestionnaire de publicité ? +
Booster une publication peut servir à découvrir l'outil, mais c'est très limité. Le gestionnaire de publicité donne accès à des options de ciblage, de placement et de test bien plus précises. Une fois qu'on comprend que la pub Facebook peut servir à autre chose que promouvoir un post, il vaut mieux passer au gestionnaire.
C'est quoi le Pixel Facebook et pourquoi c'est important pour la publicité facebook débutant ? +
Le Pixel Facebook est un bout de code à installer sur son site. Il permet de traquer les performances des campagnes - savoir si un clic a généré une vente, un formulaire ou un ajout au panier. Il sert aussi à créer des audiences de retargeting : montrer une pub aux personnes qui ont visité son site sans acheter. Sans Pixel, on dépense sans pouvoir mesurer l'impact réel.
Quelles sont les erreurs les plus courantes quand on démarre les Facebook Ads ? +
Trois erreurs reviennent souvent : ne pas avoir d'objectif clair avant de créer une campagne, confondre 'faire une pub' avec 'créer une campagne' et ne pas installer le Pixel Facebook sur son site. À celles-là s'ajoute l'utilisation exclusive du bouton 'Booster la publication' sans jamais explorer le vrai gestionnaire de publicité.

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