audiences personnalisées facebook

#16 – Tout savoir sur les Audiences Personnalisées (et le retargeting sur Facebook) 2/2

Épisode diffusé le 2 octobre 2019 par J7 Académie

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Les audiences personnalisées Facebook – la plupart des annonceurs n’en voient que la moitié. Ils créent leurs listes, configurent leur retargeting, se félicitent d’avoir ‘activé la fonctionnalité’, et ratent complètement ce qui fait la différence entre une campagne qui grignote le budget et une qui convertit vraiment. Joseph Dognon, consultant Facebook Ads et fondateur de Neomedia, l’a dit clairement dans son podcast No Pay No Play : l’exclusion d’audience est ‘tout aussi importante’ que l’inclusion. Et c’est exactement là que 90 % des gens ne vont pas.

Dans cet épisode, il revient sur la deuxième partie de son guide complet – après avoir expliqué comment créer des audiences à partir de sources externes dans le premier volet sur les audiences personnalisées. Cette fois, on attaque les sources natives Facebook et Instagram, et surtout les 4 usages stratégiques que très peu de gens exploitent à fond.

Ce que Facebook sait de tes spectateurs, tes fans et tes prospects

Créer des audiences personnalisées facebook à partir de sources externes – liste email, pixel, trafic site – c’est le b.a.-ba. Mais Facebook propose six autres types d’audiences basées sur ce qui se passe directement dans son écosystème. Et ça change tout.

Premier levier : la vidéo. Si tu as posté une vidéo sur ta page Facebook ou ton compte Instagram Business, ou utilisé une vidéo en publicité, tu peux créer une audience de tous ceux qui en ont regardé une portion. Le choix va de 3 secondes à 95 % du visionnage.

« Il est sûr que plus vous allez choisir une durée de visionnage longue, plus votre audience va être qualifiée parce qu’elle aura consommé plus longtemps dans votre vidéo, mais ça veut dire aussi que votre audience sera plus petite. »

Dit comme ça, c’est un arbitrage classique entre volume et qualité. Mais concrètement, ça veut dire qu’une audience ‘vu 95 % de ma vidéo de 10 minutes’ est probablement plus chaude qu’un visiteur qui a scrollé 3 secondes sur ton site.

Deuxième levier : les interactions avec ta page Facebook. Pas les fans – les personnes qui ont interagi avec ton contenu sans forcément liker la page. Ceux qui ont vu une pub, liké un post partagé par un ami, cliqué sur un bouton. Facebook les garde. Et tu peux les recibler. Troisième levier : même logique pour le compte Instagram Business. Ce qui est particulièrement intéressant ici – et Dognon le souligne – c’est qu’on peut créer une audience à partir d’un comportement Instagram et la cibler ensuite sur Facebook, ou sur n’importe lequel des douze placements disponibles.

Viennent ensuite les événements Facebook (les gens qui ont dit ‘je participe’ ou ‘intéressé’), les formulaires de prospects (ceux qui ont ouvert le formulaire sans l’envoyer – gold pour le remarketing), et les Instant Experience, anciennement appelées Canvas (les mini-sites immersifs sur mobile).

Six sources. La plupart des annonceurs en utilisent une, deux max. Et ils se demandent pourquoi leur retargeting plafonne.

Le retargeting, tout le monde le fait – mais souvent mal

Parlons du premier usage des audiences personnalisées Facebook : le retargeting. Techniquement simple. Stratégiquement, c’est là que ça se complique.

Joseph Dognon donne un exemple très concret – celui qu’il utilise sur son propre site Neomedia. Il veut convertir en abonnés newsletter les visiteurs qui sont passés dans les 7 derniers jours. Pour cette seule campagne, il crée trois audiences.

« Dans mon ensemble de publicités, je vais inclure tous les visiteurs de mon site dans les 7 derniers jours, je vais exclure ma liste d’abonnés actuelle, un fichier que j’ai importé dans Facebook et je vais exclure toute personne qui à partir d’aujourd’hui s’inscrit à ma newsletter. »

C’est exactement le problème. La plupart des gens créent l’audience d’inclusion, configurent la pub, et basta. Ils oublient les exclusions dynamiques – ceux qui convertissent en cours de route et continuent à voir la pub pendant des semaines. C’est à la fois un gaspillage de budget et une expérience utilisateur catastrophique.

Deuxième cas concret qu’il cite : retargeter les personnes ayant visionné 50 % d’une vidéo Instagram, avec une offre vers un service payant. Là encore, trois audiences. L’inclusion (les spectateurs), l’exclusion statique (clients existants importés en liste), et l’exclusion dynamique (les gens qui achètent à partir de maintenant, trackés via l’événement Pixel d’achat).

Ce qu’il faut retenir – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise quand je couvrais mes premières campagnes Meta – c’est que le retargeting sans exclusion dynamique, c’est comme faire de la pêche avec un filet troué. Tu crois que tu contrôles. Tu ne contrôles pas.

Pour aller plus loin sur la structure de ces campagnes, les erreurs de configuration qui plombent les performances sont souvent exactement là – dans ces détails d’exclusion qu’on bâcle.

L’exclusion d’audiences personnalisées Facebook : le levier que personne ne prend au sérieux

Deuxième usage, et c’est celui sur lequel Dognon insiste le plus fortement dans l’épisode. L’exclusion. Pas le retargeting – l’exclusion pure, dans les campagnes d’acquisition.

« À mon sens, l’exclusion d’audience est tout aussi importante, et il faut surtout pas la négliger. »

Voilà. C’est dit en ouverture d’épisode, et c’est probablement l’insight le plus sous-estimé de tout le guide. Exclure ses clients existants d’une campagne d’acquisition, c’est basique. Mais exclure ses abonnés newsletter, ses leads chauds, les gens qui ont déjà acheté un produit spécifique d’une campagne de cross-sell – ça, c’est là où les audiences personnalisées Facebook montrent leur vraie puissance.

Ce qui m’agace dans la façon dont ce sujet est traité en général, c’est qu’on parle toujours d’exclusion comme d’une option de confort. En réalité, c’est une question de pertinence et de coût par résultat. Tu montres une pub ‘Découvrez notre outil’ à quelqu’un qui est déjà client depuis 8 mois ? Tu cramés du budget ET tu l’agaces. Les deux.

Et la subtilité qu’on rate souvent : l’exclusion statique (une liste importée une fois) ne suffit pas. Il faut une exclusion dynamique, mise à jour en temps réel via le Pixel, pour les conversions qui arrivent pendant que la campagne tourne. C’est ça qui fait la différence entre une campagne propre et une campagne qui se marche dessus.

Up-sell, cross-sell, repeat-sell : l’argent qui dort dans ta base clients

Troisième usage des audiences personnalisées – et clairement le plus rentable sur le long terme. Utiliser ses données clients pour vendre plus à ceux qui ont déjà acheté.

Dognon cite trois logiques distinctes :

  • L’up-sell : proposer une version supérieure ou un complément premium à quelqu’un qui a déjà acheté le produit de base
  • Le cross-sell : suggérer un produit complémentaire à celui déjà acheté – l’exemple classique de l’accessoire qui va avec l’appareil
  • Le repeat-sell : recibler quelqu’un qui a acheté un produit consommable et dont le stock arrive probablement à épuisement

Ce dernier point est fascinant (et souvent ignoré). Si tu vends un complément alimentaire pour 30 jours, tu peux créer une audience des acheteurs des 30-40 derniers jours et leur montrer une pub de réapprovisionnement exactement au bon moment. Pas par hasard. Par calcul.

La base technique reste la même : audiences personnalisées facebook créées à partir de l’événement Pixel d’achat, segmentées par produit acheté quand c’est possible, avec les exclusions qui vont bien pour ne pas cibler ceux qui ont déjà racheté.

Et là, tu travailles avec une audience qui te connaît déjà. Le coût par conversion chute mécaniquement. Dognon ne donne pas de chiffre précis pour ce cas, mais dans les campagnes que j’ai vues décortiquées – notamment dans des stratégies Meta qui ont fait baisser le CAC de 40 % – la base existante est systématiquement sous-exploitée.

Les audiences similaires : quand tes meilleurs clients te trouvent d’autres clients

Quatrième et dernier usage. Les audiences similaires (Lookalike). Et c’est là que tout se connecte.

Le principe : Facebook analyse les caractéristiques communes de ton audience source et cherche, dans sa base d’un ou plusieurs milliards d’utilisateurs, des profils similaires que tu n’aurais jamais ciblés autrement. La qualité du Lookalike dépend directement de la qualité de la source.

C’est pour ça que la création d’audiences personnalisées facebook en amont n’est pas juste une tactique de retargeting – c’est une infrastructure. Tes audiences de clients existants, tes acheteurs répétés, ceux qui ont regardé 75 % de ta vidéo… ce sont des sources potentielles pour des Lookalike de qualité.

Une audience de 100 clients hyper-engagés va générer un Lookalike plus précis qu’une audience de 50 000 visiteurs qui ont passé 3 secondes sur ta page d’accueil. C’est contre-intuitif pour beaucoup d’annonceurs qui pensent que plus la source est grande, mieux c’est. Pas forcément. La qualité prime sur le volume.

Et pour ceux qui se demandent comment tout ça s’articule avec les évolutions récentes de l’algorithme – notamment les changements de logique d’Andromeda – la documentation sur Meta Andromeda donne des pistes sur comment les signaux d’audience évoluent.

Facebook Ads B2B : la question qui revient toujours

Dans la partie questions de l’épisode, un auditeur nommé Mathieu pose une question que beaucoup se posent en silence : est-ce qu’on peut vraiment faire de la prospection B2B sur Facebook ? Ou c’est condamné d’avance parce que les gens sont là en mode ‘perso’ ?

La réponse de Dognon est nuancée – et honnête.

« C’est sûr que si on veut faire de la pub B to B, LinkedIn reste le l’endroit numéro 1, il faut aller. Après, il faut savoir que ça coûte très cher la pub sur LinkedIn par rapport à Facebook, en termes de CPC notamment. »

C’est la réalité du marché. LinkedIn donne des ciblages d’une précision chirurgicale – taille d’entreprise, poste exact, ancienneté, secteur. Facebook est flou sur ces critères parce que la plupart des gens ne renseignent pas leur poste actuel sur le réseau social. Mais le delta de coût entre les deux plateformes est massif.

Sa stratégie en deux phases pour le B2B Facebook est pragmatique. Phase 1 : campagne large sur des centres d’intérêt à connotation pro (marketing digital, génération de prospects, entrepreneuriat). L’objectif n’est pas de convertir – c’est de filtrer. On pousse du contenu : un article de blog, une vidéo thématique sur un problème que la cible rencontre. Ceux qui cliquent se qualifient d’eux-mêmes.

Phase 2 : les audiences personnalisées Facebook reprennent le relais. On retargete les cliqueurs de la phase 1 avec une offre directe. L’audience est petite, mais elle est chaude. Le coût par lead peut alors devenir compétitif même face à LinkedIn. (C’est un peu la même logique que ce que les consultants Facebook Ads spécialisés en B2B SaaS documentent depuis quelques années.)

Sur la peur d’importuner les gens avec des pubs pro pendant leur temps personnel – Dognon balaie ça d’un revers de main. Tout le monde est sur Facebook. Les frontières entre temps pro et perso n’existent plus vraiment. Et si vraiment ça te tracasse, tu peux limiter la diffusion aux heures de bureau. Facebook le permet. Peu de gens le savent, encore moins le font.

Un point de concession réelle, quand même : la précision de ciblage reste un vrai problème sur Facebook pour le B2B de niche. Si tu vends un outil SaaS aux DSI de grands groupes industriels, tu vas générer beaucoup de déchets même avec la stratégie en deux phases. LinkedIn restera plus efficace dans ce cas précis, même à un CPC cinq fois plus élevé. Ce n’est pas une question de budget – c’est une question d’audience accessible.

Pour un regard plus récent sur comment les règles Meta ont évolué depuis cet épisode de 2019, les nouvelles règles du jeu Meta en 2026 donnent une perspective utile sur ce qui a changé – et ce qui, étonnamment, reste vrai.

Ce qui est frappant avec cet épisode de Dognon, c’est que la logique de fond – construire des audiences qualifiées, exclure intelligemment, créer des tunnels de nurturing par le reciblage – elle n’a pas pris une ride. Les interfaces ont changé. Les noms de fonctionnalités aussi. Mais la mécanique, elle, tient. Et c’est peut-être le meilleur indicateur de ce qui vaut vraiment la peine d’apprendre.

Questions fréquentes

Comment créer une audience personnalisée Facebook à partir de vidéos ? +
Dans le gestionnaire de publicités, allez dans l'onglet Audiences, cliquez sur Créer une audience personnalisée et sélectionnez Vidéo dans les sources Facebook. Vous choisissez ensuite la durée de visionnage minimale (3 secondes, 10 secondes, ou de 25 % à 95 % de la vidéo) et la ou les vidéos concernées. Plus la durée choisie est longue, plus l'audience est qualifiée mais plus elle est réduite en volume.
Qu'est-ce que l'exclusion d'audience sur Facebook Ads et pourquoi c'est important ? +
L'exclusion d'audience permet de soustraire certains groupes de personnes de la diffusion de vos publicités. Par exemple, exclure vos clients existants d'une campagne d'acquisition, ou exclure dynamiquement ceux qui convertissent pendant une campagne pour éviter de leur afficher des publicités déjà obsolètes. C'est aussi important que l'inclusion pour ne pas gaspiller de budget et maintenir la pertinence de vos messages.
Les audiences personnalisées Facebook fonctionnent-elles pour le B2B ? +
Oui, avec des limites. Facebook reste moins précis que LinkedIn pour le ciblage professionnel, car peu d'utilisateurs renseignent leur poste actuel. La stratégie recommandée consiste en deux phases : une campagne large sur des centres d'intérêt professionnels pour filtrer l'audience, puis du retargeting via audiences personnalisées Facebook sur ceux qui ont interagi avec votre contenu. Le coût reste bien inférieur à LinkedIn, mais la précision est moindre pour les niches B2B très spécifiques.
C'est quoi la différence entre retargeting et exclusion d'audience sur Facebook ? +
Le retargeting consiste à cibler des personnes qui ont déjà interagi avec vous (visiteurs du site, spectateurs de vidéos, etc.) pour les faire avancer dans votre tunnel de conversion. L'exclusion, elle, consiste à retirer des personnes de vos audiences cibles - typiquement vos clients existants d'une campagne d'acquisition, ou les personnes qui ont déjà converti pour ne pas leur afficher une publicité qui ne les concerne plus.
Comment utiliser les audiences personnalisées Facebook pour faire de l'up-sell ? +
Créez une audience personnalisée à partir de l'événement Pixel d'achat, segmentée sur le produit spécifique déjà acheté. Diffusez ensuite une publicité qui propose un produit complémentaire ou une version supérieure. Pensez à exclure de cette audience les personnes qui auraient déjà acheté le produit que vous proposez en up-sell pour éviter de cibler les doublons.
Quelle est la durée maximale pour créer une audience personnalisée Facebook à partir de vidéos ? +
Pour les audiences créées à partir de sources Facebook (vidéos, interactions page, Instagram), la fenêtre peut remonter jusqu'à un an en arrière. C'est plus long que pour les audiences créées à partir de sources externes comme le pixel de site ou les listes email importées, qui sont limitées à 6 mois.

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