campagne e-commerce noël

53. Maximiser ses ventes E-commerce pour les Fêtes 🎄. Par Pierre Guilbaud

Épisode diffusé le 9 novembre 2021 par Caroline Mignaux

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Préparer une campagne e-commerce Noël en octobre, c’est déjà trop tard. Pierre Guilbaud le dit sans ménagement dès les premières minutes du podcast Marketing Square, et franchement, ça pique un peu – surtout quand on réalise qu’il prépare la sienne dès janvier. Co-fondateur de Marketing Flow, agence spécialisée dans l’accompagnement des e-commerces à impact, il est le genre de profil qui n’a pas besoin de powerpoint pour convaincre. Il a les chiffres, les cas clients, les outils. Et une vraie vision sur ce qui distingue une campagne qui convertit d’une qui brûle du budget pour rien.

Ce qui est intéressant dans son approche – et c’est assez rare pour être signalé – c’est qu’il commence par le bas du tunnel. Pas par les ads. Pas par le contenu. Par la page de paiement. Et là, tu te demandes pourquoi tout le monde fait l’inverse.

L’épisode s’appuie sur un cas concret : la marque Les Mini Mondes, des jouets en plastique recyclé Made in France. Un van miniature, des carnets de voyage, une famille qui parcourt le monde. La marque a tout pour plaire – sauf que sans une mécanique d’acquisition et de nurturing bien huilée, les belles valeurs restent invisibles à Noël quand les parents cherchent frénétiquement un cadeau sur Google.

Voilà ce que Pierre a expliqué. Et voilà pourquoi ça mérite un article – pas juste un résumé de podcast.

Pourquoi votre campagne e-commerce Noël commence en janvier (et pas en novembre)

Le réflexe classique : on est fin octobre, les fêtes approchent, on sort une campagne d’ads et un code promo. Et ça ne marche pas, ou en tout cas pas autant que ça devrait. Pierre Guilbaud identifie le problème à la racine.

« En fait, en dehors de ces temps forts, ces temps forts ils sont là généralement pour vendre, pour convertir parce qu’en fait on a ces fameux éléments déclencheur. La plus grosse objection aujourd’hui, c’est pourquoi est-ce que je devrais acheter maintenant ? Elle est très dure cette objection. Et du coup généralement, on peut y répondre avec des codes promos et des deadlines. Et en fait là Noël, c’est ancré, il y a même pas besoin d’y répondre. »

C’est exactement le problème. Noël supprime l’objection temporelle – mais encore faut-il être présent dans la tête du client quand ça arrive.

Le concept qu’il utilise, c’est le nurturing. Nourrir l’audience tout au long de l’année pour que, le 15 novembre, la personne n’ait plus de question. Elle a déjà confiance. Elle a déjà une expérience avec la marque. Elle est – pour reprendre son expression – « sur la liste du Père Noël ».

En pratique, ça veut dire quoi ? Du contenu régulier. Des produits d’entrée de gamme accessibles (le carnet d’activités à 6,90€ plutôt que le van à 50€). Des emails qui racontent une histoire. Et une première vente qui crée une relation bien avant la ruée de décembre. Pour aller plus loin sur les indicateurs à suivre tout au long de ce travail annuel, les KPIs essentiels pour piloter un e-commerce donnent une bonne base de lecture.

La fenêtre minimum pour préparer une campagne d’activation de Noël selon Pierre ? Un mois, un mois et demi. Mais ça, c’est pour la phase d’exécution finale. La fondation, elle, se pose bien plus tôt.

Commencer par la page de paiement – à l’envers du bon sens

Trois piliers structurent une campagne e-commerce Noël selon Marketing Flow : l’optimisation du tunnel de conversion, le nurturing par email, et les ads. Dans cet ordre précis. Ce qui surprend, c’est le premier.

La plupart des e-commerçants qui veulent retravailler leur parcours d’achat commencent par la homepage. Pierre fait le contraire.

« On commence d’abord par la page de paiement et on essaie de comprendre – il y a des gens qui sont allés jusqu’ici et ils sont partis. Pourquoi est-ce qu’ils sont partis ? Qu’est-ce qui se passe ? Comment est-ce qu’on peut améliorer l’expérience sur cette page pour s’assurer que s’il y a 100 personnes qui arrivent dessus, peut-être qu’il y en a 50, 70, 80 qui passent à l’étape d’après qui est l’achat. »

Dit comme ça, ça a l’air simple. Mais dans la pratique, c’est un travail d’observation minutieux – et souvent inconfortable.

Les outils qu’il recommande : Hotjar ou Microsoft Clarity (gratuit) pour les enregistrements de session et les heatmaps, Zuko pour analyser les comportements sur les formulaires de checkout, Google Analytics pour visualiser les drops entre chaque étape du funnel. Le process concret : ouvrir un tableur, regarder des dizaines d’enregistrements en mode mobile (80% du trafic e-commerce se fait sur mobile, donc les sessions desktop, tu les ignores), noter les patterns qui se répètent.

Un pattern, ce n’est pas un utilisateur qui galère sur un champ. C’est le cinquième qui fait la même chose. Là, tu as une hypothèse. Tu fais un changement. Tu attends une semaine. Tu regardes si le taux de conversion a bougé – pas la heatmap en valeur absolue, mais l’évolution relative.

(Et c’est souvent là que ça coince. Les équipes font un changement, ne voient pas de résultat immédiat, et abandonnent après trois jours. L’analyse relative sur une semaine, c’est la règle minimale.)

Pour aller plus loin sur ce travail d’optimisation du tunnel, les conseils d’un expert CRO complètent bien l’approche de Pierre. La dimension neuromarketing appliquée à l’e-commerce ajoute aussi une couche intéressante sur les raisons psychologiques du drop.

Le job to be done, ou comment arrêter d’écouter ce que disent vos clients

Paradoxe. Pierre Guilbaud passe beaucoup de temps à parler d’écoute client – et en même temps, il dit qu’il ne faut surtout pas croire ce que les clients racontent.

L’exemple des Mini Mondes est éclairant. Demandez aux parents pourquoi ils achètent ce van en plastique recyclé, ils vont vous parler d’éveil, d’ouverture au monde, de valeurs écologiques. Tout ça est vrai. Et tout ça est du déclaratif.

« La vérité c’est j’achète un jouet pour occuper mes enfants. Donc en fait si je suis sur le site des Mini Mondes à ce moment-là, c’est pour ce job to be done. Le seul moyen que tu vas arriver à convaincre beaucoup de personnes de laisser son email sur un site, c’est de répondre à ce job to be done de manière instantanée. »

Ce que j’aime dans cette logique, c’est qu’elle force à sortir du confort de la belle histoire de marque.

Concrètement, sur minimondes.fr, quand tu sors ta souris de l’écran (signal d’intention de départ), une pop-up apparaît. Pas un code promo. Un kit d’activités gratuit – un coloriage – à recevoir par email. En deux secondes. Ça répond au job to be done : occuper les enfants maintenant. Et ça enclenche une séquence email qui va raconter l’histoire de la marque au fil du temps.

La distinction que fait Pierre entre relation transactionnelle et relation émotionnelle mérite qu’on s’y arrête. Un code promo en pop-up d’exit, ça marche. Il ne le nie pas. Mais ça crée un client qui reviendra uniquement si tu lui proposes une promo. Le contenu gratuit crée autre chose – un client qui revient parce qu’il a confiance. Et pour les marques à impact qui marjent peu et qui ne peuvent pas se battre sur les prix, c’est pas un choix esthétique. C’est une question de survie économique.

La machine email : automatisations, séquences et ce qu’on ne supprime jamais

Klaviyo – c’est l’outil central de l’approche Marketing Flow. Pas seulement pour envoyer des newsletters. Pour construire une infrastructure comportementale complète autour du client.

Trois séquences fondamentales dans une campagne e-commerce Noël bien préparée :

  • La séquence de bienvenue, déclenchée quand quelqu’un laisse son email via le lead magnet – elle raconte l’histoire de la marque, livre la ressource promise, et tente une première vente sur un produit d’entrée de gamme

La séquence panier abandonné, elle, ne contient jamais de réduction. Pierre est catégorique là-dessus. À la place, un email qui rappelle les bénéfices du produit, explique pourquoi c’est cohérent d’acheter maintenant. Pour Les Mini Mondes, il a créé un tableau comparatif – le jouet Made in France vs le jouet Made in China – avec un ton décalé, presque auto-dérisoire, qui reconnaissait ouvertement le manque d’objectivité du tableau. Résultat : de l’humain, pas du commercial.

Et puis la séquence post-achat segmentée par nombre de commandes. Parce qu’on n’envoie pas le même message à quelqu’un qui achète pour la première fois et à quelqu’un qui en est à sa troisième commande. Cette logique de fidélisation client progressive change radicalement la lifetime value.

À partir du 1er novembre, les newsletters manuelles prennent le relais. Deux emails par semaine environ. Storytelling produit, coulisses de fabrication, mise en avant des cadeaux phares. L’idée est de chauffer l’audience progressivement pour que, vers le 20-25 novembre, la décision soit déjà prise. L’activation finale (une offre spéciale à 10€ de réduction dès 60€ d’achat pour Les Mini Mondes l’an dernier) n’est que la conclusion d’un travail de plusieurs semaines – pas son déclencheur.

Un détail que Pierre insiste : la cohérence du message sur tout le parcours. Si tu mentionnes la livraison offerte dans ton email, cette info doit se retrouver sur la page panier ET sur la page de paiement. La réassurance qu’on a lue au moment de la décision doit être encore visible au moment de sortir la carte bancaire. C’est une évidence – et c’est systématiquement oublié.

Les ads arrivent en dernier – et c’est le point qui énerve les agences

Troisième pilier, dans l’ordre. Caroline Mignaux le note elle-même dans l’épisode : beaucoup d’agences commencent par les publicités quand on leur demande comment préparer Noël. Pierre fait l’inverse.

« La publicité, c’est l’amplificateur, c’est pas le moteur de votre campagne. »

Voilà. C’est dit.

Ce que ça signifie concrètement : si ton taux de conversion est à 0,8%, envoyer plus de trafic payant sur ton site va juste te coûter plus cher pour le même résultat médiocre. Tu dois d’abord travailler le bas du funnel – la page de paiement, le panier, les pages produit – avant de mettre un euro en ads. Et tu dois avoir construit une audience nurturée capable de convertir quand l’offre arrive.

Une fois ces deux conditions réunies, les ads servent à amplifier ce qui fonctionne déjà. Pas à compenser ce qui ne fonctionne pas. Pour les marques qui démarrent et n’ont pas encore d’audience, la logique de préparation d’une campagne Black Friday propose une approche similaire qu’il vaut la peine de croiser avec celle de Pierre.

Ce qui m’agace un peu dans la présentation – et je dis ça sans malice – c’est que tout ça suppose d’avoir du temps et des ressources. Une séquence de bienvenue bien écrite avec le ton des fondateurs, des enregistrements Hotjar analysés chaque matin, une infrastructure Klaviyo configurée proprement… pour un e-commerce qui fait 200k€ de CA avec deux personnes, c’est un investissement réel. Pierre ne l’esquive pas vraiment, mais il ne le chiffre pas non plus. C’est la limite assumée de l’exercice podcast : on donne la méthode, pas le budget nécessaire pour l’appliquer.

Reste que la logique est imparable. Et qu’une campagne e-commerce Noël bâtie sur ces trois piliers – tunnel optimisé, audience nurturée, ads en amplification – a structurellement plus de chances de performer qu’une campagne qui commence le 1er novembre avec un code promo et des créas Canva.

Ce que l’étude de cas Les Mini Mondes dit vraiment sur la campagne e-commerce Noël

Les Mini Mondes, c’est le cas d’école parfait pour illustrer cette approche – pas parce que c’est une success story spectaculaire, mais parce que c’est une marque ordinairement contrainte. Marges serrées, produit à 50€ qui ne s’achète pas impulsivement, audience de parents qui déclarent vouloir « ouvrir l’esprit de leurs enfants » mais qui, en vrai, cherchent un truc pour les occuper le week-end.

Le kit de coloriage en exit pop-up répondait au vrai besoin. La séquence email co-construite avec les fondateurs donnait une voix authentique. Le tableau comparatif dans le panier abandonné assumait son parti pris avec humour. Et l’offre finale à -10€ arrivait dans un contexte où la personne avait déjà mentalement choisi la marque.

C’est ça, une campagne e-commerce Noël qui fonctionne. Pas une série d’actions marketing juxtaposées. Une mécanique séquentielle où chaque étape prépare la suivante – et où le code promo de fin de parcours ne fait que confirmer une décision déjà prise.

Est-ce que cette approche fonctionne pour tous les e-commerces ? Honnêtement, probablement pas pour celui qui vend des produits à 15€ en one-shot sans aucune stratégie de rétention. Mais pour les marques qui ont une histoire à raconter et des clients à fidéliser sur le long terme – et il y en a beaucoup plus qu’on ne le pense – c’est une base solide. Ce que font certaines Digital Native Vertical Brands avec ce type de mécanique le confirme.

La question qui reste ouverte : est-ce qu’on peut réellement condenser en 6 semaines un travail de nurturing qui devrait se faire sur 6 mois ? Pierre dit que non. Et il a probablement raison. Mais bon.

Questions fréquentes

Quand faut-il commencer à préparer sa campagne e-commerce Noël ? +
Selon Pierre Guilbaud de Marketing Flow, la préparation d'une campagne e-commerce Noël commence idéalement en janvier - pas en octobre. Le travail de nurturing de l'audience (contenu, séquences email, produits d'appel) doit se faire tout au long de l'année pour que l'audience soit mûre au moment des fêtes. La phase d'activation finale nécessite au minimum un mois à un mois et demi de préparation.
C'est quoi le job to be done et comment l'utiliser en e-commerce ? +
Le job to be done, c'est la vraie raison pour laquelle un client achète - pas ce qu'il déclare, mais ce qu'il cherche réellement à accomplir. Pour Les Mini Mondes, les parents disent vouloir éveiller leurs enfants au monde, mais leur vrai besoin est d'occuper leurs enfants. Identifier ce besoin réel permet de créer des lead magnets et des messages qui convertissent vraiment - comme un kit de coloriage gratuit plutôt qu'un discours sur les valeurs de la marque.
Pourquoi éviter les codes promo dans une campagne e-commerce Noël ? +
Un code promo crée une relation transactionnelle dès le premier achat : le client reviendra uniquement s'il y a une promotion. Pierre Guilbaud préfère créer une relation émotionnelle via du contenu de valeur. Pour les marques à impact qui marjent peu, cette approche est aussi une nécessité économique : elles ne peuvent pas se battre sur les prix face aux grandes enseignes.
Comment optimiser son tunnel de conversion avant Noël ? +
La méthode recommandée est de commencer par la fin du tunnel - la page de paiement - et de remonter vers l'entrée. Les outils : Hotjar ou Clarity pour les enregistrements de session (regarder uniquement en mobile, car c'est 80% du trafic), Zuko pour analyser les formulaires de checkout, Google Analytics pour identifier les drops entre étapes. Le principe clé est d'analyser les données de manière relative - comparer avant/après un changement sur une semaine minimum, pas en valeur absolue.
Quelle est la différence entre une séquence email de bienvenue et une newsletter dans une campagne e-commerce Noël ? +
La séquence de bienvenue est automatisée et déclenchée par un comportement (laisser son email via un lead magnet). Elle raconte l'histoire de la marque, livre la ressource promise, et vise une première vente. La newsletter est manuelle et envoyée à toute l'audience nurturée - elle intervient plutôt à partir du 1er novembre pour chauffer l'audience avec du storytelling produit et des mises en avant de cadeaux phares.
Pourquoi les publicités doivent-elles venir en dernier dans une campagne e-commerce Noël ? +
Parce que les ads amplifient ce qui fonctionne déjà - elles ne compensent pas ce qui ne fonctionne pas. Si le taux de conversion du site est faible, envoyer plus de trafic payant ne fait qu'augmenter les coûts sans améliorer les résultats. Il faut d'abord travailler le tunnel de conversion et construire une audience nurturée, puis utiliser les ads pour amplifier une mécanique déjà prouvée.

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